CI. Ch. Reid
Fig, 898. — Cardinal. Fig. 899, — Se
Les Plocéidés sont fort intéressants, car s'ils ne se font pas remarquer par la beauté de leur plumage, on ne peut s'empêcher d'admirer l'art avec lequel ils construisent leurs nids ; ce sont des Oiseaux auxquels on a donné le nom de Tisserins, car leurs nids sont tissés avec un soin remarquable. Les Plocéidés habitent principalement l'Afrique, puis l'Asie méridionale et les îles qui en dépendent. Ils sont très sociables, vivent en bandes nombreuses et le feuillage de certains arbres est rempli de leurs nids. Parfois les nids sont placés de manière à pendre au-dessus de l'eau, cela afin d'en placer l'ouverture, qui est à la base, en dehors des atteintes des ennemis terrestres. Ces Oiseaux sont granivores et insectivores.
Les Républicains (fig. 902)
ont le bec allongé, conique et comprimé latéralement, la queue arrondie, les tarses forts et longs.
Le Républicain social (Philetærus socius) est de teinte grisâtre agrémentée de noir; sa taille est de 19 cent. Il habite l'Afrique du Sud. Les nids groupés de ces Oiseaux sont très intéressants; une sorte de toiture de chaume les recouvre en les débordant: un certain nombre de nids se trouvent ainsi placés à l'abri des nombreux ennemis qui pourraient se présenter, sauf, paraît-il, de certains petits Perroquets qui parviennent à les déloger pour prendre leur place. Nombre d'arbres portent dans leurs branches un grand nombre de ces installations et représentent de véritables villages aériens. Chaque année, de nouveaux nids sont placés sous les anciens et leur poids entraîne parfois la chute de la branche qui les porte; il faut alors construire une nouvelle colonie. Ces colonies arrivent à compter plusieurs centaines de nids. * Les Tisserins (fig. 903), comme leur nom l'indique, sont d’habiles tisserands. Le Tisserin loriot (Ploceus galbula) porte un fort beau plumage. Le Tisserin masqué (P. monachus) est moins brillant. Le premier habite l'Abyssinie et le Soudan oriental, le second se trouve dans ces régions et jusque dans le sud de l'Afrique. Construits à l’aide d'herbes et de fibres végétales, comme ceux des Républicains, leurs nids ont ordinairement la forme d'une bourse qui, chez le Tisserin loriot, se continue à la base par une sorte de tube à l'extrémité duquel est placée l’ouverture. Ces nids sont parfois groupés en grand nombre dans un même arbre; leur forme varie avec les espèces. Le Quéléa à bec rouge (Quelea sanguinirostris) a un nid à peu près sphérique dont l'ouverture est placée à la base et de côté; c'est un joli Oiseau de l'Afrique centrale. L'Euplecte franciscain (Euplectes franciscanus) est fort beau ; au moment des amours, le mâle est d'un rouge magnifique avec le sommet de la tête, les joues, la poitrine et le ventre noirs : il habite la Nubie et l'Afrique centrale. Les Alectos (Textor alecto), du sud et de l'est de l'Afrique, suivent les troupeaux de Buffles et se nourrissent des Acariens qu'ils trouvent sur ces animaux. D’autres Plocéidés habitent Madagascar: ce sont les vrais Nélicourvis.
Les membres de la famille des Viduidés sont plus connus sous le nom de Veuves; ils habitent tous l'Afrique. Durant la saison des amours, les mâles chantent et portent une très longue queue qui disparaît aussitôt après. Ces Oiseaux sont à la fois granivores et insectivores. Leurs nids présentent souvent quelque rapport avec ceux des Plocéidés.
La Veuve de paradis ou Stéganure à queue de coq (Steganura paradisea) est l’une des espèces les plus typiques de la famille; c'est
Charmeur de Moineaux dans un jardin public.
de 31 cent. Son habitat prétéré est la forêt coupée de clairières et de steppes : il appartient à l'Afrique centrale.
Les Zonotrichidés sont américains. Le bec est mince et droit, les tarses élevés, les doigts longs ; citons : le Soulciet du Canada (Spizella monticola), qui habite l'Amérique du Nord; le Chingolo à gorge blanche (Zonotrichia albicollis), qui se rencontre dans l'Amérique entière. Les Passerelles (Passerculus) ont un bec court et les Ammodromes (Ammodromus) un bec un peu plus long et pointu; ces dernières comprennent une espèce (A. maritimus) qui fréquente les rivages de la mer, dont la petite faune collabore à son alimentation, ce qui donne à sa chair un goût peu agréable.
La nombreuse famille des Embérizidés nous rapproche des Alouettes; leur caractère principal est un bec petit et conique.
Comme chez les groupes précédents, le plumage de la femelle est différent de celui du mâle et toujours plus terne. Ces Oiseaux ne recherchent pas les forêts; ils habitent plutôt les plaines parsemées de buissons et préfèrent le voisinage des eaux; quelques espèces se trouvent exceptionnellement dans les montagnes. En dehors de l’époque des amours, ils vivent en troupes. En hiver, ils s’approchent des villages pour s'y nourrir plus facilement ; ils sont principalement granivores, mais, durant la belle saison, ils dévorent un assez grand nombre d’Insectes. Leur
.nid est généralement posé sur le sol. Tous les genres appartiennent à
l'Europe, y compris la France, sauf les Commandeurs. Le Commandeur huppé (Gubernatrix cristata), appelé aussi Cardinal vert, habite, en effet, le sud du Brésil et l'Argentine.
Chez les Proyers, le bec est plus fort et la femelle est presque semblable au mâle. Le Proyer d'Europe (Emberiza calandra) mesure 19 cent. Sa teinte est rousse en dessus, blanchâtre en dessous: il est sédentaire ou de passage, selon les régions qu'il habite. Le Fringillaire striolé (Fringillaria striolata) est plus petit. Le Bruant auréole (Emberiza aureola) et le Bruant à tête noire (E. melanocephala) ne sont que de passage en France; ce dernier se plaît principalement dans les päys que baigne l’Adriatique et jusqu'en Grèce. Les Bruants (fig. 904) ont le bec plus faible; les couleurs de leur plumage sont plus vives. Le Bruant jaune (Emberiza citrinella) a la tête et la poitrine jaune citron; le reste est rosâtre ou roux, sauf les côtés du cou qui sont verts. [Il est sédentaire et habite le centre de l'Europe et de l'Asie. En Espagne et dans le midi de la France, il est remplacé par le Bruant zizi (E. cirlus), de teinte généralement olivâtre, avec taches noires. Le Bruant fou (E. cia) est brun rouge, avec tête, gorge et poitrine grises ; on le trouve en Europe centrale et méridionale et en Asie jusqu'aux approches de l'Himalaya: c’est d’ailleurs un Oiseau de montagnes, se plaisant dans les rochers et les pierrailles, et ne regagnant la plaine que par les grands froids d'hiver. Il niche dans les crevasses de rochers. Le Bruant pithyorne (E. leucocephala) se plaît dans les bois de Conifères. L'Ortolan ou Bruant ortolan (E. hortulana) est de teinte roussâtre et brune, égayée de gris, de jaune, de blanc: il habite toute l'Europe, mais surtout les contrées méridionales, y compris le centre et
un animal fort joli, noir en dessus, rouge en dessous; sa queue noire est aussi grande que son corps et lui donne une longueur totale
Fig. 900, — Sénégali. 1, Châtain; 2, De Latham
Fig. 901. — Padda.
Fig. 902. — Nid colonial du Republicain.
Fig. 903, — Tisserin.
Nid de l’Hirondelle des fenêtres.
le sud de la France; on l’a également observé en Asie centrale. Son chant est plus doux que celui des autres espèces. Il niche dans les haies, les buissons, mais toujours près du sol. La chair de cet Oiseau est assez appréciée. Le Bruant cendrillard (E. cæsia) est de passage accidentel dans la France méridionale.
Les Cynchrames sont appelés aussi Bruants de roseaux. Le bec de ces Oiseaux varie beaucoup avec les espèces ; leur taille oscille de 15 à 20 cent. Le Bruant schœnicole (Emberiza schænicla) recherche les marécages et les roseaux : il y trouve sa nourriture en hiver; son nid, assez grossièrement construit, est placé sur le sol. Une autre espèce (E. pyrrhuloides) habite le midi de la France. E. pusilla et E. ruslica n'y apparaissent qu'accidentellement.
Les Plectrophanes appartiennent à l'Europe septentrionale; ils sont caractérisés par un bec court et l'ongle du pouce très long. Le Plectrophane des neiges (Plectrophenax nivalis) porte une grande tache blanche sur l'aile (fig. 908). On le trouve jusqu'au Spitzberg et en Nouvelle-Zemble : on l’a reconnu dans les montagnes de la Scandinavie. En hiver, il apparaît en Allemagne. Le Plectrophane lapon (P. lapponicus) ne porte pas de tache blanche à l'aile. Il habite les bords de la Mer Glaciale.
Les Alaudidés, caractérisés par les Alouettes, sont principalement terrestres ; ils ne sont pas arboricoles comme Îa plupart des Passereaux et il est très rare de voir l'un de ces Oiseaux perché sur une branche. Ils sont un peu trapus, avec une tête relativement grosse et un bec court ; l'ongle du pouce est très long, droit ou presque droit. Le plumage, assez terne, est presque semblable pour les deux sexes. Les Alaudidés appartiennent à l'Ancien Continent et principalement à l'hémisphère septentrional. En outre, ils sont marcheurs et marchent avec une grande vivacité ; ils chantent assez bien ; comme beaucoup d'autres, ils sont insectivores en été et fatalement granivores en hiver ; ils nichent sur le sol.
Les Calandres ont la tête lisse, par opposition avec d’autres espèces de la même famille qui portent une huppe ; le bec est fort et comprimé, la queue courte est recouverte par les ailes. La Calandre ordinaire
(Melanocorvpha calandra) mesure 20 cent. de longueur. Elle habite l’Europe méridionale, y compris le midi de la France ; elle est sédentaire. La Calandre sibérienne (M. sibirica) appartient aux steppes d'Asie, la Calandre nègre (M. veltonensis) également, mais on la trouve die régions arides de la Russie.
Les Otocoris, appelés aussi Alouettes de montagne, ont sur les côtés de la tête deux groupes de plumes en forme de petites cornes. L'Otocoris des Alpes (Otocoris alpestris flava) habite le nord de l'Asie et la Scandinavie. pre les Calandrelles, Calandrella brachydactyla est sédentaire dans le centre et le sud de l'Europe et C. pispoletta dans les lieux secs et arides du sud-est.
Les Alouettes (fig. 906) ont le corps assez svelte:
elles recherchent les plaines cuitivées. L'espèce la
Fig. 906. — Alouettes.
À, Des champs ; B, Huppée : C, Hausse-col