TZ
ee que renfermaient les aquariums. »
Peyssonnel a dit qu'en approchant le Corail du feu, à une douce chaleur, les petites Orties sortaient(?); je n'ai rien observé de semblable. La chaleur du soleil brûlant d'Afrique remplaçait largement le foyer, et certainement elle les faisait rentrer et mourir.
in octobre et en novembre, au F'ort-Génois, dans les conditions les plus favorables, 11 n’a paru exister aucun moment de la journée ou de la nuit où l'épanouissement fât plus complet. L'action variée de l’obscurité, de la lumière ou des rayons directs du soleil a donné souvent des résultats contradictoires. La tigelle dont il a été parlé étalait ses Polypes indifféremment à tous les moments du jour ou de là nuit.
Elle à semblé déjouer toutes les prévisions : d'abord les rayons directs du soleil la faisaient fermer; plus tard ses Polypes ne s’ouvraient que par une insolation directe ; enfin, à Alger, pendant une quinzaine de jours, très-régulièrement, elle s'épanouissait le soir à quatre heures, et se fermait le lendemain matin à dix ou onze heures.
(4) Voyez Peyssonnel, manuscrit, p. A7,
DU CORAIL VIVANT. h3
On sait qu'il est des Zoophytes qui fuient les rayons trop directs du soleil. Le port de Mahon est, le soir, sur la côte exposée au midi, couvert d'un véritable tapis formé par les fleurs magnifiques du Cérianthe, que les Espagnols appellent Fleur de mer; dans la Journée on les chercherait en vain, elles sont cachées.
Supposant que les déchirures, les meurtrissures produites par les filets pendant la pêche devaient être cause de la mort, j'ai longtemps tenté de conserver les pierres dans les cavités desquelles de très-petits rameaux avaient pu être parfaitement protégés; mais des essais multipliés ont été sans résultat. Ces petites pierres sont, en effet, couvertes de Bryozoaires, d'Éponges, de Zoophytes de toutes sortes, et leurs anfractuosités cachent en grand nombre des Annélides, des Crustacés, des pelits Oursins, des Ophiures ; elles représentent un véritable petit monde. Dans les premiers moments, tous ces êtres s'épanouissent, et j'ai eu de ces petits rochers qui faisaient l'admiration des personnes qui les voyaient : Gorgones, Brachiopodes, petits Mollusques , grands Polypes à polypier, tous vivaient, s'ouvraient, se mouvaient et coloraient la masse des nuances les plus riches et les plus variées; mais le lendemain la vie avait cessé, la putréfaction commençait et l'eau était déjà fétide.
Ayant pensé enfin qu'une grande masse d’eau était nécessaire, je plaçai, dans des paniers suspendus assez bas, à l'arrière du garde-pèche, des pierres couvertes de Corail ; mais les courants qui s'établissaient par les interstices des parois étaient si violents, que toute la partie charnue était promptement enlevée.
L'idée de suspendre le Corail mis en observation m'a été suggérée par la position qu'il occupe dans la nature ; il est, en effet, toujours en dessous des rochers auxquels 1l s'attache, sans se diriger, comme 0p l'a dit, vers le centre de la ierre,
nl OBSERVATION DU CORAIL.
Il est facile de reconnaitre le Corail mort à un signe constant. Ses tissus mous prennent une teinte Jaune très-marquée, et, toujours à la mer comme à terre, c’est en s'’adant de la couleur que les échantillons bons à conserver doivent être choisis. Ceci est important à connaitre, car on peut éviter bien des soins inutiles. La blancheur très-éclatante des tissus, quand on les déchire, permet d'affirmer que le Corail est en partait état et vivra très-bien.
Quelquefois les Polypes meurent en restant épanouis, on pourrait les croire vivants ; mais l'indication fournie par la couleur empêche de se tromper et de donner des soins à des êtres qui ne sont plus bons à rien.
Pendant les grandes chaleurs, le plus souvent du soir au lendemain, une couche épaisse d’une matière muqueuse apparait autour des rameaux et englobe les Polypes, que lon peut croire encore vivants. C’est une Algue qui se développe, parce que la mort est déjà imminente ou arrivée : elle en est la conséquence et non la cause, comme je l'avais supposé’ d'abord. Quoi qu'il en soit, elle en est un indice certain.
S & Je
Des Polypes.
Un célébre écrivain, dans son livre sur la mer, en citant l'expression figurée des Orientaux, appelle le Corail, Fleur de sang. Si ce nom désignait seulement la couleur de la tige, 1l serait juste, mais il’s'applique aux animaux, et 1l n’est pas exact. Dans un livre de cette nature il eût été plus heureux, et en même temps plus vrai, d’opposer la blancheur de la neige de l'animal à la couleur de sang de la tige.
Rien n'est joli et délicat comme une branche de Coral bien”
DU CORAIL VIVANT: 15 épanouie. L'élégance des formes, la transparence des lissus, le contraste des couleurs, tout en elle est fait pour exciter l’admiration; mais en Histoire naturelle, l'exactitude, même avec son aridité, doit passer avant tout, et si les détails remplacent ie les descripüons élégantes, 11 faut en accuser un peu la nature de l'ouvrage.
Un rameau bien vivant et dans un bel état de prospérité au moment où on le sort de l'eau, est fortement contracté et couvert de mamelons saillants entourés de plis et de sillons profonds (2).
Chaque mamelon (2) répond à un Polype, et présente à son sommet huit plis rayonnés autour d'un pore central qui a l'apparence d'une étoile. C'est ce pore qui, s’entr'ouvrant et se dilatant peu à peu, laisse sortir le Polype. Ses bords représentent un calice rouge comme le reste du sarcosome ou écorce, dont la gorge festonnée (3) porte huit dentelures. Quand les animaux sont bien épanouis et que leur tissu blanc transparent tranche sur la partie rouge, on voit que chacun des rayons de l'étoile des mamelons correspond à l'intervalle de l’un des festons du bord du calice (4). Si les animaux se relerment, les festons s'abattent, se rapprochent, et produisent l'apparence étoilée du sommet dont 1 vient d'être question.
Le bord festonné du calice sarcosomique est d'autant plus marqué, que l'animal est plus dilaté, plus gonflé de liquide, et par cela même plus transparent (5).
On le voit alors s'élever en tube à la base du corps des Polypes, et les accompagner assez haut en allongeant un peu ses festors arrondis.
(1) Voy. pl. !, fig. 4.
(2) Voy. 1d., fig. 4, 2, 4, pl IL fig. 6 (a). (3) Voy. pl. LI, fig. 6 et 7 (aa).
(4) Voy. id., fig. 6, 7 et8,
(5) Voy. 24., fig, 7,
ri
6 OPSERVATION DU CORAIL.
Du reste, c'est la matière colorante qui le limite; en s’arrêtant, elle en dessine les contours.
Le Polvpe lui-même est formé (il n'est ici question que de ce que l’on peut voir extérieurement) d'un tube membraneux blane plus ou moins eylindroïde (), c’est le corps, et d'un disque supérieur entouré de tentacules, c’est le péristome.
Quelque nombreuses que puissent être les descriptions, elles ne donneront jamais l'idée de toutes les formes qu'il est possible d'observer. Cette remarque s'applique, du reste, à la plupart des Zoophytes, qu'il faut bien se garder de tenir pour connus, parce qu'on en aura donné quelques figures d’après ces observations souvent trop rapides qu'on fait en voyage.
Le corps représente un tube tantôt cylindrique (2), tantôt renflé, ventru et souvent rétréct (3) en une espèce de col à la base des bras, au-dessous du péristome. Quelquefois 11 n'est pas sallant, et le calice le cache entièrement (4).
Dans ce dernier cas les bras sont peu dilatés, ils paraissent épais, simplement dentelés sur leurs bords et comme soudés au sarcosome : c’estcette forme que présentent toujours les animaux observés dans de mauvaises conditions où quand ils sont conservés dans l'alcool; c’est elle aussi qui a été représentée dans presque toutes les figures qu'en ont données les auteurs.
Le corps, lorsqu'il est bien étendu, est blanc et transparent ; il présente dans son milieu comme un axe, une traînée (5) plus opaque et plus obscure, comme une bandelette : c'est le tube central qui descend de la bouche aux cavités profondes. La surface extérieure est quelquefois entièrement lisse et unie, mais dans bien des cas elle porte huit sillons fort petits et peu marqués, qui correspondent à l'intervalle de cha-
(4) Voy. pl. Let JT, mais surtout II, fig. 6,7 et 8 (cc). (2) Voy. pl IL, fig. 8.
(3) Voy. id., fig. 6 et 7.
(4) Voy. id., fig. 6, le Polype A.
(5) Voy. 1d,, fig. 6, Polype C (i).
DU CORAIL VIVA h7 eun des bras et se trouvent en face"des cloisons que l'on verra exister dans l'intérieur de la cavité générale. Quand ces sillons paraissent et que le Polype ne renverse pas en dessous sa cou ronne, on voit aussi à la base de chaque bras un petit renflement (4) charnu qui répète la dent correspondante du feston du sarcosome, et si le Polype rentre dans sa loge, les bras, en se recroquevillant, sont recouverts par ces tubereules, comme le corps lui-même l'est par les festons obtus du calice.
Les bras ou tentacules, ainsi que dans toute la division fort naturelle des Alcyvonaires à laquelle appartient le Corail, sont toujours au nombre de huit, et portent, ce qui est encore un caractère constant, de nombreuses et délicates barbules latérales.
Tantôt grêles et allongés, ils se redressent ou s'abaissent en se courbant; tantôt courts et épais, ils ne présentent m inflexion, ni courbure ; aussi la petite corolle (le mot est juste tant la ressemblance est grande) est essentiellement variable : ou bien elle représente une fleur à peine entr'ouverte dont les blancs pétales, finement et délicatement frangés, sortent d'un calice du plus beau rouge (2), ou bien une urne élégante (3), vaguement dessinée, ou bien enfin, une roue (4) dont les rayons étendus dans un même plan offrent la plus grande régularité (5). 1lest fréquent de voir, lorsque l'épanouissement est complet, les extrémités des bras se rejeter en arriere, et alors la fleur paraît avoir ses pétales recroquevillés en dessous comme ceux d'un Lis martagon (6).
Que l’on varie à l'infini les positions des bras, leur état de
14) Voy. pl. I, fig. 6, Polype B (b).
) Voy. id., id., Polype A.
) Voy. id., fig. 7.
) Voy. ?d., fig. 8.
) Voy. aussi pl. XVII, fig. 98, et comparez les figures de toutes les planches où les Polypes sont représentés épanouis, mais surtout la planche T, (6) Voy. pl. XVIL, fig. 96.
dilatation ou de contraction, et l'on n'aura qu'une faible idée des mille et une formes de ces êtres délicats et charmants.
Les dessins nombreux, faits pendant trois campagnes d'observation, ne me satsfaisaient jamais, et je les recommençais toujours, tant la mutabilité et les changements de forme sont grands.
Les bras sont parfois agités de mouvements très-vifs, faciles à suivre avec un microscope posé horizontalement ; on les voit même à l'œil nu. Si Fon parvient avec beaucoup de précaution à toucher légèrement l'un d'eux, on constate l'extrême sensibilité des barbules, que l'on voit se retirer d'abord, et puis disparaître en s'appliquant contre lui. Si l'excitation continue, le tentacule se replie à son tour en se roulant en volute (4) du côté de la bouche. est fréquent de voir des Infusoires traverser l'eau, rencontrer le Polype etle faire contracter brusquement.
Rien n’est difficile comme de faire admettre par les personnes étrangères aux sciences naturelles, que le Corail est un animal. Combien de fois m'est-il arrivé de montrer ses mouvements aux pêcheurs et à d'autres personnes avec qui ma mission me mettait en rapport. J'ai souvent réusst à convaincre, mais j'ai rencontré des armateurs qui, malgré l'évidence des faits, n'ont pu abandonner leurs anciennes idées. C’est alors que j'ai compris toutes les difficultés qu'avait dû rencontrer Pevyssonnel pour faire admettre sa découverte, lui qui, ne s'adressant pas à des pêcheurs seulement, voulait convamcre des académiciens ayant des opinions opposées aux siennes.
L'exposé des motifs allégués par Réaumur pour rejeter une opinion qui détruisait toutes ses hypothèses est curieux. St le savant naturaliste exposa dans son mémoire. de 1727 les vues de Peyssonnel, ce fut pour les réfuter : «L'auteur a vu, ditAl, » leurs jambes (des Madrépores) agitées dans l'eau; 11 à vu » s'élever du centre quelque chose jusqu'au-dessns de la cir-
(4) Voy. pl. IL, fig. 8.
» conférence; 1l à vu cette partie se dilater comme la prunelle. » Dans tout cela on ne trouvera peut-être encore rien d'assez » décisif : un corps délié ne saurait être dans l'eau sans faire » voir des mouvements tels que l'auteur les à vus. »
Et quand Peyssonnel dit que ces fleurs ne paraissent que dans l'eau, Réaumur répond : « N'avons-nous pas des fleurs » qui s'épanouissent le Jour et qui se ferment la nuit; d’autres » qui s'ouvrent le soir et se ferment le matin ? »
La présence même des Orties ne peut le convaincre.
€ Enfin, y eût-1l des animaux logés dans l'écorce du Corail » et dans celle des autres plantes marines, que serait-on en » droit d'en conclure? Rien de plus que ce qu'on conclut de » quelques espèces de vers, décrits par M. de Marsigli, qui » rongent la substance du Corail (1). »
Lamoignon-Malesherbes, dans l'exposé de la découverte et des discussions auxquelles elle donna lieu, à cherché à montrer que Réaumur n'avait pas manifesté pour elle de dédain, et que la découverte de Peyssonnel avait eu le sort qu’elle devait avoir par cela seul qu'elle s'attaquait à l'opinion d'hommes considérables. C'est être un peu indulgent; car, dans la préface du VI volume des Mémoires pour servir à l’histoire des Insectes, Réaumur semble rapporter tout l'honneur de la découverte à Trembley, et s'il reconnaît qu'il s'est trompé, il n'en cherche pas moins à légitimer encore son ancienne opinion, comme on peut en juger par le passage suivant : « Quoique l'exactitude » et le prix des observations sur lesquelles M. Peyssonnel avait » voulu létablir (lopinion nouvelle) me soient mieux connus, » il me parait cependant encore qu'elles étaient insuffisantes » pour prouver que les Coraux et les productions analogues » étaient les ouvrages de petits insectes de différentes espèces. » Apres avoir accordé que ces prétendues fleurs n'étaient que » «le petits animaux, qu'en pouvait-il résulter ? I semble que
(1) Voy. Réaumur, Wém, de lAcad. roy. des sriences., 1727, p. 279. LACAZE-DUTIHIERS, 1
50 Eu OBSERVATION DU CORAIL.
» la seule conséquence qu'on était en droit d'en tirer, est que » comme les tiges de différentes plantes terrestres sont cou- » vertes, les unes de pucerons, les autres de gallinsectes, les » autres de galles, de même l'écorce des plantes marines était » remplie d'insectes qui aimaient à s'y loger ; qu'on ne devait » pas plus regarder ces derniers comme les ouvriers des corps » sur lesquelsils se trouvaient en sigrand nombre, qu'on regarde » les autres comme ceux des plantes auxquelles nous les voyons » attachés (1)... »
Il est évident que Réaumur se rend. mais non sans vouloir prouver que la découverte n'était pas assez complète et accompagnée de preuves suffisamment précises; aussi s'étendAl avec complaisance sur les observations de Guettard, de de Jussieu, sur les siennes propres, mais surtout sur celles de Trembley, en donnant, comme on à pu en juger, une importance moindre à celles de Peyssonnel.
On a vu, dans l'introduction historique, que Réaumur avait rendu la justice qui était due au naturaliste marseillais; mais à coup sûr, ce ne fut pas en proclamant aussi haut qu'on veut bien le dire la découverte niée d'abord et admise ensuite forcément.
Cette citation complète ce qui a déjà été dit touchant les appréciations de Buffon et de Lamoignon-Malesherbes (2).
Il serait difficile de prendre un terme de comparaison et d’assigner une grandeur absolue aux Polypes, car leur taille varie incessamment avec la contraction ou le relâchement. IT en estdont les deux bras opposés égalent ou dépassent, dans leur plus grande extension, les bords des extrémités gonflées en massue
du zoanthodème (3). 2, 3 ou 4 millimètres paraissent être les
(4) Voy. Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des Insectes, t. VI, préface, p. LXXIV. Paris, 17/2.
(2) Voy. l'Introduction historique,
(8) Voy. pl. I, fig. 5 et 5.
DU CORAIL VIVANT. 51 limites les plus habituelles du diamètre représenté par deux bras opposés; cependant ces chiffres peuvent être dépassés, et l’on trouve, quoique rarement, des tentacules ayant un centimètre de long.
Une seule fois un bras s'est rencontré d'une longueur extraordinaire, près d'un décimètre; il était filiforme, d'une délicatesse et d’une transparence mouïes. Ses barbules affaissées ressemblaient à de petits globules éloignés, et rappelaient les bras de l'Hydre d'eau douce, qui prennent quelquefois un développement immense, et ressemblent à des fils d'araignée portant de loin en loin de petits globules.
Cette observation n'a malheureusement pas été répétée, mais elle doit faire supposer, car elle ne se présente jamais dans les cas d'altération, que, dans le fond de la mer, les Polypes sont bien autrement développés que dans les conditions exceptionnelles où nous les plaçons.
Les bras, lorsqu'ils sont étendus (4), présentent, dans les deux premiers üers de leur longueur, une forme cylindrique, puis ils deviennent coniques et diminuent peu à peu, à tel point que, vers l'extrénuté, 1ls ne différent plus des dernières barbules dontil est difficile de les distinguer ; mais les changements sont si fréquents, que, tantôt vers le milieu ils se renflent, tandis qu'à leur base ils se resserrent.
Quand les Polypes sont morts où peu épanouis, les bras perdent leur transparence, deviennent presque opaques, et leur forme prend celle d'un triangle isocèle dont la base repose sur la dent correspondante du feston du calice du sarcosome (2).
Les barbules, par leur position, leur développement et leurs
(1) Voy. pl. IL, fig. 9 et 10.
(2) Voy. id., fig. 6, l'olype A.
rapports, méritent toute l'attention du naturaliste, elles n'ont jamais été figurées bien nettement,
Disposées sur deux rangs, elles n'occupent pas toutes la même place; elles n'ont pas, d'ulleurs, la même taille (D). Les plus grandes (2) sont au milieu de la longueur, et les plus petites (3) vers la base des tentacules; celles-ci placées sur la face supérieure, rapprochées de la ligne médiane, représentent tout au plus de très-petits tubercules.
En regardant un bras étalé horizontalement et de profil (4), on voit que chacune des rangées de barbules coupe son axe obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, de telle sorte que les plus petites, les premieres, du côté de la bouche, sont en dessus, et que les dernières, vers les extrémités, sont en dessous. On observe aussi que sur les deux rangées elles ne sont pas en face, qu'elles alternent plus ou moins.
Ces particularités ne semblent pas avoir été remarquées parles zoologistes ; elles ne peuvent être du reste observées que sur des animaux parfaitement épanouis, qui montrent encore que les barbules des deux côtés ne Ss’étalent pas dans un même plan, mais se recourbent en dessous.
Quant à leur forme, elles rappellent de petits cylindres obtus à leur extrémité, dont la surface est irrégulière et la transparence inégale.
La bouche peut encore être observée sans préparation anatomique ; pour cela, il suffit de regarder un Polype épanoutr, en se plaçant directement au-dessus de lui (5) : dans cette position, on voit que les huit tentacules se soudent au corps,
(4) Voy. pl. Il, fig. 9 et 10,
(2) Voy. id., id. (g g)-
(3) Voy. id., id. (ff).
(4) Voy. id., fig. 10.
(5) Voy. pl. I fig. 5; le Polype dont l'étoile se présenie de face dans le bas de la figure, dans la fig. 5 ; les Polypes vus de face, dans la fig. 8 de la pl. IE,
DU CORAIL VIVANT. 59 en circonserivant un espace réguliérement creulaire, au milieu duquel s'élève un petit mamelon allongé, avant à peu près une longueur égale à la moitié de celle du diamètre total.
La fente qui occupe le sommet de ce mamelon est limitée par des rebords arrondis et peu saillants, qui représentent exactement deux lèvres. Ses deux extrémités correspondent, non à la base de deux tentacules, mais bien à l'intervalle de quatre d'entre eux. Ce fait a une valeur organogénique dont les auteurs n'ont pas tenu compte et dont il sera question plus tard.
Il en est de la bouche comme des bras, elle est essentielle ment changeante : quelquefois, par exemple, à là place d'un mamelon, le centre du péristome est occupé par un large infundibulum qui conduit dans la cavité générale. On ne doit donc jamais oublier que, quelle que soit la partie que l'on étudie, il faut beaucoup multiplier les observations, afin de ne pas prendre des formes passagères et exceptionnelles pour des formes permanentes et caractéristiques.
La distribution des Polypes sur un rameau n'a rien de parüculier, pas plus que le nombre; l'un et l’autre dépendent absolument de l'activité de la blastogénèse du zoanthodème tout entier, ou de l’une de ses parties.
Ainsi, plus un rameau porte de Polypes, plus son accroissement en longueur est considérable; quant à l'accroissement en diametre, 1l est évidemment en rapport avec la puissance d'assimilation des matières dissoutes contenues dans les liquides nourriciers. C'est dans les extrémités en voie d’accroissement que les Polypes sont les plus nombreux et les plus serrés (2). Lorsque la petite ramille, dont il a été si souvent question, était bien épanouie, le rouge de son écorce disparaissait sous ses Polypes, tant 1ls étaient nombreux et serrés.
En général, plus on s'éloigne des extrémités pour se rappro-
(1) Vos. pl 1, fig. 8 et£,
ol OBSERVATION DU CORAIL.
cher de la base, plus les Polypes sont régulièrement espaces et de la même taille (4); il existe entre eux un tissu blastogénétique commun qui appartient aux uns comme aux autres, et dans lequel il est impossible de trouver la limite de chaque individu.
Les Polypes basilaires sont souvent éloignés de plus de 3 à h millimètres les uns des autres (2). J'en ai trouvé à L centimètre sur des racines ou bases; mais ce qu'il est important de remarquer, c'est que sur le tissu mtermédiare commun qui les unit, On ne voit pas, dans ce cas, les petits points qui s'observent si nombreux vers les extrémités en pleine activité de bourgeonnement. Là, en effet, autour des plus gros polypes, on trouve beaucoup de jeunes blastozoïtes (3) en voie de développement qui occupent plus tard une place plus grande, et étendent ainsi la longueur des rameaux.
L'absence vers la base de ces points blancs si semblables à des pores, et leur constance au contraire dans les parties où il y à accroissement, sont l'une et l’autre fort importantes à constater, comme on le verra plus loin.
(1) Voy. pl. VII, fig. 29, (2) Voy. pl. IV, fig. 20, (3) Voy. pl. VIL fig, 29, 30, 31, 39, B/.
S'il s'agissait de l'étude générale d'un groupe tout entier, il serait plus avantageux de suivre un plan méthodique et d'étudier les appareils d’après leur importance relative ; il ne doit être question ici que d’un seul être, qu'il faut faire connaître indépendamment de ses relations zoologiques, aussi importe-t-1l moins de s'assujettir à une marche sévèrement scolastique.
Nous étudierons successivement les bras, la cavité générale du corps, l'écorce, les vaisseaux et l'axe, c'est-à-dire toutes les parties dans l'ordre où elles se présentent à l'observation.
Quand on coupe avec rapidité, sur un Polype bien épanout, l'un des bras pour le porter immédiatement sous le microscope, on en peut faire une étude des plus instructives et des plus utiles, car elle apprend presque à elle seule à connaître le reste de l'organisme.
L'action de l'instrument tranchant détermine d’abord une
forte contraction, et transforme le bras en une petite masse tuberculeuse toute ratatinée, où l'on ne reconnaît plus le evlindre effilé en un cône terminal et les nombreuses barbules qui ont été décrits. Pour revenir à la première forme (1), 1l faut, par la pression légère d'une plaque mince de verre, opérer l'extension des parties. On voit alors reparaitre peu à peu les dimensions primitives, et l'on peut Juger que Îles bras, creusés d’une cavité, offrent dans leurs parois une structure toute spéciale (2).
En observant un tentacule entier avee un faible grossissement, on reconnaît que sa cavité générale se continue directement avec celle des barbules; mais que celles-ci ne s'ouvrent pas au dehors par un pore terminal, comme cela est assez habituel dans un grand nombre de Coralliaires. H n'a pas été possible du moins de le reconnaître. On voit encore que des courants rapides entraînent les granulations flottant dans le hquide de l’intérieur.
Avant d'aller plus loin, il est nécessaire de faire une remarque. Dans toute l’organisation, les tissus de l'intérieur des cavités sont tellement délicats et faciles à détruire, que les contractions seules peuvent les détacher ; que surtout la préparation ou le poids des petites plaques de verre qui les recouvrent suffisent pour les altérer beaucoup. Aussi ne faut-il pas croire que toutes les granulations que l'on voit s’agiter dans la cavité se trouvent libres avant la préparation.
Il y à deux couches très-différentes de tissu dans les parois des bras : l’une (3) est dense, serrée, c’est la paroi proprement dite ; elle est extérieure etparaît plus transparente , l'autre (4) est intérieure et tapisse toutes les cavités ; la premiere limite le corps à l'extérieur, la seconde limite les cavités à l'intérieur.
(1) Voy. pl LL, fig. 9, 40, etc.
(2) Voy. id., fig. 40.
(3) Voy. pl. II, fig. 42 et 13 (1 à).
(4) Voy, id,, id, (h h}),
Ïl y a une telle différence entre les éléments de ces déux couches, qu'il n'est pas possible de les confondre ; mais 1l est des cas OÙ 1} peut y avoir du doute sur leur position , cela üent à l'état où se trouve le Polype qu'on observe. Si lon prend un tentacule sur un animal rentré dans sa loge (4), on remarque que sa contraction est telle qu'elle à fait retourner à l'envers, non-seulement le tentacule, mais encore les barbules; qu'alors les positions sont interverties, et que ce qui était en dedans se trouve en dehors. Lorsqu'on rencontre cette disposition pour la premiére fois, elle ne manque pas d'embarrasser beaucoup (2).
La couche externe (3), celle qui limite les tentacules, parait entièrement cellulaire, et son épaisseur est d'autant plus grande que l'animal est plus fortement contracté.
L'esprit conçoit dans le tissu des fibres musculaires, mais est absolument impossible de pouvoir les distinguer et les démontrer.
Les éléments qu'on y reconnaît avec facilité sont de deux sortes : des cellules (h) et des némalocystes (5).
Les cellules sont petites, et mesurent à peine le quart d’un centième de millimètre, Leur contenu est finement granuleux, et leurs parois, fort minces, transparentes, disparaissent facilement les unes sous les autres : elles sont assez cohérentes, et rarement, en déchirant les tissus, on les voit s'isoler ; elles restent unies en petites masses.
na pas été possible de voir dans leur intérieur un noyau bien défini, comme cela existe dans beaucoup de cas; mais. au
(4) Voy. pl. IF, fig. 16 (b); pl. IV, fig. 48 (d).
(2) Voy. id, et comparez la fig. 42, barbule dans sa position ordinaire, et la 13, barbule tournée à l'envers,
l'Voysedtie 49:29, 14 (22 1),
h) Voy. id., fig. 14: portion de la paroi fortement grossie; (à) couche de cellules, ) Voy, #d., fig. 15(7 k), nématocyste,
58 ORGANISATION DÜ CORAIL.
milieu des granulations d’ailleurs assez peu nombreuses et tresfines qu'elles renferment, on en trouve quelques-unes de plus grosses. | |
La couche qu'elles forment est limitée par des lignes trèsnettes, et offre une certaine consistance (4); bien que tous les tissus soient d'une grande délicatesse, elle résiste cependant à la compression. Ses éléments, semblables dans toute son étendue et uniformément groupés jusqu'à son bord libre et extérieur, ne laissent pas distmguer une couche d'une nature épidermique spéciale.
Les nématocystes (2) sont peut-être moins nombreux ici que chez quelques autres Coralliaires ; mais ils existent à tous les états de développement et dans toute l'étendue des bras.
I ne paraît pas, d'après cela, aussi facile qu'on l'a pensé, de partager les téguments en plusieurs couches superposées, dont l’une serait formée par les éléments spéciaux, puisqu'ils sont percus et semés au milieu des autres éléments histologiques, et que leur distribution n'offre rien de régulier (3).
Dans beaucoup de Coralliaires il suffit de placer une légere plaque de verre mince sur une petite portion de tissu pour voir, par l'effet de la pression seule, les nématocystes faire d’abord hernie, sortir ensuite, et lancer enfin leurs fils urticants ; on ne remarque rien de semblable dans le Coral, sans doute à cause de la densité plus considérable du tissu dermique, d'un nombre moins grand de capsules à fils enroulés, ou enfin de la position et de la structure, qui sont différentes.
Dans tous les dessins des nématocystes donnés par les auteurs, le fil enroulé et pelotonné est enfermé dans une seule
(1) Voy. pl, IL, fig. 49"et 13, (2) Voy. id., fig. 45 (j).
(3) Voy. id, fig. 14,
capsule ovoïde plus où moins allongée et variable de forme, suivantles espèces. Dans le Coral (c'est un caractère des Aleyonnaires), on rencontre une différence notable : 1l existe deux cellules (4) enfermées l’une dans l’autre; la plus grande (2) est à peu près sphérique; elle contient naturellement la plus petite (3), qui, allongée, est entièrement remplie par le fil spiral accolé si près de ses parois, qu'on la croirait striée.
Cette différence ne paraît pas avoir été observée.
Le nématocyste se compose donc de deux cellules imeluses l’une dans l’autre, et se développe par double production endoæene où par emboîtement.
La cellule extérieure la plus grande, en se détruisant, laisse la plus petite libre (4); le fil reste enfermé dans celle-ci, qui est bien réellement la cellule nématogène :1l se dégage sans doute plus tard; mais il est très-difficile d'en voir là sortie, probablement à cause de sa délicatesse. Je n'ai pu l'observer.
La couche interne est tout autre ; elle a une structure entièrement différente.
De grosses cellules la composent (5); elles ont un diamètre au moins dix fois plus grand que celles de la paroi externe.
Bourrées de granulations nombreuses et très-volumimeuses, elles réfractent la lumière à la manière des cellules remplies de grains de fécule; aussi croirait-on, au premier abord, avoir sous les yeux des cellules végétales.
Elles se désagrégent et se crèvent facilement; cela explique pourquoi dans le liquide de la cavité des bras on en voit toujours flotter quelques-unes mêlées de nombreuses granulations.
Dans quelques points, elles sont réunies en paquets plus
(4) Voy. pl. I, fig. 45 (7 k).
(2) Voy. id., id. (j).
(8) Voy. id., id. (k),
(4) Voy. id., id. (k k).
(5) Voy. id, fig. 19, 13, 44 (h h h).
volumineux les uns que les autres, qui, soulevant fa couche extérieure, donnent à la surface des barbules une inégalité assez marquée et à leur milieu une teinte plus obscure.
Leur disposition estcurieuse : quand les parties sont fortement contractées, elles paraissent se toucher toutes et former une couche continue (4); mais lorsque la dilatation du tentacule nest même que médiocre, elles forment (2) un réseau à grandes maulles, lussant entre elles des espaces irréguliérement polvédriques, au fond desquels paraît la couche externe.
La grande facilité avec laquelle ces cellules se détachent, conduit à se demander si les espaces libres du réseau ne sont pas des parties simplement dénudées; mais, d'un autre côté, quand l'allongement est très-grand, ces grosses cellules doivent forcément s'écarter, car leur tissu ne peut suivre l'extension de la couche externe. Il est donc naturel d'admettre que leur formation n'a pas lieu d'une manière continue sur toute la surface Interne.
Sur les barbules retournées à l'envers (3). tout cela est trèsmarqué, car alors leréseau représente une cs
On doit remarquer encore que si ces grosses cellules s'écartent et forment un tissu à mailles très-âches, comme ce sont elles qui portent les cils, l'épithélium vibratile se trouve interrompu de loin en loin.
Telle est la structure des bras et de leurs barbules. Elle offre des différences assez grandes avec ce qui existe dans les autres Coralliares, mais elle est semblable à ee qui s'observe chez tous les Alcyonaires.
Dans une autre publication sur l'anatomie des animaux de ce groupe, pris dans leur ensemble, il me sera facile de prouver
(1) Voy. . IL, fig. 44 (h).
(2) Voy. d,, fig. 12 et 13 (h).
(3) Voy, ch fig, 13, qui représente une barbule tournée à l'envers.
que les dispositions anatomiques doivent, par la valeur des caractères qu'elles fournissent, jouer un rôle important dans la classification.
FI
En tracassant les Polypes, on les fait rentrer complétement dans le sarcosome, et à leur place apparaissent des mamelons durs, plissés, formés par l'écorce (1).
On se demande naturellement quelle est la nouvelle position qu'oceupent les animaux, après avoir ainsi disparu.
Par des coupes minces perpendiculaires à l'axe même du Polype où du mamelon qui le remplace, et parallèles à la surface du zoanthodèeme, on peut se rendre un compte exact des rapports des diverses parties de l'organisme.
D'abord la première coupe (2), la plus superficielle, montre que la bouche est enfoncée dans un mfundibulum dont on enlève les bords.
Puis on rencontre autour d'une partie centrale, une cavité circulaire dans laquelle paraissent huit loges, remplies par de petits paquets blancs, et séparées par des cloisons membraneuses minces.
En descendant plus bas, on voit se dessiner un tube central ovale (3), adhérent par sa circonférence aux huit cloisons membraneuses ; mas, à la place des paquets qui remplissaient
(1) Voy. pl. T, fig. 4.
(2) Voy. pl. IT, fig. 16. On voit au centre la bouche (d); autour d'elle une coupe de tissus avec taches rouges (e) : c’est le bord du calice du sarcosome qui a été coupé ; les cloisons (c), les tentacules renversés (b).
(8) Voy. pl. ILE, fig. 47 (d) : æsophage, (c) replis radiés, (f) paquet du bour-relet pelotonné, (a) paroi de la cavité générale,
les loges, on en voit de nouveaux contournés, pelotonnés et attachés aux cloisons elles-mêmes.
Enfin, une dernière coupe, faite très-bas, découvre une cavité très-grande, où le tube central à disparu, mais où existent seules les cloisons nées sur la cireonférence, et maintenant devenues libres (4).
Ces diverses apparences s'expliquent aisément. Au centre du cylindre, représentant le corps de l'animal, se trouve un tube également cylindrique partant de la bouche, et descendant plus ou moins bas, suivant l'état de relâchement ou de contraction : c'est l'œsophage, qui, à lui seul, représente tout ce qui reste d'un tube digestif très-rudimentaire. Il fait communiquer la cavité générale avec l'extérieur, et pend au milieu d'elle, retenu là par des replis partant de huit points parfaitement symétriques de la circonférence, et venant se souder à lui dans toute sa longueur. Il est donc au centre et dans l'axe même du Corps.
Les lames ou replis qui fixent ainsi l'œsophage se soudent en haut, au péristome, et transforment tout l'espace qui l'en toure en une série de loges (2), au-dessus de chacune desquelles s'attache et s'ouvre un bras ou tentacule. Ainsi la cavité d'une barbule communique avec la cavité du bras ; celui-ci s'ouvre dans une loge périæsophagienne, qui ellemême se continue avec la grande cavité du bas du corps (3).
Le tube æsophagien se termine en bas par un bourrelet qui le lite etle ferme comme un sphincter (4).Aussi quelques auteurs ont-ils voulu voir en lui le représentant de l'estomac.
(4) Voy. pl. IV, fig. 18, Polype B”.
(2) Voy. id., id., Polype B.
(3) Voy. id., id., le Polype B à droite; il est coupé verticalement, (4 Voy. id., id, (1).
Iexiste vraiment trop d'incertitude sur les fonctions physiologiques en général, et sur la digestion en particulier chez ces animaux, pour pouvoir assigner un rôle aussi positif à cette partie de l'organisme. D'ailleurs on trouve souvent des matières alimentaires dans la cavité générale, au-dessous de l'æsophage.
Les lames qui üennent à l'œsophage, d'une part, et à la paroi générale du corps, de l'autre, deviennent libres des que l’œsophage se termine. Alors l'intérieur du Polype ne présente plus qu'une grande cavité, contre les parois de laquelle se trouvent des compartiments disposés comme des stalles tout autour d'une salle circulaire (4).
Revenons aux apparences que présentent les coupes faites à différentes hauteurs.
D'abord on divise le péristome, qui, en s'enfonçant, forme lPinfundibulum; puis on rencontre l'æsophage, et, autour de lui, les loges qui l'entourent. Dans celles-ci sont les bras, contractés, rentrés et retournés par une action qu'il estvraiment difficile d'expliquer, quand on n'a pas vules fibres musculaires, qui cependant existent, car les barbules rentrent dans le tube du tentacule, et celui-ci, se renversant en dedans, se loge dans la cavité périæsophagienne (2) correspondante. Le Polype ne se contracte done pas seulement; il rentre en lui-même, en imvaginant complétement ses parties saillantes les unes dans les autres. Aussi ne faut-il pas s'étonner de trouver dans chaque loge un bras barbelé comme celui que l'on à vu sur le Polype épanoui, seulement 1l est disposé en sens inverse,
Dans les coupes inférieures, on ne trouve plus les bras. Les lamelles séparant les loges sont devenues libres; elles se couvrent sur leurs bords de pelotons formés par un bourrelet cylindrique qui semble plusieurs fois contourné sur lui-même.
(4) Voy. pl. IV, fig. 18, le Polype B/.
(2) Voy, td,, id., le Polype B’ (d!.)
Que l'on fasse descendre sur la surface interne du cylindre, représentant les parois du corps de animal, les tissus que Fon a vus exister dans les bras, et lon aura une idée de Ta texture intime des Polvpes.
Seulement la couche des grandes cellules remplies de granulations n'offre plus des éléments d’une taille aussi considérable, quoique conservant toujours le même caractère, et sur les cloisons périæsophagiennes, que l'on peut appeler aussi les replos mésentériformes où replis radiés, on trouve une couche de ces cellules à grosses granulations, qui, dans quelques points, prend un développement égal à celui qu'elle à dans les bras.
Les parois du corps, au-dessus du calice du sarcosome, présentent des apparences de fibres longitudmales et de fibres cireulures, mais il ne faut pas les confondre avecles rides ou plis que les contractions font naître, et qui sont des plus évidentes, même à l'œilnu. Elles doivent renfermer des fibres musculaires : le raisonnement l'indique, mais la démonstration en est trèsdifficile.
Dans les parois de l'œsophage, on trouve quelquefois de loin en loin de très-petits corpuscules calcaires; tandis que cela n'est pas constant dans le Coral, au contraire, chez le plus grand nombre des Alcyonaires, cela ne manque jamais. L'œæsophage est bourré d'une multitude de petites pierres analogues à celles de l'écorce qui lui forment comme une cuirasse.
Les replis rayonnants du milieu de la cavité générale portent, comme on l’a vu, sur leurs bords devenus libres, au-dessous de l’'æsophage, un bourrelet (4) plus long qu'eux, qui, pour troaver place, se pelotonne etse contourne comme l'intestin, ee qui la fait nommer encore repli ou bourrelet intestiniforme.
1) Voy. pl. X, fig. 44 (g),
Leur structure est importante à connaitre; nous nous réservous d'en parler au moment où 1} sera question de la reproduction, car c'est dans leur intérieur que sont logées les glandes génitales. Nous éviterons ainsi des répétitions.
En résumé, le corps d'un Polype se présente comme un sac dont la partie mférieure à ses parois propres confondues avec l'écorce où sarcosome, tandis que la supérieure s'allonge en un tube transparent, couronné par huit bras frangés, et dans la cavité duquel des lames nées de la circonférence limitent des loges cireulairement symétriques
C'est là l'idée la plus simple que lon puisse se faire d'un animal du Coral, quelle que soit son origine, qu'il soit oozotte ou blastozoite.