L'AGALMA PONTOCARDE, AGALMA PONTOCARDIA, Less
La branche de l'Histoire naturelle qui traite des acaléphes en sera réduite longtemps encore, au milieu des bonnes observations qui viendront enrichir la science, à se servir de fragments mutilés dont il restera à retrouver le tout. L’ampoule d’une agalma nous avait porté, à une époque où nos idées n'étaient pas arrêtées, à établir le genre ponlocardia dans les Mém. de la Société d'Hist, nat. (tom. III, pag. 417,
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pl. 10, fig. 8) et dans le texte du 7’oyage de la Coquille ( Zoologie, tom. II, partie 2, pag. 45, et pl. 5, fig. 6). L'espèce que nous avions nommée pontocordia cruciala (loc. cit.), devra donc recevoir le nom d’agalma pontocardia, et nous reproduisons le texte de notre Mémoire original.
Ce corps, dont nous avons donné deux figures, l’une quand il est encore dans l’eau, l’autre quand il en est sorti, n’est point une vésicule de physophore, ainsi que le pensaient plusieurs naturalistes. D’après un dessin, on peut le croire ; mais ce doute était impossible pour celui qui avait observé l’un et l’autre à la surface même de la mer, en les touchant. Depuis que notre planche a paru, nous avons retrouvé une figure rigoureusement semblable dans la pl. 13, fig. 1, D. €., du Système des Acalèphes d'Eschscholtz, publié en 1829; et ce n’est qu’une partie d’un animal inédit que l’auteur russe nomme agalma Okenii. Nous ne serions pas surpris que ce corps ne soit encore le type du genre cuncolaria de M. Eysenhardit.
Voici textuellement la description que nous avions donnée, et surtout les caractères que nous avions assignés au genre pontocardia : corps libre, simple, gélatineux, consistant, ovalaire, échancré profondément à sa partie supérieure, cordiforme , aminci et rétréci inférieurement : point de nucléus ni de viscères apparents ; canal translucide, creusé , occupant tout l’intérieur, et composé d’une branche plus longue ct transversale, et d’une seconde, plus courte, placée verticalement au milieu, et dont l’extrémité présente une issue correspondant à une autre ouverture de la partie inférieure du zoophyte ; aspect hyalin parfait.
La place que ce nouveau genre devait occuper, disions-nous, devait être près des dyphies, dans les acaléphes libres ; mais il est facile de prendre des portions de zoophytes pour des animaux entiers ; et ce genre ne reposait pas sur une vésicule de stéphanomie détachée, parce que ces dernières sont faciles à reconnaître , mais bien sur une ampoule d’agalma. Gette portion natatrice isolée est de comsistance mollasse, d’un blanc cristallin et de forme dense hors de la mer, nuageux, ne paraissant que comme une croix délicate dans l’eau. Le pourtour de l’ouverture est coloré en jaune pâle. On ne reconnaissail aucune trace de viscères ; seulement, on pouvait distinguer de trèspetits tubes entortillés, de couleur albine, sillonnant les deux branches cruciées de l’intérieur.
Ge corps était à peu prés de la grandeur d’une pièce d’un franc ; ses bords étaient arrondis, et son épaisseur de plus de 4 à 5 lignes, et assez réguliérement cordiforme. L’échancrure supérieure était profonde, et ses bords concaves.
Nous le primes le 18 septembre 1823, par 27° 30’ de lat. S., dans l'Océan Indien, dans notre traversée de Waigiou à Bourou, une des Moluques , et au milieu des îles Ruib, Siang, et Guehé.
7 TRIBU. Une petite vessie aérienne en têle d’une tige cylindrique , frondescente , à écorce épaisse, creuse, ayant à son sommet des ampoules creuses servant d'organes flotteurs, et des paquets de corps vésiculeux entremêlés de vessies oblongues, pédicellées, garnies à leur base de sacs digestifs cylindriques, perforés, entourés de tentacules longs , tortillés sur eux-mêmes et très-élastiques. Les APOLÉMIES, apolenuæe.
Cette tribu comprend des acalèphes très-complexes et qui semblent réunir en eux le summüm de l’organisation que présente la famille, en réunissant à la fois tous les organes les plus
divers que les autres tribus ne présentent qu’en nombre restreint.
10e GENRE. APOLÉMIE, APOLEMIA.
Eschsch., AC., 1829, p. 143. — Siephanomia, Lesueur, Bull. , 1813. — Tamarck, An. sans verl., IT, 462.—G. Cuv., Règn. anim., IV,65 (en note). — De Blainville, Man., 1834. — Milne Edwards, 1840. — Quoy et Gaim., Astr.
Vessie capitale, petite, attachée à la tige par un pédicule; vessies natatoires compliquées, pédiculées, ereusées à Pintérieur, parcourues par des canaux rameux, anastomosés, ouvertes au sommet et fermées par diverses cloisons membraneuses; toutes groupées en tête d’une tige subcylindrique, épaisse, scissoide sur un des côtés , et la scissure s’'évidant à l’intérieur pour former un axe creux; vésicules aérifères caulinaires, arrondies ou allongées, ayant des cloisons et un tube intérieur; à l’entour du pédicule des vessies natatoires qui s’épate, prennent attache des sacs digestifs probosciformes, pyriformes, à trompe allongée ou rentrante, et de nombreux cirrhes capillacés, flexueux, se tordant sur eux-mêmes. Sphérules natateurs? des sacs stomacaux arrondis, imitant des graines de raisin. Vésicule testiculaire munie de zoospermes.
Ce genre est des plus compliqués dans l’ensemble des appareils qui fonctionnent dans l'intérêt de lindividualité animale. Les animaux qui forment les espèces, vivent-ils d’une vie distincte, particulière, ou d’une vie générale? on doit le supposer. Les apolémies semblent tenir, parmi les acalèphes,lerangqu’occupent parmi les mollusques , les ascidiens composés; animaux doués d’une vie propre, et qui sont influencés cependant par la vie générale de la masse. Il est impossible de se faire une idée des apolémies sans le secours de figures bien faites, et les espèces
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connues le sont par la belle figure si compliquée du modeste et habile Lesueur (nous eussions désiré conserver le nom de stéphanomie qu’il lui à donné), et par des travaux récents et du plus haut mérite de M. Milne Edwards.
Eschscholtz a créé le genre apolemia, pour le séparer avec raison des stéphanomies. Il lui donne pour caractères d’avoir des : « Tentacula simplicia, verrucis suctoriis seriatis obsita ; vesiculæ «liquore repletæ, elongatæ, aitenuatæ ad basin tentaculorum; «partes cartilagineæ natatoriæ subglobosæ; partes cartilagineæ «solidæ, clavatæ , singulæ. » Brandt, en examinant les papiers et les dessins laissés par Mertens, a été conduit à écrire : « Genus «apolemia, cujus structura nondum satis cognita est, propriæ «subfamiliæ typum sistere videtur, partium solidarum ratione «ad anthophysidas, tentaculorum structura vero ad physalidas « vergentem.
« Generi apolemia tentaculorum structura et partium cartila- «ginearum præsentia affinis videtur animalis species, cujus «individuum non satis integrum observavit Mertensius, quod «tamen secundum Mertensii Mss. et figuram structuram tam « peculiarem offert, ut genus proprium sistere videatur, quod « signo interrogationis addito apolemiopsis vocare liceat. »
MM. Quoy et Gaimard ont donné dans le F’oyage de V’ Astrolabe, des généralités sur les stéphanomies qui ne peuvent s'appliquer en rien aux apolémies , et qui sont relatives aux genres athorybia, physophora et agalma.
Ils avaient en effet divisé leurs stéphanomies en trois sections , qui sont :
A. Axetrès-court portant un petit nombre d’appendices natateurs pleins.
8. Axe plus allongé avec un grand nombre d’appendices également pleins.
c. Axe allongé avec appendices creux en forme d’ampoules.
Mais nous le répétons, ces divisions prouvent que leurs stéphanomies présentaient de sérieuses dissemblances, et on trouvera les détails qui les concernent aux divers genres de tribus différentes, auxquels nous avons cru devoir les rapporter.