LA STÉPHANOMIE D'AMPHITRITE , STEPHANOMIA AMPHITRIDIS
Péron, Voy. aux Terres Australes, pl. 29, fig. 5; et pl. 59, nouvelle édition. — Lamarck, An. sans vertèb., IIT, 462. — Ischsch., 4C., p. 155.
(PI. 10, fig. 1.)
Corps composé d’un très-crand nombre de pièces natatrices blanc hyalin, découpées en sortes de folioles engagées les unes dans les autres ; sacs stomacaux et tube digestif rosâtres et lavés de jaune clair ; paquets des ovaires rouge ponctué ; tentacules délicats , longs, grêles, pectinés, diversement colorés.
Habite le grand Océan équinoxial.
2, LA STÉPHANOMIE LISSE , STEPHANOMIA LÆVIGATA.
Quoy et Gaim., Uranie , p. 585, fig. 2 (1824) : Stephanomia cϾrulea : appendicibus foliaceis subacutis : tentaculis raris brevissimis ; ovariis roseis contractis.
MM. Quoy et Gaimard ont donné de cette stéphanomie la description suivante :
« Cette espèce, prise en allant de Bourbon à la baie des Chiens-Marins, à beaucoup de rapports avec la stéphanomie hérissée de Péron et Lesueur. Elle a été figurée, parce que les individus en sont rares, et que , dans ce genre , on peut sans inconvénient hasarder de former une espèce dont on n’est pas parfaitement sûr, ajoutent ces voyageurs.
« Les folioles de ce fragment sont lisses, sans découpures sur leurs bords et très-peu pointues. Les tentacules, peu nombreux, três-courts, semblent tronqués. Quelques suçoirs font saillie au dehors, et les taches rosées que l’on voit dans leurs intervalles sont les ovaires rétractés. Ces divers appendices sont loin de s’offrir, dans la s{ephanomia amphilridis de Péron et Lesueur. Mais ces circonstances, dans des animaux d’une délicatesse extrême, qui se rompent à la moindre pression, sont dépendantes, et de l’époque à laquelle on les trouve, et souvent de la manière de s’en emparer. »
Plus tard, dans le Z’oyage de l’Astrolabe, MM. Quoy et Gaimard regardent ce zoophyte, qui n’avait pas été dessiné par eux, comme trèsincompiet dans ses diverses parties.
Nous croyons cette figure assez bonne et le zoophyte entier.
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S 2. Pléchosomes dont les pièces sont articulées dans le sens vertical.
7e GENRE. SARCOCONE , sarcoconus, Less.
Stephanomia, Chamisso, Quoy et Gaim.— Epibulia, Eschsch., 4C., 149. — Cuneolaria, Eysenb.
Axe digestif vertical , émettant de longs tentacules, des grappes d’ovaires et des suçoirs cylindracés ou renflés en ampoule, entouré d'organes natateurs pleins, diversiformes ou taillés à facettes, imbriquées dans le sens vertical.
Les espèces de sarcocônes ont été regardées comme des stéphanomies par MM. Quoy et Gaimard, qui cependant n’avaient pas observé de vessie aérifère et qui la supposaient; car ils disent, en parlant de leur stéphanomie heptacanthe : « Nous ferons observer pour cette espèce, qu'elle était privée de la partie supérieure où devait se trouver la vessie aérifére; » et plus bas, ils ajoutent en note, que la bouche placée à Pextrémité de cette vésicule manquant, doit prouver que ces animaux n’en ont pas besoin pour vivre. Or, nous pensons que cette vésicule manque ou n’existe pas, ainsi que cela se fait remarquer pour toutes les espèces de la famille des pléthosomes.
1, LE SARCOCONE D’EYSENHARDT, SARCOCONUS EYSENIHARDTII, Less,
Stephanomia amphitritis, Eysenb. et Cham., Nov. Act. cur., X, 367, pl. 32, fig. 5, A-E. — Cuncolaria incisa, Eysenh.
. Corps strobiliforme , cylindracé, oblong , creusé d’un canal au centre, garni d'organes natateurs hyalins enroulés en squames déprimées, pyramidales , larges à leur attache, libres au sommet, qui est échancré , et marquées en long de quatre sillons.
Habite l'Océan Pacifique austral, dans les parages des iles Sandwich, en septembre.
MM. Eysenhardt et Chamisso ont donné une descriplion assez complète de cet acalèéphe, et nous la reproduisons :
« Strobilus cylindricus, erassitie pollicis, oblongus , canaliculatus , e «squamis cartilagineis hyalinis, vitæ expertibus constans.Squamæ pyra- « midatæ, depressæ, apice axi strobili aflixæ , basi lata , sulcis quatuor « secundum longitudinem strobili exarata, libcræ.
« Squamarum dispositionem refert. Tentacula, inter squamas sparsa, « vermiformia, hyalina, motu spontaneo gaudentia, in altero strobili « apice organon tentaculiforme , majus, luteum, radice tumida, collo « attenuato, apice nigrescente. Præter hæc adsunt fila contorta , ex- « (ensilia, vividoque motu gaudenlia, quibus insident breviter pe-
« dunculata corpuscula parva, pyriformia, rubra , corniculis duobus «hyalinis coronata. Corpuscula talia circa axin strobili numerosa conspiciuntur. Tentacula illa organa alimentaria, fila autem organa « sexuaiia videntur. Conf. Eysenhardt êiber seeblasen.
« Contrectationis impatiens slrobilus noster, mox ruptus est et dis- « solutus, priusquam integrum rite perspicere atque delineare eum « Hicuisset. Cum autem squamæ dilaberentur, animalia hyalina, carti- « laginea, e squamarum interstitiis provenientia, motu vivido in fluido « circumvagantia observata sunt. Animal tale a latere lato. A latere « angusto conspectum, magnitudine aucta, exhibent.
« Est animal semipollicare, corpore cartilagineo. Cartilago cuneata , « subquadrata , longitudine alltitudinem superante, crassitie dorsi ter- « tiam circiter alltitudinis partem æquante, acie profunde emarginata, « ita ut animal bicorne appareat. In parte emarginata valvulæ quatuor «inter quas vasis lactei ostiolum patere videtur. Dorsum cunei collo « subcylindrico molliori instructum. Cavum natatorium in cunei dorso, « bicorne, saccatum, ostio unico aperto. Hoc hauritur aqua repenteque « expellitur, qua arte animal sese protrudit. Vas lacteum inter valvu- « las quatuor, supra dictas ortum , recta ad cavum natatorium tendit, « quod atlingens, in quatuor ramos dividitur, qui in inlerna corporis «membrana cursum ad ostium ita dirigunt, ut cavum natalorium a « quatuor lateribus circumplectantur, ramis nempe duobus longioribus «curvalis, duobus brevioribus rectiusculis.
«In mari Pacifico septentrionali circa insulas Sandwich dictas, mense septembris 1817 lectum.
« Animalis cuneïiformis, supra descripti, Specimen unicum majus, « pollicare, etiam in Oceano Atlantico æquinoxiali captum est, strobilo « tune temporis non visc.
« Ex sententia Chamissonis animal illud cuneiforme ad stephano-. « miam ipsam pertinet. £ysenhardt autem, animal esse sui geneiis, it « strobilo stephanomiæ fortuito obvium, autumat, et revera , ut supra « dictum , sine stephanomiæ strobilo repertum est. Analogiæ tunc cum « aliis medusis quærendæ sunt, et nomen cuneolaria incisa Eysen- « hardt proponit. »
Eschscholtz a fait de cette espèce, distinguée déjà sous le nom de cuncolaire par Eysenhardt, une espèce de son genre agalina.
2. LE SARCOCONE TRIANGULAIRE , SARCOCONUS TRIANGULARIS , Less.
Stephanomia triangularis, Quoy et Gaim., Ast., pl. 3, fig. 1 à 7 : Stephanomia elongata, cylindracea, alba ; appendicibus foliatis, crassis, triangularibus , quater emarginalis; Lentaculis apice rubris trifidis.
Suivant MM. Quoy ct Gaimard, l’ensemble de lacalèphe forme un Cylindre de 7.à $ pouces de longueur. Sa buile d’air est fort petite; ses appendices en grand nombre sont foliacés, courts, épais, triangulaires, pointus au sommet de l’angle, taillés à quatre faceltes concaves à la
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base, avec une arête au milieu. Ces corps se groupent en spirale autour de l’axe , en se supportant les uns et les autres ; ils y sont très-peu adhérents. La tige est couverte dans toute son étendue de grappes d’ovaires, de sucçoirs , dont quelques-uns sont renflés en ampoule, de tentacules déliés, terminés par des boutons rougeûtres trilobés.
Le reste de ce zoophyte, qui prend quelquefois la forme d’un œuf, est blanc. Il serait facile d’en donner une idée, en l’imitant avec des morceaux de verre limpide. On peut très-bien Ie conserver dans l’esprit-de-vin.
Il a été pris dans l’Océan Atlantique, aux environs du cap Vert.