RÉSUMÉ DES MESURES PROPRES A FIXER LES PÉCHEURS DE CORAIL EN ALGÉRIE
Encouragements directs.
1° Favoriser la petite pêche le plus directement possible.
2 Créer des villages ou faubourgs de corailleurs aux environs surtout de la Calle et à Mers-el-Kebir, afin de donner la jouissance d'un logement à tout pêcheur qui viendrait habiter la colonie avec sa famille.
3° Exonérer de la prestation les coralines qui ne s’éloigneraient plus de la colonie. |
Favoriser et faciliter autant que possible leur francisation.
h° Donner avec facilité la naturalisation aux pêcheurs qui viendraient avec leurs familles, en exemptant de la conseription et de l'inscripüon maritime leurs enfants jusqu'à la seconde génération ; les exonérer de là prestation.
5° Dégrever de 50 francs tout armateur pour chacun de ses matelots habitant en Algérie,
RÉSUMÉ DES MESURES PROPRES À FIXER LES PÈCHEURS. 921 6° Laisser les petits bateaux (4) pêcher dans tous les parages, sans les astreindre à là mise en coupe réglée. 7° Établir dans les centres où affluent les corailleurs, des infirmeries où les matelots recevraient les premiers soims pour le soulagement des maladies légères, qui n'exigent pont l'entrée à l'hôpital.
Encouragements indirects.
8° Engager les colons à cultiver le chanvre dans les environs des lacs de la Calle, par des concessions de terrain exclusivement destinées à cette production.
9° Encourager la manufacture du biscuit pour l’'approvisionnement des coralines et de tout ce qui est nécessaire aux pêcheurs.
10° Favoriser la création de manufactures de Corail (2).
43° Aïder la création d'une caisse des corailleurs qui facilterait l'armement dans la colome.
Mesures urgentes.
12 Établir des zones où la pêche serait interdite pendant quatre années aux grandes embarcations (8) ; en un mot, mettre en coupe réglée les bancs de Corail des eaux de l'Algérie et de la Tunisie.
13° Réserver un droit d'exploitation pendant quinze jours de pèche effective, non compris les mauvais temps ou les cas de force majeure, à tout pêcheur qui aurait découvert un banc nouveau.
(4) Par petits bateaux il faudrait entendre ceux de 6 tonneaux et au-dessous,
(2) Cette mesure, sur laquelle j'avais eu déjà, en 1864, l'honneur d'appeler l’attention de M, le gouverneur général dans mon rapport, a recu un commencement d'exécution; des conditions avantageuses ont été faites à un industriel à Alger.
(8) Par grands bateaux il faudrait entendre les grandes embarcations pontées au-dessus de 6 tonneaux. Du reste, ce serait à l'administration à établir les limites,
14° Modifier entièrement le mode de surveillance actuelle de la pèche en vue d'assurer l'exécution des règlements.
15° Prohiber les engins de fer, les dragues et tout ce qui peut, en raclant les rochers, détruire les jeunes pieds de Corail (1).
16° Faire un port à la Calle, dont la jetée protége les embarcations pendant les mauvais temps et permette de passer l'hiver dans la colonie, mais surtout dont l'entrée soit praticable en tous temps, par sa position au dela des points où se forme la barre.
17° Étudier les bancs sous le rapport de leur constitution, de leur production et de leur situation, en vue de leur aménagement, de leur conservation et surtout des essais de coralliculiure que l’on pourra tenter plus tard.
18° Continuer les expériences en voie de. s’accomplir, en instituer de nouvelles, afin d'arriver à connaître la durée de l'accroissement du Corail et à fixer avec certitude la durée du repos qu'il est nécessaire d'accorder aux bancs.
(1) ! est des personnes qui soutiennent que les engins de fer ne font pas de mal aux bancs. On peut remarquer que pour soutenir une semblable manière de voir il faut en être encore aux opinions qui avaient cours avant la découverte de Peyssonnel, c’est-à-dire être en retard de près de cent cinquante ans et croire que ce Corail est une plante,
Qui oserait aujourd’hui assurer, sans craindre d’être accusé de n’avoir pas vu les choses, que le Corail cassé cesse de vivre, C’est une de ces erreurs comme on en louve tant d’auires accréditées parmi les pêcheurs et qui, après l'exposé des faits qui précède, mérite à peine d'êlre relevée.