‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 179 sur 260 · CI. Ch. Reid · texte numérisé non relu

CI. Ch. Reid

Cygne blanc,

C1. Underwood, ,

Troupe d'Oies domestiques.

grammes et peut atteindre 12 kilogrammes: plus basse sur pattes que l'Oie commune, elle porte sous le ventre deux poches graisseuses, nommées fanons, qui traînent à terre.

L'élevage des Oies est fort simple. Un jars peut être le compagnon de six femelles ; il est en état de s’accoupler dès l’âge de sept mois et conserve longtemps ses facultés génératrices. La ponte commence au printemps. L'incubation dure de vingt-huit à trente jours. Pendant les vingt-quatre heures qui suivent leur éclosion, les oisons ne demandent aucune nourriture ; les jours suivants ils reçoivent un mélange d'œufs cuits, de farine d'orge, de chicorée sauvage et de jeunes pousses d'orties hachées. Au bout d'un mois on les envoie pâturer. On peut commencer l'engraissement dès l’âge de trois mois.

En dehors des plumes, à l’aide desquelles on écrivait couramment autrefois, les Oies fournissent un plumage doux et abondant et un duvet soyeux; les produits des Oies sauvages sont considérés de qualité supérieure à celle des Oies domestiques. L'élevage des Oies se fait dans une grande partie de l'Europe et en Amérique. Chaque individu fournit annuellement 750 grammes de duvet que l'on recueille en trois fois. Les peaux encore couvertes de leur duvet remplacent le cygne pour les garnitures de vêtements et les boas.

Plusieurs espèces d'oies sont de passage annuel régulier en France (A. fabalis, À. albifrons), ou de passage accidentel (A. ervthropus, À. brachyrhynchus). Le Chen hyperboré ou Oie des neiges (Chen hyperboreus) est blanc ; il habite les zones arctiques de l'Amérique du Nord et n ‘apparaît que très accidentellement en Europe.

Les Bernaches sont de plus petite taille. L'espèce à collier (Bernicla bernicla) appartient également aux régions arctiques, mais sa distribution s'étend à l'Ancien Continent. Durant l'hiver, elle émigre vers les côtes de la Baltique et de la Mer du Nord. Éllétrecherche toujours le voisinage de la mer.

D'autres espèces sont de passage en France: telles sont B. leucopsis et B. brenta. Le Chenalopex d'Egypte ou Oie du Nil (Chenalopex ægyptiacus) habite toute l'Afrique; il a été également observé dans le sud de l’Europe et très rarement en France. Cet Oiseau niche de préférence dans les arbres. Une espèce d'Afrique est l'Oie de Gambie (Plectropterus gambiensis).

Les Cygnopsis présentent plusieurs caractères intermédiaires entre les Oies et les Cygnes. L'Oie du Canada (Cygnopsis canadensis) est de teinte gris blanc, avec tête et bec noirs; sa taille approche de | mètre. Elle est maintenant domestiquée en Amérique du Nord

Eider vulgaire.

CL Gambier-Bolton.

Flamant rose,

La famille des Cygnidés ne comprend qu'un genre : le genre Cygne; mais il se compose de très beaux Oiseaux auxquels on ne peut refuser une réelle majesté et dont la légende et la poésie se sont emparées pour la beauté de leurs fictions.

Ces animaux volent bien, grâce à leurs larges ailes, et nagent avec une aisance remarquable, mais ils marchent lourdement, comme la plupart des Palmipèdes. Ils sont distribués dans les régions froides et tempérées, principalement dans l'hémisphère nord. Ils y recherchent les eaux étendues et, lorsque la saison des amours est terminée, ils gagnent parfois les rivages dela mer, afin d'y varier leur alimentation. Leur vol est pénible au départ ; pour quitter l’eau ou le sol, ils font de grands efforts, mais, parvenus à une certaine hauteur, ils retrouvent toute leur vigueur ; ils sont d’ailleurs migrateurs et font des voyages annuels. Ceux de l'extrême nord de l'Europe traversent ce continent pour hiverner en Afrique ou en Asie. Il en est qui s'arrêtent sur le pourtour méditerranéen. Leur nourriture se compose de végétaux et de bestioles aquatiques.

Le beau Cygne blanc de nos pièces d’eau est le Cygne domestique (Cygnus olor); il est originaire du nord de l'Europe et de l'Asie; son bec est rouge avec caroncule et pieds noirs. Sa taille approche de 2 mètres; les jeunes sont gris, rarement blancs.

Deux espèces habitent l'extrême nord et sont de passage en hiver dans nos pays: ce sont le Cygne sauvage ou chanteur (C. cygnus) et le Cygne nain (C. bewicki). Le Cygne chanteur appartient encore aux zones boréales de l'Ancien Continent; il est exceptionnellement sédentaire dans les régions tempérées. I] doit son nom à l'éclat harmonieux de sa voix qui ne ressemble en rien à la désagréable trompette de certaines espèces. Deux autres espèces fort belles sont capturées pour l’ornementation des pièces d'eau. Le Cygne à cou noir (C. nigricollis) habite l'Amérique du Sud; son corps est blanc, son bec gris. Le Cygne noir ou de la Nouvelle-Hollande (C. atratus), comme son nom l'indique, est australien. Il est noir ou noirâtre, son bec est rouge; mais, lorsqu'il prend son vol, on aperçoit le beau blanc d'une partie de ses ailes. Ce bel Oiseau a été tellement chassé qu'il est devenu assez rare dans son pays d’origine: il se reproduit heureusement en captivité.

La peau du Cygne est employée en garnitures, formant ainsi une sorte de fourrure légère du plus beau blanc.

La famille des Fuligulidés comprend des Canards plongeurs, d’allure lourde, avec membres postérieurs et cou courts. Ce sont des Oiseaux vivant généralement au bord de la mer et ne remontant les eaux douces qu'au printemps. Ils sont excellents nageurs et plongent fort bien, cherchant ainsi leur nourriture au fond des eaux.

L'Eider vulgaire (Somateria mollissima) est un bel oiseau blanc en dessus, noir en dessous : il appartient à l'hémisphère nord et habite les mers boréales; en hiver, il s'approche de la Mer du Nord et de la Baltique. C'est lui qui fournit le duvet dont sont bourrés les meilleurs édredons. Sa taille atteint 65 cent. Cet Oiseau est essentiellement marin; il construit son nid près du rivage, en l’abritant de son mieux. Ilaccumule des algues et des herbes variées qu'il recouvre en dedans de duvet:

les jeunes sont précoces: leur mère

les conduit à la mer et les entoure Fig. 985, — Harle,

de soins durant une semaine: ils savent ensuite pourvoir seuls à leur nourriture, mais ils restent avec leurs parents jusqu'à l’année suivante. Malheureusement, l'Homme, massacreur impitoyable de tout ce qui vit, a tellement détruit ces Oiseaux et leurs œufs pour s'emparer du duvet, qu'il a fallu réglementer cette exploitation. En effet, pour obtenir | kilogramme de duvet, il faut dévaliser vingt-quatre nids. Il est ordonné de ne récolter le duvet qu'après la naissance des jeunes; de cette manière on perpétue l'espèce productrice et l’on augmente le revenu.

Une autre espèce, l'Eider à tête grise (S. spectabilis), appartient aux mêmes régions et n'apparaît que très rarement en France.

À la même famille appartiennent les Macreuses. La Macreuse brune (Oidemia fusca) est de teinte noirâtre avec bec rouge ; sa taille est de 55 cent. Elle habite les mers boréales, fréquentant les fjords, les estuaires et les étangs d'eau douce peu éloignés des côtes.

La Macreuse ordinaire (©. nigra) passe régulièrement en France chaque hiver; elle est de taille inférieure. La Macreuse à lunettes (O. RU appartient à la faune américaine. Citons encore dans la même famille les genres Fuligule (Fuligula) et Garrot (Clangula).

Les Mergidés sont caractérisés par la forme et la disposition des lamelles du bec; leur corps est très allongé; la tête est haute et surmontée d'une huppe; leurs membres postérieurs sont placés très en arrière. Ces Oiseaux sont d'excellents plongeurs et nagent fort bien entre deux eaux; ils habitent le nord de l'hémisphère boréal. Cette famille ne comprend que le seul genre Harle.

Le Harle piette (Mergus albellus) appartient principalement à l'Asie (fig. 985). Cependant il existe en Europe, où il émigre vers le sud à la fin de l'automne: sa taille est de 42 cent. Lorsque ces Oiseaux sont en troupes, il leur arrive de plonger tous ensemble et de reparaître ensuite éloignés les uns des autres, chacun ayant poursuivi sa proie d’un côté différent.

Un peu plus grand, le Harle bièvre (M. merganser) habite les mêmes régions, plus l'Amérique du Nord. Dans nos pays, il émigre chaque année et ses deux passages sont réguliers. C’est un bel oiseau au vol rapide et d'une extrême agilité à l’eau. Le Harle huppé (M. serrator), qui mesure 57 cent., est de passage sur nos côtes.

Les Phénicoptéridés sont incontestablement des palmipèdes, mais au premier abord ils paraissent être des Échassiers ; leurs tarses très développés font leurs membres postérieurs longs et grêles. Leur cou, également très long, leur permet de chercher leur nourriture à la manière des échassiers; mais leurs pieds sont palmés jusqu'à l’extrémité des doigts, et leur bec est lamelleux.

Les Phénicoptères ou Flamants ont la tête grande et le bec plus grand encore; ce bec est assez haut, épais et replié dans son milieu à angle obtus; la mandibule supérieure est aplatie comme un couvercle. Le plumage de ces Oiseaux est fort beau.

L'espèce la plus connue, parce qu’elle appartient à l'Ancien Continent et fréquente le pourtour méditerranéen, est le Flamant rose (Phænicopterus ruber antiquorum) ; sa teinte générale est blanc rosé, avec taches rouges et noires aux ailes ; les membres postérieurs sont rouges ; sa taille peut atteindre 1",50. Il habite une partie de l'Asie, les rivages de la Mer Noire et de la Méditerranée ; il est sédentaire en Camargue. Il est plus commun dans les lacs de l'Afrique du Nord peu éloignés de la mer et préfère les eaux saumâtres. Au repos, l’attitude de ces Oiseaux est assez curieuse : leur cou est ramené sur le dos avec une torsion qui permet à la tête de se renverser, et le corps est équilibré sur une seule patte. Dans les eaux suffisamment profondes pour la longueur de ses membres, le Flamant nage comme les autres Palmipèdes.

Pour construire son nid, cet Oiseau édifie avec la vase des petits monticules coniques formant cuvette à leur sommet.

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