‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 109 sur 260 · Partie antérieure d’un Syngnathe · texte numérisé non relu

Partie antérieure d’un Syngnathe

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Baudroie dont la bouche est maintenue ouverte au moyen d’une tige de verre (Aquarium de Banyuls).

Ce Poisson australien ne porte pas de poche incubatrice. Ici se termine le groupe des Lophobranches.

Les Trachinidés ont le corps allongé. La première dorsale est épineuse et très courte, la seconde très longue; la ligne latérale est continue; les yeux regardent en haut.

L'Uranoscope commun (Uranoscopus scaber) a la tête grosse et épaisse. Vue de profil, la fente de la bouche est verticale ; l'opercule porte une épine:; les nageoires ventrales sont reportées très en avant, sous la gorge; la taille peut atteindre 25 cent. Ce Poisson se tient dans la vase pour y guetter sa proie. I] habite la Méditerranée.

Chez la Vive commune (Trachinus draco), le corps est très comprimé, les écailles sont petites, la fente de la bouche est oblique ; les opercules et la première dorsale sont armés d'épines. La Vive préfère le sable, et elle s'y cache pour surprendre les petites espèces qui passent à sa portée. Sa taille atteint de 30 à 40 cent.; on la pêche dans toutes les mers françaises. La Petite Vive (T. vipera) n'a que 10 à 12 cent. de longueur; sa bouche est presque verticale; elle est très redoutée pour la piqûre de ses épines qui sont venimeuses (fig. 736); les blessures qu'elles produisent sont extrêmement douloureuses et lentes à guérir; c'est la troisième épine dorsale qui est la plus dangereuse.

Les Lophiidés ou Pédiculés sont caractérisés, au premier abord, par la largeur de la partie antérieure du corps, et par conséquent de la tête; la peau est nue. Les membres pectoraux sont plus développés que chez les autres Poissons : cela tient au développement

u carpe, et c'est cette structure particulière qui justifiait le groupe des Pectorales pédiculées dans lequel on rangeait autrefois ces Poissons. Les orifices des branchies sont très réduits. Les Lophiidés sont lents et mauvais nageurs: les uns se maintiennent sur le fond, les autres s’abandonnent à leur milieu.

La Baudroie (Lophius piscalorius) porte une bouche très grande à l'extrémité d'une tête extrêmement large, armée d'épines, et tellement déprimée que les yeux sont placés en dessus (fig. 738). La première dorsale est représentée par une série d'’aiguillons prolongés comme des tentacules:; les trois premiers, complètement isolés, sont placés sur la tête, les trois autres sont rapprochés entre eux ; la seconde dorsale est située sur la queue, l’anale est très courte. Chez cette espèce, le premier aiguillon se termine en filament dit pêcheur, sans doute efficace pour tenter l'inexpérience des jeunes Poissons et les faire choir dans la vaste bouche garnie de dents pointues. Sa taille atteint 2 mètres: on l’a observée dans toutes les mers de France.

Le Mélanocète (Mela-

nocetus Johnstoni) a été

Baudroie.

Fig. 739, — Antennaire.

Périophthalme, à terre.

pêché lors de l'expédition du T'alisman, à 4000 mètres de profondeur, dans l'Atlantique (fig. 737). C'est un animal fort surprenant; si la Baudroie paraît formée d’une tête et d'une queue, le Mélanocète paraît formé d’une bouche et d’un sac ; son front est muni d'un petit filament pêcheur.

L'Antennaire (Antennarius marmoratus) porte trois aiguillons dorsaux ; les pectorales sont de véritables petites pattes qui servent à la progression ; il mesure 10 cent. Il affectionne généralement les masses d'algues flottantes avec lesquelles il se laisse entraîner au gré des courants; c'est ce qui explique sa distribution géographique très large dans toutes les mers tropicales (fig. 739). Ces Poissons sont communs dans la Mer des Sargasses.

La Malthée (Onchocephalus cubifrons) est plus bizarre encore ; son corps est aplati, rugueux; le museau est prolongé par une saillie qui se présente comme un long nez et sous laquelle se cache un tentacule rétractile. Les sortes de bras que portent les pectorales à leur extrémité sont développés et épais. Cet animal habite les côtes Atlantiques des États-Unis.

Les Gobiidés comprennent des espèces dont la dorsale est double et les ouvertures branchiales étroites. Ce sont des Poissons de petite taille, dont les nageoires ventrales sont souvent réunies en un disque.

Le Callionyme lyre (Callionymus lyra) a la peau nue etle museau pointu ; c'est une espèce de fond; sa taille est de 10 à 12 cent. Il habite les côtes de la Manche et de l'Atlantique. Le Périophthalme de Kcælreuter (Periophthalmus Kælreuteri) est un petit Poisson bien bizarre qui, à mer basse, se promène sur les grèves, progressant à l’aide de ses pectorales, et chassant les bestioles qui lui conviennent. Ses yeux sont rapprochés l’un de l’autre, placés en dessus et munis d’une paupière ; sa taille atteint 12 ou 15 cent. Cette espèce a été observée sur les rivages de l'Océan Indien et de l'Afrique occidentale.

Le Gobie noir ou Cabot (Gobius niger) a le corps couvert d'écailles ; les ventrales sont réunies en un disque: la mâchoire supérieure porte plusieurs séries de dents coniques: sa taille est de 10 cent. (fig. 740). Le mâle garde les œufs à l'intérieur de la cachette où ils ont été déposés. Un autre Gobie (G. minutus) est également remarquable pour la sollicitude dont il entoure la ponte : la cachette est toujours dissimulée sous une coquille bivalve vide ; on trouve ces deux espèces sur nos côtes. Le Gobie fluviatile (G. flaviatilis) habite les eaux douces de l'Italie.

Les Lépadogastridés n'ont pas d'écailles et pas de première dorsale. Entre les ventrales se présente un double disque adhésif : l’un antérieur, l'autre postérieur. Le Lépadogaster de Gouan (Lepadogaster Gouani) appartient aux mers françaises et recherche le voisinage des côtes; il se fixe aux rochers par ses disques (fig. 743).

Les Cycloptéridés ont le corps épais, les ventrales réunies en disque arrondi, les ouvertures branchiales étroites. Le Lompe ou Lièvre de mer (Cyclopterus lumpus) a le corps aplati en dessous; les côtés sont ornés de trois rangées de tubercules (fig. 741). La taille de ce poisson peut atteindre 70 cent.; il est peu agile, se fixe souvent aux rochers à l’aide de son disque entra, habite les fonds et ne s'approche des rivages que pour frayer. On le pêche dans le nord de l'Atlantique et quelquefois dans la Manche.

Les Blenniidés sont caractérisés par une dorsale occupant toute la longueur du dos et pouvant être divisée en une, deux ou trois parties ; l’anale est longue. La peau, généralement nue, est visqueuse.

La Baveuse (Blennius pholis) porte une dorsale unique; les yeux sont placés haut. Son nom lui vient de la mucosité qui recouvre sa peau. C'est un petit Poisson commun dans la Manche et qui fréquente les flaques d'eau à marée basse. Sa taille est de 10 cent. Le Blennie paon (B. ocellaris) porte une ocelle sur une magnifique dorsale ; le front est bombé, le museau très court. Il atteint 20 cent. et est commun dans la Méditerranée.

Des études de MM. F. Guitel et Henri Piéron, sur différents

Blenniidés, il résulte que les mâles gardent le nid dans lequel les

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