Ch. Reid
Chiens d'arrêt : Pointers.
d'hiver est plus long, plus serré et blanc; celui d'été est brunâtre ou gris bleuâtre; il reste parfois gris bleuâtre en hiver; ce dernier est très recherché sous le nom de Renard bleu. On en pratique l’élevage dans certaines îles de la mer de Behring. D’autres espèces existent encore en ÀÂsie et en Amérique.
Les Fennecs sont les plus petits des Canidés et l’espèce la plus connue, le Fennec des Arabes (Fennecus zerda), ne mesure que 40 cent. C'est un charmant animal portant de très grandes oreilles, une jolie tête fine avec de grands yeux à pupille ronde, des pattes minces, une belle queue touflue ; son pelage est très doux et de la teinte du milieu qu’il habite; les déserts de l’Afrique du Nord lui ont donné la couleur de leurs sables, mais le ventre est blanc. Le Fennec est nocturne et vit en terriers; ses fortes griffes lui permettent de fouir rapidement. [l se nourrit d'Oiseaux, de petits Mammifères, de petits Reptiles, parfois d'Insectes et de certains fruits. D'autres espèces du même genre se rencontrent en différentes parties de l’Afrique.
Les Dohles sont des Canidés particuliers à l'Asie et aux grandes îles Malaises. Les Otocyons rappellent les Fennecs; la seule espèce du genre habite l'Afrique orientale et australe.
Les Lycaons sont caractérisés par la présence de quatre doigts seulement à chaque membre ; leur dentition est celle des Chiens. La forme typique est le Loup peint (Lycaon pictus) ou Cynhyène, répandu autrefois en Afrique du Sud et qui paraît remonter vers le Nord ; on l’a observé sur les côtes occidentale et orientale. Ses formes rappellent le Chien ; sa couleur est mélangée de noir, de blanc et de jaune d'ocre; sa longueur est de 90 cent. Ces animaux chassent en troupes et font des ravages dans les troupeaux de Moutons.
Le Chien domestique (Canis familiaris) descend vraisemblablement de différents Canidés sauvages: ses formes sont innombrables, mais il a conservé la pupille circulaire ; il a ensuite acquis des caractères qui n'existent chez aucun Canidé sauvage : ce sont le port de la queue relevée, vulgairement dite queue en trompette, l’aboiement
Les Chiens parias de Constantinople...
et les oreilles tombantes. La domestication du Chien date de la plus haute antiquité; on retrouve ses ossements avec ceux de l'Homme dans les sépultures préhistoriques. En Égypte, sous l’ancien Empire, le type le plus répandu était le lévrier aux oreilles droites, au museau pointu, dont les Égyptiens faisaient un grand emploi pour la chasse. Aussi le voyons-nous dans les tombes memphites, tantôt tenu en laisse par des serviteurs, tantôt courant après les Antilopes et autres habitants du désert. Relativement bien traité à cause des services quil rend à l'Homme, le Chien s’est perfectionné; il est couramment dressé et employé pour la chasse, pour la garde des maisons et pour la conduite des troupeaux. Pour la chasse, ce sont les chiens d'arrêt et les chiens courants ; les premiers, guidés par leur odorat, découvrent le gibier et s'arrêtent devant lui, prévenant ainsi le chasseur ; les seconds poursuivent le gibier et sont utilisés dans la chasse à courre. Les Chiens de garde peuvent appartenir à de nombreuses races ; il suffit que l'approche d'un étranger les fasse aboyer; s'ils possèdent la force musculaire comme les danois et les dogues, ils n’en sont que meilleurs. Les Chiens de berger montrent une intelligence extrêmement remarquable dans la police d'un troupeau. Nombre de Chiens domestiques sont capables d’une fidélité, d'un dévouement excessifs ; ils font réellement abstraction d'eux-mêmes et deviennent l'organe de leur maître. Un semblable attachement est unique dans la série animale; il est d’ailleurs bien rare chez l'Homme, mais il ne faudrait pas par là exagérer la supériorité du Chien; il est certainement fort intelligent, mais l’amour de la servitude n'indique pas une mentalité élevée. En Belgique, les Chiens sont attelés aux petites voitures des laitières. En France, les rémouleurs les emploient aussi comme moteurs pour actionner leur meule. Chez les Esquimaux, ils tirent les traîneaux ; ils ont été employés maintes fois pour le même usage au cours des expéditions polaires ;: ils y ont montré un courage et une endurance remarquables. En Turquie, ces animaux étaient autrefois chargés de nettoyer les villes et de manger toutes les ordures : c’étaient les Chiens parias. Lors de l'avènement des Jeunes-Turcs, il fut décidé que Constantinople serait débarrassé de ces animaux et qu’on les déporterait dans une île de la mer de Marmara ; ils furent transportés dans un ilot désert et privé d'eau où ils se dévorèrent entre eux ou moururent de soif; cet îlot d’agonie, vu du large, à plusieurs reprises, par des voyageurs, présentait un spectacle atroce. Le maximum de férocité se rencontre toujours chez l'Homme.
Les Viverridés nous annoncent les Félidés. D'autre part, ils nous rappellent par leur forme les Mustélidés; ils ont le corps allongé, les membres courts et la queue touffue. Chez les Genettes, les extrémités portent des griffes rétractiles, mais les Mangoustes sont plantigrades. Les Viverridés sont généralement nocturnes; ils appartiennent tous à l'Ancien Continent.
Les Civettes sont de jolis animaux ayant cinq doigts à chaque membre ; leur fourrure est longue et porte une courte crinière qui s'étend tout le long du corps. Ces animaux sont fort agiles: ils ont une poche à parfum assez développée et située en dessous de l’anus. Ce parfum, ou viverreum, légèrement musqué, est beaucoup moins employé qu'autrefois.
La Civette d'Afrique (Viverra civetta) porte une crinière noire fort marquée qui s'étend sur toute la longueur du corps et qu’elle hérisse à volonté; sa taille est de 75 cent.; son pelage est orné de taches noires de différentes formes et la queue, épaisse, est annelée. Elle habite l'Afrique centrale, où elle préfère les régions arides. La Civette de l'Inde (V. Zibetha), ou simplement Zibeth, est plus svelte que la précédente ; sa crinière est moins développée ; elle recherche les buissons, les fourrés, aux Indes, en Birmanie, Siam, Malacca, Sud de la Chine, etc. D'autres espèces sont distri-
Chien de laitière, en Belgique.
EL Fa (LOBR à CI. D. London New (1915).
Colonie de Chiens ambulanciers sur le front nord de la France.
buées en Indochine et dans certaines îles Malaises. Signalons cependant la Rasse ou Petite Civette (Viverricula malaccensis), privée de crinière et ne mesurant en moyenne que 56 cent. La queue est longue. La Rasse vit généralement solitaire ; elle est arboricole, mais niche dans des trous. On la rencontre aux Indes, à Ceylan, Haïnan, Formose. Toutes les Civettes capturées jeunes s’apprivoisent facilement.
Les Genettes ne produisent pas de parfum. La Genette commune (Genetta vulgaris) ressemble aux Civettes; elle est sud-européenne et se rencontre aussi en Àsie occidentale: en France elle est en voie de disparition. La Genette recherche les régions humides de préférence, mais à la condition d'y trouver des buissons, des ravins, des abris: elle est nocturne et fort agile.
Les Paradoxures ou Musangs sont robustes et privés de crinière; la plante des mains et des pieds est nue, la queue longue; leur poche ne produit qu'une matière sébacée dont l'odeur est fort désagréable. Le Musang noir (Paradoxurus niger) recherche les régions plus ou moins boisées de l'Inde et de Ceylan; son pelage est gris brunâtre, taché de noir; le Musang hermaphrodite appartient au nord de l'Inde, à l’Indochine et aux îles Malaises.
Les Mangoustes son fort intéressantes, car certaines espèces détruisent les Serpents venimeux; leur teinte estgénéralement uniforme; on en connaît une vingtaine d'espèces.
La Mangouste Ichneumon (Herpestes ichneumon), appelée aussi Rat des Pharaons, est un animal vigoureux aux membres courts, avec doigts à moitié palmés; la queue est épaisse à la base; sa taille est de 50 cent. Son habitat est circumméditerranéen : Afrique et Asie Mineure. En Europe sa présence a été reconnue en Espagne; l'Ichneumon recherche le voisinage des eaux : c'est un excellent nageur : malheureusement, il est toujours disposé à dévaster les bassescours. Au temps de l'Égypte ancienne il fut vénéré; on lui vouait un véritable culte pour les services qu'il rendait en détruisant les Rongeurs et les Reptiles nuisibles ; on l'embaumait et l’on en a retrouvé les momies dans les nécropoles.
La Mangouste Mungo (H. griseus) appartient principalement aux Indes, où son agilité s'exerce notamment contre les Serpents venimeux ; elle ne s’en tire pas toujours à son avantage, mais il est certain . qu'elle résiste souvent à leurs morsures. Cependant le sérum du Mungo est peu toxique et cette toxicité ne suffit pas à expliquer
Civette,
sa résistance au venin de Cobra, par exemple. Il faut plutôt attribuer son immunité relative à la résistance cellulaire. Ajoutons que cet animal est d’ailleurs extrêmement habile pour éviter les morsures.
Les Mangues sont africains. L'espèce rayée (Crossarchus fasciatus) habite l'Afrique moyenne; le Mangue obscur (C. obscurus), l'Afrique occidentale.
Le Suricate tétradactyle (Suricata tetradactyla) est la seule espèce de ce genre. Il vit en terriers dans le sud de l'Afrique; c’est un petit animal très doux et qui s'apprivoise facilement.
L'Euplère de Goudot (Eupleres Goudoti) est particulier à Madagascar ; son museau est très pointu, sa dentition fine, sa queue grosse et touffue. L'Euplère est de teinte brune; sa longueur est de 45 cent.; il est fort doux. Les Hemigales et le joli Galidictis appartiennent également à Madagascar.
La famille des Félidés constitue un groupe infiniment beau et noble entre tous, un groupe dans lequel on ne trouve ni esclaves, ni mangeurs de charognes, un groupe magnifique dont fait partie celui que l’on a qualifié roi des animaux; on a accordé ce titre au Lion: on aurait pu le donner au Tigre, mais la belle crinière du premier a dû intervenir par l'aspect majestueux qu'elle lui donne, et puis il y a
HU cé. A
Hindou montrant une Mangouste Mungo.
Crâne de Lion (face et profil).
la « férocité » du Tigre, mais l'Homme n'a peut-être pas le droit d'employer cette expression à l'égard des animaux.
Cette famille présente donc parmi ses membres l'étonnante majesté du Lion, l'incomparable beauté du Tigre, la joliesse du Chat. Les Félidés ont la tête ronde, les yeux grands, le corps vigoureux, les membres bien musclés. Ils sont digitigrades, sauf les Fosas ; leurs griffes sont rétractiles, sauf chez les Guépards ; leurs extrémités portent cinq doigts devant et quatre en arrière ; les dents sont au nombre de vingt-huit à trente ; cette dentition est terrible ; les incisives sont petites, coupantes et serrées ; les canines sont énormes et bien faites pour déchirer les proies (fig. 1050); les maxillaires sont mus par des muscles très puissants.
Les sens des Félidés sont extrêmement affinés et leurs moustaches sont des organes tactiles très sensibles. Forts patients et souples, ils apportent à la chasse toutes les conditions de réussite. Ces animaux manquent en Australie et aux Antilles ; si l’on excepte les Fosas, ils manquent également à Madagascar. La famille très homogène des Félidés a été divisée en trois genres, qui sont les Chats proprement dits, les Lynx, les Guépards ; on y comprend maintenant les Fosas de Madagascar, qui présentent d'ailleurs des caractères extérieurs particuliers rappelant les Viverridés, parmi lesquels ils étaient placés autrefois.
Les Chats proprement dits ont des membres très forts munis d’ongles rétractiles ; ils ont trente dents. On les a subdivisés en Chats de l'Ancien Continent et Chats du Nouveau Continent ; aucune espèce n'habite à la fois l'Ancien et le Nouveau Monde.
À la première subdivision appartient le Lion (Felis leo), caractérisé par sa grande taille (2,50), supérieure à celle des autres membres de la famille, par la crinière réservée au mâle, par la teinte fauve du pelage et le pinceau terminal de la queue. Disparu d'Europe, devenu très rare en Asie, le Lion n'existe plus guère qu'en Afrique et, là encore, il a perdu beaucoup de terrain, car il a été continuellement chassé depuis la conquête de l'Algérie. A cette époque le plus intrépide chasseur fut Jules Gérard qui, en entendant les récitsattristés des Arabes et apprenant que leurs troupeaux étaient chaque nuit décimés par les Lions, se décida à en entreprendre la chasse : il en tua ainsi un assez grand nombre, mais ne le fit jamais pour le plaisir du massacre. Ce vaillant spahi ne craignait pas d'attendre l'animal à l'heure où il commence à chercher sa nourriture et où il est en possession de toute
sa vigueur.
Aujourd'hui, il n'existe plus de ces animaux ni en Algérie, le Sud- Algérien compris, ni en Tunisie. Le Lion dort le jour entier : il faut pour lui rendre son énergie durant le jour une occasion exceptionnelle, le passage d’une bande d’Antilopes, par exemple. Sa force et son poids, qui peut atteindre plus de 250 kilos, lui permettent de