CI. Gambier-Bolton
Tapir du Brésil.
SOUUS-ORDRES DES VPERISSODAGIYEES
Dans cette division, nous allons étudier trois familles qui paraissent tout d'abord bien étrangères les unes aux autres. Les Tapirs, les Rhinocéros et les Chevaux, en effet, ne se ressemblent guère, mais le pied repose sur un nombre impair de doigts.
La famille des Tapiridés comprend quelques espèces localisées dans des pays très éloignés l’un de l’autre, mais ils sont des descendants d'espèces autrefois plus nombreuses (Lophiodon) distribuées aux temps Éocènes dans les deux continents. Les Tapirs ont les jambes courtes ; leur tête, à front haut, se termine par une petite trompe extrêmement mobile et qui constitue un organe de tact ; leurs jambes sont courtes ; elles sont munies de quatre doigts en avant et de trois en arrière ; les sabots touchent le sol. Les oreilles sont droites, le ventre est gros, la queue très courte. Leur dentition est composée de six incisives, deux petites canines en haut comme en bas; les molaires, séparées des précédentes par une barre, sont au nombre de sept à la mâchoire supérieure et de six à l'inférieure. Les Tapirs, réunis généralement en petites troupes de quelques individus, recherchent les forêts
plus ou moins marécageuses ou traversées par de rivières ; ils sont ae et craintifs, dorment durant le jour, recherchent leur nourriture végétale pendant la nuit et sont extrêmement agiles dans l'eau.
Le Tapir du Brésil (Tapirus americanus) est de teinte brunâtre; il porte sur le cou une courte crinière de poils raides ; son pelage est clairsemé ; il est chassé pour la qualité de sa chair. Une autre espèce des ‘hautes vallées des Cordillères, le Tapir pinchaque (T. villosus), des Andes, porte un pelage bre et épais qui lui permet de résister à une température assez basse. En Asie, dans la région soudanaise, on trouve le Tapir à chabraque (T. indicus), dont la trompe est légèrement plus longue (29 cent.) et qui ne possède pas de crinière; la moitié postérieure du corps est blanchître.
La famille des Rhinocérotidés comprend plusieurs espèces d'Afrique et d'Asie, munies d’une ou de deux cornes placées sur les os nasaux. Ces cornes n'ont pas de noyau osseux; elles sont entièrement de substance cornée, larges à la base, et d'origine épidermique. Le corps est soutenu par quatre membres courts et vigoureux, dont les extrémités portent trois doigts. Les Rhinocéros n’ont pas de canines, mais ils portent à chaque mâchoire quatre incisives et quatorze molaires. Leur peau est très épaisse. La lèvre supérieure est longue et
préhensible. La femelle ne met au monde qu'un petit. Le ventre de ces animaux est très volumineux et la queue courte.
On connaît un certain nombre de Rhinocérotidés fossiles : l’Ace-
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Rhinocéros unicorne de l'Inde,
Rhinocéros bicorne d'Afrique.
ratherium Oligocène a laissé des débris intéressants. [len est de même du Rhinoceros Schleiermacheri et du R. aurelianensis, tous deux du Miocène. Le R. etruscus était Pliocène. Aux temps quaternaires appartiennent R. tichorhinus et R. Mercki, puis une espèce voisine, l'Elasmotherium. Les deux Rhinocéros quaternaires ont été trouvés à plusieurs reprises dans les glaces de la Sibérie, comme le Mammouth, avec leur chair et leur peau recouverte d’une fourrure grossière.
Les Rhinocéros d'Afrique portent deux cornes placées l'une derrière l’autre ; leurs incisives sont caduques; la peau de leur corps ne présente pas de replis. Le Rhinocéros bicorne (R. bicornis) habite le centre et le sud-est de l'Afrique. En cette dernière région, la corne antérieure peut atteindre 1,35 ; l'animal mesure 3,50 ; il recherche les forêts marécageuses, ne craint aucun animal et, s'il est ordinairement de naturel paisible, il devient terrible lorsqu'il est attaqué. Une autre grande espèce est le Rhinocéros camus (R. simus), qui préfère les steppes, où on l’a rencontré en troupes autrefois ; ilest maintenant à peu près exterminé.
En Asie, ces animaux ont des incisives persistantes et la peau pré-
NZ CA 2 = qe 4
Rhinocéros attaquant un Éléphant (Œuvres d'Ambroise Paré).