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ORDRE DES GALLINACÉS

Comme nous l'avons dit plus haut, le bec des Gallinacés est plus fort que celui des Colombins: il est très résistant. Les pattes, également fortes, sont munies de trois doigts Ace en avant et d'un en arrière; ce dernier est placé un peu Ste haut que les premiers :

son extrémité seule touche le sol (fig. 952). Des ongles gros et puissants É permettent de gratter le sol, pour y chercher leur nourriture. Au-dessus du doigt postérieur, les mâles portent un éperon corné ou ergot, qui est une arme

Fig. 952. — Tête et pied de Gallinacé (Coq gaulois).

C1. C. Reid.

Poule et ses poussins.

offensive et défensive. Les Gallinacés volent mal, car leurs ailes sont peu développées; aussi la plupart sont-ils sédentaires. Le mâle est fréquemment différent de la femelle et, chez certaines espèces, sa parure est d’une grande beauté ; il suffit de citer ici le Paon, l’Argus, le Faisan doré. Les ; Jeunes sont souvent très différents de leurs parents. Chez ces Oiseaux, le fémur seul est vraiment pneumatique.

Leur distribution géographique est très vaste; il existe dans le monde entier des Oiseaux de cet ordre et ils sont plus particulièrement nombreux en Asie. Les Gallinacés sont principalement terricoles ; leur habitat est très varié, mais nombre d'espèces affectionnent les forêts. Il en est de nombreux qui sont bons coureurs; enfin cet ordre ne comprend aucune espèce aquatique.

Le mâle s'inquiète ordinairement assez peu de sa progéniture ; sa situation d'é époux polygame l'intéresse exclusivement, soit pour maintenir ou augmenter le nombre de ses femelles, soit pour défendre ses intérêts contre les concurrents éventuels. Il s'ensuit parfois de terribles batailles auxquelles les femelles assistent avec une belle indifférence ; c’est que leur sollicitude est entièrement retenue par la famillle présente ou future, préparation du nid généralement creusé sur le sol, ponte des œufs, incubation, éducation des jeunes, qui sont précoces et marchent dès qu'ils sont sortis de l'œuf. C’est ce que nous allons notamment constater chez la famille typique de l'ordre : celle des Gallidés.

Les espèces de cette famille sont caractérisées par la crête charnue qui orne le dessus de la tête et le dessous du bec, et par la queue redressée, verticale, formée de plumes en forme de faucilles. Le Coq domestique (Gallus domesticus), qui comprend de fort belles variétés (fig. 953), est origipaire de l'Asie tropicale, probablement des Indes. L'Homme l’a arraché à l'état sauvage et l'animal n'y est jamais retourné ; domestiqué, il est resté près de

"Homme et n'a pas cherché à reprendre l'existence forestière chère aux espèces restées sauvages.

Les Coqs de diverses variétés fournissent au commerce de fort belles plumes; les plus jolies sont employées pour les chapeaux des femmes, ou bien en plumets retombants pour les armées dede pays, notamment de l'Italie; les plus petites servent à confectionner des boas, des houppes.

On n'élève pas seulement le Cogqs pour la reproduction et l'alimentation : on les élève aussi pour la lutte. Les combats de Coqs sont malheureusement très goûtés dans le nord de la Franceeten Belgique.

« Ce sport barbare, dit M. Dumont-Wilden (|), est interdit en Belgique comme dans la plupart des pays civilisés ; mais 1l subsiste malgré tout, grâce à la complicité de la population tout entière. Dès que les gendarmes sont signalés dans les environs de la grange ou du cabaret où l’on a établi le champ clos, leur arrivée est aussitôt connue des organisateurs du

Fig. 953. — Coqs de différentes races.

1, Crèvecœur; 2, La Flèche; 3, Phœnix; 4, Bréda: 5, Faverolles ; 6, Houdan; 7, Brahmapoutra:

combat; on enferme dans le poulailler, avec les oui vulgaires, les combattants qu ‘ons ‘apprêtait à jeter l’un sur l’autre; les enjeux disparaissent dans

8, Cochinchinois ; 9, Le Mans; 10, Padoue; 11, Coucou de Rennes ; 12, De combat ; 13, Sauvage ; 14. Espa-

gnol ; 15, Négresoie ; 16, Dorsiné ; 17, Java; 18, Nagasaki ; 19, De combat nain : 20, Leshorn.

(1) DumonT-WILDEN. — La Belgique.

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les poches, et quand les représentants de l'autorité arrivent, ils ne trouvent que quelques bons compagnons en train de boire des pintes de bière en fumant leur pipe. Aussi, il ne se passe guère de dimanche d'été dans cette contrée sans que les amateurs trouvent à assister à quelque belle joute où périssent, en divers combats singuliers, une douzaine de volatiles furieux que l'on a jetés les uns sur les autres, après avoir armé leurs pieds nerveux d'un éperon formidable, acéré comme un fer de lance. »

La Poule est élevée pour ses œufs et les poulets pour la qualité de leur chair. L'âge auquel les poules commencent à pondre varie avec leur race et l’époque de leur naissance. Celles qui naissent en février pondent en septembre ou octobre de la même année; celles qui proviennent des couvées plus tardives ne pondent qu'au printemps suivant. L'influence du calcaire dans leur alimentation est considérable et produit en certains pays des coquilles très épaisses. Les poules qui habitent les contrées exclusivement siliceuses pondent des œufs à coquille extrêmement mince. Les races et variétés de poules sont nombreuses. Pour la ponte, on donne la préférence aux races de Houdan, de la Bresse et de Hambourg ; les meilleures couveuses sont les poules des races communes et cochinchinoise; celles dont l’engraissement est le plus facile et qui fournissent la chair la plus estimée appartiennent aux races du Mans, de Crèvecœur et de Dorking.

On utilise depuis longtemps, dans le but d'obtenir les poussins en plus grand nombre, des couveuses artificielles. Il en existe différents modèles : les unes sont chauffées par la vapeur, d'autres au moyen de l'électricité. Ces dernières ont l'avantage de jouir d’une température plus constante.

La famille des Tétraonidés comprend des Oiseaux vigoureux, à queue courte, pattes épaisses, marchant vite, mais volant lourdement. Ils habitent seulement l'hémisphère nord du globe, sauf l'Afrique.

Ce sont généralement de beaux Oiseaux de forêts devenus maintenant assez rares, car la chasse en a détruit une très grande quantité. C'est ainsi que le plus beau, le plus noble et le plus intéressant d’entre eux, le Coq de Bruyère (fig.956) ou Tétras (T'etrao urogallus), continue d’être traqué dans les quelques régions où il est encore signalé ; c’est un gibier de luxe Le plumage du mâle est foncé, noirâtre, avec de jolis reflets cendrés ou bruns: la poitrine brille d’un beau vert métallique. L'œil est entouré d'un cercle rouge. La longueur de cet animal peut atteindre | mètre.

Le Coq de bruyère habitait autrefois toutes les forêts d'Europe ; on ne le trouve plus maintenant que dans les hautes montagnes autrichiennes, dans les Alpes et les Pyrénées, mais c'est exceptionnel et il ne s’agit guère que, d'individus isolés. Il est un peu moins rare dans les forêts scandinaves. Cet animal se nourrit de graines et d’aiguilles de pin, de bourgeons, de baies diverses. Le mâle est très jaloux ; lorsque vient le printemps, il ne supporte pas l'approche de rivaux et livre parfois de terribles combats pour garder ses trois ou quatre poules ; au moment des amours, il se livre à des danses curieuses destinées à convaincre les femelles.

Le Coq des bouleaux ou Tétras lyre (T. tetrix) est de moindre taille, mais il est remarquable par le large éventail de sa queue, dont la forme rappelle celle d'une lyre. La taille de cet Oiseau peut atteindre 55 cent. Il recherche les régions montagneuses, riches en buissons et arbustes, le voisinage des clairières à genêts et bruyères; il aime à manger des myrtilles, des framboises. Au printemps, les danses de ce petit Coq sont curieuses et variées. [Il habite les parties accidentées de l'Allemagne, le pourtour des Alpes, la Russie, la Sibérie. Il est également traqué par les chasseurs. Le Coq de bruyère et le Coq des bouleaux, par leur croisement, produisent une variété à caractères intermédiaires qui habite les mêmes pays.

Les Gélinottes (fig. 957) sont de taille inférieure et atteignent 37 cent. La Gélinotte des bois ou Poule des Coudriers (Bonasa bonasia) est de teinte roussâtre, agrémentée de taches ; elle recherche les grandes forêts ombragées des régions montagneuses ; elle préfère les versants exposés au Sud, avec le voisinage des clairières, mais aussi des taillis épais solitaires où elle se sent en sûreté.

La Gélinotte est monogame et ne danse pas comme les espèces précédentes. Sa distribution géographique est à peu près analogue.

Les Cupidons sont des T'étraonidés d’'Amé-

Fig. 956. — Tétras ou Coq de Bruyère.

: 1l disparaîtra comme bien d’autres. -

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