‹ Histoire naturelle du corailChapitre 45 sur 78 · QUANTITÉ DE CORAIL PÈCHÉ EN ALGÉRIE · texte numérisé non relu

QUANTITÉ DE CORAIL PÈCHÉ EN ALGÉRIE

IL est assez diflicile d'apprécier la quantité que pêche chaque bateau par jour et par saison, et surtout d'avoir un chiffre exact sur le résultat général de toute l'année,

Les armateurs n'aiment pas à dire quel a été le produit de leur pêche, cela se comprend, ce serait, en fin de compte, faire connaître leurs affaires, et la douane ne peut guère donner de chiffre préeis.

Chaque soir, quand ils rentrent, les patrons des petits bateaux apportent à larmateur les produits de la pêche de la journée.

Pour les grands bateaux, c'est à chaque rentrée, après quinze jours, trois semaines, un mois, que le Corail, sans être trié le plus souvent, à part les échantillons de qualités rares et les rebuts, est ajouté aux grands coffres où on le conserve.

On ne pourrait done avoir un compte bien exact qu’en voyant les livres des ventes que chaque armateur fait à la fin de la saison, or, cela n'est pas facile, il n'est même pas possible de le demander. |

Le Corail, après s'être desséché, est mis en caisse et expédié à Naples, à Livourne ou à Gênes, sur les tartanes qui appor-

tent les choses nécessaires à la pêche et à l'entretien des corailleurs. Les caisses sont scélées et estimées chez le consul italien ; c'est une habitude si bien prise, qu'ayant demandé à voir les

pr oduits de la pêche au moment de leur sortie, il m'a été impossible d'obtenir qu'une caisse fût ouverte. Les chiffres déclarés par les Italiens sont donc ceux qui figurent dans les relevés des douanes. On conçoit que dans ces conditions on doive accueillir avec une certaine réserve les données des statistiques.

Les revenus varient beaucoup avec les saisons, avec l'habileté du patron, avec les chances imprévues; aussi ne faut-il pas s'étonner de rencontrer les appréciations les plus diverses relativement au rendement de la pêche. Bans le catalogue de l'Exposition de Londres, de 1862, le revenu d’une barque était évalué entre 15 et 3h 000 nt la movenpe roulant autour de 22 à 24 000 francs.

Cette moyenne paraît bien élevée. Comment la faire accorder avec les renseignements suivants que lon trouve dans la même notice. En 4860, le nombre des bateaux était de 204 ; le Corail pêché de 29 888 kilogrammes et la valeur de 4 448 950 francs ; or, à 22 000 francs par bateau, la vaieur des produits de pèche eût été évidemment de /; 488 000 francs.

Combien de personnes souscriraient à perdre le bénéfice de ces belles et rares pêches qui arrivent de loin en loim, si on leur assurait 2000 francs où 1500 francs de rente pour chacun de leurs bateaux, tous frais payés, sans aucune chance de perte.

D'après le devis des choses nécessaires à la pêche, qui à été donné précédemment, le total des dépenses étant à peu près de 45 000 francs pour la première année, si une barque rapportait 22 000 francs, tous les frais seraient couverts etil y aurait encore 7000 francs de bénélices.

Cela peut arriver quelquefois, mais certainement c'est lexception,

QUANTITÉ DE CORAIL PÉCHÉ EN ALGÉRIE. 929 Supposons que les frais de la première année soient couverts et qu'il y ait encore 1500 francs de bénéfices. La quantité de Coral pêché par un bateau, pour représenter une valeur de 16 500 francs à 17 000 francs, doit être de 340 à 350 kilos approximativement pour la saison, soit 2 kilos un dizième par Jour, en comptant que, sur les 180 jours de pêche, il y en a au moins de quinze à vingt perdus dans les relches, les déplacements ou les mauvais temps.

Mais il faut bien le reconnaître, la quantité n’est pas aussi considérable. Pour un grand bateau de 45 à 16 tonneaux, monté par un équipage de douze hommes, la dépense peut être estimée à 41 000 francs pour six mois, déduction faite de la valeur de là coque et de tout ce qui est nécessaire à bord. Il faut donc qu'il y ait, bon an, mal an, 260 kilos de pêche pour avoir 2000 francs de bénéfices, en supposant la valeur égale à 50 franes le kilo, 25 francs la livre, ce qui, en défalquant les Jours perdus, donne 41,50 à peu près par jour.

J'ai beaucoup interrogé, et autant que les chiffres que j'ai recueillis, toujours vagues et dont je n'oserais affirmer la valeur absolue, peuvent être considérés comme exacts, presque toujours 1l m'a été répondu que pour un grand bateau il fallait pêcher dans la suson au moims 5 quintaux 250 kilos) pour se retrouver dans ses frais, qu'a 6 quintaux, où 300 kilos, la pêche était bonne et donnait, suivant la qualité, de 2 à 3000 francs de bénéfices.

I faut compter pour les petits bateaux moitié moins environ pour tout.

La pêche avec le scaphandre est bien plus fructueuse. Voici, d'après les renseignements que n'a fournis M. Martin, la quantité et la valeur des produits obtenus par les scaphandreurs du cap Couronne. Dans l’espace à peu près d'un an et demi, avec six scaphandres qui n’ont pas tous et toujours fonctionné, on a pêché pour 100 000 francs de Coral vendu 65, 57, 59 francs le kilo. Chaque bateau monté par deux plongeurs, un patron

et quatre hommes d'équipage, récoltait dans les premiers temps jusqu'à 7, Set même 10 kilos par jour. Mais cela n'a pas toujours duré. Les bancs ont été dégarnis, et lus des bateaux a même passé dix-neuf jours sans rien pêcher. |

IT

Page 1