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LES PLATHELMINTHES

Cette division des Vers, qui présente certains points de parenté avec les Cœlentérés,est très importante par le grand nombre des animaux qu'elle comprend et surtout par le parasitisme que présentent beaucouo d’entre eux.

On les appelle Plathelminthes

Fig. 88.

Lineus longissimus,.

Fig. 89. — Pelagonemertes Rollestoni (prof. 3 200 metres),

ou Vers plats, en raison de leur forme, mais il ne faudrait cependant pas y attacher une trop grande importance, car certains d’entre eux ne sont pas aplatis. Ces Vers sont remarquables par ce fait que leur corps n'est pas creux, et qu'au lieu d'une cavité générale ils contiennent un tissu conjonctif feutré, serré, appelé parenchyme, dans lequel leurs organes sont emballés comme dans de la ouate. Ils ont un appareil destiné à excréter au dehors les déchets liquides; on trouve, dans les formes non parasites, des vaisseaux, un tube digestif, des organes des sens. Ces appareils manquent plus ou moins complètement chez les parasites. Ils ont tous un appareil nerveux composé d'un centre annulaire ganglionnaire d'où partent deux gros nerfs latéraux principaux.

La plupart de ces animaux sont remarquables par l'extrême complication de leur reproduction ; ils sont presque tous hermaphrodites très prolifiques. Nous pouvons considérer les Plathelminthes comme composés de deux divisions bien nettes. L'une est formée de Vers longs, dont les uns sont presque exclusivement libres : ce sont les Némertiens, qui se rapprochent des Annélides; les autres, tous para-

Planctonemertes Grimaldi.

Némertien bathypélagique.

Amplhiporus michaelsent.

Nemertien antarctique.

sites : ce sont les Cestodes; la seconde division est composée de Vers plats et courts, dont les uns sont libres : ce sont les T'urbellariés ; les autres parasites, ce sont les Trématodes.

Les Némertiens. — Ces Vers mous et dont le corps ne présente

j 4 fe D NY, NZ NABUA TT \ Fig. 90.

Larve Pilidium de Némertien au centre de laquelle commence à se former

l'animal définitif. Fig. 91.— Partie de la trompe

d'une Némerte, montrant le stylet central contre lequel est le canal

aucune trace extérieure de seg- l amenant le venin.

mentation, mais dont on trouve les traces à l'intérieur, ce qui contribue à en faire de proches parents des Annélides, sont pour la plupart marins (fig. 88); quelques espèces, cependant, vivent dans l'eau douce ou sont terrestres. Leurs dimensions sont extraordinairement variées; les uns, très petits, n'ont que quelques millimètres de long: les autres peuvent dépasser 30 mètres et être, par conséquent, considérés comme les plus longs de tous les animaux. Mais ce qui est le plus singulier, c'est que si l’on connaît les deux premiers centimètres de ces immenses Vers, on connaît toute leur structure. Ces Vers de 30 mètres n'ont guère que 5 millimètres de large et ressemblent à un long ruban.

Entre ces formes extrêmes se trouvent tous les intermédiaires. Certains de ces Némertiens ont le corps à section ronde, les autres aplatie: les uns restent toujours pelotonnés sous les pierres, ou habitent des trous dans la vase; il y en a qui se promènent parmi les algues des côtes: d'autres peuvent nager. Quelques espèces, encore mal connues, habitent les grandes profondeurs. Mais il est une curieuse adaptation des Némertiens à la vie pélagique; ils deviennent plats, plus ou moins transparents (fig. 89). Leur organisation reste fondamentalement semblable à celle du type général, mais la vie pélagique modifie nombre de détails.

Quelle idée peut-on se faire d’un Némertien ? Le corps se compose d'un ruban mou dont les extrémités sont pointues, percées d’un orifice en avant destiné au passage de la trompe, organe compliqué dont nous parlerons plus loin; l'anus est tout à l’autre bout. Un peu audessous et en arrière de l'orifice de la trompe se trouve la bouche, et, de chaque côté, un petit conduit partant de la peau pour aboutir au cerveau. De la bouche part un tube digestif qui parcourt tout le corps,

Jeunes némertes sortant du cocon où elles ont été couvées par leur mère; espèce incubatrice antarctique (expédition Charcot).

mais présente une foule de petits culs-de-sac latéraux, semblables aux dents d’une scie. Un peu en arrière de la bouche se trouvent des ganglions nerveux, formant un anneau au travers duquel passe la trompe ; deux gros cordons nerveux latéraux descendent jusqu'au bout

Fig. 92, — Cerebratulus Charcoti avec l’hameçon qu'il avait avalé.,

Carinella annulata.

du corps. Du cerveau partent des nerfs qui aboutissent à de petits yeux qui dépassent quelquefois la centaine.

a trompe se compose d’une gaine musculaire pleine de liquide sanguin, dans lequel baigne un long cylindre pelotonné. Quand l’animal contracte les muscles de la gaine, le liquide comprimé force à sortir brusquement la trompe, qui se déroule comme ferait un doigt de gant que l'on retournerait, Chez beaucoup de Némertiens, il y a au milieu de la trompe un appareil venimeux qui débouche à la base d'un stylet calcaire très aigu (fig. 91). A l’état de repos, le stylet est caché dans la trompe et enfermé avec elle dans la gaine; lorsque l'animal veut saisir une proie, il dévagine sa trompe, et le stylet avec le conduit venimeux est amené au bout de l'organe qui se trouve transformé en une lance empoisonnée. La proie visée est foudroyée. Des stylets de rechange se trouvent à côté du stylet principal et viennent le remplacer quand il est épointé. Chez certains d’entre eux, les stylets manquent, mais la trompe est toujours présente.

Les glandes reproductrices sont logées dans les intervalles des culsde-sac intestinaux. Ce sont de simples poches closes qui, au moment de la maturité sexuelle, s'ouvrent au dehors. Tantôt il se forme des larves semblables au parent, tantôt une larve pélagique, transparente, absolument différente de la Némerte définitive : c'est la larve Pilidium, qui ressemble à un petit casque à pointe (fig. 90). Au bout de quelques jours, un bourgeon se forme à l'intérieur : c’est le commencement du Némertien, qui finit par en sortir; il tombe au fond et devient adulte, tandis que sa peau larvaire se détruit.

Les Némertiens habitent dans toutes les mers; ils y sont très nombreux ; quelques espèces terrestres équatoriales et quelques espèces d'eau douce sont disséminées un peu partout. On les divise en plu-

Fig. 93. — Tœnia solium (d'après Deschiens).

À, L'animal adulte : B, Tête grossie avec ses ventouses et ses crochets: C, Cysticerque avec tête invaginée: D, Le même avec tête dévaginée ; E, Chair de porc avec cysticerques ; F, Œuf contenant une larve hexacanthe: G, Un anneau mür.

Fig. 94, — Tœnia cœnurus (d'après Deschiens).

À, Adulte: B, Cavité occupée par sa larve dans l'encéphale d'un mouton: C, Poche hydatique contenant de nombreuses têtes de jeunes ténias.

Fig. 95, — Tœnia echinococcus (d'après Deschiens).

A, Adulte: B, Grossi; C, Œuf; D, Tête dévaginée:; E, Membrane hydatique avec têtes ; F, Schéma d’un kyste.

EE

Fig. 96, — Bothriocephalus latus (d'après Deschiens).

À, Adulte; B, Tête avec les deux bothridies; C, Coupe transversale de la tête; D, Œuf; E, Anneau montrant la disposition des organes.

Fig. 97. — Bothriocephalus (d'après Deschiens). À, Embryon; B, Larve avec tête invaginée :; C, Larve avec tête dévaginée; D, Larve enkystée dans les muscles d'une truite; E, Salmonide, hôte intermédiaire,

sieurs sections, basées sur la disposition de la trompe avec ou sans stylet, sur la structure des muscles, des organes sensitifs de la tête. Nous nous bornerons à distinguer les Némertiens armés, qui ont un stylet, et les inermes, qui n'en ont pas.

Parmi les formes les plus intéressantes, signalons l’immense Lineus longissimus, qui peut dépasser 30 mètres (fig. 88); il habite pelotonné sous les pierres de nos côtes de la Manche. Les Cerebratulus, qui peuvent nager, habitent dans la vase (fig. 92). Nous avons trouvé dans l'estomac de l’un d'eux, rapporté de l'Antarctique parle Ci Charcot, un gros hameçon ayant encore, comme appât, un énorme morceau de viande de phoque.

Quelques espèces sécrètent, au moyen des glandes nombreuses contenues dans leur peau, des filaments qui se collent et durcissent au contact de l’eau (Carinella); elles s'en forment un tube soyeux où elles se cachent; quelquesunes y pondent leurs œufs et les couvent jusqu à l'éclosion. Ce phénomène d'incubation se voit surtout chez les Némertiens des mers froides.

Quelques Némeïrtiens vivent en parasites parmi les œufs de certains crustacés, les Galathées, ou bien dansla branchie des Ascidies. L'une d'elles ressemble à une Sangsue et vit dans la branchie de divers mollusques bivalves (Malacobdella grossa).

Les Cestodes. — Ce mot désigne les parasites que l'on connaît vulgairement

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