CI. Soullier
bules. Il en est qui
se nourrissent exclusi-
vement d'excréments
et vivent dans le fumier. Tous ont leur nourriture de prédilection et
préfèrent souvent se laisser mourir de faim plutôt que de manger
celle dont ils ne se repaissent pas habituellement. Certains Coléoptères sont nocturnes. Un bon nombre vivent dans l'eau.
Beaucoup de Coléoptères sont nuisibles aux plantes ; aussi sont-ils de grands ennemis de l’agriculture. [l en est qui, dans les maisons, détruisent les meubles et les provisions les plus diverses. On connaît, sous le nom de Xylophages, tous ces mangeurs de bois qui sont des dévastateurs des forêts et des jardins. Nous n'avons à citer, en compensation, qu'une bien petite liste de Coléoptères utiles.
Les larves des Coléoptères ont toutes des pièces buccales destinées à broyer et, de fait, ce sont de terribles mangeuses. Elles ont trois segments thoraciques qui portent souvert trois paires de petites pattes courtes à griffes ou bien sont complètement apodes. Elles ont neuf segments abdominaux et souvent au bout du corps un petit organe ou pseudopode impair, armé de crochets, que l’on considère comme la portion terminale extensible de l'intestin. Elles peuvent être aveugles ; elles ont de très petites antennes. Ces larves subissent des mues et se transforment en nymphes, tantôt dans une simple cavité de la terre, tantôt
Gyrinus natator,
Fig. 442, — Zabre bossu
Fig. 443, — Æpus Robini et sa larve,
(d'après Miall),
Fig. 444 — Hydrophile. Fig. 445, Staphylin.
A, Larve; B, Cocon.
dans une sorte de cocon qu'elles fabriquent en accumulant des débris divers qu’elles collent entre eux; d’autres se suspendent par l'extrémité de l'abdomen, ou s'enfouissent dans la sciure de bois qu'elles ont détaché dans les arbres. Généralement la vie des larves est très longue et souvent dure plusieurs années; celle des nymphes est beaucoup plus courte et évolue dans une seule saison.
Les Coléoptères, qui sont si nombreux actuellement, semblent être dans leur plein épanouissement ; les restes fossiles apparaissent dans le terrain carbonifère et on en a rencontré dans les terrains secondaires et tertiaires: on en a recueilli beaucoup dans l’ambre.
Nous diviserons les Coléoptères d'après le nombre des articles du tarse en : Pentamères (tarses à cinq articles); Hétéromères (tarses des deux premières paires de pattes à cinq articles, la dernière à quatre articles); T'étramères (tarses à quatre articles); Trimères (tarses à trois articles). Nous ne pourrons pas énumérer toutes les familles que renferment ces divisions : il y en a actuellement plus de quatrevingts; ce volume entier n'y suffirait pas.
PENTAMÈRES; les CARNASSIERS. — Les Cicindélides sont représentés chez nous par de jolis Insectes dont le type est la Cicindèle champêtre (Cicindela campestris) d'un beau vert, avec des taches blanches (fig. 438); cet Insecte court très vite, dans les terrains ensoleillés, à la recherche des Insectes qu’il dévore, rendant ainsi service à l’agriculture. Sa larve vit dans des trous de la terre.
Les Carabides (fig. 437) ont un régime carnassier. La jardinière (Carabus auratus) que l’on trouve fréquemment dans nos jardins donne une bonne idée de cette grande famille qui ne comprend pas moins de 13000 espèces actuellement décrites. Ces Insectes volent rarement, mais courent avec une grande rapidité; ils ont souvent de magnifiques couleurs irisées et métalliques. Ce sont des animaux très carnassiers qui dévorent les autres Insectes, les vers, les limaces et comptent, par conséquent, parmi les auxiliaires de l'agriculture. Le Carabus auratus est le plus fréquent dans nos jardins et doit être soigneusement respecté, ainsi que le Carabus auronitens de couleur dorée et le C. catenulatus d'un beau violet pourpré. Les Carabes sécrètent souvent une odeur repoussante de chair putréfiée.
Chez nous se rencontre encore un magniñque Insecte aux couleurs irisées, rouges sur les élytres, bleues sur le thorax, le Calosome sycophante (fig. 439), qui fait la guerre aux chenilles; c'est un des Insectes les plus utiles des forêts, où il détruit quantités de chenilles.
Le Brachinus crepitans (fig. 440) possède la singulière particularité de produire des gaz dans l'intestin et de les expulser avec un bruit détonant; ce sont des vapeurs, contenant de l'acide formique, destinées à faire fuir ses ennemis. Un autre bizarre Carabide est le Mormolyce phyllodes (fig. 441), dont les élytres portent deux grandes expansions latérales plates.
Plusieurs Carabides cavernicoles sont aveugles. Quelques-uns vivent en commensaux dans les nids des Termites et ont pris une très curieuse ressemblance mimétique avec eux. Si la plupart des Carabides sont des Insectes utiles, il faut cependant faire une exception pour l’un d'eux, le Zabrus gibbus (fiz. 442), petit Insecte noir, d'un centimètre et demi, que l'on connaît sous le nom de Zabre des céréales ou Carabe bossu. Il dévore les grains encore verts et laiteux, et ses larves rongent, pendant la nuit, les blés en herbe.
Lampyrus noctiluca,
Fig. 446.
Fig. 447, Taupin et sa larve.
Agriote,
Citons encore un singulier Carabide, l’Æpus Robini (fig. 443), qui vit sous les pierres dans la mer, et dont les yeux sont rudimentaires.
Dytiscides. — Ce sont des Insectes aquatiques dont les pattes postérieures, bordées de longues soies raides, sont adaptées à la natation: ils passent leur vie larvaire et adulte dans l’eau. On peut les considérer comme des Carabides adaptés à la vie aquatique: ils emmaga-
( CI 3. Agrilus chrysoderes, sinent sous leurs élytres de l'air qu'ils 1, Insecte: 2, Larve: 3, Désâts :
viennent prendre à la surface de l'eau 4, Galerie,
en émergeant la partie postérieure de
leur corps. La portion terminale de la patte antérieure du dytique mâle est transformée en une curieuse ventouse qui sert pour l’accouplement.
Les larves de ces Insectes sont carnassières et portent une paire de terribles mandibules creuses dont elles se servent pour inoculer dans leur proie un liquide digestif dissolvant des tissus ; bientôt après l’animal pompe ce liquide qui rentre dans son estomac, rapportant les tissus à demi digérés de la proie; puis il recommence jusqu'à ce que le gibier soit vidé. Il s'attaque à de gros animaux, tritons, poissons, larves de grenouilles, insectes.
On connaît plus de 2000 espèces de dytiscides, surtout dans les eaux tempérées et froides. Le gros Dvtiscus marginalis, très commun dans nos mares, d’un beau vert bronzé, aux élytres lisses chez le mâle, striés en long chez la femelle, détruit le frai des poissons et même les jeunes plus gros que lui.
Les Gyrinides se voient à la surface de l’eau, où ils exécutent des rondes vertigineuses. Les Gyrins ressemblent à de petits dytiques bleus. Ils peuvent plonger pour fuir leurs ennemis.
HYDROPHILIDES. — Les Hydrophilides, dont le type est l'Hydrophilus piceus, gros Insecte noir, se trouvent fréquemment dans les mares de nos pays (fig. 444). Le long de leur corps se trouve un tapis de poils courts qui emmagasinent de l’air; c’est là que s’ouvrent les stigmates; ces Insectes peuvent ainsi respirer dans l’eau; ils sont herbivores.
Les Hydrophiles déposent leurs œufs dans un cocon qu'ils attachent aux feuilles des plantes aquatiques ; d’autres espèces les transportent sous leur abdomen. Les larves sont carnivores ; la larve se transforme en nymphe dans la terre, mais il s’en faut que tous les hydrophilides soient aquatiques; il y en a parmi eux qui vivent dans les champignons et les crottins de mammifères.
BRACHÉLYTRES. — Les Staphylinides (fig. 445) sont caractérisés par de tout petits élytres qui ne recouvrent que le haut de l'abdomen et leur donnent l'apparence d’avoir un habit à pans trop courts. L'abdomen est très long et susceptible de se retrousser en haut, ce qui leur donne un aspect très singulier. On connaît actuellement près de 10000 espèces de Staphylins dont un grand nombre sont très petits; leurs ailes pliées et empaquetées sous leurs petits élytres atteignent une envergure très grande. Ils se nourrissent
Fig. 451.
Fig. 452, — Cléron Fig. 453, — Trichodes Capnodis.
des fourmis, des ruches,
PESSARTAROPOBES 125
Larves de la Vrillette domestique.
d'Insectes morts ou vivants ou de champignons. "7% za Certains genres vivent en commensaux dans les fourmilières et sont en excellents termes avec les fourmis, qui les nourrissent en leur régurgitant de la nourriture dans la bouche, La réciproque est vraie, car on a vu des staphylins rendre le même service à des fourmis; en échange de ce bon procédé, celles-ci soignent les larves de leurs hôtes comme leurs propres enfants.
On a récemment découvert des Staphylins vivipares, commensaux des Termites; d’autres vivent dans les nids de Guêpes.
Le Staphylinus olens, dont le corps noir, l'abdomen relevé à la moindre alerte, l'aspect féroce qu'il se donne pour effrayer son ennemi, enfin l'odeur qu'il émet comme moyen de défense, lui ont valu la réputation d'un animal fantastique, est un auxiliaire de l’agriculture, car il détruit nombre d'Insectes nuisibles.
À côté de ces Staphylinides on peut placer les Pselaphides, tout petits Coléoptères à élytres courts, qui vivent dans les fourmilières ou sont libres dans les bois; on en connaît plus de 2 500 espèces.
SERRICORNES. — Les familles qui suivent sont groupées d’après le caractère de leurs antennes, dont les articles anguleux donnent l'apparence générale des dents d’une scie ou d’un peigne.
Elatérides. — Ces Insectes sont vulgairement connus sous le nom de T'aupins (fig. 446); leur corps élancé semble cassé en deux et, lorsqu'on les pose sur la main, on les voit se plier, s’arc-bouter sur le dos, puis, se détendant brusquement, faire un bond à grande hauteur. Ces animaux ont des prolongements pointus aux angles postérieurs du thorax qui leur donnent une physionomie très particulière. Ils ont, en outre, la spécialité de « faire le mort » avec un grand art.
Certains de ces Insectes, à l’état larvaire, sont très nuisibles à l’agriculture ; leurs larves jaunâtres, luisantes, connues sous le nom de ver fil de fer, en raison de leur raideur, mettent cinq ans à arriver à l’état adulte. Elles rongent les racines des céréales, légumes, jeunes arbres et peuvent entièrement détruire les jeunes pousses de blé et d'avoine. Le plus commun de ces destructeurs est l’Agriotes lineatus (fig. 447).
À cette famille appartient le genre Pyrophorus, remarquable par la magnifique lumière qu'émettent la plupart des nombreuses espèces qui le composent et qui appartiennent toutes à l'Amérique centrale, où on leur donne le nom de Cucujos (fig. 450). Ces Insectes, dont le mieux connu est le Pyrophorus noctilucus, portent sur le thorax deux surfaces jaunes, polies, rondes et, sur l'abdomen, un troisième organe impair, qui sont les organes producteurs d'une lumière très vive, étudiée par le professeur
Larve de Silpha.
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Fig, 454 — Nécrophores sur un cadavre de Mulot.
Dubois. La lumière, quand elle s'allume, tire sur le vert, puis devient de plus en plus rouge. Les œuts et les larves de ces Insectes sont lumineux.
Les Buprestides (fig. 4%) comptent les plus brillants des Coléoptères ; leurs couleurs étincelantes, leur éclat métallique aux tons inimitables, leurs reflets dorés, cuivrés, argentés, en font des êtres admirables. Certains pourtant sont plus modestes parmi les 5 000 espèces qui composent la famille. Leurs brillants reflets métalliques sont dus à la structure multilamellaire de leurs téguments à travers lesquels se réfracte la lumière. Ces animaux abondent dans les pays tropicaux ; ils sont là plus grands et plus beaux que les nôtres. (PI. des XYLOPHAGES, fig. | et 2.)
Les larves habitent dans les arbres, sous les écorces ou dans les galeries qu'elles creusent dans le bois.
Le Bupreste du chêne, Coræbus bifasciatus (PI. des XYLo- PHAGES, fig. 3),est un bel Insecte vert métallique, dont la larve creuse, entre l'écorce et le bois du chêne vert, des galeries qui nuisent à cet arbre; au moment de se transformer en nymphe, elle fore une galerie annulaire sous l'écorce, ce qui fait périr l'arbre, puis elle s’enfonce au cœur du bois où elle se transforme en nymphe. L'Agrilus piri, de couleur verte, s'attaque aux arbres forestiers et fruitiers: l’Agrilus sinuatus (PI. des XYLOPHAGES, fig. 22), aux poiriers.
Le grand Bupreste des pins (Anthaxia morio) est un Insecte très nuisible aux forêts de pins, dont il ronge le bois et creuse les écorces au point de faire périr les jeunes sujets et les branches des gros. L'Agrilus bimaculatus détériore les chênes (PI. des XYLOPHAGES, fig. 23).
Le Capnodis tenebrionis (fig. 451) vit sous l'écorce des arbres fruitiers, notamment des cerisiers, qu'il fait périr. Le Chrysobothris affinis ou Bupreste voisin (PI.
Fig. 462.
Antennes d'un Lamellicorne.
| ; Fig. 460, Fig. 461.
Fig. 455, Fig. 456. Fig. 457. DRE1S 456 Fig, 459. Attagène des Anthrène Ptine à six points. Nitidule, Méligèthe. Silpha thoracica. Dermestes lardarius etlarve. pelleteries. des musées.