ESPÈCES PARTICULIÈRES AUX RÉCIFS DE CORAUX
5. Pomacentrus cyanomos.— 6. Pomacentrus violasceus. — 7. Glyphidodon trifasciatus. — 11. Guntheria trimaculata. — 12. Macropharyngodon Geoffroyi. — 13. Xyrichthys tetrazona.
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Geophagus $ymnogenys.
la tête, les maxillaires supérieurs et intermaxillaires, sont soudés entre eux, seulement chez ces Poissons. La dorsale et l'anale sont portées très en arrière; les ventrales sont nulles ou presque nulles; l'orifice branchial est très étroit et le squelette incomplètement ossiñié n'est formé que d'un petit nombre de vertèbres. Ces animaux sont encore caractérisés par une vessie nataloire sans canal pneumatique.
Nous en citerons deux familles.
Les Balistidésse nourrissent de Mollusques et de Crustacés.
Chez le Baliste caprisque (Balistes capriscus), la peau rugueuse porte des plaques: le museau est proéminent; la bouche, petite, porte huit incisives tronquées. La longueur de ce Poisson ne dépasse pas 40 cent.
Il habite les régions chaudes de l'Atlantique et la Méditerranée.
Le Coffre à bec (Ostracion nasus) a le corps recouvert d'une véritable mosaïque formée de pla-
queshexagonalesjux- 5 ! taposées (fig. 727).
a face ventrale est aplatie comme celle d'un objet fait pour reposer sur le sol.
Cette espèce et d'autres du même genre (O. trigonus, etc.) préfèrent les mers chaudes.
Les Tétrodontidés n’ont ni dorsaleépineuse, niventrales; le corps est court, globuleux, la bouche forme un bec tranchant.
Le Tétrodon fa-
haka (Tetrodon fa-
Dépouille de Tetrodon transformée en lampion par les Japonais,
se dE os
Pterophyllum scalare.
haka) a le corps sphérique, la dorsale et l'anale très courtes; son ventre est garni d'épines. C'est un Poisson du Nil et des grands fleuves africains. On l'a souvent observé flottant à la surface des eaux et gonflé de l'air de son sac pharyngien. Les Indigènes du Siam pratiquent une ouverture circulaire sur le dos du T. stellatus, le vident et en font un sac à provisions. Le Hérisson de mer (Diodon hystrix) a le corps garni de piquants (fig. 728). Ce Poisson peut gonfler à volonté
Môle.
Synancec.
Scorpène truie (Aquarium de Banyuls),
Grondin vu en dessous (Aquarium de Banyuls).
son sac pharyngien et prendre une forme presque sphérique; dans ce cas, les piquants sont dressés et il devient impossible de le prendre. Sa taille atteint 50 cent. ; il habite l'Atlantique et l'Océan Indien. La moitié des Tétrodontidés sont vénéneux:; leurs substances toxiques sont élaborées par les glandes génitales.
Le Poisson Lune ou Mole (Orthagoriscus mola) est très comprimé latéralement et se présente de profil comme un grand disque de 2 mètres de diamètre (fig. 730). Chez le jeune, le disque est régulier; chez l'adulte, il est allongé. C’est un Poisson fort bizarre, dont la tête se confond avec le corps; il n'a pas de nageoire ventrale;
la dorsale et l’anale, très hautes, sont séparées par la caudale qui les
rejoint. On a pêché cet animal un peu partout, principalement dans la Méditerranée.
Les Scorpénidés, qui rentrent dans les Acanthoptérygiens proprement dits, sont caractérisés par l'existence d’une pièce osseuse spéciale reliant le préopercule à l'orbite et justifiant le nom de Joues cuirassées donné aux Poissons de cette famille, et par des dents en velours, faibles, sans canines. Les espèces appartenant aux Scorpénidés et aux Émile oies qui vont suivre sont souvent plus ou moins dangereuses par leurs piqûres, car certains rayons de leurs nageoires sont en relation avec des glandes à venin.
Le Sébaste du Nord (Sebastes marinus) a tout le corps comprimé; la dorsale porte quinze épines. Ce Poisson habite tout l'Atlantique septentrional.
Les Scorpènes sont remarquables par des séries de crêtes épineuses et de tentacules qui ornent la tête; la nageoire dorsale est unique; ces Poissons ont la peau molle et n'ont pas de vessie natatoire. La Scorpène truie (Scorpæna scrofa) porte des tentacules sous la mâchoire inférieure; sa couleur est d’un rouge plus ou moins tacheté; sa taille est de 40 cent. Elle habite principalement la Méditerranée. La Rascasse (S. porcus) est encore une Scorpène; elle ressemble beaucoup à l'espèce précédente, mais ne dépasse guère 25 cent. de longueur. Ce Poisson est spécialement recherché pour la confection de la bouillabaisse.
Le Ptérois volant (Pteroïs volitans), dont la tête porte de nombreuses épines et quelques tentacules, présente une dorsale très haute et de grandes pectorales ; la dorsale comprend une douzaine d'épines. La couleur générale de ce Poisson est rougeâtre avec bandes rose vif: il ne vole pas. Il habite la Mer Rouge, l'Océan Indien et le Pacifique. Un Poisson non moins bizarre est la Synancée (Sunanceia horrida) des mêmes mers (fig. 729). Sa peau est privée d'écailles, mais ornée de nombreuses saillies verruqueuses et filamenteuses. La dorsale est unique, la queue arrondie; les pectorales sont très grandes ; la tête est fort laide et ses piqûres sont redoutables. Le Pélor flamenteux (Pelor filamentosum) est également monstrueux, mais avec des bizarreries différentes; le profil supérieur de la tête est concave, avec l'œil entièrement saillant; les joues sont ornées de lambeaux absolument déchiquetés: il en est de = même des rayons libres de sa première dorsale
Dactyloptère volant.
dont la membrane est réduite à des lambeaux analogues. Sous chaque pectorale, on observe deux appendices recourbés en avant et qui lui servent d'appui.
Les Cottidés sont des Poissons de forme presque cylindrique et comprimée seulement vers la queue. Îls n'ont pas toujours des écailles ; la dorsale est généralement divisée; la tête grosse et déprimée est armée d'os pointus; certains Cottes font des nids.
Le Chabot de rivière (Cottus gobio) a la tête arrondie et large. Une épine défensive est placée au préopercule. Ce Poisson, qui mesure de 10 à 12 cent., se trouve dans les ruisseaux limpides, à fond de cail- Creer garde avec sollicitude les œufs que la femelle a pondus dans le sable. Le Cotte Scorpion (C. scorpius) est marin; sa taille est le double de celle du précédent; 1l est remarquable par sa tête large, armée de plusieurs fortes épines défensives, dont la piqûre peut être dangereuse; les nageoires pectorales forment de chaque côté un large éventail dont tous les rayons dépassent la membrane. Cet animal se rencontre sur les côtes de l'Europe nord-occidentale.
À la même famille appartiennent les Grondins, dont la tête présente des caractères bien spéciaux ; elle a la forme d'un parallélépipède avec front et joues osseux. Les dents existent aux mâchoires et au vomer: la dorsale est double. Les trois premiers rayons de chaque pectorale sont libres, très développés et recourbés: ils paraissent être les trois doigts d'une courte patte; lorsque le Poisson reste sur le fond, c'est sur ces rayons qu il repose, et il s’en sert pour y progresser. La vessie natatoire est formée de deux lobes. La forme générale des Grondins diminue régulièrement de volume d'avant en arrière: la tête est en effet très grosse et la queue fort réduite. Les Grondins affectionnent les fonds sableux.
Le Grondin gris (Trigla gurnardus) habite principalement nos côtes; il n'a pas la brillante couleur du Grondin rouge (T. pini), si commun sur nos marchés. Ce dernier est rose ou rouge clair; il est répandu dans les mêmes mers: sa taille est de 30 cent. 12 Perlon (T. hirundo) est plus grand : il atteint 60 cent.
Les Péristhétidés sont complètement cuirassés. Le Malarmat (Peristedion cataphractus), contrairement à ce que son nom pourrait faire supposer, est merveilleusement armé; il a la tête de forme parallélépipédique et entièrement osseuse. Deux longues plaques également osseuses s avancent au delà du museau et représentent le prolongement du préorbitaire. Le Malarmat est privé de dents: il porte un barbillon à la mâchoire inférieure ; il habite principalement la Méditerranée.
Le Dactyloptère volant (Dactylopterus volitans) est un Poisson volant qui ne doit pas être confondu avec l’Exocet volant que nous avons précédemment signalé dans la famille des Scombrésocidés. Le Dactyloptère possède un casque très développé, des é épines à l'opercule, des écailles carénées, une dorsale double, une vessie natatoire double et musclée. Les nageoires pectorales sont très développées. Ce Poisson est signalé dans les écrits les plus anciens sous le nom d'Hirondelle de mer; il vole durant un temps très court, quittant l’eau pour échapper à un danger et y retournant après avoir tracé une petite trajectoire. Ces animaux s’envolent souvent en troupes nombreuses et produisent un bruissement que tous les observateurs ont rapporté. La taille de cet animal atteint 35 cent. ; il habite principalement la Méditerranée et l'Atlantique tropical.
Les Pegasidés sont également cuirassés : des plaques osseuses les recouvrent entièrement. Le Corps de ces animaux est large en avant, étroit en arrière: les nageoires pectorales sont très développées et disposées en éventails horizontaux; la dorsale est fort petite. Le Pégase nageur (Pegasus natans) et le Pégase lancifer (P. lancifer) sont de petite taille; ils habitent les côtes de Chine et du Japon.
Les Gastrostéidés, dont l'espèce typique est l'Épinoche ou Savetier des pêcheurs, présentent des caractères très particuliers. Le corps est comprimé et ne porte pas d'écailles ; celles-ci sont généralement remplacées, sur (ee côtés, par des plaques. Plusieurs grands aiguillons isolés sont placés en avant de la dorsale et à la place des ventrales ; les mâchoires portent des dents en velours.
L'Épinoche aiguillonnée (Gastrosteus aculeatus) est un Poisson fort méprisé, parce qu'il n'estpascomestible, maisil est fort joli (fig. 732). Ses mœurs sont intéressantes et, s’il était plus rare, on le rechercherait pour sa beauté et l'intérêt qu'il peut présenter quand on l’observe en aquarium. L'Epinoche porte de belles couleurs métalliques et sa parure de noce est des plus
brillantes. Elle habite principalement les ruisseaux limpides, garnis de toufles végétales dans lesquelles elle trouve l'abri et les matériaux nécessaires à la confection d'un nid. Ce Poisson vit parfaitement en captivité et sy multiplie ; nous avons obtenu de nombreuses pontes d'Épinoches et d'Épinochettes dans des aquariums d’une contenance de 40 à 50 litres.
Le nid est confectionné par le mâle avec des débris de végétaux: il le fabrique sur le fond et y apporte beaucoup de patience et de soin. Lorsque la femelle y a placé ses œufs, le mâle redouble d'attention, ne cessant d’agiter ses pectorales pour établir un courant qui renouvelle l'eau et entretient la propreté du cher dépôt. Lorsque les jeunes sont éclos, il veille à ce que personne ne sorte du nid; si un petit s'éloigne, il le saisit
dans sa bouche et le recrache dans le nid sans lui avoir fait le moindre mal. Mais tout a une fin : lorsque la nichée peut se suffire à elle-même, l'Épinoche l’abandonne, et si les jeunes ne s’empressent pas de trouver des recoins herbeux et sûrs, il les dévore pour leur conserver un père. L'Epinoche mâle mesure 5 à 6 cent., la femelle peut atteindre de 7 à 8 cent. Ces Poissons sont carnivores et batailleurs.
L’Épinochette piquante (Gastrostea pungitia) est de taille plus faible (fig 731). Son caractère principal est la présence en avant de la dorsale de Rue à dix petites épines au lieu de trois ou quatre; cela la différencie nettement de l'Épinoche. En outre, elle ne possède pas les plaques latérales de cette dernière. Sa taille atteint tout au plus 5 ou 6 cent. : c'est le plus petit de nos Poissons d’eau douce. L’Épinochette confectionne un nid très soigné, mais elle le suspend aux herbes aquatiques. On observe chez le mâle de cette espèce un soin égal à celui que montre l'Épinoche, mais la période de sollicitude se termine malheureusement de la même façon.
L'Épinoche de mer (Spinachia vulgaris) a la tête, le corps et la queue beaucoup plus allongés, et porte quinze petites épines en avant de la dorsale; la caudale est arrondie: sa taille peut atteindre 15 cent. Ce Poisson existe dans la Baltique, la Mer du Nord et la Manche.
Les Fistularidés comprennent quelques formes bizarres. Le corps est très long: la bouche, très petite, est située à l'extrémité d’un long tube formé par le prolongement des os du crâne. Le Fistulaire cure-pipe (Fistularia tabaccaria) doit son nom à la longueur de son tube (fig. 733); il habite les régions tropicales de l'Océan Atlantique.
Les Macrorhamphosidés sont non moins bizarres. Chez eux
aussi, le crâne se ter- Es mine par un tube, et Rs Cuvier n'avait pas “hésité à classer les uns et les autres dans le groupe des Bouches en flûte. La Bécasse de mer, ou Centrisque, ou Trompette (Macrorhamphosus scolopax), est de petite taille: 10 à 12 cent. Le corps est plus ramassé; un très fort aiguillon est placé devant la dorsale; sa couleur d'un rose à reflets dorés est fort belle. Ce Poisson habite la Méditerranée et l'Atlantique, au sud de la Loire.
Après avoir signalé plus haut les Plectognathes, disons quelques mots des LOPHOBRANCHES qui, pour Cuvier, formaient un sous-ordre particulier. Ces animaux doivent leur nom à la disposition de leurs branchies en houppes, attachées aux arcs branchiaux. Les chambres branchiales, assez grandes, sont fermées par une seule plaque operculaire, dont l'orifice est parfois très étroit. La peau n'a pas d'écailles; elle est soutenue
LS
15° 735; Hippocampe.
Bécasse de mer,
par un squelette dermique qui apparaît sous forme d'écussons dont l'ensemble réalise une sorte de cuirasse articulée. Le museau est allongé ; la bouche, très petite, est privée de dents; la vessie natatoire est simple et sans canal pneumatique. Un caractère fort intéressant existe chez un certain nombre de Lophobranches: c'est la présence chez le mâle d’une poche incubatrice, ou marsupium, dans laquelle se développent les embryons. Nous citerons la principale famille.
Les Syngnathidés n'ont qu'une dorsale sans aiguillons et pas de ventrales ; l'ouverture branchiale est très étroite.
Le Siphonostome commun (Siphonostoma tvphle) a le corps long et grêle, le museau très long avec une petite bouche oblique à a l'extrémité (fig. 734); les mâles appartenant à ce genre ont une poche incubatrice. Ce Poisson existe sur toutes les côtes de France. Le Syngnathe ou Aiguille de mer (Sungnathus acus) est également long et grêle; il est plus commun que le précédent et affectionne les herbiers, les lieux riches en Algues. La taille de ce Poisson est de 40 cent.; on le trouve sur nos côtes. Le Nérophis lombricoïde NS SE lumbricoïdes) n'a pas de pectorales. C'est un petit Lophobranche de 10 à 12 cent., dont le museau est très court et le marsupium rudimentaire.
L'Hippocampe moucheté (Hippocampus guttulatus) est ainsi appelé à cause de sa tête qui ressemble curieusement à celle d'un Cheval (fig. 735).
Sa longueur varie de 12 à 14 cent. Au lieu de se tenir horizontalement comme les autres Poissons, il se tient verticalement, le corps cambré et la queue, sans caudale, généralement enroulée à quelque tige d'Algue. Etant donnée l'attitude verticale, c'est la dorsale qui remplit le rôle de caudale; lemarsupium est situé à la base de la queue. Le Phylloptéryx (Phylloptervx eques) ressemble à l'Hippocampe, mais ses écussons portent de longs filaments, de longs rubans cutanés, qui ressemblent à certaines algues et lui permettent ainsi de se dissimuler aisément.