‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 144 sur 260 · CI. Ch. Reid · texte numérisé non relu

CI. Ch. Reid

Jeunes pies.

niche dans les arbres élevés. Son nid est soigneusement construit avec un dôme et une entrée latérale qui le mettent à l'abri de bien des dangers. En Scandinavie, la Pie établit parfois son nid sur les maisons.

La Pie bleue (Cyanopolius cooki) diffère de la précédente par sa plus petite taille (35 cent.) et sa coloration. C’est un Oiseau fort joli, dont le dos est blanc rougeître ; les ailes sont bleues et la queue est de même couleur, terminée de blanc. Il habite l'Espagne, où il recherche les bois de chênes verts; une autre espèce, également bleue, est particulière à l'Amérique du Nord : c'est le Cyanocitte huppé (Cyanocitta cristata) ; cet Oiseau nous rapproche des geais; les Mésangeais nous y conduisent. Le Mésangeai imitateur (Perisoreus infaustus) atteint seulement 30 cent. ; il est de teinte roussâtre. Cette espèce habite les forêts de Conifères du nord de l'Europe et apparaît quelquefois en Allemagne. Les Geais sont reconnaissables au joli bleu des plumes qui recouvrent les ailes. Le Geai glandivore (Garrulus glandarius) a le dessus de la tête strié de noir et la gorge blanche; le bleu des ailes est extrêmement fin. Sa taille est de 35 cent. C’est un ami des forêts. Ses diverses formes sont répandues en Europe, en Asie centrale et en Afrique nord-occidentale. Son cri est assez varié et il aime à imiter les bruits qu'il a entendus : miaulements de Chats, bruits de scie, etc.; il est omnivore et dévaste les nids; il s'attaque aux fruits à l’automne et dévore glands, faînes, noisettes.

D'autres Garrulidés sont extra-européens : les Dendrocittes, les Kittes, les Pirolles, habitent l'Asie.

Les Musophagidés appartiennent à l'Afrique : tels sont les Musophages et les Corythéoles de l'Afrique occidentale, les Touracos et les Schizorhis, qui habitent tout ce continent. Les Touracos sont remarquables par la beauté de leur plumage; le vert y domine; une huppe en forme de casque orne la tête.

Les Coliidés sont également particuliers à l'Afrique; leurs plumes ressemblent, au premier abord, à des poils. La famille des Ictéridés nous conduit en Amérique du Nord. C'est dans cette partie du Nouveau Monde que l’on rencontre les Dolichonyx ou mangeurs de riz, les Troupiales, les Molothres. Les premiers descendent jusqu'en Amérique centrale, les autres en Amérique du Sud. Tous ces animaux prélèvent sur les céréales un impôt important. Comme le Coucou d'Europe, les Molothres pondent leurs œufs dans le nid des aütres oiseaux.

Les Carouges appartiennent au Brésil et aux Guyanes. Le Carouge jamacai ({cterus jamacai) est noir avec le ventre de couleur orange vif. Il est recherché pour sa beauté et pour son chant. Le Baltimore vulgaire (Hyphantes baltimore) est également noir et orangé ; il habite l'Amérique du Nord. Les Cassiques nous ramènent en Amérique du Sud.

Le Cassique huppé ou Japu (Cassicus cristatus) est un habitant des bois; il est frugivore et s’abat sur les plantations, dans lesquelles il fait de grands dégâts; son nid est en forme de bourse : on en compte souvent trente ou quarante dans un arbre. Les Quiscales recherchent les lieux marécageux de l'Amérique du Nord.

Les Sturnidés ont le corps ramassé, la queue courte, les pattes fortes, les ailes longues, le plumage dur; les sexes sont semblables; ces Oiseaux se nourrissent d'Insectes.

Deux espèces sont européennes : l’Étourneau vulgaire (fig. 887) ou Sansonnet (Sturnus vulgaris) et | Étourneau unicolor (S. uni- par color), tous deux de même taille : 23 à Fig. 887. — Étourneau.

24 cent.; le premier habite toute l'Europe, le second ne se trouve que dans le sud de ce continent, y compris la Sardaigne, la Sicile ainsi que dans le nord de l'Afrique. Ils fréquentent les prairies, les plaines bien arrosées. Leur chant renferme une foule de notes dans lesquelles on reconnaît les différents bruits qu’ils entendent. Leur nid est le plus souvent établi dans le creux d’un arbre.

Les Martins ont le bec comprimé latéralement : la tête est ornée d’une huppe. Le Martin rose (Pastor roseus) est de même taille que les Étourneaux : son plumage est rose et noir ; il habite le sud de l'Europe, y compris la France méridionale ; c'est un grand destructeur de Sauterelles. Les Acridothères et les Meinates appartiennent aux Indes ; les premiers, comme le Martin, sont ennemis des Sauterelles. Un autre Sturnidé habite l'Afrique centrale : c'est le Pique-bœuf à bec rouge (Buphaga ervthrorhyncha), que l’on appelle ainsi parce qu'il suit les troupeaux de Bœufs et s’abat sur le dos de ces animaux pour s'y nourrir des Insectes qui s'y trouvent et notamment des larves qui infestent leurs plaies.

Les Lamprotornithidés appartiennent tous à la faune africaine ; ils nous rappellent encore les Sturnidés, mais nous rapprochent des Paradisiers. Ils recherchent les bois et les buissons parsemés dans les plaines ; ils vivent généralement en sociétés, sont omnivores et nettoient plus ou moins les bestiaux de la vermine qu'ils portent. Ces Oiseaux ont un fort beau plumage. Les Lamprocolious, les magnifiques Spreos, les Calornis, les Juidas ou Pies brillantes, les Pilorhines, les Amydres composent cette famille.

Les Oriolidés nous conduisent aux Paradisiers. L’espèce-type de nos pays est le Loriot vulgaire (Oriolus oriolus). Chez cet animal, le bec est allongé, les ailes sont longues, les tarses courts (fig. 888); sa taille est de 24 cent.; ses couleurs dominantes sont le jaune doré et le noir, du moins chez le mâle, car les teintes de la femelle sont plus sobres. Le Loriot habite l'Europe et une partie de l'Asie occidentale; il recherche les bois de chênes et de bouleaux et fréquente volontiers les vergers. Son chant est agréable. D'autres Oriolidés vivent en Australie : c'est le cas des beaux Ptilonorhynques et des curieux Chlamydères. Ces espèces ont pour habitude de construire des petits abris de plaisance, véritables berceaux de feuillages qu'il s'amusent à décorer avec certains débris qu'il leur est agréable d’accumuler à l'entrée et à la sortie de l'édifice. Les premiers accumulent des objets de couleurs : plumes de perroquets, coquilles, petites pierres, etc. : les seconds, des objets blancs : ossements, cailloux, coquillages : ces abris ne sont pas des nids : ce sont sans doute des lieux de rendez-vous et d'amusement.

La somptueuse famille des Paradiséidés est très noble, et cela par l'extraordinaire beauté des espèces qui la constituent. Tous ces Oiseaux appartiennent à la Nouvelle-Guinée et aux îles voisines. Lorsqu'en 1522 l’un des compagnons de Magellan rapporta pour le roi d'Espagne la dépouille d'un Oiseau de Paradis, ce fut une stupéfaction générale, et l'on attribua immédiatement à l’origine de cet Oiseau un caractère surnaturel, une telle beauté ne pouvant être produite que par le ciel même : de là son nom. Ce n’est qu'après plusieurs siècles qu’un voyageur français put apporter la première description exacte de ces animaux. Les Paradisiers sont principalement caractérisés par les faisceaux de longues plumes de couleur orangé ou rouge que le mâle porte sur les flancs et qui lui assurent une parure admirable.

Le Paradisier apode (Paradisea apoda) ou grand Émeraude a été appelé ainsi par Linné parce que les peaux qui avaient été rapportées par les navigateurs, et qui leur avait été remises par les Indiens, étaient privées de leurs pattes ; celles-ci avaient été habilement désarticulées par les indigènes et laissèrent supposer que les Paradisiers en étaient privés. « On les regardait, disait un naturaliste, comme des Sylphes aériens, peuplant les airs, accomplissant toutes leurs fonctions en volant, ne se reposant que quelques instants, en se suspendant par leur longue queue aux branches des arbres. C’étaient des êtres supérieurs, qui n'avaient nul besoin de fouler le sol, qui se nourrissaient dans l’éther, ne faisant que humer la rosée du matin. » On sait maintenant que les Paradisiers vivent exclusivement dans les forêts et qu'ils se nourrissent principalement d'Insectes et de fruits, qu’ils préfèrent de beaucoup à la rosée. Le Paradisier apode a 45 cent. de longueur; sa couleur est un beau brun: le front est noir avec reflets émeraude, la tête et le cou sont jaunes, la gorge est vert doré passant au violet, les longues plumes des côtés sont Jaune orange très vif. Les couleurs de la femelle sont assez ternes. Il ne vit que dans les îles Arou (Malaisie).

Le Paradisier rouge (P. rubra) est de taille très légèrement inférieure ; sa tête et sa gorge sont vert doré; les plumes des côtés sont d'un rouge carmin brillant; la

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Fig. 888. — Loriot.

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queue se complète de deux longs brins de couleur brune. Le Paradisier papouan (fig. 889) ou petit Emeraude (P. minor) est de même taille (30 cent.); la parure des côtés est jaune pâle et alteint une longueur de 1",35. Le Paradisier bleu (P. rudolphi) vit dans les montagnes du sud-est de la Nouvelle-Guinée.

Dans la même famille, et à la suite de ces grands seigneurs, viennent d’autres espèces non moins remarquables et qu'il est indispensable de signaler : le Manucode royal (Cicinnurus regius), aux brillantes cou-

leurs, qui passait, lui aussi, pour être privé de pattes et pour se nourrir de rosée; le Sifilet à six brins, ou Six- filets (Parotia sefilata), aux le joli Séleucide éclatant

formes si infiniment gracieuses (fig. 891);

Paradisier Petit-Emeraude.

Fig. 890.

(Seleucides ignotus); l'Epimaque su- Epimaque.

perbe (Epimachus striatus), de la grosseur dun Pigeon (fig. 890), mais qui atteint la longueur de 1",10 avec les plumes de la queue; l'Astrapie à gorge d'or (Astrapia nigra), dont la splendeur lui a valu le surnom d'incomparable. La grande beauté du plumage des Paradiséidés, la finesse et l'éclat des couleurs, leurs irisations, font que ces Oiseaux sont très recherchés pour la parure et que leurs dépouilles atteignent un prix élevé.

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