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ORDRE DES GRIMPEURS

Les Grimpeurs sont principalement caractérisés par leurs membres inférieurs qui portent chacun deux doigts dirigés en avant et deux en arrière: leurs extrémités sont ainsi nettement préhensiles (fig. 937). On peut les diviser en deux sous-ordres extrêmement différents l'un de l’autre : celui des Grimpeurs proprement dits et celui des Perroquels.

En dehors des Perroquets, qu'il est facile de déterminer, l'ordre des Grimpeurs n'a pas de limites bien nettes et les différents auteurs ont montré leur embarras en nous présentant ce groupe avec une composition des plus variables. C'est ainsi qu'un assez grand nombre d'espèces placées autrefois dans cet ordre sont allées rejoindre la masse innombrable des Passereaux.

LOUS-ORDRESDES GRIMEEURS

Les GRIMPEURS proprement dits paraissent dériver des Passereaux ténuirostres. Leur bec est droit ou légèrement recourbé; les plus typiques sont les Pics, par lesquels nous allons commencer.

La famille des Picidés est bien caractérisée. Chez ces animaux le bec est droit et fort, les pattes sont courtes et fortes, munies d ongles résistants. Le corps est allongé, les plumes sont épaisses ; mais, avec ces dehors robustes, le squelette est grêle. La langue est hcrinie latéralement de soies raides dirigées en arrière; une conformation particulière lui permet de saillir hors du bec et, comme elle est enduite d'une sécrétion visqueuse, elle peut pénétrer dans les cachettes des Insectes et s'en saisir.

Il résulte de toutes ces particularités que les Picidés sont d’excellents Grimpeurs. Leurs ongles leur permettent d'escalader l'écorce des arbres en se servant de leur queue comme d'un point d'appui. Le bec frappe et fend l'écorce et la langue explore et rapporte ; ce travail leur est encore facilité par l’état d'altération dans lequel se trouve le bois qui peut leur fournir le plus d'Insectes. Les bois sains seraient résistants et ne leur fourniraient guère d’aliment.

Le Grand Pic ou Pic épeiche (Dryobates major) est de teinte noirâtre en dessus et jaunâtre en dessous; chez le mâle, le derrière de la tête est rouge. Sa taille a 24 cent. C’est avant tout un habitant des forêts de pins; on le trouve moins souvent dans les petits bois. On entend de loin le bruit qu'il fait en frappant les branches avec son bec. À son régime insectivore, il ajoute des graines ou des baies. S'il écorce les arbres, il compense cet inconvénient en détruisant un nombre prodigieux de leurs parasites, et les Picidés doivent être considérés comme des animaux utiles et qu'il est important de protéger: cette espèce, avec ses variétés, habite toute l'Europe et le pourtour méditerranéen.

Le Petit Pic ou Pic épeichette (D. minor) est de plus petite taille : il ne dépasse pas 15 cent. On le trouve dans les bois composés d’essences variées et il ne déteste pas fréquenter les vergers. Il est très agile; sa nourriture est analogue à celle du Grand Pic. Il habite toute l'Europe et l'Asie centrale.

Une autre espèce est le Pic ou Picoïde à trois doigts (Picoides tridactylus), ainsi appelé de l'état rudimentaire du quatrième doigt. Il appartient aux montagnes de l'Europe orientale.

Le Pic ou Gécine vert (Picus viridis) est de teinte verdâtre et se trouve également en Europe et en une partie de l'Asie (fig. 938). [Il mesure 32 cent. Il affectionne les forêts à clairière, les bouquets de bois. Les Fourmis entrent pour une bonne partie dans son alimentation, et sa langue, proporti. onnellement plus longue que chez les espèces précédentes, lui permet de s'en servir à la manière des Fourmiliers. Tous ces Pics nichent dans des arbres creux; ils apportent une grande sollicitude autour de leurs jeunes.

Q Fig. 937. — Tête et pied de Grimpeur (Perroquet).

Crâne de Perroquet (Ara).

de CI. Underwood.

Coucou (Cuculus canorus).

Dans les mêmes pays, on peut signaler le Pic ou Dryopic noir (Dryocopus martius), particulier aux grandes forêts de Conifères des régions montagneuses. C’est un animal agile, mais craintif et nichant assez haut dans les arbres.

Le continent américain renferme de nombreuses espèces de la même famille: nous en citerons quelques-unes : le Pic à bec d'ivoire ou Campéphile principal (Campephilus principalis), du sud des États-Unis; le Pic-Geai à tête rouge (Melanerpes ervthrocephalus); le Pic-Geai fourmilier (M. formicivorus), qui fait provision de glands pour assurer son alimentation durant la mauvaise saison; le Pic- Coucou du Mexique (Colaptes mexicanus), qui accumule des graines dans le vide central des hampes d'Agaves qui ont fleuri; le Pic- Coucou doré (C. auratus), des États-Unis. En Amérique du Sud, le Pic des champs (C. campestris) recherche le voisinage des termitières et décime leurs populations.

Le Torcol vulgaire (Yunx torquilla), d'Europe centrale et d'Asie (fig. 939), nous conduit à une autre catégorie de grimpeurs : les

oucous.

La famille des Cuculidés est distribuée dans l'Ancien Monde; les Oiseaux qui la composent sont forestiers ; leur activité est remarquable; ils sont d'ailleurs assez débrouillards; c'est ainsi qu'ils ne couvent pas leurs œufs : ils les portent dans le nid d’autres Oiseaux, quelquefois après en avoir retiré ou dévoré les œufs qui s'y trouvaient ; leurs jeunes sont ainsi soignés et nourris par les soins de divers Passereaux qui les ont couvés avec la plus grande sollicitude. En qualité d'insectivores, les Cuculidés sont des Oiseaux utiles, mais ils détruisent malheureusement de nombreuses couvées également utiles.

Le Coucou commun ou Coucou gris (Cuculus canorus) habite l'Europe; on le trouve dans toute la France et le cri auquel il doit son nom résonne souvent dans nos bois; sa teinte générale est cendrée, ses ailes sont presque noires; la taille atteint 33 cent. Cet Oiseau va pondre son œuf dans les nids des Bergeronnettes, des Fauvettes, des Bruants, etc. À peiné né, le} Jeune grossit très vite : il écarte ses petits compagnons, lorsqu” ils n'ont pas été détruits par sa mère, et arrive même à les repousser hors du nid; il mange énormément : tout est pour lui et sa voracité peut entraîner par inanition la mort des j Jeunes Passereaux qu'il a bien voulu tolérer près de lui.

Un autre Coucou originaire d'Afrique et que l'on observe accidentellement dans le midi de la France est le Coucou-Geai (Clamator glandarius), dont la taille est de 40 cent. En Egypte, il pond ses œufs dans les nids des Corneilles, en Espagne dans ceux des Pies.

Les Coccyzidés sont des Oiseaux trés voisins des Cuculidéss Le Coulicou américain (fig. 940) ou Coucou des pluies (Coccvzus americanus) habite les États-Unis. Il recherche les bois, mais il s’habitue

Fig. 939. — Torcol. .

Fig. 940. — Coulicou.

Fig. 942. — Toucan.

aussi au voisinage des habitations. Il a été observé en été en Europe.

Les Bucconidés ou Coucous barbus sont particuliers à l'Amérique du Sud; ils sont forestiers.

Les Indicatoridés sont des sortes de Coucous de l’Ancien Continent ; ils vivent tous par paires dans les forêts. L'Indicateur à bec blanc (Indicator indicator) dépasse souvent 20 cent. Il doit son nom, et aussi celui de Guide au miel, à son habitude, lorsqu'il a découvert des Abeilles, d'attirer l'Homme vers le nid. Incapable de le détruire lui-même, il sait ainsi que la besogne sera faite et qu'il en aura les restes. Les indigènes, qui le connaissent pour les services qu'il leur rend ainsi, s'empareat du miel et lui abandonnent les larves, qu'il préfère. Il habite l'Afrique centrale et méridionale.

Les Trogonidés rappellent les Bucconidés. Les Couroucous sont typiques de cette famille (fig. 941). Le Couroucou vert (Trogon viridis) appartient à la faune du Brésil. Le plumage si brillant des Couroucous est des plus recherchés pour la parure. Au temps des Aztèques, les chefs portaient des manteaux entièrement recouverts de ces plumes.

Le Quétzal des Mexicains (Pharomacrus mocinno) fournit d’admirables plumes très recherchées par les Indiens : aussi l’a-t-on appelé Calure ou Couroucou pavonin: c’est un magnifique Oiseau de l’Amérique centrale. Il porte une huppe en forme de cimier. Le dos est d'un beau vert doré et le ventre rouge vif. La queue est très longue, élégamment recourbée, et les plumes du mâle peuvent atteindre 80 cent. Cet animal était sacré au temps des Toltèques, qui le vénéraient pour sa beauté. Son nom fait partie de celui de Quetzalcoatl, roi des Toltèques d'abord, et dieu protecteur de cette nation ensuite.

L'Harpacte ou Couroucou flamboyant (Harpactes fasciatus) appartient à l'Asie méridionale (fig. 943).

La famille des Crotophagidés nous rapproche des Toucans. Ils ne sont pas essentiellement forestiers ; on les rencontre un peu partout vivant en sociétés, souvent au voisinage des agglomérations. Leur bec est fort et haussé par une arête qui s’appuie sur le front. Ce sont les Anis et les Guiras, dont les espèces habitent l’Amérique du Sud.

Les Ramphastidés sont des Oiseaux dont la physionomie est bien curieuse : un bec énorme, très long, recourbé, toujours comprimé latéralement, leur donne une allure grotesque, et ce bec est si encombrant, il s'impose à tel point, qu il donne à ces Oiseaux un air parfois stupide; c'est ce qui explique l'opinion du naturaliste allemand Burmeister qui s'est assurément mépris sur CA leur intelligence. Le plumage des Ram- A7 ae phastidés est généralement fort beau: 7/4 TI ces oiseaux appartiennent tous à l’Amé- = rique du Sud et habitent notamment les régions où pullulent d’autres Grimpeurs :

les Perroquets.

Le genre typique de cette famille est celui des Toucans (fig. 942). Le Toucan Toco (Ramphastos toco) est le plus grand; son plumage est noir agrémenté de blanc, son bec est d’un beau rouge orange. La taille de cet oiseau atteint 60 cent. Le Toucan de Temminck (R. Temmincki) est un peu

Fig. 941. — Couroucou.

Fig. 943. — Harpacte.

moins grand; son plumage est richement coloré, son bec noir. Les Toucans sont principalement frugivores, recherchent les grands arbres et nichent dans leurs creux.

Les Indigènes ont faitautrefois une grande consommation de Toucans, mais c'était bien plutôt pour en emprunter le riche plumage en vue de leur parure que pour leur alimentation.

À propos des Ramphastidés, nous rappellerons les Calaos, placés autrefois près des Toucans et que nous avons signalés dans l'ordre des Passereaux.

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