‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 39 sur 260 · CI. Wentrebert, Sabelles épanouies · texte numérisé non relu

CI. Wentrebert, Sabelles épanouies

vivent dans des tubes calcaires, puis les petits Spirorbes dont les tubes calcaires, roulés en spirale, n'ont guère plus de 2 millimètres de diamètre; ils pullulent sur le littoral. Les Hermelles, en accumulant leurs tubes, formés de grains de sable, édifient d'énormes bâtisses ressemblant à celles des abeilles. Le Chétoptère (fig. 118), magnifique espèce lumineuse, vit dans un tube parcheminé.

Les Annélides remontent à la plus haute antiquité. M. Walcott en a trouvé des espèces, parfaitement conservées, dans le cambrien des États-Unis.

Annélides oligochètes.— Sous ce nom, nous comprendrons les Versde terre, auxquelsil fautajouterquelquestypes habitant l’eau douce.

Un Ver de terre diffère des Polychètes parce qu'il n’a pas de tête distincte, ni de tentacules, ni d'yeux à la pointe antérieure du corps : sur les parois de son corps il n’y a pas d'autre appendice que des soies courtes et pointues, à peine visibles, mais que l'on sent bien si l'on essaie de « caresser » l'animal de la queue vers la tête.

Sur une partie des anneaux situés plus ou moins près de la région antérieure, on remarque une sorte de boursouflure de couleur difiérente : c'est le clitellum, qui sécrète un mucus au temps de l’accouplement. Les sexes sont réunis dans le même individu.

Les Annélides Oligochètes se divisent en deux familles: les T'erricoles, ou Vers de terre; les Limicoles, ou Oligochètes aquatiques.

Les Vers de terre, que tout le monde a vus dans les jardins, habitent la terre humide ; ils y creusent des trous où ils se tiennent le jour, et n'en sortent que la nuit pour chercher leur nourriture qui consiste en végétaux et en débris animaux de toutes sortes ; ils entraînent des fragments de feuilles dans leurs trous et s'en nourrissent. Ils avalent de la terre et la restituent par l'extrémité postérieure de leur corps, sous forme de tortillons, que l’on voit dans les lieux humides ; ils amènent ainsi au jour les couches profondes de la terre arable et produisent un incessant labourage qui a été étudié par Darwin : ils peuvent même faire revenir ainsi à la surface des bactéries très résistantes qui ont été enfouies avec les cadavres d'animaux morts de maladies contagieuses, par exemple du charbon.

Parmi les Vers de terre les plus connus, citons le Lumbricus agricola et le L. communis, qui vivent dans nos jardins (fig. 120).

Les Oligochètes aquatiques vivent

Protule épanouie.

Protule épanouie dans son tube.

dans les mares, surtout dans la vase. Les plus connus sont les Naïs (fig. 121), qui se trouvent parmi les débris de plantes : ce sont de petits Vers qui se reproduisent au moyen de bourgeons. Il faut citer aussi le Tubifex rivulorum, dont les larves ont l'aspect de vers rouges très abondants dans les mares.

Hirudinées. — Cette troisième division des Annélides est celle des Sangsues, faciles à distinguer par les deux ventouses qui terminent leur corps dépourvu de soies locomotrices.

La plupart des Sangsues vivent dans l’eau douce, mais il y en a aussi dans la mer et on en trouve même qui vivent à terre.

Généralement, le corps des Sangsues est aplati et strié de plis ne

Annélide dont le tube a été recouvert de calcaire par les coraux qui l’entouraient.

Fig.115.— Sabella di Indiviäu épanoui (Milne-Edwards),

unispira.

(d'après

Fig. 116. — Serpule contournée red. de 1/3.

(d'après Milne-Edwards).

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