‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 295 sur 328 · LA VÉLELLE MUTIQUE , VELELLA MUTICA · texte numérisé non relu

LA VÉLELLE MUTIQUE , VELELLA MUTICA

Lamarck, Syst. des An. sans vert.,t. IT, p. 282.—1b., id., Dujardin, t. IT, p.98: Oblongo-ovata, subnuda, margine ciliato ; crista membranacea. — Medusa velella, L., ed. 12, p. 1098.—Ibid., Gmelin, p. 3155. — Phyllidoce velella, Brown, Jam., 387, pl. 48, fig. 1. — 1bid., Modeer, Band., 11, S. 184. — Velella mutica, Bose, Vers, IT, p. 158. — De Haan, loc. cit., n° 5. — Lesson, Z9ol. de la Coquille, t. IT, p. ? et 52, pl. 6, fig. 1 et 2.

(PI. 12, fig. 1 et 2.)

Suçoirs probosciformes jaunes; tentacules marginaux bleus, trèslongs ; estomac petit, dans une fente profonde ; long., # pouces:

Habite l'Océan Atlantique.

Nous avons figuré cette espèce avec des détails à la planche 6 de la Zoologie de ia Coquilie. L’acalèphe vu en dessus comme en dessous, les cartilages, la bouche et le sac stomacal , les suçoirs buccaux, un tentaculé isolé, ét ce que nous croyons être le jeune âge, ont été représentés avec soin. Voici la description originale faite en mer sur cette espéce : |

Cette vélelle a de grands rapports avec l’espèce figurée et décrite par M. de Chamisso sous le nom de velelia oblonga (pl. 32, fig. 2); peut-être se distingue-t-elle même de la veiella mutica de Lamarck, bien que nous lui ayons appliqué ce synonyme ; elle se rapproche beaucoup de l’espèce que représente Eschscholtz, pl. 15, fig. 3, sous le nom

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de velella oblonga (Système des Acalèphes, p. 171), et de la vélelie tentaculée de Bosc, bien que des différences assez notables puissent être signalées. Peut-être eussions-nous bien fait de conserver le nom de velella atlantica que nous avions donné sur nos dessins manuserits à cette espèce.

Cette vélelle est longue de # pouces sur 18 lignes de largeur. Sa forme est oblongue, arrondie aux extrémités, à bords presque droits. Sa crête est mince, blanc-nacré , dirigée de gauche à droite , et trèsreconnaissable à la pièce tronquée qui surmontc sa partie moyenne et qui est enclavée entre les deux lobes antérieur et postérieur qui la composent ; lobes qui sont convexes en dessus et taillés en ligne déclive à leur terminaison. Cette crête repose sur la charpente cartilagineuse opposée, et qui recouvre un tissu cellulaire épais, sinueux aux bords droit et gauche, et traversé par des sillens qui divergent du centre à la circonférence. Un large bord charnu, lisse, granuleux, déborde la charpente cartilagineuse, et se trouve coloré en bleu-glaucescent assez intense en dessus comme en dessous. La surface inférieure du disque est revêtue d’une épaisse membrane musculeuse colorée en jaune rougeâtre foncé , couverte de ventouses minces blanchâtres, cylindriques, dilatables. Au rebord du disque naît une ligne circulaire de tentacules allongés, cylindriques, musculaires, pouvant se contracter, et terminés au sommet par deux séries de petits pores. Au milieu des ventouses stomacales est placée une bouche subcentrale , ouverte au milieu d’un sac prolongé de chaque côté en un canal digestif qui finit par se diviser à ses deux extrémités en plusieurs petits canaux nourriciers, que nous trouvâàmes remplis de matière rouge.

Cette vélelle se distingue de plusieurs autres espéces, DEC que Îles tentacules sont assez aliongés pour dépasser les bords. Elle se nourrit de petits crustacés lucifuges, de petits poissons qu’elle saisit avec ses tentacules en les enlaçant et en les ramenant sous les suçoirs mêmes, ainsi que nous avons eu très-fréquemment occasion de nous en assurer. Souvent des vers planaires, des éolides s’attachent à elle et dévorent sa substance. Nous en rencontrâmes des troupes considérables, le 26 septembre 1828, par 2 degrés de latitude sud, dans l'Océan Atlantique équatorial. Nous essayâmes de faire frire de ce zoophyte pour servir d’aliment : nous ne lui trouvâmes qu’un goût de poisson un peu nauséeux et horriblement salé. Bien que l’action du venin des glandes terminales des tentacules ne soit pas sensible à nos organes, nul doute qu’il n’ait des propriétés assez appréciables pour les petits animaux qui doivent servir d’aliment aux véielles, et qu’il les frappe de stupeur.

A ia fig. { est représentée, de grandeur naturelle, une trés-petite vélelie, que nous croyons être le jeune âge de celle que nous venons de décrire, du moins nous la rencontrâmes flottant au milieu des grands individus, par 27 degrés de latitude boréale, non loin de Pile de Fer,

VÉLELLES. 573 la plus méridionale dés îles Canaries. Sous son disque bleuâtre était cachée la pointe des tentacules. Nous en remarquâmes deux seulement très-longs, filiformes, fragiles. Sa crête était terminée par un long cône pointu ; son disque était presque circulaire. Serait-ce une espèce ?

La figure de cet Atlas est copiée de la planche du F’oyage de la Coquille.

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