‹ Histoire naturelle du corailChapitre 34 sur 78 · PR · texte numérisé non relu

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C'est d’une manière très-simple et par bourgeonnement que les bras se développent autour de ce que nous avons appelé le péristome. Sur le bord du bourrelet marginal du disque que l'on a vu être le résultat de la métamorphose de la larve, huit plis ou sillons rayonnants, qui correspondent exactement aux cloisons et que l'on découvre dans là cavité en comprimant le petit disque, paraissent d'abord. Les intervalles que séparent ces sillons correspondent chacun aux loges internes, et entre eux s'élèvent de petits mamelons qui sont les rudiments des tentacules. Que par la pensée on les prolonge, et l'on aura bientôt une couronne entourant la bouche; qu'on se les figure bourseonnant eux-mêmes sur les côtés, et l’on arrivera à la forme du Polype alcyonaire (4), caractérisé par huit bras ayant des barbules latérales.

Ainsi on peut suivre sans discontinuité la série de toutes les transformations, depuis l'œuf, la larve vermiculaire, la larve métamorphosée, jusqu’au Polype, qui, à part ses dimensions et ses rapports, est semblable à ce qu'il devient plus tard dans un zoanthodème complet et bien développé.

Origine et formation du zoanthodème.

Lorsque l'oozoite est entièrement formé, son sarcosome est fort peu épais, relativement à ce qu'il deviendra, et surtout parfaitement limité, n'ayant rien de commun avec aucun autre animal; 11 constitue à lui tout seul les parois de la petite outre représentant le corps du Polype. Sa teinte rouge permet de reconnaitre la hauteur à laquelle s'arrêtent les spicules et où commencent les festons du calice sarcosomique (2).

(2) Voy. pl. XVIE, fig. 96 et 98.

(2) Voy. pl. XVIIL, fig. 99, 100 et 104.

Cet état de simplicité ne dure pas longtemps, car à peine complété, le Jeune oozoïte jouit de là propriété de produire des Polypes, de fonder une colonie non pas encore par le concours des sexes, mais en donnant naissance, par la force blastogénétique qui se manifeste, à des êtres semblables à lui.

Ici deux faits méritent toute l'attention :

C'est d’abord l'accroissement, l'extension du sarcosome et la multiplication des blastozoites; c'est ensuite la formation du polypier, dont nous n'avons pas encore rencontré de traces.

Le sarcosome est, à proprement parler, le corps tout entier; c'est lui qui, en se développant, produit accroissement du zoanthodème, quel que soit, du reste, le pont que l’on considère.

Nous n'avons pas à revenir sur ce qui a été dit du mécanisme de la blastogénèse (1). 1 n'y a aucune différence dans ce qui s'accomplit dans un oozoïte pour produire un premier blastozoïte, et un Polype quelconque d’un grand zoanthodème pour produire des Polypes nouveaux : tout est absolument semblable.

Constater des faits, voilà donc ce qui nous reste à faire.

Les observations les plus nombreuses et les plus variées démontrent d'abord que, sur un point quelconque de la surface d'un oozoïte parfaitement régulier et déjà rouge, apparaît une petite tumeur au centre de laquelle la matière colorante diminue peu à peu, si bien qu'elle finit par devenir blanchâtre et transparente (2). C'est tout à fait un bourgeon semblable à celui que l’on a vu se former dans le sarcosome général d’une grande tige (3); les éléments cellulaires du tissu commun se multiplient mdépendamment des vaisseaux et des spicules, forment une masse : c’est le bourgeon. Celui-ci se creuse, dans

(1) Voy. plus haut, Organisation du Corail, IV : De la blastogénèse, p. 90. (2) Voy. pl. XVIIL, fig. 99 (b).

(3) Voy. pl. VII fig. 82, 33 et 34.

‘son centre, d'une cavité qui reste toujours distincte de celle du premier oozoïte; son sommet se perce ensuite d’un orifice, et 1l se passe en lui des modifications et des changements tout à fait analogues à ceux qui ont été décrits. I! n’y aurait ici qu'à répéter ce qui à été indiqué précédemment. Sur le bourrelet qu'entoure Forifice, des mamelons forment l’origine des tentacules, et, pendant l'érosion qui produit la cavité générale des lames, premiers rudiments des replis radiés, sont réservées en saillie.

Ces transformations conduisent à un Polype nouveau.

Souvent, sur une même pierre, on peut se procurer tous les échantillons nécessaires pour établir l'échelle progressive, conduisant sans transition brusque de l’oozoïte le plus simple au Polvpe le plus complet (1), et au zoanthodème le plus étendu.

Ainsi, d’abord on ne trouve que deux Polypes unis, un oozoïte et un blastozoïte (2), puis on en rencontre trois (3), quatre (4), cinq : le zoanthodème est formé, et quoiqu'on arrive à un plus grand nombre, il n’y à plus de différences ; tout se passe désormais, comme nous l'avons déjà dit précédemment, comme dans un grand rameau.

Les ramifications qui naissent sur la tige primitive sont la conséquence d’une blastogénèse plus active autour d'un Polype. Elles commencent à des hauteurs très-différentes, variant depuis quelques millimètres jusqu'à plusieurs centimètres. Quelquefois cela est assez rare, on les voit naître à plus d’un décnnètre de hauteur ; elles constituent alors des polypiers allongés droits, que l’on peut utiliser comme porte-plume, et qui ont encore assez de valeur dans le commerce.

Une question qui n’a pas une grande importance se pré

(1) Voy. pl. XVIII, fig. 195.

(2) Voy. id., fig. 99 à 104 : (a) oozoïtes, (b) blastozoïtes.

(3) Voy. id., fig. 102: (a) oozoïte, (b c) deux blastozoïies.

(4) Voy. td., fig. 104. Ici il est déjà difficile de reconnaître l'oozoïte, quicependant paraissait être le Polype (a).

sente quand on suit les progrès du développement d’un zoanthodème : on se demande où se trouve l’oozoïte, ce qu’il devient au milieu de tous les nouveaux habitants de la colonie ; est-il au sommet ou reste-t-11 dans le bas des tiges, dépassé qu’il est par la rapide multiphcation de ses rejetons? I n'y a pas, sans doute, un grand intérêt à résoudre ces questions, mais elles se présentent tout naturellement. Aussi avouerai-je que sans chercher beaucoup, il m'a paru que l’oozoïte pouvait être porté au sommet du premier rameau par la multiplication au-dessous de lui de nombreux blastozoïtes, mais qu'il arrivait aussi bien souvent que tel blastozoïte, devenant un centre plus actif de la force blastogénétique produisait des ramifications au milieu desquelles disparaissait la première tigelle, et par conséquent le point de départ de la colonie. Du reste, en traitant du développement

des Gorgones, j'aurai occasion de revenir sur ce fait.

Développement du polypier.

Les discussions nombreuses auxquelles ont donné lieu la nature et l'origine de la partie solide du Corail forcent à entrer dans quelques détails, et à consacrer un paragraphe spécial à la question.

Je dirai d'abord ce que j'ai vu, et puis Je rapprocherai les opinions aneiennes des faits nouveaux qui me paraissent démontrés.

Quelle est l’origine du polypter?

Il suffit de prendre de très-jeunes zoanthodèmes, ear trèssarement on trouve les premières traces de l'axe dans les oozoïtes, pour rencontrer, au milieu de l'épaisseur du sarcosome, plutôt en bas qu'en haut, des noyaux de substance pierreuse qui, tout mamelonnés, rappellent, par leur forme,

une agglomération de spieules (1). La première impression qu'on éprouve en les voyant est qu'ils sont formés de spieules réunis et agglutinés.

Si l’on multiplie les recherches de manière à voir ce que deviennent ces noyaux, on s'aperçoit bien vite qu'ils font partie, quand leur nombre etleur tulle sont suffisants, d’une sorte de lamelle soudée au rocher, qui s'élève dans l'épaisseur des tissus du jeune animal (2).

Ces lamelles, quand elles n’ont encore que quelques fractions de millimètre d'élévation, sont planes et parfaitement perpendiculaires à la surface qui les porte; mais, pour peu que leur développement augmente, leurs extrémités s'allongent de facon à leur faire décrire une courbe ou demi-cercle, à les transformer en un fer à cheval, ordinarement plus élevé vers le milieu (3).

C'est là l’origine du polypier.

Il importe de bien nettement établir le pont de départ de cette partie solide.

Où commence-t-elle : à la surface imférieure de l’oozoïte, ou bien dans l'intérieur des tissus? Telle est la question qu'il faut résoudre, car de sa solution dépend la détermination exacte de sa nature.

Le Polype est fixé par son sarcosome au rocher qui le porte, et il représente assez exactement, suivant qu'il est épanoui ou contracté, un cylindre ou un cône. Le fond de sa cavité ou de sa base est séparé du corps étranger par une lame de sarcosome, limitée elle-même en dessous par une couche mince épidermique, qui se relève sur les côtes pour former les parois

(1) Voy. pl. XIX, fig. 106 : jeune zoanthodème dans l’intérieur duquel ont été rencontrés les corpuscules, agglomérés et dessinés, fig. 107.

(2) Voy. id. fig. 108 : jeune zoanthodème renfermant le polypier grossi représenté aux fig. 109, 110, — Fig. 411, jeunes polypiers de plus en plus développés (h à j).

(3) Voy. id., fig. 11 (1.

du cylindre ou du cône. Eh bien! est-ce la pellicule épidermique externe revètant le cylindre en dessous qui s’ossifie et devient polypier? ou bien est-ce dans les couches profondes des tissus que se forment les premières concrétions ? Voilà les termes précis de la question.

Si l'épiderme seul, en se dureissant et se solidifiant, formait l'axe, la couche extérieure et inférieure, celle qui est accolée au rocher serait la première à paraître, et le polypier devrait conséquemment commencer par être une lame cireulare étalée parallèlement à la surface qui lui sert de support : or rien de semblable ne se rencontre.

Il faut donc que ce soit dans l'épaisseur même des parois du corps que se forment les agglomérations de spicules, et ces agglomérations sont certainement nées dans les tissus du sarcosome, bien avant qu'il y ait la momdre trace d'adhérence ; elles entrent plus tard dans la composition du polypier. Jamais on ne rencontre de lames calcaires au-dessous de l'animal, et, quand il en existe une, elle s'élève comme une muraille en se plaçant entre la cavité centrale et la surface extérieure (4).

Ainsi done il est difficile d'admettre que le point de départ du polvpier paraisse d’abord à l'extérieur, sur la limite de léconomie.

En étudiant ces lamelles contournées comme de petits fers à cheval, on voit qu'elles sont lom de ressembler au tissu homogène et compacte de l'axe bien développé, et surtout de rappeler l'endureissement d’une membrane.

(1) Voy. pl. XIX, fig. 111 : (g) jeune zoanthodème fort simple, dont la paroi à été enlevée en avant pour laisser voir le polypier (A) qui s'élève entre les membranes blanches du centre et Pécorce,

Nora.—Cette figure a l'inconvénient de présenter leschoses trop nettement : ainsi la partie centrale est trop blanche, elle aurait dû être semée de spicules. Cela n'a pas été fait, afin de mettre le jeune polypier (k) plus en évidence. (i) petit polypier tout à fait dégagé des tissus et en fer à cheval ; (7) premicrs rudiments du polypier formant une lamelle verticale commencant à se courber.

Leurs bords sont irréguliers, et présentent, de distance en distance, des épaississements absolument semblables aux noyaux que l’on trouve dans les tissus mous d’un cozoïte qui commence à bourgeonner. Ces épaississements, tantôt largement soudés et confondus avec les parties voisines, tantôt portés par une sorte de pédicule, montrent évidemment qu'ils sont les résultats de soudures établies entre les noyaux plongés dans les tissus et la lame déjà formée.

Dans la lamelle on voit des lacunes, des trous qui sont les intervalles des nodules des bords, et l'on est conduit à penser que quelques gros noyaux jetés entre eux comme des ponts les ont unis en laissant ces espaces vides.

Peut-on se refuser d’admettre après cela que la lamelle représentant le jeune polypier s'accroît sur son bord libre, et cela par la soudure de noyaux composés de sclérites? Le fait ne me paraît pas contestable.

Si d’ailleurs on soumet à un fort grossissement une de ces lamelles primitives, on remarque que sa surface est toute hérissée de nodules qui sont eux-mêmes couverts de spinules (4).

Ainsi, quelle que soit la taille du polypier, toujours on est frappé de l’irrégularité de ses bords, de la quantité des mameions spinuleux qui les couvrent, et de la position qu'il occupe au milieu de lépaisseur du sarcosome, et non à sa surface.

Voilà ce que l’on voit dans de très-Jeunes colonies d'un à deux millimètres de grandeur.

Dans les grands et vieux zoanthodèmes, aux extrémités des branches, là où la jeunesse semble être perpétuelle, puisque l'accroissement y est constant, on doit, si ce qui précède est exact, retrouver le mode d’accroissement tel qu'il vient d’être indiqué.

(4) Voy. pl. XIX, fig. 109 : polypier du jeune Corail représenté dans la figure 108, grossi 200 fois, — Fig. 110, une partie du même, grossie 5900 fois.

Mais 1! faut tenir compte de cette grande différence que les animaux ne sont plus isolés, et que c’est au milieu d’une série de Polypes que l’on doit chercher à reconnaître l'accroissement de l'axe. Cette condition augmente les difficultés.

Le bout d'une jeune branche est formé de Polypes adossés base à base, quand ils sont opposés, ou placés côte à côte, quand ils sont voisins (4). Leur réunion forme un cylindre dont l'axe remplace idéalement, au moins, la surface du rocher sur lequel se fixe le jeune, le premier oozoïte. H faut donc arriver à retrouver ici l’analogue de cette lamelle que l’on a vue former sur le rocher le premier rudiment du polypier.

Le plus ordinairement 1! y à trois séries de gros Polypes adossés base à base, et alors l'axe primitif qu'ils recouvrent est presque toujours un corps trigone, dont chacun des angles saillants n'est autre chose qu'une lamelle développée dans le tissu intermédiaire à deux animaux contigus, et formée par conséquent dans un tissu commun.

La conséquence de cette disposition est celle-ci : entre les lames saillantes de ce corps trigone il y a des angles dièdres, des angles rentrants, formant des sillons profonds où sont logés les corps des Polypes.

Ces angles représentent les arcs ou fers à cheval des jeunes polypiers, et sur leurs bords on doit constater des faits semblables à ceux que lon vient de voir sur ces lamelles des polypiers primitifs.

Sur ees parties minces, on trouve des noyaux couverts de spicules en tout semblables à ceux qu'on à vus dans les premiers rudiments du polypier d’un jeune zoanthodème; on y voit des lacunes, des trous et sur la surface des nodosités épineuses (2).

L'analogie la plus complète existe donc ; et si l’on tient compte

(4) Voy. pl. VIII, fig. 35 : P, polypier.

(2) Voy. pl. id., fig. 36.

des différences qui sont la conséquence nécessaire des rapports de plusieurs blastozoïtes ou des dimensions des parties, on ne peut se refuser d'admettre la proposition suivante, à laquelle on arrive comme à une conclusion forcée : Le polypier renfermant des spicules éléments du sarcosome ou du tissu profond, ne peut être considéré comme une dépendance du tissu externe ou de l’épiderme. En multipliant les observations avec des grossissements variés sur des extrémités de polypier préparées, comme cela a été indiqué précédemment, on ne tarde pas à rencontrer sur leurs bords des spicules entiers parfaitement réguliers, soudés par un de leurs côtés (1) ou l'une de leurs extrémités, et l'on peut s'assurer, sans que le moindre doute soit possible, que les éléments du sarcosome entrent dans leur composition.

Si l’on se rapporte maintenant à ce quia été dit plus haut de la structure de l’axe, on s’expliquera de la manière à la fois la plus simple et la plus naturelle toutes les dispositions que l'on a vues.

La difficulté que l’on a rencontrée pour préparer les lames ou corps trigones des extrémités des branches tient à ce que les accumulations marginales des gros noyaux de spicules sont à peine soudées, et se brisent ou se détachent avec la plus grande facilité.

Le noyau irrégulier et de figure variable (2) du centre des coupes perpendiculaires à la tige est dû à la premiere forme du polypier, où au corps trigone qui, entouré par des couches concentriques, est devenu le centre d’une (ePreAAus ainsi peu à peu régulière et cylindrique.

Les petits corps (3) ou bâtonnets que l'on a trouvés çà et là,

(1) Voy. pl. XX, fig. 113. Un des spicules (a) est recouvert par une couche mince de ciment, Il est de la dernière évidence.

(2) Voy. pl. VLL, fig. 37 (2) et (7.)

(3) Voy. id., fig. 37 bis (c).

DÉVELOPPEMENT. 159 dans les lames minces du polypier, sont des spicules noyés dans les tissus qui les ont recouverts, et qui, confondus avec eux, ne se distinguent plus que par leur axe primitif.

Dans les coupes parallèles à la surface de l'axe ou de la racine, on retrouve encore ces paquets épineux (1) qui sont absolument identiques avec ceux des lames d’origine des polypiers (2).

On n’a pas oublié que la teinte est disposée par bandes plus vives et plus rouges sur les arêtes, qu'elle est plus pâle dans les cannelures (3) ou fond des sillons ; en observant avec un fort grossissement, on ne tarde pas à reconnaitre que cela tient à l'accumulation d'un nombre de spicules infiniment plus grand sur les arêtes que dans le fond des sillons. On s'explique qu'il doit en être ainsi, car au-dessous des vaisseaux il y a tres-peu de spicules, la couche sarcosomique y est infiniment mince et bien moins riche en éléments calcaires ; au contraire, entre eux, le sarcosome se trouve avec tous ses éléments en contact direct avec le sommet des arêtes vives; il est donc naturel que dans ce point le nombre des spicules agglutinés soit plus considérable.

Les racines n'ont point de vaisseaux aussi réguliers, et la distribution des spicules sur elles n’a rien qui rappelle ce qui se voit dans l'axe, à moins, toutefois, que les sillons ne se forment comme cela arrive quand les vaisseaux parallèles se sont développés et que les mailles polyédriques irrégulières ont cessé d'exister.

De tout cect 1l résulte que le polypier est essentiellement formé de deux parties : l'une, véritable ciment qui se dépose par couches pour former la charpente solide du zoanthodème, envahit de proche en proche les tissus et englobe les spicules voisins des corps existants déjà; l'autre, représentée par

(4) Voy. pl. VILL, fig. 38 et 38 bis (b).

(2) Voy. pl. XIX, fig. 109 et 110.

(3) Voy. pl. VILLE, fig. 58.

les spicules libres, que l’on peut toujours retrouver plus ou moins empâtés, parfaitement reconnaissables, quoique entourés d’une légère couche de la prenuère.

En résumé, il n’est pas possible d'admettre que le polypier du Corail soit une dépendance de lépiderme : 1° parce qu'ilne commence pas par la couche extérieure de l'oozoïte ; 2 parce qu'il renferme des éléments qui se trouvent dans les profondeurs de l’économie; 3° parce que dans le jeune Polype, comme dans les bouts des branches, les spicules se soudent entre eux et forment des noyaux plus où mois volumineux qui, d’abord placés au milieu des tissus, s'unissent plus tard au polypier déjà formé ; 4° enfin, parce que les vaisseaux forment une couche si particulière, qu'il est bien difficile, smon impossible, de pouvoir reconnaitre au-dessous d'eux un épiderme.

Remarque.— Dans l'origine, au moment où il prend naissance, le polypier forme un véritable calice, comme chez beaucoup d'autres Coralliaires où le corps de chaque animal est logé et se retire dans une cavité. Ici cela dure peu de temps et l'on est tout naturellement conduit à se demander comment une lame circulaire entourant presque entièrement l'animal peut se transformer en un axe cylindrique qui plus tard sera placé au dedans des tissus.

Le premier oozoïte véritable fondateur d’une colonie produit un blastozoïte qui devient bientôt aussi grand que lui; 1 y a alors deux animaux adossés exactement l'un à l’autre, puisqu'ils sont également développés (4). I en résulte que le polypier du second viendra, en se formant, opposer la convexité de sa courbe à la convexité de celle du premier; de là naît un corps nécessairement à plusieurs angles.

Les blastozoïtes, en se multipliant, ajoutent de nouveaux

(1) Voy. pl. XVIII, fig. 100.

DÉVELOPPEMENT. 191 éléments solides à la petite masse primitive. Ainsi, dans le milieu même, se forment des parties qui, s’ajoutant les unes aux autres, donnent naissance à une tigelle cannelée dont les arêtes représentent les bords des lamelles primitives courhées que l’on a vues dans les premiers blastozoïtes, et dont les Ans lee rentrants forment les concavités.

Quand la vitalité de la colonie est suffisamment active, quand les sucs élaborés sont assez considérables, la sécrétion calcaire est aussi plus abondante et comble peu à peu les vides ; alors la tige, de trigone qu'elle était, devient peu à peu régulière, ses angles rentrants se comblent, ses angles saillants s'arrondissent en s’affaiblissant, et les vaisseaux profonds appelés à faire circuler les liquides nourriciers d’une extrémité à l’autre du zoanthodème se développent en un réseau régulier qui laisse sa trace, son empreinte sur la surface de l'axe.

Ajoutons que si des exceptions à ce qui vient d'être dit semblent se présenter, cela tient à ce que les blastozoïtes se disposent en ligne sur les extrémités, et suivant qu'ils sont sur trois ou quatre, ou cinq ou deux rangées, les angles rentrants profonds des polypiers sont eux-mêmes en nombre variable.

Si l’on veut bien réfléchir à l'union intime qui existe entre le polypier et le réseau à vaisseaux parallèles, aux rapports du polvpier et du sarcosome dans les extrémités, on ne pourra s’empécher d'admettre que l'axe calcaire n’est point une partie extérieure et pour ainsi dire en dehors de l’économie.

Ï ne paraît pas plus raisonnable de séparer le polypier du Polype, que d'isoler l'os de la chair. de ne veux établir aucune analogie, car ce serait comparer le polypier et l'os, ce qu'il n'est pas plus possible de faire que de comparer les Polypes aux animaux supérieurs. Je veux seulement établir que le polypier et les spicules font partie intégrante de l'organisme des animaux inférieurs, conne les os des animaux supérieurs apparticunent à leur corps.

Les corpuscules calcaires du sarcosome ne sont point cerlainement des dépôts isolés et accidentels. Ils sont des parties sécrétées par l'organisme, des parties ayant des formes spéciales suivant les espèces, et il est impossible de les exclure de l’action vitale directe. Les spicules ont autant de raisons pour appartenir à l'être même que le reste du corps; ils ne sont pont, comme on à pu le croire, une excrétion ou précipitation de la matière calcure, car ils n'offriraent pas cette régularité, ce cachet constant que M. Valenciennes à proposé d'utiliser dans la classification des Gorgoniens, et qui m à si heureusement servi pour reconnaître le Coral infiniment petit.

La partie de l'historique du polypier du Corail offre un véritable intérêt.

H semble que les auteurs des siècles derniers se soient appliqués à multipher les explications pour arriver à démontrer des opinions erronées sur la formation du Corail. Aussi, depuis la grande découverte de Peyssonnel, leurs oplrions n'ont-elles eu aucune valeur. Voyons d'abord ce qu'ont pensé les auteurs plus rapprochés de nous :

Cavolini a comparé les vaisseaux longitudinaux à un périoste et le polypier à un os (4). Il à donc admis que l'accroissement de la charpente solide des animaux inférieurs se faisait comme celui du squelette des animaux supérieurs :

«Il descritto perischeletro è quello che impregnandose di calcare particelle, che gli vingono sommimistrare della parte parenchimatosa aggiunge nuove lamine petrose sullo scheletro, e ne produce l'mgrandimento. Questo sistema che un tempo fu ammesso per lPaccreseimento delle ossa negli animali, ma da altre osservazioni poscia smentito quello » che la natura dimostra avere sequito nella formazione dello

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