‹ Histoire naturelle du corailChapitre 23 sur 78 · LA TZ · texte numérisé non relu

LA TZ

tons enfin l'opinion de M. Milne Edwards que l'on trouve dans le T'railé des Coralliaires.

(1) Voy. Boccone, loc. cit., t. II, p. 8.

(2) Voy. Marsigli, oc. cit., Histoire phys. de la mer, à l'article Corarz.

(3) Voy. Peyssonnel, loc. cèl,, manuscrit de la bibliothèque du Muséum d’hisnalurelle de Paris, p. 47.

(4) Voy. Donali, loc. cit., p. 48.

« Le liquide qu'on fait suinter de ces Zoophytes, quand on » les presse, et que les anciens observateurs appelaient lait du » Corail, parait être l'eau contenue dans la cavité viscérale de » ces animaux, et chargée d'œufs, de semence et de matières » alimentaires (1). »

Au milieu de toutes ces opinions, on voit que des données : positives manquaient sur la texture Imtme des tissus, et que si l'histologie eût été mieux connue, les auteurs, sans varier aussi souvent, fussent arrivés à des appréciations plus conformes à ce qui existe.

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Du tissu propre ou tissu général du sarcosome.

Nous désignerons par ce nom tout le tissu qui forme la gangue, où stroma de l'écorce, et qui entoure les Polypes, les vaisseaux et les spieules.

Il présente assez d'homogénéité pour qu'il soit difficile de reconnaitre partout dans son intérieur des cellules évidentes et bien limitées. Cependant, en plusieurs points d’une coupe mince, indépendamment des corpuseules et des parois des vaisseaux, on voit (2) souvent des lignes qui se rencontrent, et indiquent distinetement les limites des éléments cellulaires.

Dans les Aleyons, le tissu interposé entre les vaisseaux et les corpuscules calcaires existe ainsi que dans le Corail; mais il est constamment semi-cartilagmeux, transparent et sans aucune trace de formation cellulaire, bien que, dès son origine, il ait dû ètre complétement formé de cellules, comme on le voit dans de très-Jeunes zoanthodèmes.

(4) Voy. loc, cit, Histoire des Coralliaires, vol, I, p. 204. (2) Voy. pl. VI, fig. 23.

Ce tissu est donc le tissu même du corps charnu; il produit, dans son épaisseur, des corpuscules calcaires; il se creuse de vaisseaux , il unit tous les organes ; il est, en un mot, la charpente de Ha partie vivante, plus ou moins résistante suivant les espèces. Ordmairement transparent, il emprunte sa teinte blanche aux vaisseaux qui le traversent en tous sens, et sa couleur rouge aux spicules dont il est bourré. Enfin, quand il meurt, il jaunit comme tout le reste de l'organisme.

Il est, sans aucun doute, contractile, son resserrement quand on le touche, le prouve surabondamment; mais si, dans son intérieur, on croit voir des trainées fibreuses, on ne trouve pas là une de ces preuves suffisantes pour dire que l'on a vu des fibres musculaires.

On peut, en résumé, se faire une idée aussi simple que juste de l'écorce, en se la représentant comme formée essentiellement par une substance hyaline, transparente, cellulaire quoique très-vaguement en quelques points, contractile, parcourue dans tous les sens par des canaux, creusée de cavités ou corps des Polypes, etsemée d'innombrables spicules calcaires,

On comprend maintenant ce qui donne cette transparence de cire au Corail bien vivant : l’eau, absorbée par les Polypes, passe dans les mnombrables ramuscules des réseaux qui traversent en tous sens le sarcosome. Elle isole les îlots de tissu commun ou général, et la teinte diminue en certains endroits. On se rend amsi compte des petites taches plus vivement colorées, que l’on aperçoit çà et là; elles correspondent à des ilots dont les spicules sont restés tout aussi rapprochés qu'avant la distension.

I faut remarquer qu'il n'est pas juste de dire que les Polypes sont logés dans le sarcosome, qu'ils y ont des cellules creusées dans lesquelles ils se retirent, Relativement aux rap-

DE L'ÉCORCE OU SARCOSOME. 89 ports du tissu général et des animaux, ces expressions traduisent des idées fausses ou du moins mal définies.

Le sarcosome est formé tout entier par les Polypes eux-mêmes dont les corps démesurément étendus sont soudés et confondus entre eux. On ne dit pas qu'une Actinie rentre dans sa loge, on dit qu'elle se contracte et se ferme; de même ici les Polypes se ferment en retirant leurs tentacules et la partie membraveuse saillante de leur corps.

Ce serait donc une idée fausse que de croire qu'il y a une distinction entre les parois du corps et l'écorce. C’est celle-ci qui forme, à proprement parler, celui-là. Cela est si vrai, que les limites du sarcosome, autour de la cavité générale où sont logés les organes, ne sont pasautrement constituées que les vaisseaux ; elles sont formées par des cellules épithéhales.

De l’épiderme,

Quand on peut arriver à faire vivre longtemps du Corail on le voit, de temps en temps, tout en conservant toujours sa transparence, signe certain de la vie, rester quelque temps sans s'épanouir. I devient luisantet comme poli à sa surface (1) : cela dure, si l'on en juge du moins par les faits observés, pendant huit, dix où quinze jours ; après ce temps, il se détache de la surface une pellicule très-mince, absolument anhiste, qui entraine avec elle quelques cellules détachées des tissus voisms et quelques spicules. C'est l'épiderme qui, probablement, se renouvelle (2).

Il repose sur une couche qui paraît être à peu près complé-

(4) Voy. pl. IV, fig. 20. Le haut de la tige est brillant et lisse. Dans un point E, on à détaché une pellicule d’épiderme dont une partie est isolée en la figure 19.

(2) Voy. id, fig. 19 : E, pellicule anhiste ou épiderme ; ÿ, spicales ; k, particules granuleuses ; ?, cellules du sarcosome,

tement cellulaire, et qui limite à l'extérieur le tissu général ou commun, on trouve ici une preuve à l'appui de cette opinion émise plus haut avec quelque réserve. à savoir que le tissu comun du sarcosome est cellulaire, bien que, dans le milieu de son épaisseur, il soit difficile d'en reconnaître partout les éléments.

Le plus souvent, cette mue est accompagnée par l'exsudation d'une petite quantité de lait, qui se montre peu à peu sous l’'épiderme lorsque celui-ci a pris le lustre et le brillant indiqués : alors on voit apparaitre de grandes plaques blanches, qui masquent çà et là pour un moment la teinte rouge de l'écorce. Mais, en faisant une piqûre à la pellicule, on détermine la sortie de quelques gouttelettes de ce liquide blane, tout à fait analogue au lait qui s'écoule des blessures des tiges, et l'on voit au-dessous de lui le tissu reparaître parfaitement sain.

Ce renouvellement de l'épiderme s’est opéré très-régulièrement à Alger sur la tigelle dont l'histoire à été fréquemment rappelée : il a été observé plus tard encore, et toujours quand il s'accomplissait, les Polvpes s'ouvraient de nouveau. I paraît

done constituer un véritable travail organique.

Ainsi il existe, à l'extérieur du sarcosome, une couche excessivement mince, qui, pour ne pas offrir de structure, n'en semble pas moins être une production épidermique particulière, due sans doute aux cellules qui forment les premières couches. mais dont la trace à disparu entièrement.

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