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I. — CARACTÈRES PRINCIPAUX

ES Vertébrés possèdent un axe dur ou colonne vertébrale,

compris entre la moelle épinière et le tube digestif; c'est un

caractère constant qui ne manque que chez quelques Poissons tout à fait inférieurs. Deux autres caractères essentiels sont: le cerveau plus ou moins complexe et la boîte cartilagineuse ou osseuse, désignée sous le nom de crâne, qui le contient. En outre, on peut citer la symétrie bilatérale ou identité des deux côtés du corps, sauf cependant chez les Poissons plats ou Pleuronectidés. Le corps des Vertébrés comprend le plus souvent trois parties qui sont la tête, le tronc etles membres. La queue n'est qu'un prolongement de la colonne vertébrale qui termine ordinairement le tronc en arrière de l'anus et des membres postérieurs.

Quant aux membres ils sont pairs ou impairs. Les premiers, fixés au tronc, sont normalement au nombre de quatre, disposés en deux paires; ce sont les nageoires des Poissons, les ailes et les pattes des Oiseaux, les membres antérieurs et postérieurs des Batraciens, des Reptiles et des Mammifères. Les membres impairs appartiennent aux Poissons.

L'enveloppe extérieure des Vertébrés, ou tégument, se divise en deux parties superposées: l'épiderme toujours stratifié, à l'extérieur, et le derme en dessous. L'épiderme produit toujours, à la base, de nouvelles cellules qui remplacent les cellules mortifiées et éliminées de la surface : il se renouvelle ainsi continuellement. Les écailles des Reptiles, les plumes des Oiseaux, les poils des Mammifères sont des substances cornées protectrices, produites par l'épiderme. Chez les Poissons, le derme et l'épiderme collaborent à la formation des écailles.

Pour décrire sommairement les différents organes des Vertébrés, il est tout naturel de commencer par la charpente, par l'élément solide qui soutient l'édifice, le squelette, sans lequel tout l'organisme serait mou et s'effondrerait sur lui-même.

On rencontre dans le squelette des Vertébrés (fig. 612 et 613) trois genres de substances, représentées par les tissus conjonctif, cartilagineux et osseux. Le tissu conjonctif existe comme état provisoire du squelette chez l'embryon des Vertébrés. Le tissu cartilagineux existe seul chez certains Poissons comme les Lamproies, les Requins, etc.; chez l'embryon des autres Vertébrés, il représente le deuxième stade de la formation du squelette. Dans ce dernier cas le cartilage est entouré d’une membrane contenant des particules calcaires qui contribueront à l’ossification ; celle-ci se produit par résorption du

tissu cartilagineux et remplacement progressif par le tissu osseux. Le cartilage ne disparaît complètement des os que lorsque la croissance de l'individu est terminée.

L'ossification du squelette se fait autour d'un grand nombre de centres (fig. 614). Il est intéressant de faire remarquer dès maintenant que certains centres donneront chacun naissance à un os unique, tandis que d’autres finissent par se souder entre eux pour former un os également unique. D'autre part, si l'on étudie le rôle de ces centres d'ossification chez les différents groupes d'animaux, on constate qu'un os de Vertébré supérieur pourra correspondre à plusieurs os qui restent séparés chez un Vertébré inférieur. Le tissu osseux est composé d'une matière organique appelée osséine et imprégnée d'une grande quantité de sels calcaires auxquels elle doit sa dureté et sa résistance.

Nous dirons rapidement quelques mots du squelette du tronc, de la tête et des membres. Chez l'Amphioxus, animal d’où dérivent les Vertébrés, celui du tronc est formé d’un axe appelé corde dorsale et composé SE ton conjonctif embryonnaire.

Chez les Cyclostomes, qui sont les Poissons les plus inférieurs, le squelette est à peine plus compliqué ; mais immédiatement au- -dessus de ces animaux, on voit apparaître les vertèbres cartilagineuses, puis, chez les formes plus élevées encore, les vertèbres osseuses ; l'ensemble des vertèbres constitue la colonne vertébrale. Par suite de la conver-

Fig. 612. — Squelettes.

À, d'un Poisson (Perche) et B d’un Batracien (Grenouille),

gence de leurs arcs supérieurs, toutes les vertèbres se trouvent percées d'un trou dans leur partie dorsale, et comme elles sont exactement placées les unes à la suite des autres, elles forment un véritable tube, d'ailleurs incomplet, qui est le canal vertébral ou rachidien dans lequel passe la moelle épinière.

Il existe plusieurs sortes de vertèbres (fig. 615). On y distingue, en effet, les vertèbres amphicæliennes, qui sont biconcaves, comme chez les Téléostéens ou Poissons osseux ; les vertèbresprocæliennes, concaves en avant et convexes en arrière, comme chez les Batraciens anoures et

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