‹ Histoire naturelle du corailChapitre 25 sur 78 · DU BOURGEONNEMENT OÙ DE LA BLASTOGÉNESE · texte numérisé non relu

DU BOURGEONNEMENT OÙ DE LA BLASTOGÉNESE

tantôt d’un Bryozoaire, tantôt d'un Zoanthaire à polypier, ou enfin du Coral lui-même (1).

Le rapprochement suivant ne peut manquer de venir à l'esprit de quiconque étudie soigneusement les caisses de Corail des armateurs, ou les pierres rapportées du fond de la mer.

I semble qu'entre les êtres inférieurs qui peuplent la profondeur des eaux , il existe une lutte imcessante, une lutte fatale qui les pousse à s'entre-détruire.

En effet, quand la blastogénèse les fait croître dans un sens, ils s'avancent, s'étendent et recouvrent tout ce qu'ils trouvent sur leur passage. Comme ils sont fort nombreux, il est bien rare qu'ils ne se rencontrent pas. Alors malheur à celui dont la force blastogénétique est la plus faible; 11 succombe dans la lutte, 1l est recouvert.

Mais ainsi qu'on l'a vu, dans toute colonie attaquée, la force blastogénétique se développe de nouveau, et d’un autre côté, à mesure que le zoanthodème ennemi s'étend, sa force d'expansion diminue, il arrive ainsi que le vameu reprend l'offensive et tra vaille à réparer ses pertes, tandis que son ennemi commence, d'après la loi qui vient d'être mdiquée, à se reposer.

Il y a done une lutte aveugle mais acharnée entre deux zoanthodèmes voisins.

S'ils sont d'espèces différentes, ils se trouvent dans l’une de ces deux alternatives: ou bien leur force d'expansion est aussi développée chez lun que chez l'autre, et ils s'opposent un obstacle réciproquement infranchissable, 1ls se relèvent en s'adossant l’un à l'autre, ou bien leur activité n'est pas égale, et alors il faut qu'ils recouvrent ou qu'ils sotent recouverts. Rarement la premiére alternative se présente, aussi y a-t-il presque toujours une victime.

(4) Vov. pl. VIE, fig. 27. Si rien n'était venu interrompre l'accroissement de

celte tige, et sile polypier s'était formé sous la partie SS du sarcosome, plus tard, en Cassant la tige, on aurait rencontré le Bryozoaire sous une couche de Corail.

9h ORGANISATION DU CORAIL.

C'est à cette cause qu'il faut rapporter en grande partie l'accroissement en épaisseur des roches des fonds coralligènes. Eù les cassant, on trouve souvent des couches de plusieurs décimètres formées par les recouvrements réciproques de plusieurs ESpÈces.

C'est à elle qu'il faut aussi rapporter cette sorte de pénétration des racines du Corail dans la roche. Car st l'on admet qu'une tige bien développée se trouve fixée à un sol sur lequel la lutte dontil a été question vient à être très-animée, les dépôts s’élevant autour d'elle finiront par l'enfouir peu à peu, et alors, quand on cassera la roche, on trouvera dans son intérieur une tige de Coral qui n'avait pas pénétré, mais qui s'était trouvée enfermée et enfouie comme 1l vient d'être dit.

Quand deux zoanthodèmes de Corail viennent à se rencôontrer, les choses se passent différemment. Is se soudent et se confondent absolument comme le font les branches d'un même individu. Il y à greffe par approche comme dans un végétal.

Supposons qu'un rameau secondaire du polypier d'un zoanthodème soit cassé par un accident quelconque, et que le sarcosome ou les parties molles résistant encore, le tiennent suspendu et adhérant à la souche, il na plus cette rigidité qu'il avait avant l'accident, et entraîné par son poids ou les courants, il peut arriver à toucher quelque autre branche, Alors les frottements et le contact déterminent dés blessures, la force blastogénétique se réveille, du tissu cellulaire nouveau se forme et une soudure se produit. Mais 1er, chose importante dans une même espèce, la lutte s'arrête dès qu'elle 4 atteint son but réparateur.

On m'a montré des branches de Corail tres-belles soudées par les extrémités supérieures de léurs ramifications, elles avaient deux grosses racines opposées fixées à des débris de rochers, et leur rencontre avait dû se faire par suite d'un accroissement en sens direct et opposé au fond d'une de ces

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