‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 113 sur 260 · SOUS-ORDRE DES PHANEROGLOSSES · texte numérisé non relu

SOUS-ORDRE DES PHANEROGLOSSES

Nous allons maintenant passer en revue les familles d'Anoures ayant une langue, notamment les espèces appartenant à nos régions.

Chez les Discoglossidés, les vertèbres sont opisthocæliennes ; les antérieures portent des petites côtes et la mâchoire supérieure est munie de dents.

La Grenouille peinte (Discoglossus piclus) ressemble à une Rana, mais sa tête est très plate, la pupille est triangulaire; elle n’a que des sacs vocaux rudimentaires. La coloration, variable, est souvent fauve, avec taches brunes: une bande claire orne le dos. La taille peut atteindre 7 cent. du museau à l'anus. Cette espèce habite le pourtour méditerranéen et peut manger sous l'eau ; elle pond ses œufs isolément.

Le Sonneur à pieds épais (Bombinator pachvpus) ressemble à un petit Crapaud ramassé, trapu, couleur de boue. Sa taille peut atteindre 5 cent., sans compter les membres. La tête est aplatie, la peau verruqueuse ; les yeux sont saillants et rapprochés avec pupille triangulaire. Cette espèce ne doit pas être confondue avec la suivante, dont elle portait autrefois le nom. Avec sa triste livrée, ce Batracien a l'air d'un maudit, d'un paria: mais la nature n'a pas fait de maudits et si la face dorsale du Sonneur lui permet dans bien des cas de se dissimuler plus facilement, sa face ventrale brille d'un éclat remarquable (fig. 767) : elle est, selon les individus, jaune d'or, orangée ou rouge, avec des pelites taches gris bleuté; sous le paria se cache un grand seigneur, dont la parure semble faite des rayons du soleil couchant, ni plus ni moins qu'en un conte de fées.

Le Sonneur reste à l'eau durant toute la belle saison. Le mâle est privé de sacs vocaux; son petit hou-hou est plaintif. Il affectionne les trous d'eau, les fossés, ne dédaignant pas les eaux troubles et limoneuses ; il y pond ses œufs isolément ; il nage avec agilité. Sur terre, il est vif et saute allègrement. Il se nourrit d’Insectes et présente cette particularité, rare chez les Anoures, de manger sous l’eau comme le font les Urodèles. En captivité, il dévore ainsi les Vers de vase et s'apprivoise facilement ; il habite l'Europe centrale et orientale et, en France, un peu partout.

Bombinator pachypus. Fig. 767.

Bombinator

s - face ventrale).

Le Sonneur à ventre de feu (B. igneus) est

moins trapu; le mâle est muni de sacs vocaux

internes. Cet animal vit en colonies disséminées dans une grande partie de l’Europe centrale et orientale ; il n'existe pas en France. La couleur du ventre est noir bleuâtre avec petites taches orange ou vermillon. Le voisinage des deux espèces de Sonneurs produit un hybride présentant des caractères intermédiaires. Lorsqu'ils se sentent en danger, les Sonneurs se courbent en arrière, le dos concave, les poings dans les yeux, et restent immobiles.

e Crapaud accoucheur (Alvtes obstetricans) n’est pas un Crapaud, mais il en a l'allure (fig. 769); il est trapu, avec des membres courts, et porte des dents à la mâchoire supérieure et au vomer. La tête est grosse, le museau arrondi, l'œil saillant avec pupille verticale. Cet animal n'a pas de sacs vocaux, mais le petit cri qu'il pousse au crépuscule est joli : c'est un petit hou en son de clochette. La peau est d'un gris olivâtre ou brunâtre, rugueuse avec deux rangées de tubercules plus gros de chaque côté du dos.

Les mœurs de l’Alyte sont intéressantes et c'est à la sollicitude paternelle du mâle que l'espèce doit son nom. La ponte a lieu par intervalles durant toute la belle saison; la femelle pond les œufs en un chapelet; ces œufs sont résistants et opaques. Le mâle s'en saisit aussitôt et les enroule autour de ses membres postérieurs ; la mère lui abandonne le soin de s'en occuper et son rôle ne consistera plus qu à accomplir de nouvelles pontes. Le mâle, muni de son fardeau, reste tout le jour à l'abri de la lumière et il sort à la fin du crépuscule pour se promener, chasser et pousser son petit hou mélancolique. Il va quelquefois à l'eau pour humecter les œufs et en assurer l'évolution; lorsque celleci est terminée, les œufs s'ouvrent au cours d'une baignade et les jeunes tétards se dispersent. L'Alytes'abrite pendant le Jour, et saute sur les routes lorsque la nuit est venue: on l'y observe en plus grand nombre lorsqu'il a plu ; sa taille atteint 6 cent.

Fig, 769.

: [l habite toute la France et la région parisienne largement comprise, l'Espagne, la Belgique, l'Allemagne, la Suisse.

Une autre espèce, l'Alyte de Cisternas (A. Cisternasi), localisée dans la péninsule Ibérique, est fouisseuse et recherche les sols sablonneux ; ses formes sont plus ramassées que celles de l’espèce précédente; sa taille peut atteindre 4 cent. du museau à l'anus.

Fig, 770, — Pélobate,

Crapaud (Bufo).

La famille des Pelobatidés, répandue en Europe, Asie et Amérique, est caractérisée par la présence de dents à la mâchoire supérieure et au vomer et par l'absence de côtes.

Le Pélobate brun (Pelobates fuscus) a l'aspect trapu des Crapauds (fig. 770). La tête porte des yeux saillants, à pupille verticale; la langue est arrondie et libre en arrière. Le premier doigt de chacune des extrémités porte un ergot aplati, dur et tranchant, qui permet à l'animal de se creuser rapidement un trou dans la terre et de s'y cacher. Le Pélobate, en effet, est fouisseur: il recherche les terres sableuses et y passe une partie de son existence, n'allant à l’eau qu'en mars, à l'époque de la reproduction, où l’on entend alors son chant au fond des eaux. Les œufs sont pondus en deux gros cordons. Le têtard du Pélobate est souvent très gros : il peut atteindre la taille de 17 cent., alors que celle de l'adulte, mesurée du museau à l'anus, ne dépasse pas 7 cent. La peau de cet animal est lisse et de couleur brun jaunâtre avec larges taches brun foncé. C’est un Batracien qui est très localisé dans les environs de Paris: on le trouve çà et là en petites colonies. Autrefois, il était fidèle à une petite région limitée entre Pantin et Bondy, mais il en a été chassé par le développement des constructions ; on le trouve aussi dans une grande partie de l'Europe. Il recherche les eaux relativement profondes, garnies de joncs, aux berges à pic ou surplombantes; il s’y peut plus facilement dissimuler.

Le Pélobate cultripède (P. cultripes) est de ton général plus rougeâtre ; ses ergots sont noirs, la pupille est ronde. La taille varie de 8 à 9 cent. Comme le précédent il est fouisseur et recherche les sables des dunes, dans lesquels il s'enfonce à reculons et sans efforts.

Le Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus) est un Anoure de plus petite taille et de forme plus grêle : il a tout à fait l'allure d'une Grenouille (fig. 771). La teinte de fond est d'un joli gris avec petites taches d’un beau vert mousse. La tête est aplatie et les yeux saillants avec pupille verticale: la taille peut dépasser 4 cent. Le Pélodyte est principalement terrestre ; au printemps, en avril, il recherche les petites mares ou les flaques d'eau et y pond ses œufs qu'il dispose en grappes allongées sur les herbes. Cette espèce existe çà et là en petites colonies de peu d'individus. Aux environs de Paris, il en existait autrefois dans les grandes carrières de gypse du nord-est de la capitale. On l’a signalé dans presque toute la France, puis dans le nord de l'Italie et en Espagne.

La famille des Bufonidés renferme les vrais Crapauds, très variables de taille et de forme, qui ont des vertèbres procæliennes sans côtes, sont dépourvus de dents et sont marcheurs plutôt que sauteurs. Chez ces animaux, la pupille est généralement horizontale : la forme du corps est presque toujours ramassée et lourde, la peau est rugueuse.

Le Crapaud commun (Bufo vulgaris) présente une tête courte et élargie par la présence de deux parotides saillantes. Le mâle n’a pas de sacs vocaux : sa voix est faible et ressemble à un petit aboiement. Le corps est également large, les membres sont courts et épais: les extrémités postérieures sont à peine palmées, car le séjour à l'eau est très court; la taille peut atteindre 8 cent. pour les mâles et 10 pour les femelles. Ce Batracien, très répandu en France, n'est nullement visqueux; il se laisse prendre docilement, s'apprivoise très vite et Fig. 772. — Crapaud calamite.

mange dans la main; c’est en l’envisageant de près qu'il est aisé de

s'apercevoir qu'il n’est pas laid; la rusticité de ses formes n'est pas . ,

sans beauté et ses yeux saillants cerclés d’or sont remarquables :

Pas de monstre chétif, louche, impur, chassieux, Qui n'ait l'immensité des astres dans les yeux...

a dit Victor Hugo, dans une page admirable consacrée à cet animal.

Le dégoût injustifié que peuvent produire certains animaux a toujours provoqué dans l'imagination de l’homme les idées les plus enfantines, et ce dernier n'a pas manqué dans tous les temps d'attribuer au Crapaud les méfaits les plus extraordinaires. Parmi les erreurs moins fâcheuses pour ce doux Batracien, on peut rappeler les pluies de Crapauds: or il n'a jamais plu ni Crapauds ni Grenouilles, mais on sait que, s’il tombe de la pluie après une longue période de sécheresse, la gent Anoure ne manque pas de se précipiter hors de ses abris pour s'exposer à la fraîcheur et à l'humidité et c'est le grand nombre de Crapauds, dont la présence peut ainsi coïncider avec la pluie, qui a donné naissance à cette légende.

Le Crapaud commun fraye en mars-avril et retourne aussitôt chez lui. Un abri suffisamment sombre et légèrement humide fait son bonheur: les vieux murs, les décombres lui conviennent et il y revient chaque matin après la chasse nocturne. Lorsqu'il aperçoit un Insecte, il fait quelques pas, se penche en avant et, lorsqu'il juge le moment propice, il projette sa langue en un geste rapide : la bestiole y reste collée et disparaît.

Les œufs, noirs, sont pondus en un chapelet qui se divise bientôt en deux, dont la longueur dépasse fréquemment 2 mètres et que ces animaux enroulent parmi les plantes aquatiques. JL’entomologiste J.-H. Fabre avait bien observé ces pontes, lorsqu'il disait dans une de ses poésies provençales :

Là se voient des cordons allongés De laine noire qui tremblote.

Qu'est-ce? Peut-être le fil défait d'un vieux bas Qui garde la frisure de ses mailles.

ais non, et nous ne nous trompons pas, De la Crapaude c'est la nichée.

D'abord le fil se gonfle en chapelet noueux ; Et puis, en une matinée,

Une nuée de têtards éclôt de ces nœuds, Bientôt couvés par les coups de soleil (1).

Le têtard du Crapaud commun est proportionnellement l'un des plus petits de la série Anoure. Le Crapaud commun habite à peu près Europe entière et l'Asie septentrionale et centrale; on le trouve aussi en Chine et au Japon. En ces pays, on prépare avec soin la peau de ce Batracien et on en couvre des petits objets.

Le Crapaud vert (B. viridis) appartient à la région méditerranéenne. Il présente des taches verdâtres sur fond gris roux. Le mâle a un sac vocal; sa taille atteint rarement 9 cent. Il habite à l’est du Rhin, presque toute l’Europe, puis l'Asie, l'Afrique du Nord. En France, il n'a été observé qu'en Savoie.

Le Crapaud calamite (B. calamita) habite l'Europe centrale et occidentale (fig. 772). En France, il est un peu moins répandu que l'espèce commune, et il y forme plutôt des colonies localisées comme beaucoup d'autres Batraciens. Sa taille, un peu inférieure, atteint 7 cent. La coloration est différente : alors que le Crapaud commun est roussâtre, le Calamite est nettement verdâtre et un filet Jaune, très net, s'étend sur la face dorsale de l'animal, depuis le front jusqu à l'extrémité postérieure du tronc. Il est plus agile, il s'élève surses membres et sa marche est plus rapide. Les parotides sont beaucoup plus réduites, la palmature des doigts un peu plus développée que chez le Crapau commun; le Cala-

(NMÉMRPRE

Oubreto prouvençalo.

Peau de Crapaud préparée au Japon .

pour la maroquinerie,

Bufo marinus.

mite, à l'habitude de retourner plus souvent à l’eau ; il s'y rend la nuit et son coassement s'y entend de fort loin. Le mâle est, en effet, muni d'un sac vocal externe qui, lorsqu il est gonflé, est gros comme la tête de l'animal. La ponte se produit en mai-juin. Le têtard est le plus petit de ceux de l'Europe.

Le Crapaud de Mauritanie, autrefois Pantherin (B. mauritanicus), est une espèce dont la teinte de fond olivâtre est recouverte de taches brunes ou verdâtres auxquelles il doit son ancien nom. Sa taille est à peu près celle de notre Crapaud commun, mais on l’a observé parfois plus gros. Ce Batracien habite l'Afrique du Nord. Il existe aussi en Italie continentale.

Le Crapaud agua (Bufo marinus) est le plus gros des Crapauds; sa taille peut atteindre de 20 à 23 cent. du museau à l'anus. Son front est très aplati, concave même; le museau est tronqué et les parotides sont très développées. Le têtard de l’Agua est fort petit et lorsque son évolution est terminée, lorsqu'il a acquis les caractères de l'adulte, sa taille n’est encore que de 2 cent. Il habite l'Amérique du Sud et les Antilles. On peut signaler encore le Crapaud criard (B. musicus), del Amérique du Nord, dont le mâle est muni d’un sac vocal qui lui permet d'amplifier énormément sa voix. Le Crapaud âpre (B. asper) est une grande espèce de taille analogue. Une petite forme particulièrement svelte, et plus élancée même que les grenouilles, est le B. gerboa. Enfin, le seul Anoure vivipare appartenant à cette famille est le Pseudophryne africana.

Les Hylidés ou Rainettes présentent à l'extrémité des doigts des disques adhésifs qui ne sont aucunement des ventouses, mais qui sont imprégnés d'une sécrétion visqueuse qui permet à ces animaux de grimper sur les surfaces les plus lisses; c'est ce qui se produit lorsqu'on les tient en caztivité dans un bocal. Les Rainettes comme les Grenouilles changent de couleur en fort peu de temps, et peuvent être comparées au Caméléon. Dans la Nature, elles sont généralement arboricoles:; beaucoup pondent à terre. Leur mâchoire supérieure et le vomer portent des dents; les vertèbres sont procæœliennes et privées de côtes. Cette famille est principalement représentée en Amérique méridionale.

La Rainette verte (Hyla arborea) de nos pays est, comme son nom l'indique, d'un vert éclatant, du moins lorsqu'elle se trouve au sein de feuillages très verts ou dans les prés (fig. 773). Sa coloration est extrêmement sensible à la teinte du milieu, et des individus trouvés en dehors de la verdure peuvent êtres nettement gris ou nettement bruns. La peau est lisse en dessus, blanche et granuleuse dans la partie ventrale ; son venin est actif et paralysant. Les yeux sont peu saillants, l'iris est doré et la pupille horizontale, Le mâle possède un sac vocal unique, presque aussi gros, lorsqu'il est gonflé, que l'animal; il produit deux notes fort bruyantes. Lorsque les Rainettes chantent en grand nombre, elles font un vacarme assourdissant ; leur taille peut atteindre 5 cent. Au repos, elles se fixent souvent à la face inférieure des feuilles et restent ainsi dissimulées. La Rainette verte a été fréquemment employée comme baromètre ; c'est cette espèce que l'on enferme dans un bocal en compagnie d'une petite échelle dont la base plonge dans l'eau; disons bien vite que les gestes de ce Batracien ne fournissent aucun renseignement sur la météorologie. La Rainette habite l'Europe centrale et méridionale, l'Asie et l'Afrique septentrionale.

La Rainette bleue (H. cyanea) est une grande espèce d'Australie, dont la taille peut atteindre 20 cent. de longueur. La coloration de cette espèce est un bleu qui peut tourner au vert, et dont l'intensité est très variable.

De taille à peu près semblable à la Rainette verte, la Rainette leucophylle est fort jolie; la face dorsale est d'un rouge brun entouré d'une bande jaune ou blanche: elle habite l'Amérique centrale. Dans

Fig. 773, — Rainettes; l'une, à droite, a son sac vocal gonflé,

les mêmes pays, on trouve la Patte-d'Oie (H. faber), de grande taille, mais de couleur extrêmement variable. Elle est arboricole et se tient dans les feuillages. Ses doigts palmés lui facilitent la construction du nid qu'elle établit dans la boue, au bord de l'eau, afin de placer sa

Hyla Goeldii, femelle portant ses œufs (d'après G.-A. Boulanger).

[ Rs RS RL T ARE

ponte à l'abri des Poissons carnassiers. Son cri ressemble au bruit d'un marteau sur une enclume.

C'est au Brésil que l’on observe une autre Rainette (H. resinifictrix). Celle-ci est essentiellement arboricole et construit dans les creux des branches un petit nid résineux que la pluie remplit d'eau; les œufs, puis les têtards, y trouvent ainsi l'humidité et la fraîcheur désirables. Une autre Rainette du Brésil (H. Goeldii) porte ses œufs sur le dos: la ponte entière est soutenue par un repli de la peau qui l'entoure. Les jeunes naissent à l'état parfait, sans passer par l'eau. Le développement se passe également sur le dos de la femelle, et à terre chez la Rainette d'Evans (H. EÉvansi), qui habite la Guyane britannique.

es plus essentiellement arboricoles des Hylidés appartiennent au genre Phyllomedusa ; leurs doigts sont opposables; ils sont grimpeurs. Certaines espèces de l'Amérique du Sud protègent leurs œufs dans des feuilles enroulées disposées au-dessus de l’eau; les têtards y tombent dès qu'ils ont perdu leurs branchies externes; ils peuvent alors achever leurs métamorphoses.

Un curieux Anoure est la Rainette à bourse (Nototrema marsupiatum), dont la femelle porte une poche dorsale dans laquelle les œufs commencent leur développement (fig. 774). Cette poche résulte d’un repli de la peau qui, en s'accentuant, finit par acquérir une certaine capacité; une partie de la peau du dos se retourne en dedans et la paroi interne de la poche n’est que la continuation de la face externe de la peau; l'orifice est en arrière et les Jeunes s'en échappent à l'état de têtards. Le genre Nototrème comprend aussi quelques espèces chez lesquelles les Jeunes quittent

Fig, 774, Nototrème,

Ceratophrys ornata.

la poche à l’état parfait. Ces Batraciens appartiennent à l'Amérique méridionale.

La famille des Cystignathidés va nous rapprocher des Grenouilles ; elle contient un assez grand nombre d'espèces habitant principalement l'Amérique et caractérisées par des détails anatomiques intéressant le squelette ; leurs mœurs sont très variées. L’Hylode de la Martinique(Hylodes martinicensis) offre certains rapports avec les Hylidés ; comme ces derniers, elle présente à ses extrémités digitales des dilatations adhésives qui lui permettent de se maintenir dans les feuillages. Le mâle porte un sac vocal à orifices latéraux. Chez cette espèce, les œufs sont pondus sur le sol en des lieux humides; à leur sortie de l'œuf, les jeunes sont à l'état parfait, de sorte que ces Batraciens peuvent se reproduire sans le secours de l'eau ; il n'y a pas trace de branchies.

Le Cératophrys cornu (Ceratophrys cornuta) est un magnifique animal (fig. 775). Son corps mesure 25 cent., sans les membres postérieurs ; ses formes sont curieuses et sa coloration vive et variée est fort belle; les téguments se prolongent au-dessus des yeux comme des cornes. La tête est très grosse et la bouche largement fendue. Cet animal habite les Guyanes et le Brésil. Le Cératophrys de Boyé (C. Boici), des mêmes régions, est un peu moins gros: ses cornes sont séparées par une dépression profonde ; sa face dal marquée de deux crêtes tuberculaires, d'un bout à l’autre du tronc. Citons encore C. ornata.

Enfin certaines espèces de l'Amérique du Sud abritent leurs œufs au voisinage d'une mare; les têtards y commencent leur développement au sein d'un mucilage mousseux, sécrété par la femelle, et ce sont les pluies qui les entraîneront à l’eau.

Deux autres espèces de Cystignathidés sont encore à citer : En Amérique septentrionale, c'est Pseudis paradoxa, dont le têtard est beaucoup plus gros que l'animal adulte; c'est même le plus gros des têtards connus: il mesure 23 cent., alors que l'adulte n’a que 6 cent. du museau à l'anus En Australie centrale, c’est Chiroleptes platvcephalus, qui renferme une certaine provision d’eau: cela lui fait grand tort, car les indigènes le recherchent, le déterrent, le crèvent et se procurent ainsi la valeur d’un plein verre d'eau qui leur permet de se désaltérer. Leptodactylus pentadactylus est américain du sud.

À la famille des Dyscophidés appartient le Colpoglosse (fig. 777).

kRana esculenta où Grenouille verte.

Fig. 775. — Cératophrys.

Fe De CI. Campion.

Leptodactylus pentadactylus.

La famille des Engystomatidés comporte notamment un genre dont les individus ont des membres extrêmement réduits, le genre Breviceps. Chez ces animaux, la ceinture pectorale est suspendue au crâne, et le cou n'existe pas.

À cette famille appartient Manto-

bhryne robusta, dont les œufs rappellent ceux de notre Crapaud accoucheur, mais au lieu de les enrouler autour de ses membres postérieurs comme le fait ce dernier, il les tient dans ses mains.

Cet animal habite la Nouvelle-Guinée.

Chez une autre espèce appartenant à la faune du Chili, Rhinoderma Darwini, le mâle porte ses. œufs dans son sac vocal; les j Jeunes s'en échappent à à l'état barfits Engystoma est del’ Amérique du Sud (fig. 778).

La famille des Ranidés renferme les Grenouilles, caractérisées, sauf quelques exceptions, par la présence de dents à la mâchoire supérieure et au vomer.

La langue est fixée en avant, libre en amière et légèrement échancrée : la membrane tympanique est bien visible, la pupille est horizontale. Chez le mâle il existe deux sacs vocaux situés latéralement; les vertèbres sont procæliennes, sans côtes. La palmature des extrémités postérieures est généralement bien développée. Ce sont des animaux agiles, bien organisés pour le saut et la natation.

La Grenouille verte (Rana esculenta), qui est essentiellement aquatique, présente des formes élancées et une coloration très VIVE ; c'est un fort joli Batracièn, qui devrait être considéré comme l'ornement des pièces d’eau, si ses chants nocturnes ne présentaient pas un véritable inconvénient près des habitations. Sa taille atteint 30 cent. avec les pattes. La tête est un peu aplatie et large, les yeux sont saillants, la bouche est grande. Le mâle possède deux sacs vocaux externes qui produisent plusieurs notes très bruyantes; les doigts sont largement palmés. La teinte vert éclatant de la face supérieure du corps est sujette à quelques variations ; selon es régions, le vert paraît tourner sur le bleu, sur le jaune ou sur le brun; mais cela ne gêne en rien la détermination de l'espèce. Podiapoisky a reconnu que la peau de la Grenouille verte et celle de la Rainette verte contiennent un pigment

Fig. 777. — Colpoglosse.

Fig, 779, — Grenouilles. À, Rousse; B, Agile,

Page 1