‹ Histoire naturelle et médicale des différentes espèces d'ipécacuanha du commerceChapitre 9 sur 12 · I.er Analyses chimiques · texte numérisé non relu

I.er Analyses chimiques

Xj 'analyse chimique d’un médicament procure toujours des résultats avantageux , lorsqu’on la fait suivre de l’essai physiologique des différens matériaux que l’on est parvenu à obtenir, afin de s’assurer si son efficacité réside dans un seul ou plusieurs de ses principes constituans. On parvient alors souvent, en isolant la partie vraiment active d’un médicament , à augmenter , et surtout à rendre son action plus certaine. La strychnine , la morphine, sont sans contredit les principes immédiats dans lesquels résident les propriétés de la noix vomique et de l’opium. Or ces principes, ainsi débarrassés des autres substances avec lesquelles ils sont mélangés ou combinés dans ces deux médicamens , ont une vertu beaucoup plus grande et un mode d’action moins sujet à varier.

Une substance aussi efficace, et surtout aussi généralement usitée que l ipécacuanha , a dû attirer de bonne heure l’attention des chimistes , qui ont cherché à découvrir sa composition. Les premiers qui s’en sont occupés , tels que Boulduc , Lassone fils

et Cornette 7 n’ont obtenu que des résultats trop peu certains pour les rapporter ici.

M. Henry , professeur à l’école de pharmacie de Paris, a trouvé dans l’ipécacuanha une matière résineuse et une matière extractive, toutes deux vomitives , surtout la première.

M. Irvine, en Angleterre, a également donné une analyse qui s’éloigne peu de celle de M. Henry.

Dans le premier volume du Bulletin de pharmacie, M. Masson- Four a publié une analyse plus soignée et plus exacte que les précédentes. Ses résultats sont, i.° une substance résineuse, 2.0 de l’extractif, 5.° du mucilage, 4 ° une très-petite quantilé d’acide gallique.

Enfin, dans ces derniers temps, en 1817 , M. Pelletier, professeur à l’école de pharmacie de Paris, a publié sur l ipecacuanha le travail chimique le plus complet que nous possédions encore sur cet im-

Drtant sujet. Nous ne donnerons pas ici un extrait étendu de son travail, parce que, nous étant livré aux mêmes recherches , nous n’entrerons dans ces détails], que quand nous parlerons des procédés que nous avons suivis dans notre analyse. Nous avons répété les expériences de M. Pelletier , et sommes presque toujours arrivés aux mêmes résultats que lui; ce qui confirme l’exactitude et la précision de ses premiers essais. Voici le résultat des analyses de M. Pelletier. Il a trouvé dans l’ipécacuanha annelé du commerce, 1 .° une matière grasse, huileuse, très-odorante, d’une couleur brune, qui paraît, selon lui, communiquer à cette racine son odeur et sa saveur nauséabondes; 2.0 une substance particulière, simple de sa nature , dans laquelle réside la propriété vomitive de la racine du Brésil , et à laquelle on a donné le nom d’émétine j 3.° de la cire végétale; l\.° de la gomme en assez grande quantité; 5.° presque la moitié du poids total d’amidon; 6.° du ligneux; 7.0 enfin quelques traces d’acide gallique.

Quoique les quantités respectives de ces diverses substances aient souvent varié, cependant les différentes variétés les lui ont offertes

dans des proportions assez constantes pour pouvoir établir la moyenne suivante :

Matière grasse , huileuse . 2 part.

Emétine . iG

Cire végétale. . . . . 6

Gomme..., . 10

Amidon . . . . . . 42

Ligneux . 20

Acide galiique , des traces . . . „ . . »

Perte . 4

100 part.

Nous allons exposer avec quelques détails les opérations auxquelles nous avons soumis les racines d’ipécacuanha , afin d’en isoler les différons principes constituans.

Analyse chimique (1) de V Ipécacuanha annelé, variété grise.

(Cephaelis ipécacuanha.)

Nous avons analysé séparément la partie corticale et l’axe ligneux, qui, à juste raison, est regardé comme renfermant bien moins de principes actifs, ainsi que le démontrent évidemment les résultats de son analyse.

1 .° On a pris cent parties de poudre de couche corticale , on les a mises dans un matras, et traitées par l’éther sulfurique à froid. L’éther s’est coloré en jaune doré. Nous avons épuisé l’action de l’éther.

(1) Nous avons fait ces différentes analyses avec notre ami M. Barniel^ chef des travaux chimiques de la faculté de médecine , qui a bien voulu nous diriger et nous aider lui-même dans ces recherches. Nous nous plaisons à rendre ici publiquement témoignage à ses lumières, à son habileté dans l’art difficile de l'analyse chimique, et à l’extrême complaisance avec laquelle ü a exécuté lui-

même la plupart de nos opérations.

Quand il ne s’est plus coloré, nous avons réuni ces teintures dans une cornue , et les avons distillées au bain de sable. Nous avons ainsi obtenu, d’une part, un éther parfaitement limpide , d’abord sans odeur étrangère , ayant contracté sur la fin de l’opération une légère odeur d’ipécacuanha. Il est resté dans la cornue une matière grasse, huileuse, d’une couleur brune foncée, sur la nature de laquelle nous reviendrons plus tard.

2.° L’éther n’ayant plus d’action sur la poudre d’ipécacuanha, nous l’avons traitée par l’alcohol , d’abord à froid , puis au moyen d’une douce chaleur. Les teintures alcoholiques étaient d’un brun foncé. Il a fallu une grande quantité d’aleohol pour s’emparer de toutes les parties solubles dans ce menstrue. Ces teintures alcoholiques ont été distillées jusqu’aux deux tiers pour en retirer l’alcohol. On a versé le résidu dans une capsule, on l’a évaporé à une très-douce chaleur, ayant soin d’ajouter de temps à autre une certaine quantité d’eau. Pendant cette évaporation, il s’est attaché aux parois de la capsule des gouttelettes d’une matière grasse. Il s’est formé dans la liqueur des flocons d’une substance grise brunâtre. On a jeté le tout sur un filtre : la liqueur a filtré transparente , les flocons étant restés sur le fdtre.

La matière grasse attachée aux parois de la capsule , et qu’on avait recueillie avec soin, avait une couleur brune très-foncée, une con-

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sislance comme poisseuse , une odeur fraîche , une saveur presque nulle; elle pesait cinq décigrammes. Elle est insoluble dans l’eau froide et dans l’eau chaude, également insoluble dans l’alcohoî froid; soluble dans l’alcohol chaud , très-soluble dans la dissolution de potasse ; répandant des vapeurs blanches quand on la met sur des charbons ardens.

L’autre matière grasse restée sur le filtre est sous forme de petites paillettes irrégulières, solide, infusible à la température de l’eau bouillante, se réduisant facilement en poudre quand on la presse entre les doigts, même lorsqu’elle a été échauffée. Sa couleur est d’un gris brunâtre , sa saveur légèrement amère. Elle est très-soluble

tu

dans lalcohol à froid , qu elle colore en brun ; extrêmement soluble dans la dissolution de potasse. Mise sur un fer chaud, elle s y fond, répand des fumées blanches , et une odeur de matière grasse brûlée.

Ces deux matières grasses ainsi retirées de la solution alcoholique, celle-ci a été évaporée jusqu’à siccité. Le résidu a été repris par l’eau dans laquelle il s’est dissous ; on y a projeté du sous-carbonate de magnésie, afin de saturer l’acide gallique, et à l’instant même il s’en est séparé une matière d’apparence grasse, qui s’est attachée aux parois de la capsule. On a évaporé de nouveau jusqu’à siccité ; on a traité le résidu par lalcohol, qui n’a point dissous le précipité formé par le gallate de magnésie. La liqueur alcoliolique a été mélangée avec un tiers de son volume d’eau, et distillée de nouveau avec soin. Les parois de la cornue se sont couvertes de gouttelettes d’une ma¬

tière brune solide; la liqueur qui les recouvrait était très-colorée, mais transparente. On l’a décantée , mise dans une capsule , et évaporée à siccité : le résidu était X émétine pure. Les gouttelettes ont été recueillies avec soin : l’eau n’a eu aucune action sur elles. Cette matière s’est, au contraire, dissoute avec facilité dans l’alcohol , auquel elle a donné une couleur brune rougeâtre très-foncée. Cette dissolution alcoholique a été évaporée jusqu’à siccité, et a laissé pour résidu une matière d’un brun-rouge, pesant 1,2. Elle est solide, très-fragile, se réduisant en poudre avec la plus grande facilité, a une odeur désagréable, assez semblable à celle de l’ipécacuanha. Mise sur un charbon rouge , elle se fond facilement , se boursoufïle , puis se décompose en répandant une fumée blanchâtre, d’une odeur légèrement piquante , n’ayant rien de désagréable , analogue à celle des résines, sans pouvoir être assimilée à aucune d’elles; sa saveur est extrêmement amère. Jetée sur un brasier, elle s’enflamme rapidement en donnant naissance à une longue flamme blanche et à beau¬

coup de noir de fumée. Elle est soluble dans la potasse caustique, dans les acides acétique et gallique , d’011 l’on peut facilement la précipiter en saturaut ces acides au moyen d’une base quelconque. Celte matière est donc réellement une résine particulière, qui, dans lipé-

cacuanha, est rendue soluble dans l’eau par sa combinaison avec un acide végétal.

3.° La poudre d’ipécacuanha a ensuite été traitée par l’eau froide» dans laquelle nous l’avons laissé macérer pendant long-temps , ayant soin de renouveler cette eau. Nous avons fihré le produit de la macération , et l’avons évaporé jusqu’à siccité : le résidu a été une matière grisâtre, d’apparence gommeuse; elle pesait deux grammes. Cette matière a une saveur légèrement acide; elle rougit le papier bleu de tournesol. Dissoute dans l’eau, elle est précipitée en flocons glaireux par i’alcohol : le proto-sulfate et le per- sulfate de fer n’y produisent aucun phénomène remarquable. L’acide oxalique y démontre la présence de la chaux ; l’acétate de plomb y forme un précipité abondant. L’iode communique à la liqueur une couleur rouge vineuse trèsintense.

La plus grande partie de cette matière a été calcinée dans un creuset de platine ; elle s’est boursoufflée , en répandant l’odeur de la gomme ou de l’amidon que l’on brûle; elle a laissé une cendré blanchâtre. Celte cendre traitée par l’eau , la lessive a ramené au bleu un papier rougi par un acide; elle verdissait le sirop de violette. Saturée par l’acide hydrochlorique, elle n’a donné aucun précipité par l’eau de chaux, preuve quelle ne contenait pas de phosphate de potasse. Traitée par le nitrate d’argent, elle a donné un précipité insoluble dans l’acide nitrique; elle a précipité abondamment par le nitrate de baryte.

La portion de cendre que l’eau n’a pas dissoute a été traitée par l’acide hydrochlorique, et s’y est dissoute avec effervescence. La liqueur filtrée a été traitée par l’arnmoniaque en léger excès; il s’y est produit un précipité floconneux de phosphate de chaux : on a ensuite filtré la liqueur, qui a précipité par l’acide oxalique , preuve de la présence de la chaux

Il résulte des différentes expériences auxquelles nous avons soumis cette substance , regardée comme de la gomme pure par M. Pelletier t qu’elle se compose d’un peu de gomme, de sulfate,

d’hydrochlorate et de malate de potasse, d’un peu de phosphate de chaux, tenu probablement en dissolution dans du malate acide de chaux.

4 ° Après avoir ainsi soumis la poudre d’ipécacuanha à l’action de l’éther sulfurique, de l’alcohol et de l’eau froide, nous l’avons fait bouillir dans l’eau acidulée de deux centièmes d’acide sulfurique. Deux traitemens consécutifs ont suffi pour séparer tout l’amidon qu’il contenait en très-grande quantité :1e résidu de l’ébullition était du 1 igneux à l’état de pureté.

Telle est la suite des opérations indiquées par M. Pelletier , et que nous avons mises en usage pour obtenir isolément les différent maté* raiux qui entrent dans la composition de l’ipécacuanha annelé.

En comparant les résultats de nos analyses avec ceux obtenus par M. Pelletier ; on trouve entre eux beaucoup d’analogie, mais aussi des différences dignes d’être notées.

Ainsi nous avons trouvé la cire en bien moins grande quantité, non dans la teinture alcoholique, mais dans la teinture éthérée. Nous avons obtenu plusieurs substances grasses de nature différente; une très-petite quantité de gomme, au lieu de huit centièmes; plusieurs sels végétaux, et une matière animale analogue à l’albumine, dont M. Pelletier n’a rien dit. Il est vrai que cette dernière matière ne peut s’obtenir qu’en commençant à traiter l’ipécacuanha par 1 eau froide qui la dissout, et en la coagulant ensuite par la chaleur.

Entrons dans quelques détails sur celles de ces substances qui méritent quelque examen.

De la matière grasse huileuse retirée au moyen de l’éiher.

Sa couleur est d’un brun jaunâtre ; elle est d’une consistance molle et comme pultacée; sa saveur n’a rien de semblable à celle de 1 ipécacuanha; elle ressemble entièrement à celle de l’huile d’olive de mauvaise qualité, ou d’un cérat rance ; elle est un peu âcre et amère : son odeur est celle de l’huile d’olive. Mise sur un fer très-chaud, elle

répand une odeur de cire fondue, qui n’a rien d’analogue à l'huile essentielle de raifort, comme le dit M. Pelletier . Elle est un peu plus légère que l’eau, qu elle surnage.

Cette substance n’est point simple de sa nature; elle est, au contraire, composée de quatre autres substances, savoir: i.° d’une petite quantité d’acide gallique , lequel fait rougir le papier de tournesol , et bleuit une lame de couteau que l’on y plonge; 2.0 d’une quantité de cire assez considérable ; 5.° d’une huile soluble dans l’alcohol ; 4-° dune quantité d’une autre huile non soluble dans l’alcohol.

La présence de la cire dans la teinture éthérée est très-évidente, quoique M. Pelletier n’en ait rien dit. 11 n’en a fait mention que dans la solution alcoholique, où nous ne l’avons pas trouvée. On sait que la cire est encore plus soluble dans l’éther que dans l’alcohol; il était donc impossible que nous n’en trouvassions pas une certaine quantité dans la teinture éthérée.

Lorsque l’on dissout dans l’akohol, au moyen d’une douce cha-

leur, la matière grasse en masse, une partie de l’huile reste tout-à-fait insoluble au fond du vase ; la cire et une autre partie de l’huile se dissolvent; mais, par le refroidissement, on voit la cire se séparer sous forme de petits nuages floconneux , qui se réunissent et constituent depetites paillettes blanchâtres. La matière huileuse , soluble à chaud et à froid dans l’alcohol, évaporée , répand une odeur manifeste d’ipécacuanha ; sa saveur est chaude et âcre. La portion non soluble dans ce menstrue est brune, d’une consistance molle, et comme butireuse; sa saveur est douce, à peu près semblable à celle du beurre; son odeur est très-faible. 11 nous a été impossible d’isoler assez bien ces substances pour en connaître rigoureusement les 'proportions. La matière grasse insoluble forme à peu près le tiers de la masse totale : L’huile soluble, la cire, l’acide gallique réprésentent les deux autres tiers.

L’odeur nauséabonde et désagréable de l’ipécacuanha paraît dépendre uniquement de l’huile grasse soluble dans l’alcohoL

De V émétine.

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Cette substance simple a été découverte par M. Pelletier en 161^» Il l’a d’abord trouvée dans lipécacuanha annelé , puis dans l’ipécacuanha strié et l ipécacuanha blanc; nous l’avons également retirée de ces différentes substances. Voici quels sont ses caractères : elle

a l’apparence d’un extrait ; desséchée , elle est sous forme de petites

écailles à demi transparentes, d’une couleur brune rougeâtre; son odeur est assez agréable, et ressemble à celle du caramel; sa saveur est très-amère, légèrement âcre, nullement nauséabonde. Elle est très-soluble dans l’eau froide et chaude, ainsique dans l’alcohol; elle attire facilement l’humidité de l’air et tombe en déliquescence. Mise sur un fer rouge, elle se boursouffle, noircit, se décompose en donnant de l’acide acétique, de l’acide carbonique , de l’eau, mais aucune traced’ammoniaque.Onn’a pu la faire cristalliser par aucun procédé.

L’acide sulfurique concentré la détruit et la charbonne; les acides pliosphorique , hydrochloriquc , acétique, la dissolvent sans l’altérer; la teinture de noix de galle et l’acide gallique la précipitent de ses dissolutions aqueuse et alcoholique. Il est donc important de ne la jamais mélanger avec d’autres médicamens qui renferment cet acide. Le tartre stibié n’a aucune action sur elle.

Modes de préparation. On peut retirer l’émétine de l’ipécacuanha par deux procédés différons.

i .° Par l’eau froide. Ce procédé est le plus simple, le plus prompt et le moins dispendieux : il consiste à épuiser l ipécacuanha en poudre par l’eau froide. L’eau froide dissout, i.° l’émétine; 2.0 la gomme; 3.° l’acide gallique; 4° l’albumine; 5.° la matière résineuse; 6.° les différons sels végétaux indiqués ci-dessus. Par ce moyen, on 11’attaque ni l’amidon, ni la cire, ni les huiles, ni le ligneux.

On fait évaporer la liqueur au bain de sable. On projette dedans,

§ur la fin de l’o j ération , une certaine quantité de sous- carbonate de magnésie avec excès, pour neutraliser les acides : on évapore jusqu’à siccité. On traite le résidu par l’aleoho! à chaud , lequel ne dissout plus que l’émétine et la résine. On filtre; on évapore la solution alcoholique jusqu’à siccité. On traite le résidu par l’eau, qui ne dissout plus que l’émétine ; l’on évapore pour obtenir l’émétine à l’état de pureté.

2.° Le second procédé est celui que nous avons mis en usage pour l’analyse de Tipécacuanba. On traite successivement la poudre de cette racine par l’éther sulfurique, qui dissout l’huile grasse, une partie de la cire , et l’acide gallique; par l’alcohoî, qui dissout l’émétine , et une partie de la cire et de l’acide gallique. On décante et filtre la liqueur alcoholique , dans laquelle on met une quantité suffisante de sous-carbonate de magnésie pour neutraliser l’acide gallique, lequel forme un gailate de magnésie insoluble. On évapore jusqu’à siccité; l’on reprend le résidu delà distillation par l’eau froide, qui ne dissout plus que l’émétine; on décante et filtre de nouveau la solution aqueuse , que l’on évapore jusqu’à siccité, et l’on obtient l’émétine parfaitement pure.

On voit combien le premier procédé est préférable à celui-ci , tant par le peu dé temps qu’il exige, que parce qu’il est infiniment plus économique; c’est donc en traitant l’ipécacuanha par l’eau froide que l’on doit se procurer l’émétine, dans tous les cas où l’on veut obtenir celte substance à peu de frais et en peu de temps.

En résumant tout ce qui précède sur l’analyse de l’ipécacuanha annelé , ou voit qu’il est composé, i.° d’une substance particulière simple et indécomposable, que l’on a nommée émétine , et à laquelle il doit ses propriétés médicales, 2.° d’une très-petite quantité de matière analogue à la cire; 5.° de trois madères grasses , l’une soluble, l’autre insoluble dans i’aîcohol à chaud et à froid, la troisième infusible à la chaleur de Ieau bouillante, également insoluble dans l’alcohol ; de gomme ; 5.° de matière résineuse; 6.° d’une grande

quantité d’amidon ; 7.0 de ligneux; 8.° d’acide gallique, de plusieurs sels végétaux; g.° d’une matière animale analogue à l'albumine.

Cette dernière matière ne peut s’obtenir qu’en traitant l’ipécacuanha par l’eau froide, dans laquelle elle se dissout; on l’en sépare ensuite par l’ébullition , qui la coagule. En traitant d’abord par l’éther et par l’alcohol, la matière animale se trouve coagulée, et il devient impossible delà séparer du ligneux; c’est pour cette raison que M. Pelletier ne l’a pas mentionnée dans l’analyse de l’espèce qui nous occupe.

Voici les proportions moyennes des différens matériaux que nous

avons trouvés dans l’ipécacuanha annelé :

Emétine . 16,»

Cire . 1

Matières grasses de différente nature. J

Matière résineuse . 1,2

Gomme et différentes substances salines. . . . k . 2, 4

Amidon . . . . 55, *

Matière animale albumineuse . . 2,4

Ligneux . . ... ï2,5

Acide gallique des traces . . . »

Analyse de l'axe ligneux. (Pelletier.)

Matière vomitive . a,i5

Matière extractive non vomitive . 2,45

Gomme . . . 5,»

Amidon . . . 20/

Ligneux. . . .. . . . 66,»

Acide gallique , matières grasses, des traces . » »

Perte . . . . . 4^°

Analyses des Ipécacuanlta blancs .

j.° Analyse du viola ipecaàuanha, Lun.

Cette analyse n’avait point encore été faite. M. Pelletier a analysé ? sous le nom de viola emetica } les racines du cynanchum vomitorium ,

Lam.

Matières grasses analogues à celles de î’ipécacuanha

annelé . » »

Émétine contenant un peu de matière sucrée . 5,5

Amidon . 54,»

Matière extractive soluble dans l’eau , contenant un

principe immédiat nouveau (i) . 22,»

Ligneux. . • . 19,»

Acide gallique , des traces . . » »

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