C. Reid
Groupe de Pigeons Boulant.
outre ses colombiers d'État, environ 400 sociétés spéciales, qui fournissaient à la défense nationale plus de 200 000 sujets. Malgré la Télégraphie sans fil et l'emploi des aéroplanes qui ont beaucoup diminué le rôle des Pigeons messagers, ces animaux peuvent encore, grâce à leur merveilleux instinct d'orientation, rendre, dans certains cas, de très grands services. Durant la grande guerre de 1914-1918, on les a vus assurer les communications avec des petits postes isolés et traverser bravement les tirs de barrage.
La faculté d'orientation du Pigeon messager a fait l’objet de bien des discussions, mais le choc des idées n’a produit ici aucune lumière bien vive; la question reste ouverte. L'opinion la plus répandue est plutôt favorable à l'existence d' un sens particulier, car le sens de la vue, quelque développé qu ‘il puisse être chez ces animaux, n’expliquerait pas l'habileté qu'ils montrent dans les cas de très longues distances, c'est-à-dire lorsque le but à atteindre ne peut pas être visible même à la faveur de la réfraction des rayons lumineux, même si l'Oiseau s élevait très haut pour mieux voir, ce qu'il ne fait généralement pas.
Tous les aéronautes sont d'accord à ce sujet et il a été maintes fois constaté que le Pigeon voyageur jeté de la nacelle d’un aérostat descend, en décrivant de grands cercles, jusqu'à une hauteur comprise entre 50 et 100 mètres au-dessus du sol, puis cherche sa route et prend son vol résolument dans la direction qu'il estime être celle de son colombier. L'Oiseau n'a aucun souci d'utiliser la grande hauteur à laquelle on le lâche pour tenter de reconnaître sa route en scrutant l'horizon du regard; il ne cherche pas à s'élever dans le même but : sa seule préoccupation semble être de se placer d’abord dans des couches d'air plus denses et, partant, plus favorables à son vol ; ensuite il se dirige où il doit aller. Dans cet ordre d'idées, les lâchers de Pigeons exécutés en pleine mer et à une grande distance de toute côte sont assez concluants ; là encore la vision du but n’est pas à leur portée (1).
Les Turturidés sont de forme moins lourde que les Colombidés : la tête est petite, les ailes sont longues, la queue également ; ce sont des Oiseaux d'arbres et de buissons, sociables, doux, gracieux, supportant facilement la captivité.
Les Tourterelles sont sveltes, de teinte roussâtre ; postérieures sont délicates.
La Tourterelle commune ou des bois (T'urtur turtur), en dehors de sa teinte générale roussâtre, comporte des parties gris cendré et gris bleuté : sa taille atteint 29 cent. Cet Oiseau affectionne les bois et le voisinage des cultures; il apparaît dans nos climats en avril et s’en va en septembre vers des cieux plus doux ; son roucoulement mélancolique a toujours inspiré les poètes, qui considèrent cet Oiseau comme le symbole de l'affection et de la fidélité. La Tourterelle habite l'Europe centrale et tout le pourtour méditerranéen.
Dans le nord-est de l'Afrique et en Arabie existe une autre espèce de Tourterelle à collier ou Rieuse (Streptopelia decaocta) dont la teinte générale isabelle se complique d'un collier noir ; on la trouve en Asie j Jusqu à Ceylan ; cet Oiseau n'est pas rare dans les steppes, dans les régions presque désertiques où on le voit souvent par bandes se diriger vers les sources pour s’y désaltérer. C'est le son de sa voix, sorte de hi hi hi, qui justifie le nom de rieuse qui lui a été donné, mais il faut ajouter que ce genre de rire est triste et mélancolique comme le roucoulement de toutes les Tourterelles.
Les Colombidés sont nombreux à la surface du globe, notamment aux États-Unis, dans les îles de la Sonde et en Australie; nous cite-
# e # les extrémités
(1) Léo DEX.— La Faculté d'orientation des pigeons voyageurs (« Revue Encyclopédique », n° 144).
Tourterelle à collier, ou Rieuse.
rons seulement, dans la famille des Gouridés, les Gouras, qui portent sur la tête une fort jolie huppe. Ce sont des Pigeons de grande taille, appartenant à l'Australie et à certaines îles voisines.
Le Goura de Victoria (Goura Victoria) est d'une jolie teinte gris bleuté avec ventre roux ; il habite les îles Jobi et Mysori. Une autre belle espèce, le Goura couronné (G. coronata), se trouve dans les forêts de la Nouvelle-Guinée. La huppe des Gouras, imitée parfois avec les plumes du Coq, est employée pour les chapeaux des dames.
Un Colombin appartenant à la famille des Didunculidés, le Diduncule strigirostre (Didunculus strigirostris), nous rappelle le Dronte (fig. 853), ce pauvre être mal armé, doux et sympathique, dont l'espèce est disparue par la faute de l'Homme. Le Diduncule, en effet, est un animal lourd ; il possède un bec très robuste, beaucoup plus haut que large. [l vit aux îles Samoa, tout près de disparaître.
Pigeon couronné ou Goura.