V. — CLASSE
Les Oiseaux sont tous ovipares : ils pondent des œufs et les couvent jusqu'à l’éclosion des jeunes. La protection de la peau est assurée par des plumes ; les membres antérieurs sont généralement organisés pour le vol, et la bouche porte un bec corné privé de dents. En dehors de ces caractères, les Oiseaux ont un cœur à quatre cavités, une température constante assez élevée (+ 44°), une respiration pulmonaire, et quelques particularités anatomiques dont il va être parlé.
Il est intéressant de constater que la peau des Oiseaux comprend une mince couche cornée. Les plumes, qui sont la principale caractéristique de cette classe, sont d’origine exodermique. Les grandes plumes ou pennes se composent d’une racine, fixée dans la peau, et d'une hampe creuse qui se continue par une tige pleine (fig. 843); de la tige partent des barbes, et de chaque barbe des barbules accrochées entre elles, ce qui produit un ensemble à la fois léger et résistant. Les pennes d'un oiseau varient de forme, de résistance et de dimension (fig. 842); il en existe deux types principaux : les rémiges, qui sont rigides et assurent aux ailes, lorsqu'elles se déploient, une large surface d'action sur les couches d'air, et les rectrices, rigides aussi, qui forment la queue et en font un gouvernail de profondeur ; en outre, existent les tectrices, non rigides, imbriquées sur le corps entier, et le duvet, que l'on découvre aisément en soulevant les tectrices, et dont la propriété isolante empêche le rayonnement et la déperdition de la chaleur animale. À la légèreté et à la disposition des membres antérieurs s'ajoute la forme effilée du corps pour expliquer la facilité du vol. Les Oiseaux qui volent le plus rapidement et le plus longtemps, ou grands voiliers, ont de grandes rémiges ; ce sont certains Oiseaux de mer tels que les Frégates, Albatros, Mouettes, puis l’Aigle, enfin les migrateurs comme les Cigognes et les Martinets. Le Vautour, le Condor s'élèvent à des altitudes considérables sans paraître gênés par la raréfaction progressive de l'air. Les Oiseaux présentent vers la région caudale une double glande, dite uropygienne, dont ils emploient la sécrétion pour lisser leurs : plumes et les rendre imperméables à l’eau.
Les plumes présentent un nombre infini de variétés dans leur coloration, et le mariage des couleurs produit chez une foule d'espèces des parures merveilleuses (fig. 844). La vanité est née avec l'Homme, et celui-ci n'a pas hésité longtemps : dès les premiers âges, les Oiseaux ont été massacrés pour leurs plumes et les humains s’en sont parés exactement dans l'esprit auquel obéissait le Geai de La Fontaine. Toutes les peuplades sau-
: + ; Fig. 842.
vages ont fait de même. On peut citer les Ré titon des plumes.
chefs et les guerriers indiens de l'Amérique du Nord avant leur extermination. On a même
À, Rémiges; B, Rectrices:; C, Tectrices.
observé de magnifiques manteaux de plumes chez les naturels du vieux Mexique, au moment de la conquête, chez ceux des îles Hawaï, etc. Au Brésil, les religieuses font, avec les plumes, des fleurs d’une extrême perfection et les réunissent en bouquets d’une grande beauté et d’une assez grande valeur.
Les plus belles plumes, notamment celles de l’Autruche, ont toujours été recherchées pour la parure; les grands seigneurs du moyen âge, les combattants des tournois portaient d'énormes panaches. Tous les personnages qui prirent part, en 1520, à la somptueuse entrevue du Camp du Drap d'Or portaient, ainsi que leurs chevaux, de magnifiques plumes. Le panache blanc du roi Henri IV à la bataille d'Ivry est resté classique. Citons aussi celui de l'empereur Napoléon 1° le jour de son mariage avec Marie-Louise. Lorsque les hommes eurent abandonné les plumes, les femmes ne laissèrent pas tomber cette parure dans l'oubli : elles s’en emparèrent bientôt et l'ont gardée. Pour obvier à l'énorme consommation qui en est faite, des règlements très sévères existent maintenant en certains pays, dans le but de restreindre le massacre des Oiseaux et de sauver leurs espèces de la disparition.
Les Oiseaux possèdent des os creux et remplis d'air, ou os pneumatiques, dont le nombre varie avec la puissance du vol. Ceux qui volent le mieux et le plus longtemps ont tous leurs os creux, sauf les phalanges et les omoplates ; mais chez toutes les espèces les os longs sont toujours creux. L'animal est ainsi plus léger et possède une réserve respiratoire qui s'ajoute à celle des sacs aériens dont nous parlerons tout à l'heure. La colonne vertébrale présente quelque intérêt. Nous verrons que chez les Mammifères le nombre des vertèbres cervicales ne varie pas : il est toujours égal à sept; au contraire, celui de leurs vertèbres caudales est très variable.
Chez les Oiseaux (fig. 845), c’est l'opposé : le nombre des vertèbres cervicales oscille de neuf (Moineau) à vingt-quatre (Cygne), et c'est dans la région caudale quil varie à peine. Un autre caractère très important du squelette est la disposition des membres antérieurs en ailes: mais pour que le vol soit possible, il faut que ces membres aient un point d'appui très ferme et que leurs muscles moteurs soient puissants. Le point d'appui est fourni par la disposition du sternum et des trois os qui constituent la ceinture scapulaire : omoplate, os coracoïde, clavicule. Le sternum se rat- De ant tache aux côtes, non par des cartilages, écartées les unes des autres, et MAIS par des os; il est très large et traversé
montrant les barbules. dans le sens de la longueur par une crête
Fig. 843. — Anatomie d’une grande plume.
1, D'Aigle: 2, De Casoar à casque (plume double); 3, De Casoar à casque (grande penne); 4, D’Autruche: 5, De Marabout : 6, Petite Aigrette; 7, Ocelle de Paon: 8, Couteau de Paon; 9, Faux de coq; 10 et 11, Plumes de Coq Sonnerat avec plaques cornées ; 12, D'Argus; 13, D'Oiseau de paradis; 14, Queue de Menurelyre ; 15, Queue de Momot avec raquettes ; 16, Queue d'Oiseau-mouche avec raquettes : 17, Aigrette ide Grue couronnée; 18, Plume séparée de la même Aigrette: 19, Aigrette de Coq de roche; 20, Aigrette de Hocco; 21, Plume de l’Aigrette du Goura victoria; 22, Plume de la tête du Pteridophora; 23, Plume de la queue du Manucode ; 24, Tête et poitrail de Céphaloptere.
nommée bréchet. En arrière s’allongent les omoplates, qui s'appuient sur le sternum par l'intermédiaire d'un os gros et résistant qui est l'os coracoïde ; elles se soutiennent, en outre, l’une par l’autre au moyen
des clavicules qui se réunissent pour former la fourchette ; cette disposition, jointe à la force des muscles moteurs, explique la puissance et la durée du vol chez les Oiseaux. Les membres inférieurs sont construits comme ceux des Mammifères, que nous étudierons plus loin, maisla première rangée des os du tarse s’unit au tibia pour former le tibia-tarse, tandis que l'autre rangée s’unit à l'os unique appelé tarse et résultant de la soudure de tous les os tarsiens pour constituer le tarsométatarse.
Le cerveau des Oiseaux est notablement supérieur à celui des Reptiles; les hémisphères sont développés et le cervelet plus volumineux. Le sens du goût paraît assez faible, ce qui est dû en partie à l'enveloppe cornée de la langue. L'odorat ne semble affiné que chez les Carnassiers ou rapaces. L'ouie est privée de pavillon ; l'orifice du conduit auditif est toujours dissimulé sous les plumes; l'oreille présente les trois parties externe, moyenne et in-
Fig. 844 — Plumes.
Squelette d'un Oiseau.
a, Crâne : b, Colonne vertébrale : c, Humérus ; d, Radius ; d’, Cubitus; e, Main; JF, Fourchette; g,Os coracoïde: h, Sternum ; ?, Omoplate; 7, Fémur ; 4, Tibia;
1, Tarso-métatarsien ; m, Doigts.
terne, caractéristiques des Vertébrés supérieurs; l'oreille moyenne ne contient qu'un seul osselet appelé columelle. La vue est le sens le plus perfectionné; l'œil présente deux caractères principaux : un anneau osseux, formé de plusieurs petites plaques, entoure et protège la sclérotique, et trois paupières recouvrent la partie antérieure du globe: la paupière supérieure est immobile et l’inférieure est mobile: la troisième est douée d’un mouvement horizontal ; elle est clignotante et intervient lorsque la vue doit être protégée contre les effets d’une lumière trop vive.
L'appareil digestif des Oiseaux comprend :
la bouche, l’œsophage, l'estomac et l'intestin, , qui s'ouvre en bas dans le cloaque (fig. 846). Le bec est un étui corné dont les deux parties s'appellent mandibules: il renferme les os maxillaires; sa forme est extrêmement variable et répond ainsi aux besoins de chaque groupe.
Les Oiseaux actuels n’ont pas de dents, et nous verrons plus loin que de nombreuses espèces fossiles en étaient pourvues. Cependant, on en observe chez quelques formes actuelles durant la vie embryonnaire, chez les Perroquets, par exemple; mais ces dents ne percent jamais les gencives et sont résorbées après avoir été ébauchées.
La langue est cornée et très peu musculeuse, sauf chez quelques espèces. L'œsophage présente souvent un renflement qui est le jabot; ce jabot n’est qu'un réservoir d’attente dans Earl les aliments, rapidement avalés, s'amollissent. L'’estomac comprend deux parties : le ventricule succenturié, dans lequel les aliments entrent en contact avec le suc gastrique; mais ce suc ne paraît agir que dans la seconde partie ou gésier. Ce dernier, très épais chez les granivores, agit par contraction de ses parois sur les aliments; il les broie, travail qui se trouve facilité par la présence d'une quantité variable de petits cailloux. Tout le monde a vu le contenu d'un gésier de Poulet ou de Dindon; on y a même trouvé des petites pièces de monnaie avalées par l'animal dans le but d'assurer sa digestion.
L'appareil respiratoire comprend la trachée-artère, les bronches, les poumons et les sacs aériens (fig. 847). La trachée-artère, souvent très longue, débute à sa partie supérieure par un larynx rudimentaire et sans voix, et se termine à la base par un appareil spécial, que l'on appelle syrinx, et qui est l'organe de la voix et du chant; le syrinx
- est formé aux dépens de la trachée ou des bronches, parfois des deux : il est principalement développé chez les Oiseaux chanteurs.
Les bronches portent une partie de leurs ramifications dans les poumons et ces ramifications se terminent dans iles alvéoles pulmonaires; d'autres ne font que traverser les poumons pour atteindre les sacs aériens: ces derniers organes sont de grandes poches indépendantes les unes des autres et répartiesau nombre de neuf: ils communiquent avec les os creux. Le rôle des sacs aériens consiste à faciliter le vol et la respiration. Ils facilitent e vol, parce qu'ils
AL
Go
QT Fig. 846.
Tube digestif,
a, Œsophage: b, Jabot; c, Ventricule succenturié:; d, Gésier : e, Intestin grêle; F, Foie ; £,Cæcums ; A, Cloa-
que ; , Gros intestin.
Fig. 847.
Appareil respiratoire; poumons et sacs aériens,
Fig. 848. — Nids.
1, 2 et 3, Nids de petits Mammifères auxquels il sera renvoyé au chapitre suivant, — 4, Nid de Textor: 5, Loxie; 6, Tisserin ; 7, Rousserolle ; 8, Loriot; 9, Rhipidure; 10, Tachyphone; 11, Pinson: 12, Pachycéphale: 13, Zostérops: 14, Fauvette couturière; 15, Mésange rémiz; 16, Hirondelle; 17, Salangane; 18, Phaétornis eurynome:; 19, Phaétornis py£mée ; 20, Rubis topaze; 21, Thaumatias ; 22, Hylocharis,
sont gonflés d'air chaud, lequel est plus léger que l'air froid; mais ils collaborent principalement à la respiration durant le vol, en assurant la ventilation des poumons par un mouvement alternatif de dilatation et de contraction, que le très petit volume des poumons rend nécessaire.
L'appareil circulatoire des Oiseaux est à peu près semblable à celui que présenteront les Mammifères, sauf pour l'aorte, qui se recourbe du côté droit au lieu de se recourber du côté gauche. Le cœur est donc divisé en deux parties indépendantes, c'est-à-dire en quatre cavités. Les globules sanguins sont elliptiques et biconvexes.
Les œufs de tous les Oiseaux (fig. 849 et 850) ont la même structure ; ils se composent du jaune ou vitellus et du blanc ou albumine. Ces parties essentielles sont enveloppées dans une double membrane coquillière protégée extérieurement par une coquille solide, de nature calcaire. Entre les deux membranes coquillières, et situé au gros bout de l'œuf, se trouve ménagé un petit espace dit chambre à air. Le jaune est une réserve de substances grasses nutritives; on y remarque une petite tache blanche, la Jatebra, sur laquelle se fera le développement de l'embryon : celui-ci grossissant à mesure que diminuent les provisions de L |!
jaune, puis de blanc ; c’est la période d'in- \ cubation, au bout de laquelle se produit l'éclosion. La durée de l’incubation varie avec les espèces; elle est ordinairement Fig: 849. — Œuf de poule. de 13 à 15 jours pour les petites espèces À: Jaune ou vitellus : B, Blanc
: . : ou albumine; €, Membrane co- (Serin, etc.), de 18 jours pour le Pigeon, ire: D. Chambre à AE
de 21 pour la Poule, de 29 pour la Cane, E, Coquille.
de 31 pour l'Oie, de 42 à 45 pour l’'Autruche. Le développement de l'embryon exige une température constante égale à celle de l’animal ; aussi les femelles ne cessent-elles de couver leurs œufs afin d’entretenir cette température. De tout temps on a pratiqué l'incubation artificielle; les appareils modernes dits « couveuses » sont très perfectionnés, et une source de chaleur sans émanations y est assurée par la circulation de l'eau chaude.
La plupart des Oiseaux déposent leurs œufs dans un nid ; chaque
Fig. 850, — Incubation de l'œuf de poule.
À, Avant l'incubation ; B, 2° jour ; C, 4° jour : D, 5° jour: E, 6° jour; F, 19° jour.
espèce a le sien : aussi existe-t-il une variété infinie de matériaux employés, de formeset d'emplacements choisis (fig. 848). Les formes, souvent bien originales, et l'emplacement répondent à des besoins de sécurité, car les ennemis des Oiseaux sont nombreux.
Certains Oiseaux placent leur nid sur le sol, d’autres à une faible hauteur, dans les haies, par exemple; d’autres, dans les arbres élevés.
La Perdrix, la Caille, le Faisan, l'Alouette, le placent dans les champs. Les Aigles recherchent les rochers inaccessibles. Les Mouettes choisissent les anfractuosités des falaises à pic. Le nid du Cygne sauvage est une sorte de radeau flottant. Les Hirondelles affectionnent les corniches et les encoignures des monuments et des vieilles maisons; l'Hirondelle de rivage creuse, avec ses petites pattes, des trous profonds dans la paroi des carrières de sable fin et y dépose ses œufs. Une variété d'Asie, l'Hirondelle salangane, maçonne son nid avec des algues; ce nid constitue un mets délicat, recherché par les Chinois. Ceux de la Mésange à longue queue, du Pinson, de la Fauvette, sont de véritables petits chefs-d'œuvre que l'on trouve dans les buissons; celui de la Pie est défendu par des épines; celui du Corbeau est au sommet des grands arbres; celui de la Fauvette couturière se balance entre deux feuilles solidement cousues, Les Pics et les Toucans préfèrent les trous des vieux troncs d’arbres. Parmi les nids les mieux tissés, il faut citer celui du Tisserin, qui est suspendu à l'extrémité d’une branche. Le Républicain groupe ses nids en une large colonie (fig. 902). Les Cigognes accumulent de menues branches au sommet des cheminées, dans certaines villes d'AIlemagne, et y déposent leurs œufs. L'intérieur d'un nid offre toujours le confortable qu'exige le bien-être des petits.
Certains jeunes n'ont besoin que fort peu de temps des soins de leurs parents : ils courent bientôt; ce sont les petits précoces (Poussins, Canards). D'autres exigent une sollicitude prolongée; ils naissent faibles, aveugles, sans duvet, et ne se développent que lentement ; leurs parents doivent leur assurer l'alimentation sous forme de becquées fréquentes et ils ne s’habituent à voler qu'après maints tâtonnements ; ce sont les petits nourriciers (Serin, Pigeon). C'est dans cette catégorie d'Oiseaux que l'on trouve les nids les plus moelleux; ils sont garnis de fin duvet.
Nous verrons qu'à côté des nombreuses espèces sédentaires se placent les Oiseaux voyageurs ou migrateurs. Les migrations se produisent aux changements de saison : à l'approche de l'hiver, ces animaux s’en vont vers des climats plus doux, non seulement pour fuir une température qui va s'abaisser, mais surtout pour trouver leur nourriture. Les insectivores, notamment les Hirondelles, sont obligés d’habiter là où peuvent vivre les Insectes, lesquels sont très sensibles au froid. Les Canards sauvages, fréquentant les lacs et les marécages, émigrent pour éviter les grandes gelées qui les priveraient d’eau. En dehors de ces espèces, les principaux Oiseaux migrateurs sont : les Cigognes, les Grues, les Oies sauvages, les Corneilles, les Étourneaux, les Martinets, les Cailles, etc. Ces animaux reviennent souvent à leur point de départ dès le printemps; ils retrouvent leur région et parfois leur nid, ce qui indique de leur part une faculté d'orientation très remarquable. C'est chez le Pigeon messager que cette faculté est le plus développée : transportés à des centaines de kilomètres, dans des paniers fermés, ces Oiseaux retrouvent leur direction après quelques instants d’hésitation et s’envolent en droite ligne vers leur colombier.
La classe des Oiseaux, si l’on excepte les Coureurs, est d’une remarquable homogénéité au point de vue anatomique. Tous les caractères qui ont permis de les diviser en ordres sont des caractères secondaires, c’est-à-dire beaucoup moins importants que ceux qui différencient entre eux les ordres des autres classes. Cela nous obligera à passer plus rapidement sur celle-ci et à ne signaler que les formes les plus typi- = ques et qu'il est plus important de connaître. Fig. 852.
Il existe à peu près 18 000 espèces d'Oi- Hesperornis.
Fig. 851. — Archéoptéryx.
seaux extrêmement variées de forme et d’aspect. En effet, le Moineau, l'Aigle, le Pic, le Pigeon, le Coq, la Cigogne, le Canard, offrent une très grande variété de taille, de forme, de couleur et de mœurs; en outre, nous allons voir que la forme du bec et des pattes intervient constamment dans la classification. On a divisé cette classe de Vertébrés en huit ordres, qui sont :
1° Ordre des Passereaux. Moineau.
20 — Rapaces er, . Aigle.
30 — HIMpeUrS TR CCE Et Pie.
FD Colombins: 5577 19 PNR ER PDT 50 — Gallinacéss 110 CHR er Coq.
60 — Échassiers,. +: 1, LENS RCD 7° — Palmipèdes 7.04, PA PEER Canard.
80 — Coureurse. cire . + Autruche.
Les sept premiers ordres comprennent tous les Oiseaux ayant une carène ou bréchet et possédant la faculté de voler ; on les réunit dans la sous-classe des Carinates. Les Oiseaux du huitième ordre, celui des Coureurs, correspondent à la sous-classe des Ratites ; ils n'ont pas de bréchet, le sternum est plat, et leurs membres antérieurs, insuffsamment développés, ne leur permettent pas de voler.
Les Oiseaux ne sont apparus à la surface du globe que vers la fin de l'Ëre secondaire et nous allons les voir conserver, en souvenir des Reptiles, leurs ancêtres, certains caractères extrêmement nets.
Le plus ancien Oiseau fossile connu est l’Archéoptéryx (fig. 851), dont on ne connaît que deux exemplaires provenant des terrains jurassiques de Bavière. Au contraire des Oiseaux actuels, qui n’ont qu'une queue osseuse, extrêmement courte, avec un bouquet de plumes, cet animal présentait une longue queue composée de vingt vertèbres-portant chacune une paire de plumes. Si l'on fait abstraction de cette parure, il ne reste plus qu’une véritable queue de Lézaïd. Les vertèbres sont biconcaves, l'œil est entouré d’un anneau sclérotique, les maxillaires sont pourvus de dents: les trois doigts, libres à l'extrémité des ailes, portent des griffes. Le plumage paraît bien insuffisant pour le vol; les ailes devaient être utilisées plutôt comme parachute et l'animal devait être grimpeur. Sa taille ne dépassait pas celle d’un gros Corbeau. Les dents et la longue queue sont les caractères reptiliens de l'Archéoptéryx. Il faudrait peut-être le considérer comme un reptile plus évolué que les premières formes volantes fossiles signalées plus haut. Des Oiseaux plus perfectionnés, apparus à la fin de l'Ére secondaire, ont été découverts en Amérique. Ils sont encore pourvus de dents; l’un d'eux, l'Hesperornis (fig. 852), se rapproche des Plongeons, mais sa taille atteignait celle du Cygne actuel: les ailes devaient être faibles et inutilisables. L’Ichthyornis n'était pas : plus gros qu'un Pigeon; ses vertèbres étaient biconcaves, ses ailes bien développées.
Avec les temps tertiaires, les Oiseaux se font assez nombreux : le Gypse ou pierre à plâtre des environs de Paris en a fourni de fort bien conservés, tels que Rallus, Cryptornis, Laurillardia, etc. L'’Argile de Meudon (Seine-et-Oise) a donné un type de très grande taille, le Gastornis, qui tenait à la fois des Coureurs et des Palmipèdes. Un autre type, l'Odontopteryx, avait le bec denté. Quelques gisements d'Auvergne ont fourni de nombreux ossements et nous ont révélé l'existence de Perroquets et de Flamants.
Durant l'Ére quaternaire, de grands Oiseaux, maintenant disparus, vivaient en Nouvelle-Zélande; ils appartenaient au genre Dinornis. Les pattes de ces animaux étaient extrêmement puissantes, munies de trois doigts et construites pour la course; les espèces les plus grandes mesuraient 3",50 de hauteur; leur disparition doit être relativement récente. I] faut citer aussi un Oiseau gigantesque, l’Æpyornis, dont on retrouve les restes à Madagascar. Ces animaux sont connus par des ossements trouvés dans les dépôts quaternaires et récents de Madagascaï et par des œufs qui ont une contenance de 8 litres et équivalent à 150 œufs de poule environ. L'examen des os permet d'affirmer que l’Æpyornis avait près de 4 mètres et présentait de grandes analogies avec l’Aptervyx.
Enfin, un Oiseau des plus bizarres était le Dronte (fig. 853). Ce genre coureur, type de la famille des Dididés, comprend des formes éteintes qui vivaient encore au XVII® siècle, aux îles Mascareignes. [L'espèce type du genre Dronte est le Didus ineptus, vulgairement appelé dodo, et découvert par des marins hollandais, en 1598. Le Dronte avait 70 cent. de haut, le poids et le volume d’un Dindon, les ailes courtes et grêles, les pattes fortes, à quatre doigts, le bec allongé et recourbé au bout. En 1679, il avait cessé d'exister: inoffensif, mal armé, cet Oiseau devait périr de bonne heure par la faute de l'Homme.
Fig. 853. — Dronte,
LESNOISEAUXR 231