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ensemble étant de la grandeur et figure d’un clou de girofle. DH 220 Dans le même instant que l'on ôte de l’eau la branche » aussi fleurie, toutes les fleurs se retirent dans les tubules » que chacun d'eux à en la partie supérieure, e{ qui est l'en- » droit d'où elles sont sorties. Souvent ces tubules restent » comme les boutons des fleurs, et si alors on les regarde » promptement avec un verre, on s'aperçoit de la division de » l'écorce en autant de parties que la fleur à de feuilles (4). »
Ce passage fait connaître une particularité qui n'appartient pas à une plante, c'est là motilité, et cependant Marsigli n'en tient pas compte.
Cette découverte frappa beaucoup; elle était faite pour cela, mais elle n'avait pas toute la nouveauté que Marsigli lui attribuait, quand il dit encore dans sa lettre à l'abbé Bignon, «qu’elle le fit presque passer pour un sorcier dans le pays, n'y » avant jamais eu personne, même parmi les pêcheurs, qui eût » vu semblable effet de la nature (2). »
Eh bien! Marsigli se trompe, car Boccone, qui ne voulait point voir une plante dans le Corail, en donnant au médecm Guisony, d'Avignon, la raison de son opinion, eritiquait déjà en 1674 l'existence des prétendues fleurs.
«Une chose qui fortifie les conjectures que Fay, qu'il ne » peut estre mis au rang des plantes, est que l'on ne trouve » aucune semence dans le Corail qui puisse servir à la pro- » duction, ny de vaisseaux qui la puissent contenir; car, » quoy que veuillent dire des apoticaires de Marseille de leurs » fleurs de Corail, ce ne sont, selon ma pensée et mon obser- » vation, que les extrémités de cette pierre qui sont arrondies » et percées de plusieurs pores étoilez. nv a dans le Corail (1) Voy. Marsigli, loc. cit., p. 115.
2) Lettre de Marsigli à Pabb£ Pignon, président de l'Académie des sciences,
» ny fleurs, ny feuilles, ny chair, ny graine, ny racine, et cela » posé, je erois qu'il est bien éloigné du genre des plantes (). »
Parmi les rares naturalistes qui vérifiérent la découverte nouvelle, il était un jeune médecin marseillais, Peyssonnel, qui avait été instruit dans l'étude des choses de la mer par Marsigli lui-même. Il constata la présence des fleurs, dont l'existence sembla dès lors ne pouvoir plus être mise en doute. Ses débuts brillants l'appelèrent à Paris; lt 1l reeut, vers cette époque, mission de par le roi d'aller explorer les côtes de la Barbarie et d'en faire connaître les produits naturels.
L'abbé Bignon, président de l'Académie des sciences, qui avait reçu les premières communications de Marsigli (2), qui avait fait donner la mission à Peyssonnel, ne pouvait manquer de recommander à ce dernier d'étudier avec soin les plantes marines, et surtout le Corail, en assistant à sa pêche.
Peu de temps après son arrivée sur les côtes d'Afrique, Peyssonnel écrivit qu'il n'avait plus les mèmes opinions, et qu'il ne pouvait continuer à partager celles de son maitre.
«de fis fleurir le Corail, dit-il, dans des vases pleins d'eau » de mer, et j'observai que ce que nous crovons être la fleur de » cette prétendue plante n'était, au vrai, qu'un insecte sem- » blable à une petite Ortie ou Poulpe.. J'avais le plaisir de » voir remuer les pattes ou pieds de cette Ortie, et ayant mis le » vase plein d'eau où le Corail était à une douce chaleur auprès » du feu, tous les petits insectes s'épanouirent..…. L'Ortie sortie » étend les pieds, et forme ce que M. de Marsigli et mor avions
» pris pour les pétales de la fleur’.
» Le calice de cette prétendue fleur est le corps mème de
» l'animal avancé et sorti hors de la cellule (3). »
(4) Voy. Boccone, loc, cit., 1"° lettre, p. à.
(2) Lettre de 1706.
(3) Voyez le manuserit de Peyssonnel, conservé à la bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle, 4° partie, p. 44 à 47, 1 a pour titre : Traité du Corail, con-
Cette interprétation mattendue vint jeter inopmément le trouble parmi les savants, et la discussion recommenca de nouveau, mas cette fois pour tourner entièrement au profit de la science et fixer définitivement la nature du Corail.
Réaumur trouva le fait à ce point incroyable, qu'il ne voulut pas nommer celui à qui on en devait la découverte.
On doit croire qu'il dut apprécier assez vivement, si lon eu Juge par le passage suivant d'une lettre écrite à Peyssonnel. et que ce dernier transcrivit dans son mémoire, dont le manuscrit, précieusement conservé à la bibliothèque du Jardin des plantes de Paris, à été mis à ma disposition. « Je pense, dit-il, » ConIMe VOUS, que personne ne s'est avisé jusqu'à présent de » regarder le Corail et les Lithophytons comme l'ouvrage d'in » sectes, on ne peut disputer à cette idée la nouveauté et la » singularité. Les Lithophytons etles Coraux ne me paraîtront » Jamais pouvoir être construits par des Orties ou Pourpres, de » quelque facon que vous vous v preniez pour les faire tra- » vauller (1 ) 5
On voit ict en germe une idée fausse que l'on trouve déjà dans Ferrante Imperato, qui s'est propagée jusqu'à nos jours, et qui cause de l'embarras à tous ceux qui cherchent à-comprendre la formation du Corail.
Du reste, on peut juger de la difficulté qu'éprouva Peyssonnel à fure admettre cette opinion, par cet autre passage d'une lettre de Bernard de Jussieu :
«de ne sais si vos raisons seront assez fortes pour nous faire » abandonner le préjugé où nous sommes touchant ces » plantes (2). »
tenant les nouvelles découvertes qu'on a faites sur le Corail, les Pores, Madrepores, Scharras, Lithophytons, Esponges et autres corps et productions que la mer fournit, pour servir à l'histoire naturelle de la mer.
(4) Voy. Flourens, loc. cit., p. 341.
2) Voy. tb.
N'est-il pas évident que de Jussieu, en appliquant le mot de préjugé à des opinions qui parassaient st solidement enracinées, emplovait ironie ?
M. Flourens, avec tout l'art qu'il apporte dans ses œuvres, toute la justesse qui caractérise ses appréciations et ses critiques. a montré dans un mémoire plein d'intérêt l'importance de la urande découverte de Peyssonnel; 11 à fut remarquer aussi avec raison qu'elle resta Inapereue et inadmise jusqu'en 1740, époque à laquelle Trembley fit connaitre ses observations intéressantes sur LHvdre d'eau douce. Alors on se souvint des assertions du naturaliste marseillais, trouvées d'abord si singulières, et trois hommes, appartenant tous à l'Académie royale des sciences, voulurent décider là question de savoir st, en effet, toute une innombrable classe d'êtres ballottés sans cesse entre le règne minéral et le règne végétal devait enfin passer dans une autre division, et compter décidément au nombre des animaux.
Ce fut à Jussieu et à Réaumur lui-même, si opposés l'un et autre à l'opinion de Peyssonnel, que l'on dut une de ces rectifications qui font toujours honneur à leur auteur.
Guettard (D), naturaliste plem de zèle, apporta ausst son concours à l'échureissement de éette question importante. Il alla sur les côtes de la Méditerranée et sur celles du Poitou, pendant que Réaumur (2) étudiat de son côté les Polypes à panaches d'eau douce, et que B. de Jussieu (3) fusait, à des saisons différentes pour être bien sûr des résultats. deux voyages sur les côtes de Normandie.
Tous les trois, dans des points éloignés et différents, constatérent que les êtres compris jusque-là dans le règne végétal
(1) Voy. Guettard, Mém. de l’Acad. roy. des sciences, 1760, p. 114. Son mémoire ne fut publié qu'assez tard; il a pour titre : Sur le rapport qu'il y a entre les Coraux et les Tuyaux marins, etc.
(2; Voy. Réaumur, Mém. pour servir à l’histoire naturelle des Insectes, & VI, préface, p. xIx.
(3) Voy. B. de Jussieu, Wém. de l'Aral, roy. des sciences, 1742, p. 290.
devaient désormais prendre place parmi les animaux ; car ils en offraient tous les caractères. Is rendirent à Peyssonnel la justice qui lui était due en lui rapportant l'honneur de la découverte. Is donnerent le nom de Polypes à ces animaux (4), et celui de polypier à la partie solide sécrétée par eux.
Mais ces auteurs eurent le tort de considérer les polvpiers comme l'ouvrage des Polvpes. On à déja vu plus loin l'origine de cette fausse opinion.
Le Polype ne fait pas son polypier. Le mot faire, indiquant une action directe, n'est pas exact.
Le Polype n'agit pas guidé par son instinct, il produit, pour ainsi dire, indépendamment de lui. Hne fait pas plus sa charpente calcare que l'homme ne fait ses os. C'estson organisme qui là produit comme il produit les autres üssus. La comparaison que fit Réaumur des polvpiers et des cellules des Abeilles fut malheureuse; elle fut cause de son opposition aux vues de Peyssonnel, et elle enracina une idée fausse que l'on retrouve encore aujourd'hui.
Ainsi fut décidée la vraie nature du Corail, comme aussi celle de tous les êtres qui lui ressemblent,
ILest rare qu'une opinion résumant un grand fait puisse être admise définitivement sans le concours de plusieurs personnes et de nombreuses circonstances. Un homme est quelquefois appelé à jouir seul et de son vivant de l'honneur de voir la science lui attribuer toute la gloire d'une découverte ; mas il faut le dire, presque toujours ce n'est que de l'ensemble des opinions diverses que naît la distinction nette et positive des choses : on en voit ici un exemple remarquable.
EU maintenant l'histoire des travaux auxquels à donné lieu
le Corail n'a plus à nous arrêter ionguement.
(4) Voy. B. de Jussieu, Mém. de l'Acad. roy, des sciences, 1742, p. 293.
Quoique sa nature semblàt définitivement fixée, un zoologiste italien, Donati, qui observa ses Polvpes et peut-être même ses œuls, crut devoir admettre un terme moyen entre les opinions extrèmes de Marsigli et de Peyssonnel : « Vous voyez ici, dit- » Il dans son Æssai d'histoire naturelle de la mer Adriatique, » une végétation de plante et une propagation d'animal ; jugez » donc si le Coral appartient à Fun ou à l'autre de ces deux » regnes, où S'il ne faut le placer dans un rang mitoyen (1)?»
Dans sa description qu'il commence en ces termes : «On sait » que le Corail est un végétal marin, et qu'ilest, par sa figure, » fort semblable à un arbrisseau sans feuilles (2), » il indique nettement ce quil pense: aussi le doute exprimé dans sa
conclusion n'est-il qu'apparent, car en commencant le chapitre VIE 11 s'exprime en ces termes : «Je vous ai jusqu'ici » montré comment la nature passe des plantes terrestres aux » plantes marines, il convient que Je vous montre comment elle » monte des plantes aux animaux. »
Cette opinion eut bientôt fait son temps.
Ainsi qu'il arrive le plus souvent, une question qui a vivement agité les esprits tombe pour longtemps dans l'oubli; il faut donc se rapprocher beaucoup de nous pour trouver des observations nouvelles.
Le Napolitam Cavolini fit connaitre des faits curieux et importants sur l'histoire naturelle des Polvpes marins, dans ses mémoires inprimés à Naples en 1785 (3). Nous aurons à les rappeler dans le cours de cetouvrage. où ils trouveront leur place bien
inieux que dans cet exposé général.
4) Voy. Donati, Essai sur l'histoire naturelle de la mer Adriatique, chap. vir, p. 0, traduction italienne par Pierre de Hondt (la Haye, MDCGLVIN).
(D)Moy:Id;Vocct.; p.12,
(3) Filippo Cavolini, Memorie per servire alla storia de’ Polupi marin Napoli, 1785.
Enfin, M. le professeur Milne Edwards a donné dans le Regne animal illustré (4) des planches qui, pour là première fois, permettent de se faire une idée exacte des caractères z00l0giques du Corail. Le savant professeur du Muséum avait fait des dessins sur la nature vivante, pendant son voyage sur les côtes d'Afrique, et cela doit faire regretter qu'il n'ait pas publié isolément toutes ses observations. en à seulement consigné les résultats généraux dans FHistoire naturelle des Coralliaires (2).
De tout ee qui précede, il résulte que l'attention des naturalistes s'est presque exclusivement portée sur là détermination de la nature du Coruil, et qu'elle ne s'est pas dirigée avec le même soin du côté des recherches zoologiques, physiologiques et anatomiques. H faut donc reprendre les études au pomt où elles ont été laissées ; et pour préciser plus nettement ce qu'il y à à faire, voici les termes mêmes du programme des questions mises au concours par l'Académie des sciences de Finstitut de France.
«L'histoire physiologique du Corail est restée tres-mpar- » faite, etcelle des autres animaux qui, par leur mode d'orga- » nisation, se rapprochent de ce Zoophyte n'est guère plus » avancée. En effet, on manque de renseignements précis sur » lesorganes mâles de tous ces Polypes, sur la fécondation de » leurs œufs ; sur ie développement de leurs larves: sur là pre- » duction des bourgeons multiplicateurs au moyen desquets » chaque individu provenant d'un œuf peut donner nais- » sance à toute une colonie d'animaux agrégés; sur les mouve-
ments du liquide nourricier dans les canaux gastro-vascu- » laires ; sur la production et l'accroissement de la tige solide
1, Voy. le Règne animal de Cuvier, pl. 80: Zoopn\rss, édition revue el illustrée par une réunion de disciples de Cuvicr, 2 Voy. Suites à Buffon : Histoire naturelle des Coralliaires ou Polypes pro-
prement dits, & 1, p. 205.
HISTORIQUE. 45 » qui occupe l'axe des agrégats dendroïdes dont il vient d'être » question, et sur beaucoup d'autres pomts importants de » l’histoire anatomique et physiologique du Coral (4). »
Ce programme résume à peu près toutes les questions qu'on doit toujours se poser quand on veut apprendre à connaître un être, quel qu'il soit : c’est lui que J'ai cherché à remplir aussi complétement que possible.
Quant à l'historique de la pêche et des mesures administraüves qui la régissent, mieux vaut sen occuper au moment où seront exposés les faits qui se rapportent à cette partie du travail. |
En résume, € est Peyssonnel qui à fait la découverte la plus importante à laquelle ait donné lieu le Corail.
Sa constance ne put être ébranlée par l'opposition des savants. Il voyagea beaucoup, et ne reçut dans son pays aucun encouragement pour ses travaux zoologiques. Ses mémoires, analvsés en anglais, parurent dans les Transactions philosophiques de Londres, ils ne furent jamais publiés en françaus.
Pevssonnel méritut cependant un autre sort.
Vif, enthousiaste et courageux éomme un homme du Midi, ilne recula devant aucun danger, devant aucune fatigue, pendant sa longue exploration de la côte d'Afrique.
Sa grande découverte lut avait assure un nom célèbre, mais son amour pour la science et pour son pays devait fut aturer dela part de ses concitoyens des marques plus directes d'esüime. |
Pendant la terrible peste de 1720, son pere, médecin à Marseille, s'était enfermé dans l'hôpital du Saint-Esprit, pour soigner les malheureux pestiférés que tout le monde abandon-
(4) Voy. Compt. rend, de l’Acad. des sciences, 1861, t,. LEE, p. 1184
haut, 1 v mourut victime de son courage. Plus tard, Peyssonnel ils, qui avait été, on le voit, élevé à bonne école, recut une pension du gouvernement pour avoir, dit du Dureau de la Malle (1), partagé le dévouement aussi honorable que dangereux de son père. Quand il donna cette preuve d'énergie, il était tout jeune encore, il n'avait que vingt-six ans.
Le mémoire où il consigna ses observations importantes sur la contagion de la peste lui valut les suffrages de l'Académie des sciences, qui l'appela, malgré sa jeunesse, à être l'un de ses correspondants.
[avait connu à Marseille le comte de Marsigli, ami de sa famille. Dans ses entretiens avec Fillustre naturaliste 1l prit un goût décidé pour l'étude de la nature, et surtout une véritable passion pour tout ce qui touchait à l'histoire de la mer; c'est alors qu'il partagea, en les vérifiant, les opinions de son maitre.
l'est curieux de remarquer que Pevssonnel, plein de succes des ses premiers pas, encouragé par les corps savants, chargé d'une mission par le roi, semblait appelé à un brillant avenir, car la grande découverte qu'il fit devait lui assurer une haute position dans la science; mais cette découverte fut repoussée par les savants, et dès ce moment, acceptant la place de médecin royal à la Guadeloupe, il parut S'éloigner à la fois de son pays et de la science. On ne trouve plus de lui aucune communication à l'Académie. [est possible, en effet, qu'après s'être exposé, comme il l'avait fait, aux dangers sans nombre qu'offraent à cette époque les vovages en Barbarie, qu'après avoir revu et bien observe les faits nouveaux dont il était sûr, il fut blessé d’un échec vraiment immérité.
Les objections qu'on lui opposait n'étaient basées que sur des observations faites dans des conditions qui conduisaient forcé-
(1) Voy. Dureau de la Malle, Peyssonnel et Desfontaines, Voyages dans les résences de Tunis et d'Alger, &. KT, préface, p, xvir.
HISTORIQUE. 17 ment à l'erreur, et il jugeait les appréciations erronées qu'on portait sur sa découverte avec cette netteté, cette vivacité de sentiment qu'a tout homme qui est dans le vrai, qui aime la science pour elle-même, et qui se sent écrasé par la haute posiion de ceux qui le jugent, et non par la vérité des arguinents qu'on lui oppose.
Buffon prit, du reste, chaudement son parti, st bien que l'on crut voir dans le passage suivant du célèbre écrivain une attaque directe contre Réaumur :
€ On a voulu, dit-il, longtemps douter de la vérité de l'ob- » servalion de M. Peyssonnel. Quelques naturalistes trop pré- » venus de leurs propres opinions l'ont même rejetée d'abord » avec une espèce de dédam, cependant ils ont été obligés de » reconnaître depuis peu la découverte de M. Peyssonnel (1). »
La discussion avait dû être vive, cela est évident.
On en trouve la preuve dans ce fait que Lamoignon-Malesherbes, dans ses Observations sur l'Histoire naturelle, erut devoir s'attacher à disculper Buffon de l'accusation de dédain adressée par lui à Réaumur, et à prouver que le sort de la découverte de Peyssonnel était bien celui qu'elle devait avoir (2). On verra plus loin que Réaumur, tout en reconnaissant qu'il avait eu tort de rejeter les nouvelles idées de Pexssonnel (il était bien forcé par l'évidence des futs), lhusse cependant entrevoir qu'il n'avait pu agir différennnent.
(1) Voy. Buffon. — Voy. Histoire naturelle générale et particulière : Théorie de la terre, p. 453, édit. annotée par M, Flourens, 1853.
(2) Voy. Lamoignon-Malesherbes, Observations sur l'Histoire naturelle générale ct particulière de Buffon et Daubenton, t. 1, p. 149, art, vir, 1798. Peut-être si on lit l'introduction du sixième volume de l'Histoire naturelle des insectes, rouvera-t-onLamoignon-Malesherbes indulgent envers Réaumur. J’avoue qu'il est difficite de trouver autre chose que de Ja prévention, quand on lit le mémoire du savant académicien, écrit en 1727. I ne prit aucune part à la découverte, et en cela il semble encore que Lamoignon-Malesherbes penche en sa faveur quand il dit(page 201) qu'ilrend aux autres savants, ce qui leur est dû pour la part qu'ils ont prise à la découverte, Réaumur et Jussieu n’ont véritablement rien découvert, Is ont fait de l'opposition à la nouvelle doctrine, ct ils se sont rendus à l'évidence des faits quandils les ont cu vérifiés.
LACAZE-DUTIIERS. D)
Si Peyssonnel ne donna plus aucun travail à l'Académie des sciences, dans cette sorte d'exil volontaire où avaient placé ses nouvelles fonctions il se rappela du moins, et ses études favorites, et surtout sa ville natale, maisil ne fut pas plus heureux auprès de ses concitoyens qu'auprès de l'Académie des sciences.
L'Académie de Marseille refusa la dotation à perpétuité qu'il lui offrait pour décerner un prix à celui qui «aurait fait » chaque année la meilleure dissertation où la découverte » la plus considérable sur tout ce qui regarde lhistoire de » la mer (4). »
Le prix devait être un poisson d'argent de la valeur de deux cents livres tournois.
La Société cultivait exclusivement les belles-lettres, pas un de ses membres ne se sentit apte à juger des mémoires d'histoire naturelle, et elle refusa l'offre de Peyssonnel probablement pour cette seule raison. Elle appuya son refus, pour ne pas avouer son incompétence, sur une foule de considérations tirées surtout des conditions mêmes du concours et du mode de distribution du prix.
Peyssonnel avait cru rehausser léclat et la valeur de la récompense en demandant que Messieurs les prud'hommes de Marseille, en leurs habits de cérémonie et avec leurs marques d'honneur, vinssent apporter à l'Académie, dans la séance publique, une couronne de Lithophytons ou Panaches de mer, et couronner eux-mêmes le vainqueur. Cette idée, peut-être malheureuse, lui valut les critiques acerbes d'un petit journal du temps, l'Année littéraire, qui n'épargna pas davantage l'Académie.
Après ce nouvel échec on n'entendit plus parler de lui. Ses
(à) Voyez la traduction d’un article des Transactions philosophiques sut le Corail, et Projet proposé à l’Académie de Marseille pour l'établissement d'un prix. Londres, MDCGLVI (1756).
Ce livre se trouve à là bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle de Paris. On trouverait aussi dans les Mémoires de l'Académie de Marseille le refus de la docte société, longuement motivé,
HISTORIQUE. 19 mémoires furent communiqués à la Société royale de Londres et publiés dans les Transactions philosophiques de 1756 à 1759. ILest donc probable qu'en se retirant du monde savant français, il tourna ses regards pour quelque temps vers un autre pays; puis, que s'abandonnant entièrement à ce découragement qui accompagne inévitablement l'injustice, il cessa de travailler.
I ne rentra plus en France; la date de sa mort n'est pas mème bien précise.
Peyssonnel ne fut pas heureux.
Son dévouement pour ses concitoyens pendant la grande peste de Marseille, son offre généreuse et libérale pour la fondation d’un prix, sa grande découverte surtout, devaient lui donner dans son pays une position qui l'eût conservé à la science; aujourd hui là France n'aurait pas à regretter d’avoir repoussé une grande et féconde idée scientifique, d'avoir négligé un homme qui lui fait honneur, et surtout d’avoir laissé marquer la date d'une grande découverte qui lui appartenait par les publications de l'Angleterre.
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Le Corail présente de très-nombreuses variétés de forme et de couleur : cela tient, à n’en pas douter. aux conditions dans lesquelles il se développe.
La profondeur des eaux, la nature des fonds et la durée de son accroissement, tout doit agir sur son port, sur la disposition de ses rameaux et sur ses qualités. À
Après avoir examiné beaucoup et fait en quelque sorte son éducation, le commerçant arrive à reconnaitre avec assez de certitude les localités d'où proviennent les échantillons. Ainsi le Corail des côtes de France, celui des côtes d'Espagne et de l'Algérie, présententdes différences notables dans la hauteur, la forme et la grandeur des rameaux.
Mais dans ces différences, quelquefois très-grandes et très sensibles, on ne trouve pas de caractères d'une valeur z0ologique marqués ; il n'y a que des variétés semblables à celles que nous voyons exister dans les espèces d'animaux ou de plantes connues.
Laissant donc de côté les distinctions utiles dansle commerce, mais sans valeur en zoologie, nous devons établir, en commencant, le sens précis de quelques termes qui se représenteront fréquemment dans l'ouvrage et S'appliqueront à toutes les formes, quelles qu'elles soient.