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(4) Voy. Cavolini, loc. cit., p. 40 et A5.
» scheletro del Corallo, che percid potremo stimare come un » vero mezzo tra le ossa dell’animale, le quali per interna » nutrizione prendono accrescimento, e il legno del vegetabile » che per induramento del libro si aumenta (1)... Tutto cd » dunque conferma che l’accrescimento dello scheletro del » Corallo si faccia mercè lo sviluppo del periosto ossia peri- » scheletro, e dell'incorporamento di calcaree particelle che » fanno le sue lamine. Cosi compieremo l’analogia tra la Gor- » gonna, 61 Corallo. »
Dans cette comparaison du périoste et du réseau sanguin à vaisseaux parallèles, 1l y a une exagération évidente.
On remarque de plus dans cette opinion une tendance à trouver un passage entre les animaux et les végétaux; idée bien connue et que tant de naturalistes illustres ont cherché à démontrer. L'accroissement du Corail ne ressemble ni à l'en durcissement du liber des plantes, ni à la formation des os des animaux, et cela parce que ces êtres sont fonciérement différents.
Comparer est une excellente méthode quand les choses sont comparables; mais pousser les comparaisons trop loin, c’est toujours une mauvaise chose, car les résultats obtenus sont faux et viennent encombrer la science inutilement, si même ils ne lui nuisent.
MM. Milne Edwards et Jules Haime, dans les trèés-nombreux travaux qu'ils ont publiés sur la classe des Polypiers, sont arrivés, en prenant pour point de départ l’organisation des Gorgones, à admettre que, dans les Coralliaires, le polypier est constitué, tantôt par le derme consolidé, tantôt par l’'épiderme endurei. L'analogie de l'axe des Gorgones avec la corne, production évidemment épidermique chez les animaux supérieurs, légitimait sans doute cette manière de voir; et comme le Corail, par ses caractères zoologiques, est aussi rapproché que possible des Gorgones, il était difficile, en considérant les choses à ce
(1) Voy. Cavolini, loc cit., surtout ce qui a trait à l'accroissement des Gorgones, LACAZE-DUTHIERS, 13
point de vüe, de ne pas le placer dans le groupe des Polypiers épidermiques, bien que son axe fût calcaire.
Cette manière de voir, alors que les études embryogéniques manquaient,se présentait tout naturellement à l'esprit quand une fois on avait admis que l'axe des Gorgones dérivait de l'épiderme.
Mais en suivant les progrès du développement, il est bien difficile d'arriver à ce résultat : car il faudrait voir d’abord se former, sous le jeune oozoïte, un disque, puis s'élever un mamelon d’épiderme endurei qui, pénétrant dans les profondeurs de l’économie, refoulerait devant lui tous les tissus.
Nous avons assez insisté sur la formation, dans l'épaisseur même des parois du corps des nodules primitifs, origine du polypier du Coral, pour n°y point revenir 101.
N'est-ce pas le cas de faire remarquer toute la valeur de ce précepte d'Aristote, emprunté à sa PoLiriQue : « Lei, comme partout » ailleurs, remonter à l’origine des choses et en suivre avec soin » le développement, est la voie la plus sûre d'observation (4). »
Encore quelques mots.
À côté des opinions aussi étranges que singulières qui eurent cours dans les siècles derniers, on trouve des observations d’une remarquable précision, et l'on se demande comment, en étant aussi éloignés de la vérité quant à la nature du Corail, leurs auteurs pouvaient avoir eu des idées aussi justes relativement à quelques points de son histoire. À cela on peut répondre que l'homme supérieur ne manque jamais d'inprimer un cachet particulier à son œuvre. S'il fut erreur, cela tient seulement à l'esprit de son époque, qui le domine, qui l'influence, et ne lui permet pas de tirer tout le parti qu'il pourrait de ses observations propres.
Réaumur n'a point parlé de l'opinion de Swammerdani, qui
(1) Voy, Aristote, Politique, liv. 1, chap. f, 8 3, traduction de Barthélemy Saint- Hilaire,
avait écrit bien avant lui. Il devait cependant la connaître, puisqu'il cite les travaux de Boccone, et que Boecone a publié dans son petit livre les lettres de Swammerdam; quoi qu'il en soit, tous les: deux partagèrent la même manière de voir touchant la formation de l'axe, et ils accumulèrent les arguments pour démontrer que le polypier du Corail était une pierre formée par l'agrégation des particules de l'écorce.
Cette opinion n'eut pas un grand succès. En effet, on ne pouvait tenir compte des preuves données à l'appui d’une manière de voir qui avait fait son temps et que personne n'admettait plus, surtout après la découverte de Marsigli; aussi ne trouve-t-on point d'appréciation sur les explications de Swammerdam et de Réaumur. Sans doute, on s'était dit que, puisque la nature minérale du Corail devait être rejetée, les développements donnés par les auteurs à l'appui de cette opinion étaient tout aussi faux qu'elle, et on la critiquait seule.
La forme branchue à beaucoup embarrassé tous les naturalistes. Comment expliquer qu'une pierre se ramifie? On supposait, pour sortir d'embarras, que le dépôt du Corail se faisait sur du bois ou des tiges de plantes lui servant de support et lui donnant la forme.
3oceone, qui avait observé le Corail vivant, niait la nécessité d’une charpente pour que le dépôt corallin, comme il dit, revêtit une forme arborescente. Pour lui, les ramifications étaient un des caractères de ce minéral, formé par « juxta- » position, comme dans la plus grande partie des pierres, » et produit par le fucus ou museus (écorce). Voici en quels termes il s'en explique :
« De sorte que nous pouvons raisonnablement juger par tout » cela, que la première impression du Corail est celle du fucus » sous lequel le ferment, et les parties du sel s'appliquant, se » distribuant, s’élevant, se cuisant et se fixant, grossit et en- » durcit toute la matiere, et lui donne enfin la consistance
» du Corail par une continuelle application, qui ressemble à » ce que les philosophes ont dit, touchant les autres pierres, » De additione partis ad partem (4). »
Ainsi, pour lui c'est le levain qui s'endurcit et forme le Corail, et ce levain, comme on l’a vu, n’est autre chose que le lait.
Voyons maintenant les observations de Swammerdam :
Le savant Hollandais commence par étudier la croûte ou tartre corallin, il en fait l'anatomie dans ses moindres parties ; 1l observe les spicules ou selérites qu'il appelle boules angulaires ou erystallines, et dont il cherche à reconnaître le rôle.
En retrouvant ces mêmes boules dans d’autres espèces, il en conclut que : «les Corallines frutiqueuses ne sont autre chose » que du bois environné de croûtes corallines, tantôt rouges, » tantôt jaunes, tantôt blanchâtres (2)... »
Il est évident qu'il entend parler des Gorgones, qui à son époque étaient fort mal connues et tout aussi mal dénommées.
Quant au lait, qu'il n'avait point étudié sur le vivant, il sup pose qu'en «tombant dans l'eau de la mer, il fait peut estre » précipiter les parties salines desquelles, après, se produit » la croûte des boules crystallines et angulaires, qui font la » premiére application du Corail (3). »
Il compare cette précipitation à celle que détermine un métal plongé dans une dissolution d'argent, et que l'on nomme arbre de Diane. C'est à non-seulement une pure hypothèse, mais encore une erreur.
L'observateur précis se retrouve, dès qu'il n'interprete pluset qu'il ne décrit que ce qu'ilvoit. Les pores rayonnés qu'ilrencontre dans un bout de tige où puntarelle l'étonnent par leur nombreet leur grandeur différente, car il est difficile de les expliquer dans
(1) Voy. Boccone, loc, cit., 8° lettre, p. 15, (2) Voy. id, 49° et 20° lettres, p. 169.
(3) Voy. 1d,, id, p. 170,
sa théorie ; et il ne voit dans les membranes jaunes qu'il y trouve que le résultat de la coagulation du lait ou levain de Boccone.
I croit que ces membranes (qui ne sont que les débris desséchés du corps des polypes) ayant la forme de «tuniques ser- » vent comme de la colle au Corail, et s'endurcissent par le » temps avec les boules erystallines (4). »
Pour lui donc, ce sont les dépôts de membranes jaunâtres dues à la coagulation du lait, qui unissent les spicules et forment les couches qui s'appliquent sur le vieux Corail. Voici les preuves qu'il donne à l'appui de son opinion :
«Les boules dont est composée la partie du Corail dur sont » aisées à voir dans les pointes déliées, car l'attachement de » ces moindres parties y paraît fort évidemment. »
Ainsi Swammerdam, à l’aide de l'observation directe des extrémités, comme par les coupes minces habilement faites dont nous avons déjà parlé (2), est conduit à la vérité, bien qu'il parte d’une idée fausse; mais son opinion sur l'origine de l'axe prend toute l'importance qu'elle mérite, si on la dégage des idées erronées de son temps.
Réaumur, dans son Mémoire de 1727, n'est pas moins explieite : les spicules ou les grains de sable délié qui remplissent toute l'écorce forment, en se déposant, la partie solide. Telle est en résumé l'opinion du savant célèbre ; on la voit aussi nettement mdiquée qu'il est possible dans le passage suivant :
«L'existence d'un sable tel que du Coral réduit en pou- » dre étant démontrée dans l'écorce du Corail, la formation > du Corail n'est pas plus difficile à expliquer que celle des
(1) Voy. Boccone, loc. cit., p. 179.
(2) Voy. plus haut, page 12/4, où il est question d’un autre passage de Swam: merdam.
En voyant cet auteur arriver à une interprétation si exacte, lorsqu'il se rend si bien compte de ce qu'il étudie dans de bonnes conditions, on ne peut douter qu'il n’eût connu la vraie nature du Corail s’il eût pu étudier les objets dans leur véritable station biologique,
» pierres les plus communes. Des grains d’un sable grossier » réunis forment des grès ; des grains d’un sable rouge incom- » parablement plus déliés formeront des pierres. rouges sans » grains sensibles. L'eau qui passe au travers des voûtes sou- » lerraines, quand elle est chargée d’un sable prodigieusement » fin, qu'elle dépose au haut de ces voûtes, y produit des » pierres cristallines. Que le suc qui circule dans notre écorce » charrie du sable jusqu'à la surface intérieure de cette écorce, » qu'il l'y dépose, parce qu'il n’est plus aisé à cette liqueur de » ramener le sable ou une partie du sable ; ces grains de sable » déposés sur le Corail déjà fait, et réunis les uns aux autres, » le revêtiront d'une nouvelle couche. Les grains déposés au » bout des branches les feront croître en longueur, comme » ceux qui sont déposés autour de leur circonférence les font » croître en grosseur; sa premiére formation aura été sem- » blable à un de ces degrés d'accroissement (1). »
Au fond, l'opinion de Réaumur est fausse, mais le résultat auquel il arrive est juste ; il est semblable à celui auquel avait été conduit avant lui Swammerdam.
Revenons encore aux recherches intéressantes de Cavolini. Ce naturaliste n'avait pas poussé son travail aussi loin sur le Corail que sur les Gorgones, dont il avait étudié l'accroissement, mais il avait vu dans les extrémités les nodules qui, en s’ajoutant, prolongentle polypier.
Bien que la figure dont il accompagne sa descripüon soit extrèmement mexacte et ne donne aucune idée de ce qui existe dans la nature, elle n'en montre pas moins qu'il avait vu les nodules calcaires des extrémités : « Onde il Corallo si vede » colle cime crasse, ritonde, e quasi molli al tatto. » Ce sont bien les puntarelles qu'il veut désigner et où se trouvent ç un
(1) Voy. Réaumur, loc, cit. (Mémoires de l’Académie, 1727).
» impasto molle granelloso ». Il ajoute : « Questi granelli
» essendo à più faccie si uniranno à maggiore contatto (1). »
On voit du reste, dans cette opimion, qu'il n’est point question
des spieules du corps des polypes ; et par granelli, 11 n’en-
tend pas parler des sclérites, mais bien des noyaux formés par leur réunion,
L'abbé Poiret s'est occupé du Corail dans son voyage de Barbarie, dont il publia la relation en 4789,
Pour lui le lait n’est autre chose que les Polypes eux-mêmes, « qui de temps à autre découlent le long des branches sous la » forme d'un liquide blanchâtre. Cette liqueur est probable- » ment un composé de jeunes Polypes ou d'œufs de Polypes… » Ces œufs s'attachent aux corps étrangers qu'ils rencontrent » et y forment une nouvelle génération ; ou bien ils restent » fixés sur la branche paternelle, y vivent et y meurent, » après avoir produit des milliers d’autres Polypes qui, à leur » tour, se multiplient, se dessèchent, et forment avec le temps » ces branches magnifiques, l'ornement des cabinets et si » longtemps l’écueil des conjectures. »
Ainsi, le lait est le Polype, et le Polype se change en arbrisseau. Poiret ajoute : « Le Polype meurt, mais en mourant » iln'est pas soumis à une dissolution quien fait un objet de » corruption. Sa mort est une espèce d'ossification…, les » branches sont des Polypes dureis et ossifiés. »
Il développe cette idée et finit sa théorie par cette considération : «Une branche de Corail n’est done plus une pierre, ce » n'est plus une plante, ce n’est pas non plus un animal. C’est » la métamorphose d’un millier de Polypes. C’est un très-bel » arbre généalogique où le Polype aïeul est recouvert par la » nombreuse postérité de ses enfants, où le père devient le » tombeau du fils, et où tous ensemble ne perdent l'existence
(1) Voy. Cavolini, loc, cit., p. 40, fig. 3, pl. IL.
» que pour retrouver, sous une forme nouvelle et dans ces » générations confondues et réunies, un état plus durable, plus » brillant, acquérant avec la vieillesse et se fortifiant avec les » années...
» Parmi tous les Polypes, les uñs, fidèles à leurs aïeux, » n'abandonnent Jamais la branche paternelle ; ils y meurent. » D'autres, jaloux d’être les auteurs d’une nouvelle génération, » s'arrachent de cette antique souche et jettent sur un rocher, » sur un Corps dur quelconque, sur du bois, sur des os, les » fondements d’une nombreuse famille (4). »
Cette opmion a été imprimée après l'ouvrage de Cavolini, après les mémoires de B. de Jussieu, de Réaumur et de Peyssonnel ; il faut avouer qu'on à une idée plus exacte de ce qu'est réellement le Corail en lisant les auteurs antérieurs à Poiret. qu'en le lisant lui-même : après les détails qui précèdent, il n'est sans doute pas nécessaire de réfuter longuement de pareilles manières de voir; on n'y trouverait qu'une sorte de roman, que des faits exagérés et inexacts, ne s'appuyant sur aucune observation.
NL