SONT) NN VUE
NL
Fig, 182.
Embryons de Dentale, Fig, 183.
stades Dentale
successifs fendu
(d'après pour
Lacaze- montrer Duthiers). l'animal.
Fig. 184.
Turritelle.
LES SCAPHOPODES
Ce sont des Mollusques que l’on considère comme intermédiaires aux Bivalves ou Pélécypodes et les Gastéropodes. Ils ont une radula et leur corps est enfermé dans une coquille conique ouverte aux deux bouts. Ils sont connus sous le nom de dentales ; ils vivent enfoncés dans le sable marin. Leur larve (fig. 182 et 183) nageuse, en forme de toupie, commence par avoir deux valves, et ensuite elle acquiert une coquille tubulaire.
Les Mollusques Gastéropodes possèdent tous, au moins pendant leur jeune âge, une coquille conique composée d’une seule valve ; tantôt le cône est très surbaissé, la coquille devient alors presque plate; tantôt le cône est très allongé et roulé en spirale, sa pointe formant le sommet de la coquille, sa base largement ouverte constituant la bouche. Entre les deux formes extrêmes prennent place tous les intermédiaires; certains Gastéropodes adultes n’ont plus de coquille.
Les coquilles de ces Mollusques ont des formes et des couleurs extraordinairement variées: elles ont, de tout temps, été très recherchées par les collectionneurs.
Il peut arriver que les tours de la spire (fig. 187) se touchent sans se déformer, mais ailleurs chacun d'eux empiète sur le précédent et la section n'est plus ronde. Dans certains cas, l'axe autour duquel s’enroule la spire est virtuel; c'est comme si on avait roulé le cône en cire autour d'une grosse aiguille, puis qu'ayant retiré l'aiguille, il reste à sa place un long canal : c’est une columelle virtuelle: mais ailleurs cette columelle est une véritable tige calcaire sécrétée par l'animal. Cette coquille s’accroît lentement par la base du cône qui la constitue; elle devient donc de plus en plus large, afin de loger son propriétaire qui grandit en avançant en âge. Mais cela ne peut pas durer indéfiniment et chaque espèce atteint une taille maximum qui n'est plus dépassée.
Souvent alors on voit à ce moment la coquille changer de forme, s’étaler en expansions calcaires ne suivant plus la loi qui présidait à la formation de leurs premiers tours : c'est le signe de la vieillesse, de la mort prochaine. On
Spires des coquilles.
a, Canal antérieur ; db, Bord externe de l'ouverture; ce, Canal postéricur ;d, Suturee, Spire;
f, Sommet.
Fig. 188. — Strombe. Fig. 189. — Chénope.
Murex tenuispina.
Fig. 185. — Trochus.
À, T. Acutangulus; B, T. Burchi.
Fig. 186.
Murex monodon.
en voit de bons exemples dans les Porcelaines et les Ptérocères (fig. 189). Mais la croissance de la coquille ne se fait généralement pas d’une façon continue; il y a des époques où des poussées donnent lieu à des bourrelets, des épines, des tubercules et autres ornements (fig. 190).
Souvent le bord libre de la coquille est échancré et, par cette encoche, passe une sorte de tube membraneux servant à la respiration de l’animal. Ailleurs, comme dans les Haliotis, une série de trous s’allonge près du bord, ou bien un seul trou persiste au sommet, comme chez les Fissurelles (fig. 191).
Quelques-uns de ces Mollusques ont une coquille nacrée à l’intérieur.
Certains Gastéropodes, vivant à l’état pélagique, se sont modifiés en vue d'alléger leurs organes; ils ont une tendance à rendre leur coquille très mince : c’est ce que l’on observe chez divers Hetéropodes (Carinaire), ou même à la supprimer complètement : c’est le cas des Firoles et de beaucoup de Ptéropodes.
Il est des Gastéropodes rampant sur le sol, parmi les algues, sur la vase, ou même se creusant des galeries dans la terre, chez lesquels la coquille se réduit à une mince lamelle. Les Doris, les Aplysies, parmi les Nudibranches, certaines Limaces terrestres, sont dans ce cas. Aülleurs la coquille a complètement disparu chez l'adulte.
Généralement l'animal occupe toute la cavité de sa coquille, ses organes, contournés en vis, remontant jusqu'au bout. Mais il existe des Gastéropodes qui bouchent le sommet de leur maison par du calcaire.
Presque toujours l’enroulement de la spire se fait de gauche à droite, dans le sens du mouvement des aiguilles d’une montre: on dit alors que les coquilles sont dextres. Mais il arrive quelquefois que l'inverse se produit : l'enroulement se fait de droite à gauche et la coquille est senestre (fig. 192, b); quelques espèces sont normalement senestres.
Le corps du Gastéropode est enveloppé dans une membrane qui tapisse l’intérieur de sa coquille: c’est le manteau qui sécrète, surtout par son bord libre, le calcaire qui accroît la coquille. Sous ce manteau on aperçoit une tête bien nette, portant des yeux, des tentacules, la bouche, puis la masse des viscères, ordinairement disposée en spirale pour se loger dans les tours étroits de la coquille, mais formant une masse homogène quand la coquille manque ou n’est pas en spirale; le tout enfin repose sur un pied charnu, musculeux, solide, sur lequel le Mollusque rampe. Lorsque l'animal est bien épanoui, lorsqu'il se déplace, on distingue facilement toutes ces parties: mais quand on l’inquiète, il se contracte et rentre dans sa coquille, il s'y enferme et souvent achève la clôture au moyen d'un opercule; c’est une véritable porte dont le contour se moule exactement sur la bouche de la coquille. Généralement cet opercule est sécrété par une portion spéciale de la peau, au-dessus
Fig. 192.— Helix.
Enroulement :
a, Normal: b, Senestre.
Fig. 190. — Harpe. Fig.191.— Fissurelle.
PFSAMOLLUSQUES 75
Haliotis tuberculata (d'après Milne-Edwards).
du pied; cette matière est cornée, brune, mais quelquefois s’incruste de calcaire.
Le pied se transforme en ventouse lorsqu'il s’agit de fixer solidement l'animal aux rochers, comme font les Patelles ou les Haliotides : il peut sécréter une matière muqueuse qui se solidifie à l'air : c’est ainsi que les Limaces laissent sur le sol une trace nacrée marquant leur passage. Les Janthines se servent d’une sécrétion analogue pour construire un radeau sous lequel elles atta-
ZE chent leurs œufs (fig. 193).
A Nous dirons peu de choses de l'organisation interne de ces animaux. Leur appareil digestif mérite cependant une mention spéciale. Leur bouche est pourvue souvent de deux lèvres coupantes, mais toujours d’une ra-
dula (fig. 194), sorte de râpe compliquée formée d’une foule de petites dents plantées en rangées parallèles sur un ruban chitineux. Elles sont continuellement remplacées à mesure qu'elles s'usent par d'autres qui poussent en arrière. Les rangées transversales de dents ont des formes parfaitement définies; à tel point que l’on a pu utiliser ce caractère pour la division des Gastéropodes en familles et en genres. Le reste du tube digestif est très variable dans sa forme et sa longueur; l'estomac, qui reçoit le produit d’une grosse glande digestive, est quelquefois pourvu de pièces cornées ou calcaires jouant le rôle de gésier: l’in- AN testin est plus ou moins long selon le réer QU A RARE gime de l'animal.
rrnigr ten x Log ti) Dans la cavité palléale sont placées B > deux branchies respiratoires ; mais souvent l’une est plus petite que l’autre, ou disparaît même complètement. À côté d'elles se trouvent des glandes qui sécrètent un liquide quelquefois coloré, d’autres fois incolore, mais qui peut se transformer, sous l'influence de la lumière, en une matière colorante donnant des teintes magnifiques. La pourpre des anciens n'a pas d'autre origine.
Près de la branchie s'ouvrent des glandes rénales et les conduits des organes génitaux. Tout cela forme un complexe d'organes au milieu desquels se trouve le cœur, enfermé dans un délicat péricarde.
Le système nerveux consiste dans les trois paires de ganglions réglementaires, réunis par des filets nerveux. La paire qui constitue le cerveau est placée dans la tête, au-dessus de la bouche, et donne des nerfs sensitifs aux tentacules, aux yeux, à la bouche, aux oto-
Fig, 193.
Janthine,
a, Avecflotteur portant les œufs; b, Coquille.
TN
Fig. 194, — Radula (d'après Cooke).
A, Eburna japonica, fraément; B, Fasciolaria trapezium, trois rangées de dents.
Fig. 195. — Deux stades larvaises de Patelle, de face et de profil (d'après Mac Bride).
Ovula oviformis (d'après Tryon).
matozoïdes au dehors sert encore à évacuer
Fig. 196. — A gauche, une Dondersia banvulensis ; à droite, une D. Flavens sur un hydroïde (d'apres Pruvot).
cystes. La paire pla- Opercule de Turbo.
cée sous la bouche innerve surtout le pied; la troisième paire, qui peut s'enrichir de ganglions accessoires, préside au fonctionnement des viscères de toutes sortes. De petits ganglions annexes sont placés autour de la radula. Les tentacules ou cornes qui surmontent la tête et qui peuvent même porter des yeux sont peutêtre des organes de l'odorat; quant aux yeux ils peuvent être de simples taches !
pigmentaires ou posséder une structure plus complexe avec rétine et cristallin. Les organes auditifs consistent en deux octocystes placés au voisinage des ganglions du pied.
Les Gastéropodes sont encore caractérisés par la grande complexité de leurs organes reproducteurs. La glande fondamentale est ordinairement simple; mais le canal qui conduit les œufs ou les sper-
les produits de glandes accessoires les plus diverses, les plus compliquées, dont le rôle est souvent inconnu; des appendices spéciaux destinés à l’accouplement ou à la ponte, des glandes sécrétant les coques ovigères où de nombreux œufs sont enfermés, s'ajoutent encore à cet ensemble quelquefois inextricable. Cette complication des appareils reproducteurs s'accroît encore du fait que beaucoup de Gastéropodes cumulent les deux sexes, fonctionnant tantôt alternativement, tantôt simultanément; ailleurs les sexes sont séparés. Les œufs sont ordinairement petits et tantôt isolés, tantôt réunis dans des coques ovigères de formes très variées.
Mais il arrive que dans certaines espèces ils sont énormes, par exemple chez certains Bulimes, où ils sont presque aussi gros que des œufs de pigeon: ils sont alors pondus isolément à l'abri
Neptunea contraria (d’après Hidalgo).
Fig, 197. — Dondersia banyulensis.
Trois stades de la larve (d'après Pruvot).
Fig. 198. — Proneomenia aglaopheniæ (d'ap. Marion).
À, Enroulé sur l’hydroïde dont il se nourrit : B, Individu jeune.