‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 188 sur 260 · CI. Ch, Reid · texte numérisé non relu

CI. Ch, Reid

Chatte avec ses petits.

bulbe qui coiffe une papille dermique, laquelle nourrit le poil et assure sa croissance à travers l'épiderme et à l'extérieur (fig. 991). Le poil est en outre constamment lubrifié par la sécrétion des glandes sébacées ; ces glandes dépendent de la couche de Malpighi. Aux glandes sébacées, on rattache les glandes mammaires qui en représentent en quelque sorte l’hypertrophie ; néanmoins, elles sont groupées en grand nombre pour former une mamelle et s'ouvrent à la surface du mamelon. Les mamelles sont disposées par paires, depuis une paire, comme c'est le cas chez les Primates, jusqu'à dix paires, nombre exceptionnel observé chez certains Insectivores de Madagascar. Le nombre est toujours proportionné à celui des petits. L'emplacement de ces organes varie également: les mamelles sont pectorales chez les Primates, ventrales ou inguinales chez le plus grand nombre des Mammifères. L'activité lactaire de ces organes se produit immédiatement après la naissance des jeunes et s'arrête lorsqu'ils ont atteint l’âge de se nourrir eux-mêmes. À la couche de Malpighi appartiennent encore les glandes sudoripares qui sécrètent la sueur et dont le canal d'excrétion traverse l'épiderme (fig. 992). Chez certains animaux, notamment certains Édentés, le derme donne naissance à des pièces osseuses complètement indépendantes du squelette proprement dit et qui peuvent se souder entre elles et former une véritable carapace ; nous y reviendrons en parlant des Tatous.

Le squelette interne a été suffisamment décrit au début de l'étude des Vertébrés et nous n'en dirons que peu de chose. Les vertèbres des Mammifères sont biplanes et la colonne vertébrale n’est bien mobile que dans la région du cou où les disques cartilagineux intercalés, étant sensiblement plus petits, les vertèbres se conduisent comme des vertèbres opisthocæliennes. Les vertèbres cervicales sont au nombre de sept; les vertèbres dorsales portent les côtes et sont remarquables par le développement de l'apophyse épineuse,. surtout chez les herbivores: les vertèbres lombaires n'ont pas de côtes et sont fort grosses el soudées ; il en est de même de celles de la région sacrée. Quant à la région caudale, elle comprend un nombre très variable de vertèbres, nombre généralement proportionné à la longueur de la queue. Il est intéressant de remarquer ici que, chez l'Homme, l'embryon présente trente-deux vertèbres caudales rudimenlaires qui se résorbent plus tard et se réduisent aux cinq ou six vertèbres fusionnées du coccyx.

Le crâne des Mammifères se compose d'un nombre d'os moins élevé que chez les autres vertébrés, parce que de nombreux centres d'ossification se sont soudés entre eux ; c’est ainsi que le sphénoïde de l'homme résulte de la soudure de quatorze centres d'ossification, alors que ces derniers sont restés indépendants les uns des autres chez les Poissons. Nous ne reviendrons pas sur les membres ; quant à leurs extrémités, elles s'appuient plus ou moins sur le sol (fig. 990). Chez

les Plantigrades comme l'Ours, la main et le pied y reposent entièrement; chez les Digitigrades comme le Chat, ce sont les doigts, et chez les Onguligrades, comme le Sanglier, ce sont les extrémités des doigts (fig. 990).

Le système nerveux des Mammifères est caractérisé par l'angle que fait l’encéphale avec la moelle épinière au niveau du bulbe rachidien. Le volume du cerveau est remarquable ; les deux hémisphères cérébraux qui le constituent recouvrent en partie le cervelet; ils le recouvrent à peu près entièrement chez les Primates. Ces hémisphères sont généralement marqués de circonvolutions plus nombreuses chez les Vertébrés supésieurs, mais chez les Rongeurs, les Insectivores, la surface est presque toujours lisse. Le plus souvent, les circonvolutions indiquent une supériorité intellectuelle, mais il y a de curieuses exceptions; on peut se demander pourquoi l'Ornithorhynque et l'Échidné, qui sont deux Monotrèmes, ont, le premier, un cerveau lisse et, le second, des circonvolutions ; pourquoi le Ouistiti, qui est un Primate, a des hémisphères lisses, etc. Les causes n'en sont pas encore définitivement expliquées.

La digestion présente chez les Mammifères quelques particularités, notamment le développement des parties qui collaborent à la mastication des aliments : c'est la voûte palatine osseuse séparant la bouche des fosses nasales, c'est-à-dire de la voie respiratoire, qui permet de mastiquer et de respirer simultanément; ce sont les fosses nasales qui sont fermées par la luette au moment très court de la déglutition: ce sont encore les joues, enveloppant la bouche sur les côtés, qui ne laissent à la fente buccale que les dimensions absolument nécessaires pour l'introduction des aliments; c’est enfin la langue, épaisse et mobile, dont l'activité s'emploie à ramener constamment sous les dents les aliments insuffisamment mastiqués.

Les organes de l'appareil digestif, estomac, intestins, varient avec les différents groupes d'animaux et il en sera parlé lorsque nous les étudierons —; notons seulement que, chez tous les Mammifères, ce que l’on appelle la cavité générale est divisée en cavité thoracique et en cavité abdominale. La première est antérieure et contient les poumons, le cœur et l'œsophage; la seconde est postérieure et contient l'estomac, l'intestin grêle, le gros intestin et les glandes annexes : pancréas, foie et appareil génito-urinaire. Ces deux cavités sont séparées transversalement par une cloison musculaire appelée diaphragme et qui n'existe que dans cette classe. Quant aux glandes salivaires, elles sont en communication avec la bouche et y versent leur sécrétion.

Les Mammifères sont vivipares, sauf les Monotrèmes, qui pondent des œufs comme les Reptiles ; mais entre ces animaux et les Mammifères placentaires, se placent les Marsupiaux dont les jeunes naissent vivants, mais insuffisamment développés. Chez tous les autres Mammifères, l'embryon ne quitte l'utérus qu'au moment de sa naissance et après avoir reçu par l'intermédiaire du placenta la nourriture qui a permis le développement de ses organes.

Avant d'indiquer les divisions que l’on a pu établir parmi les Mammifères, nous devons dire quelques mots des dents et de la dentition,

à cause de leur très grande importance dans la classifica-

? tion. Les dents sont implantées dans des cavités des mâchoires ou alvéoles, par leur base, nommée racine; on nomme cou-

deux dentitions successives ; les dents de lait croissent d’abord et la dentition définitive leur succède avec quelques dents supplémentaires.

Chez l'Hom-

me, les dents

Fig. 990. — Pattes,

À, D'un Digitigrade (Chien) ; B, D'un Plantigrade (Ours); C, D'un Onguligrade (Sanglier).

Fig. 989, — Cornes.

1, De Yack: 2, De Bœuf hongrois: 3, De Buffle du Cap: 4, De Buffle arni; 5, De Coudou :; 6, D'Élan du Cap: 7, De Dicranocère ; 8, De Bubale : 9, De Gazelle ; 10, De Chamois: 11, D'Oryx: 12, De Girafe ; 13, De Mouflon Polii; 14, De Bouquetin ; 15, De Chèvre markhor; 16, De Rhinocéros unicorne; 17, De Rhinocéros bicorne.

de lait tombent v-rs l'âge de sept ans, après résorption de leurs racines; les dents léfinitives (fig. 993) se produisent à partir de ce moment, jusque vers l’âge de quatorze ans, mais la troisième grosse molaire, dite dent de sagesse, croît vers l’âge de vingt à trente ans; ce sont d’ailleurs des dents qui ne se manifestent pas toujours, ou bien si elles se produisent au complet, c'est-à-dire au nombre de quatre, il arrive que leur croissance ne s'achève pas; ce sont des organes en voie de régression.

Chez les Édentés, la première dentition commence à se former durant la vie embryonnaire, mais elle n’aboutit pas et après la naissance on ne constate qu'une seule dentition qui est la dentition définitive. Chez les Cétacés denticètes, c'est le phénomène contraire qui se produit : la seconde dentition ne se développe pas et la première seule persiste. À propos des Édentés et des Cétacés, disons que pour chaque espèce de ces deux ordres toutes les dents sont semblables, alors que les autres Mammifères possèdent plusieurs sortes de dents; les Monotrèmes, eux, en sont totalement privés. On distingue ordinairement trois sortes de dents : les incisives, situées sur le devant de la bouche, sont coupantes et n'ont qu'une racine; les canines ont la couronne pointue et une racine; les molaires, qui sont situées sur les côtés de la bouche, ont une couronne large, mamelonnée et construite pour broyer ; il y en a de deux sortes : les prémolaires et les molaires ou grosses molaires.

Les dents des Mammifères se présentent avec forme, disposition et nombre très variables ; elles constituent, comme nous l'avons dit, un élément de premier ordre pour la classification; c'est àtel point que plus d'un animal fossile représenté dans un terrain par une dent isolée a pu être néanmoins déterminé. En effet, tous les individus

Epiderme = corné

| Epiderme T7 basal

d'une même espèce ;

ont une dentition le

rigoureusement du poil :

semblable et les Fig. 991. — Partie Fig. 992. — Glande caractères essen- inférieure d'un poil. sudoripare (grossie),

tiels se retrouvent dans l’ordre entier. Étant donné cette grande importance de la dentition, on a établi une formule dentaire que l'on a réalisée d'une manière extrêmement simple : sous la forme “el une fraction, on indique, au-dessus du trait, les dents de la mâchoire supérieure et, au-dessous, celles de la Hochoie inférieure, en ne don- A que la oihede chaque mâchoire, l’autre moitié résultant de la symétrie bilatérale. Voici la Hieposition de cette formule :

Incisives. Canine. Prémolaires. Molaires.

Incisives. . Canine. Prémolaires. Molaires. : Suivant cet ordre, voici la formule dentaire de l'Homme : 222857 DRE

laquelle indique avec la plus grande clarté que la moitié de chaque mâchoire humaine comprend deux incisives, une canine, deux prémolaires et trois molaires. Ces seize dents représentent Ê moitié des trente-deux dents de l'Homme.

Les animaux dont la dentition comprend les quatre sortes de dents ont une dentition complète; d’autres, les Rongeurs par exemple, qui sont privés de canines, ont une dentition incomplète. Cependant cer taines espèces n ‘ont que trois sortes de dents, parce que leurs molaires sont semblables et ne peuvent être divisées en prémolaires et molaires: dans ce dernier cas, la dentition estencore considérée comme complète.

Fig. 993. — Dents de l'Homme,

a, Ccuronne:; D, Petite molaire; E, Grosse molaire.

A, Dent placée dans son alvéole; db, Racine; B, Incisive ; C, Canine; essentiels que nous avons indiqués, la variété des espèces qui composent la classe des Mammifères est très grande. Notons en effet que l'Ornithorhynque, le Kangourou, le Lamantin, la Baleine, le Bœuf, le Tatou, le Lapin, le Hérisson, la Chauvesouris, le Chat, le Phoque, le Maki, le Chimpanzé et l'Homme ne se ressemblent guère, ni par la forme, ni par la couleur, ni par le volume, encore moins par leur alimentation et leur mœurs : (os ‘est que ces quatorze animaux sont empruntés aux quatorze ordres qu! divisent la classe.

Les Mammifères descendent certainement des Reptiles Théromorphes permiens et triasiques, lesquels paraissent à leur tour descendre de Reptiles Rhynchocéphales. D'ailleurs les Théromorphes présentent encore des analogies avec des ancêtres plus anciens, les Batraciens Stégocéphales des temps Carbonifériens. Ces Théromorphes sont fort intéressants et présentent parfois certains rapports avec les Mammifères par la disposition des dents et la forme ou le nombre de certaines pièces osseuses ; ils constituent donc vraisemblablement la souche de la classe que nous étudions. On peut d’ailleurs imaginer un arbre généalogique approximatif montrant l'épanouissement des Mammifères à travers les temps. On voit se former à la base trois troncs : ceux des Monotrèmes et des Marsupiaux, qui ont évolué isolément et que la sélection naturelle a maintenus très modestes à côté du tronc puissant des Placentaires. On y remarque ensuite des rameaux peu importants, composés de formes dégradées : ce sont les Siréniens et les Cétacés. Au-dessus s'élèvent plusieurs branches : celles des Ongulés, des Édentés, des Rongeurs, des Insectivores, des Carnivores et des Primates. Suivant cette filiation, nous adopterons la classification suivante en trois sous-classes : les Protothériens, que l’on trouve à la base de la classe des Mammifères et qui se confondent avec l’ordre des Monotrèmes ; les Métathériens, qui sont représentés par l’ordre des Marsupiaux ; enfin, les Euthériens où Mammifères d'une organisation supérieure, placentaires, et renfermant tous les autres ordres. Classification des Mammifères :

1° Ordre des Monotrèmes . Ornithorhynque.

2° — Marsupiaux . Kangourou.

30 — Siréniens . Lamantin.

40 — Cétacés. Baleine.

59 — ngulés Bœuf.

6° — Édentés. Tatou.

7° — Rongeurs . Lapin, 8° — Insectivores Hérisson.

9o — Chéiroptères ou Ins Cor to lanta PR er Ne Chauve-Souris.

10° — Carnivores Chat.

110 — Pinnipèdes ou Carnivores aqua tiques SN EE ee Otarie.

12 — ÉÉMUTENS RENE PEN Maki.

159 — Simiens. Chimpanzé.

140 — Hominiens. Homme actuel.

Ajoutons ici que les trois ordres des Lémuriens, des Simiens et des Hominiens représentent l'ancien ordre des Primates, dans lequel on groupait ainsi les Makis, les Singes et les Hommes.

Malgré les caractères

LES ANEMAUSE

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