‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 85 sur 260 · CI. J. Boyer · texte numérisé non relu

CI. J. Boyer

Moustiques femelles,

l'adulte sort de la peau nymphale largement déchirée et s'envole prêt à commencer ses piqûres.

Ainsi que nous l'avons dit dans le chapitre des Protozoaires, ce sont eux qui inoculent le paludisme par les moustiques du genre Anophèles, nous avons encore retrouvé les moustiques dans le chapitre des vers Nématodes où nous les avons vus coupables de l'inoculation de la filariose. À eux encore l'humanité est redevable de la fièvre jaune, que les moustiques du genre Stegomya inoculent dans le centre américain. Et probablement la lèpre et la peste sont aussi leur œuvre !

Dans le genre Culex (fig. 559), signalons le C. pipiens qui est de beaucoup le plus fréquent en France : il ne peut inoculer le paludisme, mais c'est lui qui, dans les pays chauds, en collabo-

Fig.565.— Mayetiola destructor (d'après Marlatti).

Fig. 566. — Diplosis.

Pupe d'Hypoderme des Bovidés.

ration avec quelques autres moustiques dont le C. pungens, héberge la Filaire de Bancroft et renferme aussi des spores de certains parasites du sang des oiseaux.

La Stegomvya calopus (fig. 560), qui pullule dans les régions tropicales du monde entier et autour de la Méditerranée, est un des principaux disséminateurs de la fièvre jaune dans l'Amérique centrale.

Une section des Culicides (les Anophélides), est celle qui contient les moustiques inoculant le paludisme. C'est l'Anopheles maculipennis, répandu dans toute l’Europe, le pourtour de la Méditerranée, l'Amérique, qui transporte et injecte le parasite de la fièvre intermittente : il est le principal coupable de la malaria; d’autres espèces voisines jouent le même rôle, notamment le Pvyretophorus costalis, en Afrique, Madagascar, Inde, Indo-Chine où il peut en même temps inoculer la filaire du sang.

Les lipulides (fig. 562) contiennent des espèces nuisibles aux cultures. La forme commune est la grande Tipule, ressemblant à un énorme cousin, ayant, grâce à ses immenses pattes, l'aspect d'une araignée faucheuse volante. Cette Tipule entre souvent dans les maisons et, quand on veut la saisir, elle laisse ses pattes entre les mains du chasseur par un phénomène d'autotomie volontaire; d’ ailleurs elle ne se nourrit pas pendant sa vie adulte qui est très courte et destinée seulement à la reproduction.

La Tipula oleracea pond ses œufs près de la racine des plantes ; les larves rongent ces racines et causent de grands dégâts quand elles

Fig. 567, — Diplosis (Isosoma) tritici (d'après Marlatti). A, mâle; B. femelle,

Hypoderme des Bovidés. Femelle.

Larves de Gastrophilus inteslinalis sur la muqueuse de l'estomac du cheval.

Fig. 568. — Isosoma $randis (d’après Webster).

Œufs de l'Hypoderme.

Les mêmes sur la muqueuse gastrique du cheval.

sont nombreuses, ce qui arrive surtout lorsque les étés sont humides. Ces larves ont une consistance très dure.

Le Bibio Marci (fig. 563), noirâtre, a une larve qui ronge les racines de diverses plantes, notamment les asperges.

Les Mycetophilides sont de toutes petites mouches à longues pattes jaunâtres dont les larves vivent le plus souvent dans les champignons, mais aussi dans des matières animales ou végétales en putréfaction.

Certaines de ces larves vivent en grandes sociétés et émigrent toutes à la fois en une véritable armée, d'où le nom de ver militaire que l'on donne à une de ces espèces, le Sciara militaris (fig. 564).

Les Cecidomides sont de tout petits insectes à longues pattes, à corps plus renflé que celui des Moustiques, dont beaucoup déterminent la production de galles sur les végétaux et la déformation de diverses parties des plantes. Quelques-unes, au contraire, dévorent les pucerons et les acariens : on cite même une espèce américaine (Diplosis resinicola) qui se nourrit de résine. Un naturaliste russe, Wagner, a découvert que des larves de cette famille peuvent quelquefois produire des jeunes qui, pour se nourrir, dévorent les organes de leur mère, laquelle périt, naturellement, sans avoir pu devenir adulte, cela peut continuer ainsi pendant focus générations.

Quelques Cecidomides sont importantes à connaître en raison des dégâts qu'elles produisent : telle est la célèbre mouche de Hesse (Mavyetiola destructor) noirâtre, dont l'abdomen est cerclé de rouge (fig. 565). Elle pond, au printemps, des œufs qu'elle dépose au moyen

e sa tarière sur les feuilles tendres du blé, puis elle descend le long de la tige, la creusant de fossettes qui, diminuant sa solidité, la font se rompre près de sa base. Elle y forme sa pupe et bientôt il en sort un nouvel insecte qui recommence le même travail ; il peut y avoir jusqu'à six générations par an, dont la dernière s'attaque aux blés nouvellement levés en automne. Le sosoma tritici (fig. 567) et le 1. grandis (fig. 568), qui n'ont que 2 à 3 millimètres de long, déposent leurs œufs dans les tiges ou épis en fleurs du blé, les larves perforent les grains en formation qui se dessèchent.

BRACHYCÈRES. — Cette division peut être caractérisée dans son ensemble parles insectes que

LESNARTEROPODES

Fig. 569. — Œstre du cheval et sa larve.

l'on nomme vulgairement les Mouches. Leur abdomen est court et large, leurs pattes courtes, leurs antennes, formées de trois articles, peu visibles, portent habituellement une sorte de soie terminale. Quant à leurs larves, tout le monde en connaît la forme par celle des asticots qui se transforment en une nymphe à l'abri d'une coque brune, arron-

die aux deux bouts, d'où l'insecte adulte s'échappe en soulevant une des extrémités s'ouvrant comme un petit couvercle.

Beaucoup de ces mouches sont nuisibles à l’homme, non seulement par leur piqûre mais par les microbes qu'elles inoculent, vivant très souvent sur des matières en décomposition.

Les Œstrides (fig. 569) sont de grosses mouches dont les yeux très écartés laissent entre eux la place où loger trois ocelles et de courtes antennes. Ordinairement leur trompe est atrophiée et elles ne peuvent se nourrir.

Le Gastrophilus intestinalis (fig. 569) est une grosse mouche velue, grise, qui vit au grand air autour des chevaux, ânes, mulets, en voltigeant sans cesse ; elle s'arrête de temps en temps pour déposer un œuf qu'elle colle aux poils de ces animaux dans un endroit où ils peuvent se lécher, principalement aux jambes, aux genoux; puis elle reprend son vol interrompu et quelques instants après dépose un autre œuf dans le voisinage du premier; elle en pond

Fig, 573.

Lucilia Cæœsar et sa larve.

Fig. 570. — Hypoderma bovis.

À, larve; B, pupe.

Mouche domestique et sucre.

Fig, 574 — Mouches.

A, Domestique ; B, Sa larve : C, Pupe ; D, Mouche à viande.

Fig. 571. Fig, 572, — Siomoxys Anthomya pluvialrs. calcitrans (d'ap. Howard),

ainsi plusieurs centaines. [l en sort de petites larves vermiformes que le cheval, en se léchant, avale souvent en grand nombre: elles descendent dans son œsophage et arrivent dans l’estomac où elles prennent une forme cylindrique, une couleur brune et des couronnes de crochets autour du corps; elles s'attachent à la muqueuse, au moyen de leurs

mandibules; elles en pompent le sang.

On en trouve quelquefois plusieurs centaines ainsi fixées les unes à côté des autres, immobiles pendant un an ou un an et demi ; après quoi elles se détachent de la muqueuse, passent dans l'estomac, l'intestin, le rectum d'où elles sont expulsées avec les matières fécales et tombent sur le sol où elles se transforment en pupes, enfermées dans la peau de la larve brune et dure qui sert de cocon ; au bout de cinq semaines environ l'adulte ouvre cette coque à l’aide d’une sorte d’ampoule fixée à son front ; l’insecte parfait ne vit que très peu de temps.

L'Hypoderme du bœuf(Hypoderma bovis) est une mouche noirâtre, poilue qui, elle aussi, pond ses œufs sur les poils du dos des bœufs (fig. 570).

Cette larve détermine dans la peau une sorte d'abcès au milieu duquel elle vit et n'en sort qu'un an après le début de sa vie larvaire:; elle tombe à terre, s'y transforme en nymphe et est adulte en cinq à six semaines. Les bœufs ne paraissent pas souffrir de ce parasite, mais les abcès perforent leur peau et la rendent presque inutilisable pour

Fig, 575, — Compsomyia macellaria (d'après Osborn).

Fig. 577. — Dermatobia.

Glossina palpalis au repos (d'après Deschiens).

la fabrication du cuir quand il y a trop de trous.

Divers oiseaux, notamment les pies, s'installent sur le dos des bœufs et percent de leur bec la tumeur sous-cutanée pour en extraire le parasite.

Les Muscides forment la famille des mouches proprement dites.

La trompe des mouches est un organe très compliqué, très sensible, servant à lécher les liquides ; leurs antennes portent sur le troisième article une soie problablement olfactive. Les mouches sont vivipares ou ovipares; les larves se développent le plus souvent sur les matières organiques en décomposition.

Les Anthomyes (fig. 571), sont des mouches qui pondent leurs œufs sur diverses plantes potagères; leurs larves vermiformes creusent des galeries dans leurs tiges, leurs racines et leurs feuilles, et passent l'hiver à l'intérieur sous forme de pupes. On en connaît plusieurs espèces qui font des ravages dans les oignons, les navets, les choux, les radis, les betteraves.

Les Tachinides ont des larves qui vivent en parasites à l'intérieur du corps d'autres insectes, notamment des chenilles. Une espèce cause de grands ravages dans les élevages de vers à soie au Japon.

Le genre Musca, dont le type est la mouche domestique, si insupportable et si abondante partout, mais plus particulièrement sous les climats chauds, est un insecte très fécond qui dépose ses œufs sur les matières alimentaires ou fécales, le fumier, les fruits, les ordures de toutes sortes. Les bactéries pathogènes qu'elles collent à leur trompe ou à leurs pattes et transportent partout, notamment celles du choléra, de la fièvre typhoïde, de la tuberculose, de l'ophtalmie purulente, la rendent éminemment dangereuse. Cette Musca domestica (fig. 573), dont l’homme n'arrive pas à se débarrasser, est un de ses plus grands ennemis; on ne le sait pas assez et on n’a pas suffisamment mis en évidence la nécessité de détruire cet hôte de nos maisons. Les mouches des hôpitaux sont particulièrement dangereuses.

La Calliphora vomitoriaest une grosse mouche dont l'abdomen est bleu foncé ; on la nomme mouche à viande, mouche à vers ; elle dépose ses œufs sur la viande et, en quelques heures, il en sort des larves qui ne tardent pas à donner des pupes et des adultes; on l’a trouvée dans l'intestin et les fosses nasales de l'homme.

La Lucilia Cæsar (fig. 573) est une magnifique mouche à éclat métallique vert doré qui pond sur les cadavres et les matières fécales. Ce sont ses larves que l'on élève sur des détritus de boucherie pour les vendre aux pêcheurs à la ligne sous le nom d'asticots.

La Compsomya macellaria (fig. 575), appelée aussi Hominivorax, est de grande taille et porte des lignes noires et grises longitudinales sur le thorax ; elle est très répandue en Amérique où elle pond dans les orifices naturels et les plaies de l’homme: ses larves à crochets déchirent les tissus et causent de très grands désordres.

Le Cordvylobia anthropophaga du Sénégal, dont la larve est connue sous le nom de ver de Cayor, cause de graves plaies sous la peau de l’homme et de divers mammifères.

La Dermatobia cyaniventris, dont la larve est le célèbre ver macaque, produit des troubles graves dans la peau.

La mouche piquante ou Sfomoxys calcitrans (fig. 572), connue encore sous le nom de mouche charbonneuse, ressemble à la mouche domestique, mais elle

Fig. 581. — Glossine (Morsitans)

Fig. 582. — Dacus.

Fig. 578. — Sarcophaga carnaria (d’ap.van Beneden).

Fig. 579. — Platyparée.

Fig. 580. — Chlorops.

en diffère par sa trompe raide, dirigée en avant, avec laquelle elle pique la peau de l'homme et peut inoculer ainsi le charbon par les bactéries qu'elle récolte sur les cadavres de moutons. Sa larve vit dans le crottin de cheval.

Le genre Glossina comprend des mouches africaines dont plusieurs espèces sont très redoutables pour l'homme et les animaux domestiques. L'une d'elles, la Glossina palpalis (fig. 576), inocule à l'homme la maladie du sommeil. Cette mouche vivipare qui pullule sur le bord des rivières de l'Afrique centrale, piquant un individu infecté par les trypanosomes (T'rypanosoma gambiense), puis allant en piquer ensuite un autre indemne, lui inocule la maladie du sommeil. Une autre espèce, la Glossine morsitans (fig. 581) ou mouche Tsé- Tsé, pique aussi l'homme et les animaux domestiques ; mais tandis que l'homme n'en ressent aucun trouble, les chevaux, moutons, chameaux, chiens, périssent par l'inoculation d'un trypanosome (T. Brucei) qui leur donne la maladie connue en Afrique sous le nom de Nagana.

Dans le genre Sarcophaga citons la classique S. Carnaria (fig. 578), grosse mouche grise très commune, à rayures thoraciques noires, qui pullule dans les campagnes et se jette en foule sur les cadavres et les matières fécales ; elle est vivipare et l’on dit qu’elle peut pondre jusqu’à vingt mille larves. Elle ne se gêne pas pour pondre sur l’homme vivant endormi et ses larves pénètrent dans les cavités naturelles, produisant des désordres mortels. La Sarcophila magnifica se rend coupable des mêmes méfaits, elle est commune en Russie. En revanche plusieurs espèces sont utiles car leurs larves détruisent d’autres insectes. C'est ainsi que de nombreux criquets, en Algérie et aux États-Unis, sont dévorés par des larves de Sarcophages.

La Platyparée des asperges (fig. 579), jolie mouche brune à ailes zébrées noires et blanches, pond ses œufs sur la pointe des asperges ; la larve descend à l'intérieur jusque dans la racine et fait périr la plante.

Le Spilographa cerasi est une mouche noire qui dépose ses œufs dans les cerises jeunes et dont on trouve la larve dans la cerise mûre sous forme d'un ver; c'est la cerise véreuse, si fréquente dans certaines espèces douces, très rare au contraire dans les espèces acides.

Le Dacus oleæ cause de graves dommages dans les oliviers.

Les Chlorops (fig. 580) sont de toutes petites mouches aux yeux verts formant des essaims immenses qui pénètrent dans les maisons ; certaines espèces causent un grand tort à l'agriculture.

Les Syrphides (fig. 583) sont de belles et élégantes mouches, au corps rayé de jaune et de noir, qui volent de fleur en fleur dans nos jardins en plein soleil pour en manger les grains de pollen.

Leurs larves ont des adaptations multiples; les unes se nourrissent de pucerons, notamment de ceux du rosier: d’autres vivent dans l’eau sale ou dans les détritus, le fumier, les matières fécales ; celles-là ont un long appendice caudal, qui leur a fait donner le nom de vers à queue de rat. Citons encore les larves des Volucelles qui vivent en commensales dans les nids des abeilles et des guêpes, et celles des Microdon dans ceux des fourmis.

Les Surphes sont remarquables par leur singulier mode de vol; elles s'arrêtent brusquement en l’air sans cesser pourtant de faire vibrer leurs ailes, puis repartent avec la rapidité d'une flèche.

Les Volucelles (fig. 584) sont faciles à confondre avec des guépes; ce sont de fort beaux Diptères aux couleurs vives, au vol rapide. Elles dévorent les cadavres, les déjections, les rebuts de toutes sortes.

Les Eristales (fig. 585 et 586) sont de ‘grosses mouches ayant plus ou moins l’apparence d’abeilles, et dont les larves très

Fig. 583. — Syrphe. Fig. 584. — Volucelle zonée.

Fig. 587. — Taon des bœufs (d'après Deschiens).

mobiles vivent, comme il vient d’être dit, dans les matières putrides où elles respirent par l'orifice stigmatique de leur extrémité caudale. On les a trouvées quelquefois dans l'intestin de l’homme.

Les Stratiomides (fig. 588) sont extrêmement nombreuses: ces mouches, généralement de grande taille, se tiennent ordinairement sur les fleurs. Les larves vivent soit dans les matières végétales en décomposition, soit dans l'eau, et Hamon en cite qui vivent dans des sources thermales tellement chaudes qu'il ne pouvait y plonger sa main; d’autres vivent dans des eaux alcalines et salées.

Les Asilides (fig. 589) sont des mouches carnassières qui font la chasse aux insectes. On en connaît plusieurs milliers d'espèces. L'espèce de nos pays la plus répandue est l’Asilus crabroniformis, ou Asile frelon, qui a 2 cent. et demi de longueur.

Tabanides. — Ce sont ces Taons qui importunent les chevaux. Ces grosses mouches aux grands yeux ont une forte trompe à deux stylets chez la femelle, quatre chez le mâle; elles volent très rapidement et leurs femelles se nourrissent du sang des animaux tandis que les mâles se contentent de sucer les fleurs. Les larves des tabanides sont tantôt aquatiques, tantôt terricoles ; d’autres vivent dans le bois pourri; toutes dévorent les larves de divers insectes ; leur pupe ressemble à une chrysalide de papillon.

Parmi les Tabanides nous citerons le Taon des bœufs (Tabanus bovinus), énorme mouche de 3 cent. de long, brune, poilue, faisant en volant un grand bruit qui aflole les bœufs et les chevaux, et dont la piqûre produit une abondante hémorragie (fig. 586).

Le taon d'automne (Tabanus automnalis) est plus petit; il s’attaque aussi aux chevaux et aux bœufs. Dans nos bois pullule l’Hœmatopota pluvialis (fig. 590); elle est particulièrement insupportable pendant les journées chaudes et orageuses.

PUPIPARES. — Ces animaux sont organisés pour piquer la peau des mammifères et sucer leur sang; quelques-uns même s’attaquent aux oiseaux, les Braula aux abeilles. Ce sont des animaux qui courent plutôt qu'ils ne volent, certains même sont aptères.

Dans la famille des Hippoboscides (fig. 591), nous trouvons des mouches assez grosses qui tantôt ont des ailes, tantôt en sont privées. L'Hippobosca equina ou mouche-araignée du cheval se trouve aussi sur les bœufs; elle circule sur leur peau où sa couleur jaunâtre et ses ailes rouges la dissimulent assez bien; ce sont des insectes durs, difficiles à écraser. Le Melophagus ovinus où Mélophage du mouton est aptère et ressemble à un pou; sa larve se développe dans une poche de l'organisme maternel où des sécrétions spéciales la nourrissent; elle se transforme en pupe aussitôt pondue. Les Sténoplervx sont parasites parmi les plumes des hirondelles.

Les Braulides sont représentées par un seul insecte, des plus bizarres, le Braula cæca (fig. 592), aveugle, aptère, dont le bout des six pattes est armé de deux crochets énormes. Il vit accroché sur les abeilles et notamment sur les reines ; les femelles pondent

Larve d'Eristale, face ventrale (d'après Miall).

Fig. 593.

Fig. 594. — Nycteribia Mélophage.

(d’après Sharp).

et sa larve.

Fig. 590, — Hématopote pluvialis,

Fig. 595. — Puce de l'homme

Fig. 589. — Asile,

Fig. 588. — Stratiome caméléon.

des larves qui s’accrochent à la première abeille qui passe à leur portée.

Dans la famille des Nvctéribides (fig. 594), nous trouvons quelques insectes complètement dépourvus d'ailes et si déformés par le parasitisme qu'il est très difficile d'établir leur véritable parenté; ils vivent parmi la fourrure des chauves-souris. Ils sont aveugles.

APHANIPTÈRES. — Ce sont les puces. Elles sont dépourvues d'ailes. C’est leur genre de vie semi-parasitaire qui leur a fait perdre ces appendices. En revanche leurs pattes postérieures, très développées, leur permettent de faire des bonds considérables. Leur corps est aplati latéralement, brun foncé; la tête, petite, est garnie de menues antennes, et les yeux sont rudimentaires ou complètement absents. Les pièces de la bouche sont disposées pour piquer. Les femelles ont un gros abdomen; elles pondent soit dans la fourrure de l'animal qu'elles habitent, soit sur le sol, de petits œufs ovales qui bientôt deviennent des larves vermiformes, vivant de débris organiques. Elles sécrètent un petit cocon, puis elles s'y transforment en une nymphe à membres libres qui, en une douzaine de jours, devient adulte; toute l’évolution dure environ deux mois.

Les puces comprennent un assez grand nombre d'espèces qui s’attaquent aux mammifères et aussi, mais moins souvent, aux oiseaux.

Les puces ont un hôte de prédilection, mais 1l se fait souvent des passages d'un animal à un autre.

Ces insectes sont non seulement très désagréables, mais ils peuvent, quandils sont abondants, causer des insomnies prolongées qui fatiguent les enfants, les malades et les personnes nerveuses. Mais, fait plus grave, on les considère comme l’un des principaux véhicules de divers microbes pathogènes, par exemple de la peste.

La Puce de l'homme est la Pulex irritans (fig. 595). Elle passe facilement d'une personne à une autre; ses larves se développent surtout dans les fentes des parquets.

On trouve quelquefois sur l'homme la puce de chien (Pulex serraticeps (fig. 596) ou du chat (P. cati). On a remaïqué que les chevaux et les bœufs non seulement n'ont pas de puces, mais font fuir ces animaux qui, en revanche, pullulent dans les chenils.

La Sarcopsylla penetrans (fig. 597), appelée chique, des contrées tropicales d'Afrique et d'Amérique, est une toute petite espèce. La femelle fécondée pénètre dans la peau des pieds, y suce le sang et y développe son abdomen plein d'œufs jusqu'à la grosseur d’un petit pois, ce qui détermine un abcès autour du parasite.

Fig. 592. — Braula cæca

Fis. 591. (d'après Niemert).

Fig. 597.

Sarcopsylla penetrans ; femelles ovigère et libre.

Fig. 596. — Puce du chien et sa larve (d'après Howard et Kunckel).

Fig. 598. — DIVERS RÉSEAUX CONSTITUANT LE FILTRE BRANCHIAL DES ASCIDIES

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