‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 132 sur 260 · CI. Campion · texte numérisé non relu

CI. Campion

Dryophis mycterizans.

cheurs Malais qui trouvent ces animaux dans leurs filets s'en débarrassent avec précaution.

1 Hydrophide strié (Distira ornata) a le corps très comprimé ; la queue, très forte, constitue un puissant organe de natation. Cet el atteint rarement 2 mètres: sa couleur est verdâtre en dessus et jaunâtre en dessous. Le Pélamide bicolore (Hvdrus platurus) a la tête large, aplatie, avec museau allongé ; le corps est très comprimé, au pointque la queue, très amincie latéralement, paraît tranchante. Ce Serpent est noir en dessus, jaune en dessous. La distribution déostaphique de cette espèce !

paraît très large et comprend l'Océan .. 1 Indien et le Pacifique.

Le Plature à bandes (Platurus laticaudatus) est de teinte grise en dessus et claire en dessous: il est orné de nombreux anneaux noirs d'un bout à l’autre du corps. La tête est recouverte de couleurs plus vives. Proportionnellement aux dimensions du corps, la queue est énorme et très puissante. Il a le même habitat que l’espèce précédente.

Quelques Protéroglyphes terrestres sont parés de brillantes couleurs, ce qui les rapproche encore des Aglyphes. Ils habitent principalement l'Australie, puis l'Amérique tropicale, l'Afrique et le sud de l'Asie. En Attalie nous trouvons un certain nombre de formes intéressantes ; on ne rencontre dans ce continent que les Protéroglyphes, dont le venin procède à la fois de celui des Colubridés et de celui des Vipéridés et des Opisthoglyphes; ils sont très nombreux. On peut dire que l'Australie est infestée de Serpents venimeux.

Le Triméresure porphyré (Pseudechis porphyriacus) est un Serpent noirâtre en dessus et rougeâtre en dessous : le rouge des côtés est vif et carminé ; le front porte de grandes plaques. Cet animal adopte tous les habitats : forêts, landes, régions marécageuses, tout lui convient. L’Alecto courtaude (Denisonia superba) atteint parois 1M,50, mais elle est courte pour la grosseur de son Corps ; la queue, notamment, est très courte. La teinte est brunâtre en dessus, Jaunâtre en dessous. L'Alecto est localisée en certaines parties de |’ Australie ; elle est très commune en Tasmanie.

Habitant les Indes et la Malaisie, il faut signaler l'Ophiophage (Naja bungarus). Comme son nom l'indique, il se nourrit de Serpenits, mais aussi d'autres animaux. C'est le plus grand des Serpents venimeux, car sa taille approche de 4 mètres. En dehors du continent, on le trouve encore dans lesiles dela Sonde.

Il habite les forêts, grimpe aux arbres et ne dédaigne pas de se jeter à la nage. Ajoutons que si l'Ophiophage détruit des serpents venimeux,

Fig. 824. — Oxybèle brillant.

Fig. 825, — Hydrophis.

Hydrus platurus (d'après Mme Phisalix).

il n'y aurait pas d'avantages bien grands à le protéger, attendu qu'il est fort dangereux lui-même. L'Acantophide cérastin (Acanthophis anlarcticus), d'Australie, est beaucoup moins grand; sa taille est inférieure à | mètre. C'est une espèce lourde, trapue, d’un jaunâtre sombre, qui fait penser à la forme des Vipères. Les dernières écailles de la queue sont hérissées et épineuses ; cette espèce affectionne les lieux secs et sablonneux. La toxicité de son venin lui a fait donner le nom vulgaire de Vipère de la mort.

Dans le sud-est de l’Asie on observe les Bungares, Serpents très dangereux. L'espèce typique, Bungarus fasciatus, habite les Indes et quelques îles de la Sonde. Comme beaucoup d'autres Ophidiens. celui-ci évite l'Homme, mais si on le recherche il se défend énergiquement. La coloration de cette espèce est formée de bandes jaunes et noires.

Ne quittons pas les Indes sans parler des terribles Najas : c’est le Naja Hindou, le Cobra di Capello ou Serpent à lunettes (Naÿja tripudians) qui, de tous les Serpents venimeux, fait le plus de victimes.

On évalue le nombre annuel des morsures suivies de mort à 20 000 ou 30 000 ; or les décès ne représentent que 35 pour 100 des morsures ; c'est dire combien ce Reptile cause d'accidents en ces pays. En 1911, aux Indes, les Serpents ont tué 24 312 personnes et 10 534 bestiaux ; les chiffres de la mortalité se maintiennent à peu près, malgré les secours et malgré les efforts de destruction. En efet, durant la même année, on a tué dans ce pays 171 700 serpents et cela n’en diminue pas sensiblement le nombre, qui est très grand. On peut espérer que le chiffre des décès diminuera progressivement par l'emploi de plus en plus répandu du sérum antivenimeux.

Le Serpent à lunettes, dont la taille atteint 1M,60 ou 1®,70, est caractérisé extérieurement par la possibilité de dilater son cou au point de lui donner la forme d’un large bouclier; ce bouclier est concave en avant et convexe en arrière, avec le dessin parfois très net d'un binocle. Cette dilatation du cou se produit en cas d’effroi ou de colère; en même temps l'animal redresse une partie de son corps dans une attitude d'attaque ou de défense. La teinte du corps, généralement brun clair, est néanmoins assez variable; les lunettes, presque blanches, sont bordées de noir. On a reconnu en différentes régions de l'Inde plusieurs variétés de cette espèce. Le Naja est très répandu dans les lieux pierreux, encombrés de broussailles ; il aime les ruines où les abris sont nombreux et sûrs ; il grimpe dans le arbustes, traverse les eaux à la nage, si cela est nécessaire, et s'approche assez fréquemment des huttes. Il arrive même assez souvent qu'il y pénètre quand le propriétaire du lieu est absent.

Ce qui est bien certain, c'est que ces terribles animaux n'ont pas été combattus commeils auraient dû l'être depuis des siècles. Les Hindous, naturellement timides et superstitieux, se demandent s’il n'existe pas quelque chose de surnaturel en ce Serpent dont l'attitude de colère est sl impressionnante et le geste si fréquemment mortel! Portés à se rendre les dieux favorables, ils sont assez disposés à ménager aussi le Naja. Le prestige des psyiles ou charmeurs de Serpents ne contribue pas peu à entretenir, chez ces pauvres gens, une sorte de crainte respectueuse.

En effet, si certains psylles manient des Najas dont les crochets ont été supprimés, il en est d’autres qui montrent des ani-

, — Pélamide

RÉDRDDEES 217

Naja hindou ou Serpent à lunettes et Naja égyptien, avec dilatation du cou.

maux parfaitement armés, leur font faire des mouvements en cadence aux sons d'une sorte de flûte, les excitent, ou bien les caressent et les prennent sans se faire blesser.

n Naja qui fut célèbre dès l'antiquité est le Naja égyptien (Naja haje), dont la taille légèrement supérieure à celle du précédent atteint exceptionnellement 2 mètres. Cet animal peut dilater son cou aussi largement que le Naja hindou, mais il n'y porte jamais de lunettes; comme lui, il aime les lieux pierreux, les ruines, et sa nourriture est analogue. Il habite une grande partie de l'Afrique, mais principalement le bassin du Nil où les civilisations de l'Égypte ancienne l'ont signalé depuis de nombreux siècles. Une autre espèce est N. Melanoleuca.

L'Egypte a aussi ses charmeurs de Serpents : ce sont les haui qui, avec des moyens semblables, font des exercices comme en font les psylles. E. Sauvage (1) signale la possibilité d'obtenir à volonté l’immobilité et la raideur du Naja en comprimant adroitement un point déterminé de la nuque de l'animal. Les charmeurs connaissent fort bien cet exercice, et le bâton subitement changé en Serpent qu’Aaron jeta devant Pharaon s'expliquerait ainsi. Le fait était d’ailleurs connu des sages et des magiciens de cette époque. En Égypte, le Naja n'a pas été seulement l'objet d'une crainte respectueuse ; comme aux Indes, il a bénéficié d'un véritable culte : son image est maintes fois reproduite dans les sculptures des temples, où certaines divinités ont une tête de Serpent. Enfin, les Najas étaient embaumés après leur mort et conservés comme le furent d'ailleurs à cette époque d’autres animaux plus ou moins sacrés.

En Afrique du sud, nous signalerons l'Hœmachate (Sepedon hœmachates), petit Serpent de | mètre de longueur qui, lorsqu’ il est excité, développe de chaque côté de sa tête un pli analogue à la coiffe des Najas. Il est localisé dans les régions sablonneuses, à broussailles.

Des formes ornées des plus riches couleurs sont les Callophis ; chez certaines espèces, les glandes venimeuses sont extrêèmement développées, mais ces animaux ne sont pas très dangereux pour l'Homme, d’abord parce qu'ils ne cherchent pas à mordre, et ensuite parce que leur bouche est fort petite et que les crochets ne peuvent. avoir de prise que sur les petits animaux. Nous pouvons signaler une très jolie espèce : le Callophis à anneaux (Callophis Macclellandi) de l'Asie méridionale.

L'Elaps ou Serpent-Corail (Elaps corallinus) est américain. Le corps forme un long cylindre régulier, à écailles lisses et dont le diamètre ne diminue que pour former le cou et la queue. Sa couleur est d'un rouge magnifique orné de beaux anneaux noirs, bordés d’un liséré blanc (fig. 829). La tête porte une bande bleu verdâtre d’un fort bel effet. Cet Elaps serait beaucoup plus dangereux qu ln ‘est, si son caractère était moins pacifique ; on le rencontre dans les régions forestières du Brésil septentrional ; il existe également dans le sud du Mexique. Citons encore E. fulvius.

La famille des Amblycéphalidés, caractérisée par

(1) E. SAUVAGE. — Les Reptiles et les Batraciens (Baillière, édit.).

Fig. 828 — Hæœmachate.

quelques dispositions des os du crâne et par l'absence de dents venimeuses, compte un certain nombre d'espèces du sud-est de l'Asie (Amblycephalus) et de l'Amérique centrale et méridionale (Leptognathus). Ces animaux se distinguent des Colubridés par l'absence de sillon médian à la face inférieure de la tête, ce qui rend leur bouche moins extensible et les oblige à ne se nourrir que de petites proies. Les deux mâchoires portent des dents non sillonnées. La grandeur de l'œil et la pupille verticale indiquent des mœurs nocturnes.

La famille des Vipéridés, ou Serpents Solénoglyphes, renferme, avec la précédente série des Colubridés Protéroglyphes, tous les Serpents dangereux, c’est-à-dire tous ceux chez lesquels on observe la présence d'un appareil d'inoculation du venin placé en avant de la bouche. En effet, chez ces animaux, les crochets venimeux, seules dents du maxillaire supérieur, sont munis d’un canal intérieur réalisant l'aiguille d’une véritable seringue à injection. Si les Protéroglyphes considérés dans leur ensemble sont dangereux par la grande toxicité de leur venin, les Solénoglyphes le sont par la perfection de l'organe inoculateur:; chez ces derniers, en effet, il n'y a pas de venin perdu: la totalité de ce venin est injectée dans la plaie. Un autre caractère est dans leur forme et leur aspect : le corps est plus ou moins trapu, la tête large et aplatie et généralement recouverte de petites écailles imbriquées.

Le genre Vipère (fig. 830) comprend des espèces caractérisées par la tête large et triangulaire, l'absence de fossette entre l'œil et la narine et par leur forme lourde et massive; la queue est extrêmement courte; ce sont les plus trapus des Solénoglyphes. Tous habitent l'Ancien Continent. Les j Jeunes éclosent dans le corps de la mère avant d’ être mis au monde; c'est ce qui permet de dire que les Vipères sont vivipares. Ce sont des animaux nocturnes ; dans le jour, ils restent immobiles et ne retrouvent le mouvement que si une proie quelconque se présente dans des conditions favorables; alors le geste nécessaire est

; fait avec une telle rapidité qu ‘il est presque impossible de le distinguer, mais au bout de quelques instants l'état de la victime mourante ne laisse malheureusement aucun doute.

Naja Melanoleuca avec dilatation du cou.

Elaps fulvius (d'après Mme Phisalix; Animaux venimeux et venins).

La Vipère aspic (Vipera aspis) est le plus répandu des deux principaux Serpents venimeux de France; c'est elle qui est si commune dans Jade delete Mer da les nombreux bois qui en dépendent géologiquement. La Vipère aspic peut atteindre 70 cent.; la teinte du corps varie du gris fer au marron et au rouge brique: les taches, noires, sont plus nombreuses et plus vives chez les mâles ; l’une d’entre elles est bien caractéristique : c'est le V placé au sommet de la tête et dont la pointe est dirigée vers le museau.

L'habitat de la Vipère est le même que celui d'une foule de Serpents venimeux. Les sols secs, rocailleux, bien exposés au soleil, lui conviennent. L'abri des Bruyères, des broussailles, lui suffit. Les grands sites rocheux de Fontainebleau, lorsqu'ils ne sont pas boisés, réalisent très exactement l'habitat qui lui est cher. La Vipère recherche les proies vivantes : petits Rongeurs, couvées dans les nids accessibles, etc. Mais si elle est dangereuse pour nombre d'animaux, elle a aussi des ennemis qui ne la craignent pas : certains Rapaces et le Hérisson lui font la guerre. L'Homme fait également de son mieux, mais il serait important d’encourager encore, et de plus en plus, les chasseurs qui se livrent à la destruction de ces animaux.

La Vipère aspic a une très large distribution géographique :

elle occupe une grande partie de l’Europe centrale et méridionale : elle est commune en Portugal, Espagne, Italie. En France,

Fig. 830. — Vipères.

À, Aspic ; B, Péliade.

F1s,.829/,="Flaps.

Vipère aspic.

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