‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 168 sur 260 · CI. Underwood · texte numérisé non relu

CI. Underwood

Dindon commun mâle.

principale se manifeste au lever et au coucher du soleil. Durant le jour, leur existence est plus calme; vers le milieu du jour, c'est le repos danses out he ee ce dépose ses œufs sur le sol des champs, dans les récoltes ou à l'abri d’un buisson. Dans le sud de l'Europe on observe encore la Perdrix grecque ou Bartavelle, la Perdrix Chukar, plus rarement la Perdrix de roche.

La Starne, ou Perdrix grise (Perdix perdix), habite l'Europe presque entière et est commune en France. La couleur générale est gris rayé de roux; la taille est de 30 cent. C'est un Oiseau de plaine, restant à proximité des abris dont il peut avoir besoin, buissons ou petits bois, mais avant tout ce sont les régions cultivées qui l’attirent et le retiennent. La sollicitude des parents pour leur couvée est très grande et l’on cite souvent le beau courage et l'intelligence du mâle qui, au péril de sa vie, attire sur lui l’attention du chasseur pendant que la femelle s'enfuit d'un autre côté avec ses petits. Les ennemis de ces Oiseaux sont nombreux; les Rapaces en détruisent beaucoup. D'autre part, les hivers rigoureux accompagnés de neiges prolongées sont terribles pour eux et beaucoup meurent de faim.

Le Francolin (Francolinus francolinus), localisé en Orient, est sédentaire en Sicile (fig. 959). Les Tétragalles, du Caucase, appartiennent également à la famille des Perdicidés.

Les Coturnicidés sont de petite taille ; les espèces en sont répandues dans tout l'Ancien Monde. Cette famille est caractérisée par les Cailles. Ces Oiseaux sont migrateurs et sont, parmi les Gallinacés, capables de fournir les vols les plus rapides et les plus prolongés.

La Caille commune (Coturnix coturnix) est de teinte générale brun roux ; sa taille est de 17 cent. ; sa distribution géographique est considérable. Celle de nos pays (fig. 958) émigre en septembre : elle traverse la Méditerranée pour aller passer l'hiver en Afrique; cette grande traversée bi-annuelle représente pour ces Oiseaux un bien grand effort ; ils ne l’entreprennent qu'avec un vent favorable, et leurs bandes, après avoir perdu en route une partie de leur effectif, arrivent sur les rivages d'Afrique complètement épuisées. L'Homme, d’ailleurs, les attend et le massacre commence. Les Cailles reviennent en Europe à la fin d'avnil. En été, dans nos pays, la Caille se fixe dans les moissons; elle y pond et couve, n abandonnant son nid qu'en face du plus grand danger. Le mâle montre très peu d'affection pour la femelle; il l’abandonne rapidement et court à d’autres aventures.

La famille des Méléagridés ne renferme que le genre Dindon. Comme chacun le sait, les Dindons sont de grands Gallinacés ayant le haut du cou nu, des excroissances charnues ou caroncules tombant de la tête et du cou et quelques fa-

Pintade à crête noire (Guinée).

nons sous le bec. En outre, le mâle porte sur la poitrine une petite touffe de crins très visible.

Le Dindon vulgaire (Meleagris gallopavo) est certainement l'espèce de laquelle la plupart des Dindons domestiques sont descendus. En effet, les Dindons de nos pays sont originaires de l'Amérique, où ils vivent encore à l'état sauvage dans les forêts. [ls furent acclimatés en Europe, dès le XVI° siècle, parles Espagnols, qui les avaient trouvés domestiqués chez les NÉ En France, le Dindon apparut comme volaille de terme sous le règne de François I°"; les variétés domestiques obtenues depuis fournissent une chair excellente. La longueur du Dindon peut atteindre 1M,10 ou 1,15. Le mâle fait parfois la roue à la manière du Paon, mais le réultah est beaucoup moins brillant. Un animal fort beau est le Dindon ocellé (M. ocellata); sa teinte générale est vert bronzé avec une foule de tons variés et de reflets distribués çà et là et dans lesquels règnent le bleu saphir, le vert d'émeraude, le rouge, l'or.

Les Dindons sauvages vivent souvent par petites troupes, passant d’une région à une autre pour les besoins de leur alimentation; ces déplacements n'ont rien de périodique et ne constituent pas des migrations. Au cours de ces voyages les vieux mâles sont ensemble; les femelles, suivies de leur jeune famille, vont séparément, pour éviter les batailles dont les premiers ne se priveraient pas. Les sexes ne se réunissent que lorsqu'un district riche en fruits a été atteint; alors l’abondance adoucit les mœurs et la bonne harmonie règne pendant quelque temps. Durant la nuit, les Dindons perchent sur les arbres. Au temps des amours, le mâle s’agite, montre aux femelles ses talents, fait la roue, court, Va, vient, se pavane en glougloussant jusqu'à ce que la désirée, convaincue de la supériorité de celui qui fait tant de frais, accepte ses caresses. On chasse ces Oiseaux pour la bonne qualité de leur chairet l'on capture les jeunes pour les apprivoiser. Les plumes utilisables des Dindons sont arrachées deux fois par an : ce sont celles du cou, de la poitrine et des ailes. Avec les grosses on fabrique des plumeaux; les autres entrent dans la parure.

La famille des Numididés est caractérisée par les Pintades, qui ont sur la tête un tubercule calleux, sous le bec deux caroncules, et le cou à peu près nu.

La Pintade commune (Numida meleagris) appartient à l'Afrique occidentale et c'est de cette espèce que descend la Pintade domestique. À l’état sauvage, cet Oiseau recherche les plaines et les vallées découvertes, mais semées de buissons ou de jeunes bois. Ces animaux étaient autrefois très abondants dans les îles du Cap Vert. Ils ont été transportés d'Afrique en Amérique depuis fort longtemps : ils sy sont rapidement acclimatés et multipliés et y vivent en petites troupes, pacifiquement. La teinte générale de la Pintade est gris foncé semé d'innombrables petites taches blanches. Ces Oiseaux se nourrissent de baies, de bourgeons, d'Insectes et perchent la nuit sur les arbres ; ils sont chassés pour la qualité de leur chair et, pour la même raison, ont une foule d'ennemis parmi les carnassiers. [ls s'apprivoisent avec facilité.

La famille des Pavonidés a pour types les plus beaux gallina-

s : les Paons, originaires de l'Asie. Chez ces Oiseaux la tête est ornée d'une huppe; les mâles portent un ergot.

Le Paon vulgaire (Pavo cristatus) est souche du Paon domestique. Les couleurs admizables du mâle, les reflets métalliques qui les caractérisent, les longues plumes de la queue, qui portent chacune un œil large et brillant, font ainsi cet Oiseau somptueux.

Sa taille atteint 1M,20 de longueur. Le plumage del emelle est beaucoup plus modeste que celui du mâle. Cette espèce habite les Indes et l’île de Ceylan.

Le Paon sauvage est habitant des forêts, avec une préférence pour les montagnes de faible altitude et pour le voisinage des cultures; mais son cri est bruyant et désagréable, surtout la nuit. Ces Oiseaux se rencontrent par bandes.

Le Paon se nourrit de grains, de

Fis. 958. — Caiïlles Naine et Commune.

Fig. 959, — Francolin.

ÉES RO IS TEAUrX 257

baies et même de Reptiles. À l'état domestique, il mange absolument comme les poules; lorsqu'il habite une ferme, ce qui est fréquent, il n'oublie pas qu'il est le roi de la basse-cour et y fait sentir sa petite tyrannie; mais les Dindons constituent alors un parti d'opposition et lui rappellent parfois que son prestige a des limites.

Dans les jardins et les parcs, sa présence en demi-liberté est des plus heureuses: c'est le cadre qui lui convient. Parfois cet animal redresse les plumes rectrices de sa queue, lesquelles soulèvent à leur tour en éventail les longues plumes dites « de couverture » qui sont ocellées : le Paon fait alors la roue pour le plaisir des yeux.

Le Paon panaché, le Paon blanc, le Paon spicifère, sont des espèces voisines.

La famille des Phasianidés a pour type le genre Faisan; elle est voisine de ceile des Gallidés.

Chez ces Oiseaux la tête est petite, le cou assez court, le corps plus allongé; le mâle porte un ergot. Ils sont originaires d'Asie et certaines espèces sont d’une remarquable beauté.

Ces animaux sont généralement sédentaires. D'ailleurs, s'ils marchent bien, ils volent assez mal. Les mâles sont polygames, mais ne restent attachés à leurs femelles que durant la période des amours.

Le Faisan commun (Phasianus colchicus) est de teinte générale

. Reid.

Paon.

brun rougeâtre ; le cou et la tête sont vert foncé à reflets métalliques ;

la poule faisane est plus grisâtre. C'est un Oiseau dont la chair est délicieuse et dont on provoque la multiplication pour le peuplement des chasses. Dans les chasses gardées d'une certaine importance et sur le sol desquelles existent des bois où se réfugieront plus tard les faisans adultes, on installe des établissements spéciaux, appelés faisanderies, pour l'élevage du faisan. La faisanderie est destinée à la multiplication de ce précieux gibier. Dès que les petits sont éclos, on leur donne pour nourriture principale des cocons de fourmis improprement appelés œufs de fourmis. Après la mue, les faisandeaux n'ont plus besoin de soins spéciaux; on peut alors les lâcher dans les bois que l’on veut peupler. Le Faisan commun est originaire de l'Asie occidentale.

Le Faisan vénéré (P. reevesi) appartient à la Chine septentrionale; son plumage est richement bigarré et sa queue très longue: mais le roi de la famille, le plus somptueux, est le Faisan doré (Thaumalea picta). Les teintes dominantes de ce magnifique Oiseau sont le rouge et le jaune d'or; à ces couleurs s'ajoutent le vert métallique de la partie antérieure du dos, le brun chaud des ailes, etc.

Le Faisan argenté (Gennœæus nycthemerus) est presque aussi beau ; il porte une huppe noire; toute la partie supérieure du corps est blanche avec jolies stries noires; toute la partie inférieure, noire avec reflets bleus: les joues sont nues et les pattes sont d’un beau rouge vif. Cette espèce est également originaire de la Chine.

Les autres espèces du genre présentent certains caractères intermédiaires entre les Gallidés et les Phasianidés. Elles appartiennent à l'Asie méridionale.

Dans cette famille de grands seigneurs, figure encore un Oiseau dont la parure est fort belle : c'est l'Argus géant (Argusianus argus), remarquable par les ocelles qui ornent les grandes plumes de ses ailes (fig. 960). Ce sont ces ocelles qui lui ont valu son nom qui est celui du prince aux cent yeux, dont cinquante restaient tou- Jours ouverts, et à qui Junon avait confié la garde d'Io, prêtresse d'Hêra. L'Argus recherche les forêts et babite les îles de la

Fig. 961. — Hocco.

es RS CI. J, Boyer

Faisan argenté.

Sonde. Ses magnifiques plumes ont une certaine valeur dans l'industrie; la longueur des rectrices peut atteindre 1",20.

Quelques autres Gallinacés doivent être encore signalés. Dans l'Ancien Continent et dans la famille des Ptéroclidés, ce sont les Gangas d'Asie et d'Afrique et les Syrrhaptes de la région de la Caspienne. Ces Oiseaux affectionnent les régions un peu désertiques, les steppes.

La famille des Lophophoridés comprend les Lophophores (fig. 962), habitants des montagnes de l'Asie sud-orientale, et les

ragopans, localisés dans celles de la Chine méridionale. Ces Oiseaux, qui ne sont pas sans rappeler par certains caractères les Faisans, sont fort remarquables par la beauté de leur plumage.

Les Turnicidés sont de petite taille. Le Turnix d'Europe (Turnix sylvatica) dépasse à peine 15 cent. ; il existe dans le sud de l'Europe et en Algérie. Quelques espèces habitent l'Australie.

Dans la famille des Mégapodiidés, plusieurs formes sont australiennes. Les Cathétures et les Léipoas sont dans ce cas. Un Mégacéphale habite les Célèbes. f Certains Mégapodes existent en Nouvelle-Gui- Œ née, dans l’Insulinde: ils ont l'habitude de 2 creuser le sol pour y déposer leurs gros œufs et de les recouvrir d'un tas de terre, afin de les dissimuler. D'autres pondent sous un amas de feuilles qui, dégageant de la chaleur par fermentation, assurent le développement de l'œuf. Le petit éclôt couvert de plumes et se suffit à lui-même.

Les Hoccos (fi. 961) et les Pénélopes (fig. 963) sont de beaux Oiseaux qui appartiennent à la famille des Cracidés et à la faune américaine; ils habitent le centre et le sud de ce continent. Les Colins sont des Odontophoridés de l'Amérique du Nord et ' du Mexique: ils aiment le ÿ) voisinage des cultures. Le Co- (4 lin de la Virginie (Colinus virginianus) affectionne les champs, les petits bois, les terres humides; il est très prolifique; on le chasse avec ardeur, car sa chair est délicate.

Fig. 962. — Lophophore. Fig, 963 — Pénélope.

Outarde barbue,

ORDRE DES ECHASSIERS

Les Échassiers sont caractérisés par la longueur de leurs pattes nues, de leur cou et de leur bec. Leurs membres postérieurs sont, en effet, privés de plumes sur le tarse et sur la partie inférieure de la jambe. Ces animaux habitent généralement les régions humides, les marécages, les étangs; ils marchent dans l’eau et peuvent recueillir leur nourriture sur le fond.

Il s'agit d'un ordre assez hétérogène comportant des différences d'organisation et de mœurs et que l'on divise ordinairement en quatre sous-ordres selon les caractères du bec ou des doigts. Ce sont les Pressirostres ou Échassiers à bec comprimé, les Longirostres ou à bec long, les Cultrirostres ou à bec tranchant et les Macrodactyles ou à longs doigts.

SOUS :ORDREMDESPRESSIROSIRES

Ce groupe constitue en quelque sorte le passage aux Gallinacés; quelques formes en ont exactement l'aspect. Ces Oiseaux ont le corps ramassé, le bec comprimé et à peu près de même longueur que la tête, et les pieds à trois doigts (fig. 964). Les jeunes sont précoces.

La famille des Otididés est caractérisée par les Outardes. Ces Oiseaux ont le cou gros, l’ensemble lourd, le bec fort, les pieds épais, les ailes grandes; les os sont pneumatiques. Ils habitent l'Ancien Continent ; ils y recherchent les plaines et les steppes. Les jeunes se nourrissent d’Insectes; les adultes sont plutôt herbivores.

L Outarde barbue (Otis tarda) est un des plus gros Oiseaux d'Europe : sa taille peut dépasser 1",08. La teinte générale est rousse, agrémentée de clair, de noir. La parure du mâle est plus belle au printemps. Cette espèce est caractérisée par la présence à la base de la mandibule inférieure d’une trentaine de plumes ébarbées, formant une barbe; sa distribution géographique, autrefois très étendue, est aujourd'hui limitée à l'Europe orientale et à l'Asie occidentale et centrale ; ses migrations l’amènent quelquefois plus à l’ouest. Les steppes de Russie lui conviennent, car elle est très prudente et tient à voir venir le danger de loin. La femelle se fait un nid au milieu des céréales ou des broussailles et y pond deux ou trois œufs. Cet animal, qui fut très répandu, a été décimé par l'homme.

L'Outarde canepetière (©. tetrax) est de taille bien inférieure (fig. 966); elle ne mesure que 45 cent.

Chez cette espèce, le bec est plus long, la barbe n'existe pas et les plumes du cou peuvent se relever en forme de collerette. La teinte est rousse avec collier blanc et taches noires: le ventre est blanc. Cet Oiseau habite l’Europe méridionale et l'Afrique du Nord.

a Canepetière ajoute une foule d'Insectes, de larves, de Mollusques à sa nourriture végétale. Les mâles, comme ceux de la Grande Outarde, se livrent

Fig. 964, — Tête et pied d’'Echassier (Cigogne).

Fig, 965. — Pluvier

au moment des amours à des sauts et à des gestes réjouissants qui ne sont que de la coquetterie destinée à provoquer l'admiration des femelles ; ils enflent leur plumage et se battent entre eux: il en résulte une sélection et les plus vigoureux restent maîtres de la place.

Dans la même famille se placent les Houbaras. L'espèce ondulé (Houbara undulata) habite les pays circumméditerranéens; on l’a observée en Algérie. Sa taille atteint 65 cent. La forme de l'Inde et de la Perse est H. Maqueeni. Ce sont de jolis Oiseaux, à huppe blanche, à collerette flottante noire et blanche: leur habitat est le même que celui des Outardes: ils nichent dans les hautes herbes; les deux espèces sont accidentelles en Europe; la dernière est chassée à l’aide de Faucons : c’est un gibier recherché.

Les Cursoriidés sont des Oiseaux de forme élancée avec pattes plus hautes que les Otididés et ailes grandes. Leur teinte de fond est celle du milieu dans lequel ils vivent, celle du sable des déserts. Ce sont de bons coureurs, propres à l'Ancien Continent. Ils sont principalement insectivores.

Le Pluvian d'Égypte (Pluvianus ægvptius) est un joli Oiseau qui appartient au bassin du Nil, et ce sont les bords même du fleuve qu'il fréquente (fig. 967). Son plumage est agrémenté de bandes noires sur la tête et sur le dos; les ailes sont ardoisées: sa taille atteint 25 cent. C'est le Pluvian qui, lorsque les Crocodiles bâillaient au soleil, n’hésitait pas à entrer dans la terrible gueule pour remplir le rôle de cure-dent, nettoyant avec soin les mâchoires et retirant toutes les traces du dernier repas. Ce fait avait été signalé par Hérodote et il a été maintes fois constaté depuis; s'il est plus difficile à observer maintenant, ce n'est pas que le Pluvian ait renoncé à cette besogne, c'est que le Crocodile est moins souvent au rendez-vous sur le fleuve profané. L'Oiseau rendait encore un autre service au Reptile: il crie au moindre danger, ce qui lui a valu le nom d’avertisseur, et de nombreux animaux reposaient en paix, comptant sur le signal certain du Pluvian.

Le Courvite Isabelle ou gaulois (Cursorius gallicus) est ainsi nommé de la rapidité de sa marche et de sa couleur; celui-là est habitant du Sahara et l'on comprend qu’en un tel pays il faille marcher vite et longtemps pour trouver sa nourriture, Sa taille est légèrement supérieure à celle du Pluvian. Il est très prudent: la chasse en est difficile.

La famille des Charadriidés renferme les Pluviers (fig. 965), proches parents des Pluvians. Les Oiseaux de ce groupe ont la tête assez forte et le cou court; les ailes sont grandes; le bec égale à peu près la moitié de la longueur de la tête; les pieds ont trois doigts; ces Oiseaux recherchent le bord des eaux et sont très actifs.

Le Pluvier doré (Charadrius apricarius) est de teinte noire au printemps, avec taches claires variées. Sa taille est de 27 cent.: il habite principalement le nord de l'Europe et de l'Asie: il y préfère les toundras marécageuses, où il vit par couples. La femelle niche sur le sol, qu'elle creuse légèrement et qu'elle recouvre de quelques herbes sèches. En hiver, ces Oiseaux gagnent des latitudes plus clémentes et on les a observés en Asie et en Afrique septentrionale. Ils sont de passage régulier en Europe.

D'autres Charadriidés sont les Gravelots et les Guignards. Les Gravelots sont représentés en Europe par quatre espèces dont trois sont de passage en France.

Le Sanderling des sables (Crocethia alba) est caractérisé par trois doigts antérieurs seulement; sa taille dépasse rarement 19 cent. C'est un Oiseau de rivages; il recherche sa nourriture sur les sables que la mer vient d'abandonner.

L'Edicnème criard (Burhinus ædicnemus) est un Œdicnémidé qui appartient au sud de | Europe et au nord de l'Afrique. On le trouve encore dans les steppes de l’Asie occidentale.

La Glaréole pratincole ou Poule des Sables, Perdrix de mer (GJareola pratincola), est un Trachéliidé des côtes de la Méditerranée et de la Mer Noire, des steppes de Russie et de Sibérie; elle est vive, agile et la chasse

en est assez difficile (fig. 968).

Fig 966, — Canepetière, Fig. 967. — Pluvian ou Pluvier du Nil.

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La famille des Vannellidés comprend des Oiseaux de taille un peu plus grande, notamment les Vanneaux (fig. 969). Chez ces derniers, le bec est plus court que la tête, les ailes sont larges, les pieds ont quatre doigts, dont un en arrière, et ne touchant le sol que de son extrémité; ces Oiseaux portent une huppe.

Le Vanneau huppé (Vanellus vanellus) a le dos vert foncé à reflets variés et le ventre blanc; le bec est noir; la huppe est composée de cinq ou six plumes très effilées. La taille atteint 34 cent. ; cette espèce habite la moitié nord de l'Ancien Continent et passe l'hiver en Afrique du Nord, aux Indes, etc. En France, elle est de passage régulier. Comme la plupart des Échassiers, le Vanneau recherche le bord des eaux, mers ou fleuves. Cet Oiseau est actif et vigilant et les chasseurs qui aiment bien tuer sans difficultés lui en veulent un peu. C'est un Oiseau fort utile par la quantité de bestioles nuisibles qu'il détruit. La femelle niche sur le sol en un nid sommaire; elle y pond quatre œufs.

L'Hoploptère épineux (Hoplopterus spinosus) est un Vannellidé propre au nord-est de l'Afrique, il fréquente également la Méditerranée et la Mer Noire. Il porte au pli de l'aile un ergot pointu dont il se sert dans l'attaque et la défense (fig 971).

Chez les Hématopodidés, le bec est plus long que la tête et les pieds ne portent que trois doigts. L'espèce type est l'Huîtrier pie (Hæmatopus ostralegus), de plumage blanc et noir (fig. 970); sa taille est de 42 cent. Il habite l’Europe entière. En été, on l'observe beaucoup sur les rivages de la Baltique et de la Mer du Nord; en hiver, il gagne les côtes de la Méditerranée et l’ouest de l'Afrique; très actif, il ne craint pas d'attaquer les Oiseaux carnassiers. L'Huîtrier, qui porte une palme entre deux de ses trois doigts, nage et plonge fort bien. D'autres espèces existent en Amérique du Nord (H. palliatus), dans le sud et en Australie (H. longirostris).

Le passage aux Longirostres est marqué par la famille des Strepsilidés. Le Tourne-pierre interprète (Strepsilas interpres) est encore un habitant du voisinage des mers (fig. 972); on le rencontre dans toute l’Europe, du nord au sud, selon la saison ; mais sa distribution géographique est beaucoup plus large; on l'a observé en Asie, en

Afrique, en Amérique. Sa taille est de 20 cent. C'est un Oiseau :

fort joli qui, à marée basse, se nourrit de toutes les bestioles qu'il trouve, soit à fleur des sables, soit en retournant les pierres avec son bec.

LOUS-ORDREUDESSLONGIROSTRES

Les Oiseaux appartenant à ce groupe ont un bec long, mince et flexible qui sert à plusieurs espèces pour fouiller la vase ; ils portent aux pieds trois doigts en avant et un plus court et situé plus haut que les premiers, en arrière. Ils sont généralement insectivores et nichent sur le sol.

Les Scolopacidés renferment notamment les Bécasses (fig. 973) et les Bécassines: ce sont des Oiseaux à tête comprimée, à ailes et queue courtes ; ils sont généralement nocturnes.

La Bécasse commune (Scolopax rusticola) est de teinte généralement rousse; sa taille atteint 36 cent. Elle habite l'Europe et l'Asie, mais la latitude varie avec les saisons : c’est ainsi que son passage se produit en France deux fois par an; elle y niche exceptionnellement en certains points. Cet Oiseau affectionne les lieux humides, les bois de pins. C'est au crépuscule que son activité commence; il trouve sa nourriture dans l'humidité des chemins creux, des prés, de la terre recouverte de feuilles mortes, dans les bouses de bestiaux peuplées d’Insectes coprophages.

La Bécassine commune (Gallinago gallinago) est de teinte plus sombre : le roux tourne au noirâtre ; le ventre est blanc: la taille est de 28 cent. Cet animal habite le nord de l'Europe et de l'Asie, où il recherche les régions marécageuses. En hiver, il émigre vers l'Égypte, les Indes, et là encore ce sont les eaux, notamment les rizières, qui l’attirent. Il traverse la France en automne et au printemps. La Bécassine est prudente ; son nid est toujours dissimulé dans les herbes, en un point entouré d'eau. Deux autres espèces, la Bécassine gallinule ou sourde (G. gallinula) et la Bécassine double (G. media), sont régulièrement de passage dans nos pays.

Chez les espèces appartenant à la famiile des Tringidés, le bec est plus court, la tête est petite, la teinte est rousse comme chez les précédents ; elles sont également insectivores.

Les Bécasseaux forment le passage entre les Scolopaciidés et les Tringidés. Le Bécasseau platyrhynque

Fig. 971. — Hoploptère.

(Limicola platyrhyncha) ne mesure que 15 cent.; il recherche les étangs et les plages et habite le nord des deux continents; il est de passage en France. Le Bécasseau cocorli ( T. subarcuata) est de petite taille; il atteint 21 cent., affectionne les côtes maritimes et habite les mêmes régions, mais il émigre fort loin dans le Sud. Il est de passage en France, comme le Pélidne cincle (Pelidna alpina), le Pélidne de Temminck (Limonites Temmincki), et une troisième espèce, le Pélidne rain (L. minuta), dont la taille n'excède pas 13 cent.

Les Totanidés, autrefois classés avec les Tringidés, en diffèrent par les formes élégantes et sveltes de leur corps etla longueur de leurs membres postérieurs. Leur tête est petite; ils sont habitants des régions du Nord et migrateurs ; ils recherchent tous le bord des eaux et les plages. É

Le passage des Tringidés aux Totanidés se produit par les Guignettes, Oiseaux dont la taille n'excède pas 18 à 19 cent. La Guignette vulgaire (Tringa hypoleuca) émigre fort loin dans le Sud ; elle aurait été observée jusqu'en Afrique australe.

Elle est de passage régulier en France. La Guignette grivelée (T. macularia) est particulière à l'Amérique; on ne l'a remarquée que très accidentellement en Europe.

a ; 772 NE Chez les Chevaliers À 7 AT T 7, = N (fig. 974), le bec est plus Fe : PEL long que la tête. Le Che- Fig, 968. — Glaréole. valier aboyeur ( Totanus Len est un des plus grands de la famille, mais il atteint rarement 35 cent.

En automne, il descend du Nord vers l'Égypte, les Indes, où il passe l’hiver:

il se nourrit de bestioles aquatiques. La femelle niche sur un petit amas d'herbes sèches. Cette espèce est de passage régulier en France. Îl en est de même de deux autres espèces, le Chevalier brun (T. fuscus) et le Chevalier Sylvain (T. glareola):

le Chevalier cul-blanc (T.

ochropus) est sédentaire dans le midi de notre pays.

À la famille des Totanidés appartiennent encore les Combattants (fig. 977). Le Combattant ordinaire (Philomachus ou Machetes pugnax) présente une coloration très variable, du moins le mâle.

La taille de celui-ci est de 31 cent., celle de la femelle ne dépasse pas 20 cent. Dans la saison des amours, le mâle porte une large collerette recouvrant presque le cou. En France, il est de passage en automne et au printemps. Dans leurs migrations, ces Oiseaux forment des bandes, les unes composées de mâles, les autres de femelles; ils vont passer l'hiver jusqu'en Afrique du Nord. Le nom de cet Oiseau lui vient de la combativité qui le caractérise au moment des amours; il se bat fréquemment sans raison apparente, même en captivité, et cela jusqu’à épuisement.

Dans la famille des Himantopidés, signalons ici les élégantes Échasses

Fig. 969. — Vanneau.

Fig. 970. — Huitrier,

Fig. 972. — Tourne-picrre.

Fig. 973. — Bécasse. Fig. 974 — Chevalier.

d'Europe rer sur lesquelles on ne pourrait guère répéter que ce qui a été dit sur les précédents (fig. 976).

Les Phalaropidés appartiennent aux régions boréales de l'hémisphère nord; ce sont des Oiseaux marins, excellents nageurs et coureurs agiles sur terre.

Le Phalarope dentelé (Phalaropus fulicarius) et le Lobipède hyperboré (Lobipes hyperboreus) émigrent seulement dans les contrées tempérées; ils ne restent à terre qu'au moment de la reproduction et passent en mer le reste du temps avec des allures d'Oiseaux pélagiques ; ces deux espèces ne sont que de passage très irrégulier en France.

Les Récurvirostridés sont principalement caractérisés par un bec nettement retroussé et courbé vers le haut; ce bec est long, flexible et plus large que haut.

Le Récurvirostre avocette (Recuroirostra avosetta) habite l'Ancien Continent, affectionnant les côtes maritimes, les lagunes, les lacs salés : sa taille est de 47 cent. Il est sédentaire dans le midi de la France et de passage dans le nord.

Les Numéniidés sont les plus grands des Longirostres, jolis Oiseaux élancés, au bec très long et très arqué : ce sont les Courlis (fg. 975). Le Courlis cendré (Numenius arquata) habite l'Ancien Continent, soit au bord de la mer, soit au bord des lacs: il est de passage en France. Citons encore le Courlis corlieu (N. phæopus) et celui à petit bec (N. tenuirostris).

Les Balænicipitidés sont des Oiseaux vigoureux, aux membres longs et forts, remarquables par un bec énorme et large, en forme de sabot, crochu à son extrémité.

Tel est le Balæniceps roi (Balæniceps rex), de teinte brunâtre, parfois bleuâtre; il habite actuellement les marais de la Haute-Égypte; il s'y nourrit de poissons. Îl affecte souvent les attitudes graves et comiques des marabouts, dont il atteint la taille. La femelle dépose ses œufs dans une simple dépression du sol. M. P.-H. Boussac a relevé l’image de cet Oiseau sur un bas-relief de la V® dynastie, à Memphis; il y est représenté dans un marais encombré de papyrus, en compagnie d’autres animaux sauvages. Le Balæniceps, maintenant localisé dans la région du lac Victoria-Nyanza, de l'Ouganda et du Nil Blanc, habitait donc autrefois l'Égypte.

Les Scopidés ne comprennentque l'Ombrette du Sénégal (Scopus umbretta), bel oiseau huppé, de couleur brun sombre et de la taille de 55 cent. Malgré son nom qui paraîtrait localiser son habitat à une petite partie de l'Afrique occidentale, cet Oiseau existe dans le centre et dans la partie méridionale de ce continent et à Madagascar.

C'est un Oiseau à la démarche gracieuse, recherchant les abords des cours d’eau ombragés : il se nourrit de poissons, de grenouilles, etc. Il est peu actif durant le jour, mais s’agite à l'approche du crépuscule: il construit un gros nid à compartiments sur les fortes branches des arbres et y pond deux œufs.

Fig. 977, — Combattant.

Balæniceps roi.

Fig. 975, — Courlis.

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