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BESSMOLEUSQUES 73
Bouchots à naissain pour les moules (baie de l'Aiguillon).
connues sont les perles blanches de Ceylan, noires du Mexique, jaunes d'Australie; il y a aussi de très rares perles roses dont l’origine n'est pas connue. L'’huître perlière vit sur des fonds de 2 à 40 mètres au plus, dans les mers chaudes, attachée par son byssus aux pierres, coraux, vieilles coquilles, etc. Il y en a plusieurs espèces et variétés. La plus typique est celle de Ceylan, qui vit dans l'océan Indien, la mer Rouge, et s'acclimate même dans la Méditerranée. C’est la plus petite ; sa nacre est mince, et elle n’est exploitée que pour les perles.
Les autres espèces plus grandes, très lourdes, sont exploitées d’abord pour la nacre et les perles ne sont qu'un bénéfice accessoire. Il y a d'énormes huîtres au nord de l'Australie, atteignant 30 centimètres de diamètre, fort recherchées, parce qu'on en tire les manches de couteau, les montures d'éventail et autres grandes pièces. La nacre du Mexique est bronzée.
Les pêcheries du golfe Persique ont leur centre à l’île de Baréine: 35 000 pêcheurs y vivent misérablement et se servent de petites barques pour leur industrie qui consiste à plonger et à arracher les huîtres du fond, sans souci des requins, qui souvent les tuent ou les estropient.
Les huîtres pêchées sont entassées dans des bassins où elles pourrissent, répandant une odeur horrible ; c'est dans la sanie infecte qui reste dans le fond des bassins que l’on recherche les perles. Cette pêche rapporte plus de 100 millions par an à Ceylan.
Une fois pêchées, les perles doivent être préparées pour la joaillerie. Elles sont d'abord classées selon leur grosseur, la beauté de leur orient ou leur forme. Puis on les pèse, en se servant pour unité du grain, qui est le quart du carat, ou 51 milligrammes: il faut donc à peu près 20 grains pour faire | gramme.
Il faut, quand on veut en faire des colliers, les percer, ce qui est une opération très délicate. Quand on veut les monter sur une bague, on arrête le trou au milieu, de façon à y introduire une tige.
Le montage en bijoux se fait principalement à Paris, où les bijoutiers surpassent par leur goût et l'élégance de leurs produits tout ce qui se fait ailleurs.
Comment peut-on évaluer le prix d'une perle ? Cette opération est en quelque sorte mathématique, mais elle est soumise aussi au goût et au flair du négociant. Il faut considérer sa forme, son orient, sa couleur, sa rareté, ses défauts. La forme sphérique est la plus estimée, puis viennent la forme en bouton, qui est sphérique d'un côté, plate de l'autre ; la poire, la forme dite robole, qui correspond à toutes les précédentes, mais non régulière; enfin, les baroques, sans forme précise.
Quant à la couleur, elle varie ainsi : blanc, blanc rosé, rose, blanc légèrement jaune, jaune pâle, jaune, bronze, mordoré, bronze vert, noir.
Quand les défauts ont été reconnus, on donne à la perle une note
Fig.181.— Tetrarhynchus unionifactor.
À, Adulte; B, Tête ; C, Larve jeune ; D, Larve plus âgée : E, Larve enkystée.
Haliotide ; valve brute et valve décapée,
Fierasfers. Fierasfer enfoui sous la nacre.
qui, il y a quelques années, allait de 0 à 30; ce chiffre a augmenté depuis lors. Une perle, ayant tous les défauts, est notée 0 ; une, absolument parfaite, 30. En langage technique, on ne dit pas note, mais fois ; une perle est notée 15 fois, 25 fois, selon ses qualités. — Ce premier travail étant fait, on la pèse.
Supposons que la perle que nous voulons évaluer soit absolument parfaite, nous lui donnons la note 30 ; autrement dit, nous la coterons 30 fois; nous la pesons et nous trouvons 15 grains; la perle vaudra le carré du poids, soit 15* multiplié par la note ou 30 fois : 15 X15 X 30 — 6 750 ; notre perle vaut donc 6 750 francs. Si nous ne lui avions donné quela note 20, elle vaudrait 15° X 20 — 4 500 francs.
Une perle de 100 grains ou 5 grammes vaut 300 000 francs.
Les perles ont été utilisées autrefois en médecine : elles n'avaient
- pas d'autre valeur thérapeutique que d'augmenter la note que les apothicaires présentaient aux riches clients.
Nous avons parlé plus haut de la nacre qui tapisse l’intérieur des valves de divers Mollusques. Cette matière inimitable est fort recherchée dans l’industrie. On en tire une foule de petits objets : boutons, manches de couteaux, montures d’éventails, lorgnettes, boîtes, etc. Le centre de cette fabrication en France està Méru, dans l'Oise. Les restes des coquilles sont planés et servent à l'incrustation des meubles, en Orient.
Parmi les Mollusques gastéropodes, on trouve aussi des coquilles utilisées pour leur nacre ; une très grosse espèce, qui peut peser jusqu'à 3 et 4 kilogrammes, est connue sous le nom de Burgos. Les Trochas de forme conique servent à faire des boutons de petite taille. De grandes Haliotides ont une nacre très belle, rouge ou vert bleu.
Les Céphalopodes renferment une espèce à coquille nacrée, le Nautile. La nacre intérieure est recouverte d'une couche mate : on la gratte en réservant des dessins plus ou moins élégants qui se détachent sur la couche nacrée sous-jacente. Les Canaques de Nouméa en font des bibelots d’étagère.
Les perles ne sont pas une production spéciale à l’huître perlière ; d'autres mollusques en produisent également. Citons les perles des Mulettes d'eau douce qui, dans certains fleuves d'Amérique, sont fort jolies et ont un assez grand prix. Les vulgaires Moules, dans certains points du littoral, notamment à Billiers( Morbihan), sont infestées d'un grand nombre de perles dans leurs tissus: les Huîtres ordinaires en contiennent quelquefois; des Unios des rivières des Vosges aussi. On en trouve encore dans la grande Pinna; elles sont noires, brunes, rouges ; les gros casques produisent d'assez jolies perles roses, et les Haliotides donnent quelquefois d'admirables perles nacrées rouges, à reflets verts; le Muséum d'Histoire naturelle de Paris en possède un magnifique échantillon.
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