CI. Gambier-Bolton
Couple d'Onagres.
L'Ane domestique (Æ. asinus) descend vraisemblablement de l’Ane sauvage de l'Asie méridionale (A. tæniopus), peut-être de celui d'Égypte et d'Abyssinie. Il se distingue facilement du Cheval par ses grandes oreilles, sa tête moins fine, sa queue plus longue, sa plus petite taille; son pelage est généralement gris ou brunâtre. Il est sobre, patient, résigné et perpétuellement battu; c’est le « cheval du pauvre », et le pauvre, qui cependant connaît la souffrance, n’en manifeste pas plus de commisération pour la pauvre bête : l’âne aussi est un martyr. On l'utilise comme animal de frait et comme bête de somme, notamment dans les pays musulmans et latins ; les limites du poids dont on l’accable ne dépendent nullement de ses forces, mais de la mentalité du maître.
Par le croisement de l’Ane et de la jument, on obtient le Mulet
(fig. 1012); le croisement, beaucoup plusrare, du Cheval et de l’ânesse donne le Bardot. L'un et l’autre sont inféconds. Le Mulet réunit les qualités de ses parents, car sa force égale celle du Cheval ; sa sobriété, celle de l’Ane, et son endurance est des plus remarquables. Nous trouvons encore deux types: celui de trait et celui de bât; ce dernier est plus svelte; il fait la bête de somme; son pied est solide et sûr dans les sentiers les plus mauvais, et même au bord des précipices.
Voisins de l’Ane, il faut signaler l'Onagre (E. onager), des steppes de l'Asie sud-occidentale, et l'Hémione (E. hemionus), aux proportions harmonieuses, qui habite l'Asie centrale.
Les Chevaux d'Afrique présentent un pelage à grandes rayures foncées sur fond clair, qui leur a valu, de la part de certains zoologistes, le nom d'Hippotigris ou Chevaux tigrés, dont on avait fait un sous-genre. Chez ces jolis animaux, la crinière est courte et droite et la queue très peu fournie.
Le Zèbre (E. zebra) appartient à l'Afrique; il est entièrement tigré de bandes noires; ses jambes sont ornées d’anneaux noirs jusqu'au sabot. Il vit dans les régions montagneuses du Sud. Deux autres espèces fort belles existaient autrefois dans les mêmes pays: le Zèbre de Burchell (E. Burchelli) habitait l'État d'Orange et le Griqualand; le Couagga (E. quagga) vivait en bandes nombreuses dans la partie la plus méridionale; ces deux espèces n'étaient pas rayées sur les membres. D'après M. E.-L. Trouessart, le Couagga aurait été exterminé vers 1858; la disparition du Zèbre de Burchell est plus récente : elle daterait seulement de la fin du XIX° siècle.
+ | CI. Gambier-Bolton.
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Hippopotame amphibie.
C1. Gambier-Bolton.
Zèbre (Equus zebra).
DOUSORDRERDES ARTIODACIVLES
Comme nous l'avons dit, ces animaux ont des doigts pairs. Nous parlerons d'abord de ceux que l'on a souvent groupés sous le nom de Pachydermes ; ils ont une dentition complète et un estomac simple; ce sont les Artiodactyles non ruminants. Ils sont d’abord caractérisés par l'épaisseur de leur peau, souvent presque nue, qui recouvre ellemême une couche de /ard; les uns sont omnivores, les autres herbivores ; leur dentition est complète ; leurs molaires sont aplaties et leurs canines sont parfois tellement développées qu'elles constituent de véritables défenses. Chacun de leurs pieds porte quatre doigts, mais chez l'Hippopotame ces quatre doigts sont presque égaux et touchent le sol ; tandis que chez les Porcins, tels que le Sanglier, deux doigts seulement portent à terre, les deux autres étant plus courts.
Les Hippopotamidés ont une tête presque informe à museau renflé, très large, avec un développement remarquable des mâchoires (fig. 1013); les yeux et les oreilles sont petits, les jambes courtes: le ventre est énorme et bas. Ces animaux sont essentiellement aquatiques: ils habitent les cours d’eau de l'Afrique occidentale, centrale et méridionale, montrant à l’eau une grande agilité: ils sont herbivores et se nourrissent de plantes aquatiques. Leur dentition comporte à chaque mâchoire quatre incisives obliques et deux canines recourbées : celles de la mâchoire inférieure sont développées en défenses; les prémolaires tombent au cours de la jeunesse et six molaires seules subsistent à l’âge adulte; une barre sépare les canines desmolaires.
On connaît plusieurs espèces d’'Hippopotames fossiles. D'après M. Ch. Depéret, ces animaux sont d'origine asiatique; on a reconnu leur apparition dans l'Inde, aux temps Miocènes, avec six
CI, Machin.
Indigènes amenant un cadavre d'Hippopotame.
is Se Re
C1. Anachue,
incisives à chaque mâchoire, nombre caractéristique des types les plus anciens tels que Hippopotamus irravaticus du Miocène supérieur, H. sivalensis du Pliocène, H. namadicus et palæindicus du Quaternaire. Ces différentes espèces, naines au début, ont évolué par augmentation régulière de la taille. En Europe et en Afrique, l'espèce la plus ancienne est l'H. Pantanellii, du Pliocène de Toscane, qui a six incisives à chaque mâchoire; viennent ensuite H. minutus de Chypre qui a quatre incisives, HR Bac Libéria qui n'en a que deux, hipponensis du Pliocène de Bône. Dans le Quaternaire de Sicile, de Malte, de Grèce, de Madagascar, d autres espèces ont été Tone. nie types appartiennent
à plusieurs rameaux parallèles. Oùanta à l'Hippopotame actuel (H. amphibius). on le rencontre durant toute la période quaternaire. De nos Jours, il mène une existence paresseuse et prudente pendant le jour, plus active aux approches de la nuit. Autrefois, les indigènes le chassaient pour sa chair, qui n'est pas sans qualité, et pour sa peau, A mice ardie Aujourd'hui les Européens le détruisent à l’aide de balles explosives pour se donner le plaisir de tuer sans danger un gros animal, de sorte qu'en bien des régions il est devenu assez rare. La taille de cet animal est de 3M,50: ses défenses représentent une certaine valeur.
FF Hippopotame se reproduit en captivité, mais les jeunes ne vivent généralement que quelques jours, car leur mère ne veut pas les soigner; en ménagerie, l'amour maternel disparaît. En 1907, M. E.-L. Trouessart a signalé la naissance d’un jeune Hippopotame au Muséum: on l’a nourri du lait de six chèvres, puis dehuit chèvres, et celui-là aurait certainement vécu s’il n'avait pas subi après sa naissance les brutalités de sa mère : il en mourut au bout de vingt et un jours. [Il y a quelques années, cependant, le Jardin zoologique de Berlin a pu élever, dans d’ excellentes conditions et grâce à beaucoup de soins, un jeune Hippopotame bien portant, qui devint adulte.
Crâne de Sanglier.