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DU BOURGEONNEMENT OU DE LA BLASTOGÉNÈSE

Les Zoophytes, et en particulier les Coralliaires, jouissent

d'une propriété fort remarquable et tout exceptionnelle dans le règne animal. Ils peuvent, par un travail qui s'accomplit dans

DU BOURGEONNEMENT OÙ DE LA BLASTOGÉNÈSE. 91 leur tissu, ou bien étendre les limites de leur corps, ou bien produire des êtres semblables à eux. Cette faculté rappelle entièrement ce qui se passe d'une manière constante dans les végétaux, et qui est connue en phytologie comme dans le langage vulgaire, sous le nom de bourgeonnement.

On à vu, en fixant la valeur des expressions qui doivent être employées dans cet ouvrage, que cette propriété remarquable de l'organisme serait désignée par le mot blastogénèse qui signifie développement ou origine par des bourgeons (1).

La blastogénèse appartient au sarcosome tout entier, mais elle paraît plus particuliérement avoir son siége dans les zones qui avoisinent et entourent les Polypes. Cela dépend, du reste, beaucoup de l’âge, de la forme et des conditions où se trouve le Corail,

Mais ce n'est pas auprès de tous les animaux imdistinctement qu'elle se manifeste. Dans les conditions ordinaires, son activité se montre plus particulièrement aux extrémités des tiges, dans l'étendue de quelques centimètres. A la base et sur le corps des branches, elle cesse à peu près, ou bien ce qui peint mieux son état, elle y est latente, elle y sommeille.

Toutefois, quand un zoanthodème est en voie d’accroissement, alors, et sans aucun doute, la blastogénèse se développe dans toute son étendue.

Lorsqu'une blessure ou l’action directe d'un corps, vient entamer le sarcosome, cette force reparait avec toute son énergie, comme pour réparer la brèche faite à la colonie. Cela est très-remarquable, explique bien des particularités et montre comment, si l'on trouve des dispositions en apparence étranges, en étudiant la structure intime de l'axe, on peut cependant reconnaitre leur cause et voir qu'elles n’ont rien que de tresnaturel.

(4) Voy. plus haut, p. 22.

Voyons d’abord ce qui se passe lorsque le sarcosome s'étend par voie de bourgeonnement.

Dans la racine, par exemple, les tissus croissent par là multiplication de cellules analogues à celles que l'on à vues sous l'épiderme ou que l'on trouve dans les oozoïtes.

Is débordent pour ainsi dire sur tout ce qui les environne ; puis à mesure qu'ils avancent, ils se creusent des vaisseaux qui, d'abord sans direction particulière, forment un réseau à mailles régulières, et qui, plus tard seulement, prennent la disposition spéciale et constante que l’on à trouvée sous l'écorce au contact de l'axe.

Lorsqu'un zoanthodème produit des expansions, l'adhérence des parties nouvelles aux corps étrangers est encore faible, on peut les détacher avec facilité sous forme de lamelles, et en les renversant voir au-dessous d'eux les mailles mrégulières des vaisseaux dont il s'agit (1).

Ce qui se passe dans l'extension des racines s'observe aussi sur le milieu des branches quand des larves de Balanes ou Glands de mer, de Bryozoaires, de Zoophytes, etc., viennent se fixer sur elles. Si, dans ce cas, le sarcosome ne résiste pas, s'il a le dessous, il meurt, étouffé sous le corps des êtres qui le recouvrent. Alors la blastogénèse qui sommeillait entre en activité, et souvent avec une force telle, que bientôt les tissus bourgeonnent, reprennent le dessus et couvrent les hôtes malfaisants qui semblent se multiplier jusque-là impunément. C’est sous la forme d’une lamelle mince, présentant une organisation semblable à celle que l’on observe dans les racmes, que s'avance l'expansion sarcosomique.

On s'explique très-bien, en étudiant ces faits, les alternances de couches blanches, grises et rouges que lon rencontre quelquefois en cassant du Corail; elles sont dues au développement

(4) Voy. pl. VII, fig. 27 et 28. Dans l’une et l’autre figure, le sarcosome, étendu en lames, à été séparé du corps qu'il recouvrait, pour montrer sa face inférieure qui présente de nombreux tubes blancs entrecroisés en tous sens.

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