LES ARACHNIDES
Les Arachnides sont des Arthropodes à respiration aérienne dont le corps se compose de deux parties : la première résulte de la fusion de la tête et du thorax; la seconde est l'abdomen. Ils ont des antennes transformées en pinces et huit pattes thoraciques. Il n'y a jamais d'yeux composés. L'ensemble du groupe est formé de deux types fondamentaux, les Araignées et les Scorpions, à la suite desquels on place diverses sections secondaires.
Les ancêtres des Arachnides actuels remontent à une très haute antiquité paléontologique et il faut les chercher parmi les Mérostomacés, dont il a été parlé au chapitre précédent.
Nous trouvons dans les Arachnides les ordres suivants : 1° Scorpionides ; 2° Pseudoscorpionides; 3° Pédipalpes: 4° Solifuges ; 5° Phalangides ; 6° Aranéides ; 7° Acariens ; 8° Tardigrades ; 99 Linguatulides.
BESSCORPIONIDES
Les Scorpions sont des animaux qui ne vivent que dans les pays chauds et secs. Leur corps se compose de trois parties: un grand céphalothorax en avant, sans anneaux distincts, suivi d'un abdomen aussi large et aussi long, formé de sept anneaux articulés entre eux; enfin un post-abdomen, en forme de queue étroite à six anneaux cylindriques plus longs que larges, dont le dernier en forme de poire est terminé par un dard aigu et venimeux.
Si l’on retourne l'animal, on voit ses appendices articulés, qui sont : au-dessus de la bouche, une paire de petites pinces ou chélicères, puis une paire de grandes pinces rappelant celles de l'Écrevisse, qui forment les mâchoires ; puis quatre paires de pattes dont chacune se termine par une double griffe; enfin, sur le second anneau de l'abdomen, une paire d'organes en forme de peigne.
Ces animaux courent très vite et se jettent sur les araignées, dont ils se nourrissent ; ils les saisissent avec leurs pinces et les transpercent avec leur dard empoisonné, en recourbant leur queue au-dessus de leur céphalothorax et en se guidant au moyen de leurs yeux, au nombre de six à douze, qui sont placés sur le front. Les Scorpions sont surtout des animaux nocturnes. Ils respirent au moyen de quatre paires de poches intérieurement plissées et coupées de cloisons en forme de feuillets, appelées poumons, placées sous l'abdomen et autour desquelles leur sang circule.
Les mâles diffèrent peu des femelles; les Scorpions sont vivipares et les femelles surveillent et protègent leurs petits après l’éclosion. Leur appareil venimeux se compose d'une double glande logée dans le renflement terminal de la queue. Un muscle entoure la glande et sa contraction chasse une goutte de venin dans la plaie faite par la pointe aiguë du stylet avec laquelle l'animal frappe son adversaire. Ce venin détermine une violenté douleur, suivie d’une période de convulsions, puis de paralysie, qui cause l'arrêt des fonctions respiratoires et la mort. Il est rare que les choses aillent jusque-là, au moins quand il s’agit des Scorpions de nos pays et d’un homme adulte; mais les accidents mortels sont fréquents lorsque la piqûre a été faite par de gros Scorpions dans les régions équatoriales, surtout sur des femmes et des enfants.
Les Scorpions sont nombreux: on en connaît environ deux cents espèces ; quelques-uns vivent dans le sud de l’Europe; en France on en trouve quelques espèces : le Scorpion jaune (Buthus occitanus) qui atteint 8 cent. et se trouve sur le littoral de la Méditerranée: sa piqûre est très douloureuse. L'autre espèce (Euscorpius flavicauda) est plus petite : c'est le Scorpion brun à queue jaune, ne dépassant pas 3 cent. et qui abonde dans le Midi, où on le trouve fréquemment dans les maisons; il n'est pas dangereux. D'autres espèces plus rares se rencontrent dans la région des Alpes et des Pyrénées.
Dans les pays tropicaux on trouve de grosses espèces très vigoureuses.
Fig. 261. — Buthus occitanus. Chelifer cancroïdes.
Scorpions (Buthus occitanus) se disputant une blatte.
ÉÉSSRSEUDOSCORBIONIDES
Ce sont de tout petits animaux n'ayant pas plus de 3 où 4 millimètres, dont le corps conique sans queue est pourvu de deux longues pinces. [ls vivent sous les écorces, dans la mousse; ils se nourrissent d'Acariens : ce sont donc des animaux utiles. Le genre Chelifer est fréquent dans les maisons : on le trouve surtout dans les vieux livres, dans les herbiers et les collections d'insectes (Chelifer cancroïdes,
fig. 262).
L'ÉSRREPDIPAIRES
Nous ne dirons que peu de choses de ces animaux qui ressemblent aux véritables Araignées, dont la première paire de pattes est transformée en un long fouet. Les deux genres T'helyphone (fig. 262) et Phrynus (fig. 264) qui composent l'ordre des Pédipalpes sont tous les
eux de régions chaudes. Les Thélyphones ont des pinces venimeuses.
ÉÉSSOLIEUGES
C'est encore un ordre fort restreint où l’on a réuni un petit nombre de genres assez semblables à des Araignées. La Galéode (Galeodes araneoides) est le type classique (fig. 266). Ces Arachnides exceptionnels ont la tête distincte du thorax, ce qui les éloigne de tous les autres et les fait ressembler à des Insectes; leur thorax est divisé en trois segments distincts. Leurs chélicères forment une paire de courtes et solides pinces; leurs palpes maxillaires sont si grandes qu'elles fonctionnent comme des pattes, si bien que ces Galéodes ressemblent à des Araignées à dix pattes. On les trouve dans les régions arides du midi de l'Europe et en Algérie. On place près de cette famille celle des Palpigrades, dont le type est la singulière Kænenia mirabilis (fig. 265).
LES PHALANGIDES
Les Araignées à longues pattes très grêles partant d'un petit corps rond, que l'on rencontre dans les bois et les prairies et dans les maisons et qui sont connues sous le nom de Faucheurs, sont les représentants les plus typiques de cette section des Arachnides.
Il est très difficile de déterminer des régions dans le corps arrondi où l'abdomen segmenté se continue avec un céphalothorax. Les pattes sont formées de très longs segments fililormes : elles leur permettent de courir très vite. Ces animaux se nourrissent de vers de terre, d'insectes, de mouches, de sucs de végétaux. Ils respirent au moyen de trachées. Ils ne peuvent sécréter de soie. Les Phalangides pondent de petits tas d'œufs sous les pierres ou les écorces. L'espèce la plus connue dans nos climats est le Phalangium opilio.
LES ARANEÉIDES
Ce sont les Araignées proprement dites. Leur corps se compose de deux parties, un céphalothorax et un abdomen, réunis par un pédoncule étroit, et sur lesquels on ne distingue presque jamais de segments annulaires.
Les chélicères n’ont jamais de pince, mais un crochet mobile, percé d'un orifice à sa pointe où s'ouvre le conduit d'une glande à venin. Les palpes maxillaires peuvent être, chez le mâle, modifiées
Fig. 263, — Thélyphone.
Fig, 264 — Phrynus.
pour l’accouplement ; leur base sert de mâchoire.
Les quatre paires de pattes s'insèrent autour d'un plastron ventral du céphalothorax ; chaque patte a sept articles et porte à son extrémité deux grifles et une sorte de brosse de soies rigides appelée scopula (Ag. 207); quelques espèces portent à la quatrième patteune autre brosse, dite calamistrum.
L'abdomen présentedes orifices (deux ou quatre) conduisant l'air dans les poumons et, non loin d'eux, se trouve l'orifice génital.
L’anus est au bout de l'abdomen et :il est entouré par des papilles coniques, les filières, au nombre de quatre ou six (fig. 268).
es Araignées se nourrissent des liquides contenus dans le corps des insectes, qu'elles pompent à l’aide d'une poche spéciale, le jabot aspirateur, précédant leur estomac, autour duquel rayonnent cinq paires de cæcums: l'intestin, ne Loc simple, reçoit le produit d'une grosse Llaède déctre et de deux tubes urinaires. Elles respirent au moyen de poches pulmonaires (deux ou quatre) et de trachées ou tubes aérifères qui s'ouvrent en arrière du corps.
Leur système nerveux esi réuni en une masse étoilée, d'où partent de nombreux nerfs dont les antérieurs vont aux quatre paires d'yeux simples. Les sexes sont toujours séparés, les mâles étant généralement plus petits que les femelles.
La plupart des Aranéides se construisent une toile qu'elles tissent avec des fils sécrétés par des glandes situées sous les filières de l’extrémité de leur corps. Dans ces glandes la soie est à l'état d'un fluide gluant qui sort par les trous des filières comme des fils excessivement fins; l'animal laisse ordinairement couler la matière, mais il peut aussi lancer son fil à une certaine distance. Il peut encore faire varier l'épaisseur de ses fils en en collant plusieurs, et il est en outre certain que les diverses filières ne fournissent pas toutes la même qualité de soie. L'animal en fait aussi un cocon pour ses œufs, un étui pour se cacher, des liens pour entortiller une proie, etc.
La manière dont les Araignées construisent leur toile est connue ; l'exemple classique est celui de l’Épeire, qui fait des toiles verticales en rosace dans les jardins. La toile se compose d'un certain nombre de câbles rayonnants à partir d’un point central où se tient l’araignée et servant de support à un fil disposé en spirale régulière faisant un nombre variable de tours. Les fils sont de différente nature, les câbles rayonnants de la charpente plus gros et plus solides que ceux de la spirale; ces derniers sont secs dans la partie centrale de la toile, tandis qu'ils sont gluants dans les tours périphériques.
, Pour commencer sa toile, l’Araignée choisit un emplacement propice entre deux branches pas trop éloignées: puis, à l'extrémité de l’une d'elles, elle fixe le bout d’un premier câble: si la disposition des branches le lui permet, elle fait en marchant un circuit, sécrétant son câble derrière elle: elle grimpe jusqu'au point désiré et là raidit son câble et le fixe : cela fait un pont entre les deux branches. S'il est impossible d'aller rejoindre ce point à pied, elle se suspend au bout de son fil et attend que le vent, en la balançant,
Toile d'araignée recouverte de givre.