CE RE
Capture d'un Crocodile du Nil,
et se met en chasse, poursuivant les Poissons, ou bien cherchant à surprendre les Mammifères et les Oiseaux qui viennent boire sur la rive. | est à remarquer que les œufs de Crocodile sont fort petits : leur grosseur ne dépasse pas celle des œufs d'Oie ; ils sont pondus sur le sable, puis recouverts et cachés; les jeunes, lorsqu'ils viennent de naître, ont la taille de 20 cent. : leur croissance est assez lente.
Avant de quitter l'Afrique, signalons deux espèces appartenant aux régions occidentales de ce continent, et dont les physionomies sont fort différentes l’une de l’autre. Le premier est le Crocodile à nuque cuirassée (C. cataphractus), dont la tête est fort allongée et le museau très étroit. Il habite les cours d’eau et les marécages, du Sénégal au Gabon; il est assez commun dans la rivière Gambie et s'approche assez près de la mer. Le second est le Crocodile à front large (Osteolæmus tetraspis) dont la tête est large, courte et haute ; il a été observé au Vieux-Calabar et au Congo.
En Asie Méridionale, Indes, Indochine et îles de la Sonde, existe le Crocodile à double crête (Crocodilus porosus). Les deux crêtes osseuses qui le caractérisent s ‘allongent des yeux à l'extrémité du museau. Cette espèce fréquente les eaux voisines des côtes : elle est particulièrement commune à Bornéo, où elle est très redontée,
pe RE à ee ms ie, Se ere CI, de M, Machin, Œufs de Crocodile sur les bords du Nil,
Allisalor mississipiensis.
Le Crocodile à museau aigu (C. americanus) appartient, comme son nom l'indique, au Nouveau Monde. Il habite plusieurs îles des Antilles, une partie de l'Amérique Centrale et le nord de l'Amérique du Sud. Le museau de cet animal est long et se termine presque en pointe. Ce Reptile est fort commun en certains cours d'eau. Les jeunes recherchent de préférence les mares, les marécages peu profonds ; ils y sont parfois très nombreux et s'y trouvent à l'abri des gros individus dé leur espèce qui s'empresseraient de les dévorer.
Chez les Alligators, les mâchoires supérieures ne présentent pas de fossettes pour loger les canines des mâchoires inférieures et la palmure des extrémités est peu développée. Ces animaux sont propres au continent américain et à la Chine.
Le plus connu est le Caïman à museau de Brochet (Alligator mississipiensis) qui figure dans tous les jardins zoologiques ; 1l supporte bien la captivité. Il doit son nom à son museau large et aplati. Il habite les Etats du sud-est de l'Amérique du Nord, de la Louisiane à la Caroline du Sud. Il infestait autrefois toutes les eaux douces, marais et cours d’eau, mais le nombre des individus a beaucoup diminué, surtout dans les fleuves, où la navigation les effraye. Néanmoins le delta très ramifñié et très complexe du Mississipi en est toujours infesté. Le Caïman est plus craintif en face de l'Homme que les espèces précédentes ; sa nourriture se compose surtout de Poissons. La femelle pond ‘ses œufs sur la rive, mais elle recouvre sa ponte de débris végétaux dont la fermentation produit une élévation de température qui assure l'incubation. Au moment de la naissance, la mère porte les jeunes en des eaux abritées, afin de leur éviter l'attaque des adultes.
On chasse cet animal lors des basses eaux, dans les dépressions où ils se sont réfugiés en groupes; leur capture est ainsi plus facile qu’en
Caïman à museau de brochet,
Crocodilus americanus (Mexique).
toute autre saison. La diminution progressive du nombre des Alligators a suggéré à un citoyen des États-Unis la pensée d'en entreprendre l'élevage. Il existe en effet en Arkansas une véritable ferme à Caïmans. Cet établissement couvre les deux rives d'un petit cours d'eau divisé en plusieurs bassins d'élevage et dans lesquels sont apportés les individus capturés ; ils y sont distribués par grosseurs.
Le résultat des couvées abandonnées aux soins des mères présentant un déchet considérable, on emploie maintenant des couveuses artificielles. Les jeunes sont nourris de viande hachée durant une quinzaine de jours et sont ensuite mis à l'eau. Pour la vente, il existe en Amérique un débouché assuré dans la maroquinerie, puis pour les collections zoologiques, et il y a quelques années pour satisfaire la mode qui consistait, chez les Américaines, à posséder un jeune Caïman vivant dans leur jardin, ent : enfin, comme publicité pour les commerçants qui en placent un individu dans leur vitrine afin d'appeler l'attention des passants. Les dents trouvent aussi leur emploi.
Les Caïmans proprement dits appartiennent à l'Amérique du Sud. Le Caïman noir (Caiman niger) habite le nord de l'Amérique méridionale : Guyane, Brésil septentrional, etc. Il vit par bandes dans les cours d’eau ; 1l est commun dans le bassin de l’'Amazone, surtout dans les parties privées de navigation. À | approche des sécheresses, il émigre vers les eaux plus abondantes ou bien s’envase jusqu'aux he Cette espèce atteint une taille qui peut dépasser 5 mètres. Le Caïman yacare (C. latirostris) est moins grand; il atteint rarement 4 mètres: il habite les marécages dans les régions nord et ouest de l'Amérique méridionale. Signalons encore le Caïman à lunettes (A. sclerops).
Les Gavials sont immédiatement reconnaissables à la forme très allongée de leurs mâchoires, qui sont en outre fort étroites. Il en résulte une sorte de long bec denté et terminé, chez l'espèce hindoue, par un renflement. Le Gavial du Gange (Gavialis gangeticus) présente les caractères ci-dessus très développés; sa tête est assez petite et paraît toute en bec (fig. 841). La taille de cet animal peut atteindre 6 mètres. On le trouve dans les bassins hydrographiques du Gange et
u Brahmapoutre, maisilya beaucoup diminué. Le Gavial était autrefois considéré comme sacré. Des individus capturésétaient placés dans des bassins spéciaux et nourris par les soins des prêtres ; ils ÿ étaient à peu près apprivoisés.