‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 9 sur 260 · LES INFUSOIRES · texte numérisé non relu

LES INFUSOIRES

Nous constatons un nouveau progrès dans la complication du protoplasma ; jusqu'ici aucune membrane ne l’enveloppait, et il pouvait émettre des pseudopodes temporaires ; 1l s'entoure maintenant d'une membrane, véritable peau à contour défini, qui, tout en restant très souple, donne à l'animal une forme précise. Les pseudopodes sont remplacés par des organes locomoteurs, fouets ou cils vibratiles, placés toujours au même endroit, et de forme déterminée. Leurs battements servent à produire le déplacement, souvent très rapide, de l'animal dans l’eau.

Suivant que l'animal possède un petit nombre, ordinairement trois ou quatre, de grands fouets locomoteurs ou un grand nombre de cils vibratiles courts et fins, on le place dans la section des Infusoires Flagellés ou des Infusoires Ciliés.

Tous ces Infusoires sont extrêmement abondants, aussi bien dans l'eau douce que dans l’eau de mer; il y en a aussi dans la terre humide ; d’autres sont parasites. [ls se reproduisent rapidement, par des procédés divers et compliqués: ils peuvent s’enkyster, pour passer la mauvaise saison ou se mettre à l'abri des conditions défavorables ; enfin, nous constatons chez eux, pour la première fois, une reproduction sexuée par conjugaison de deux individus.

LESMINPEUSOIRESMEEAGELLES

Le corps se prolonge en une ou plusieurs pointes en forme de fouet mobile qui lui permettent de se déplacer rapidement dans l'eau ou dans les liquides organiques et servent aussi à déterminer des courants amenant à leur bouche les particules alimentaires; celles-ci sont digérées dans les mailles du protoplasma interne. L'un des fouets repliés constitue le bord d’une lame ondulante.

Ces êtres se reproduisent de diverses manières : tantôt ils se fendent en long, chacune des deux parties se partageant le noyau et le protoplasma unique, et se complétant ensuite. Tantôt le protoplasma se contracte, sécrète une membrane solide, à l'abri de laquelle il se divise en un grand nombre de spores; ce kyste, se rompant, met en liberté de petits êtres qui, en grandissant, deviennent semblables à leur parent.

La plupart des Flagellés vivent libres dans l’eau douce, où ils nagent ou bien se fixent par la pointe de leur corps. Certains d’entre eux se groupent en colonies.

Parmi ces Flagellés, les plus inférieurs ressemblent à des Amibes qui auraient un fouet : le plus intéressant de ces êtres est le Trichomonas vaginalis (fig. 37), parasite de l’homme et de la femme

dans les mucosités

de la bouche, de

la vessie, des voies biliaires, urinaires, etc.: il n’a guère plus d'un centième de millimètre de long. D'autres espèces analogues ont été observées accidentellement chez l’homme et divers Mammifères.

Dans le même groupe, on place les Trypanosomes, qui ont un grand intérêt médical. L'un des plus curieux est le Trypanosoma gambiense (fig. 40), qui cause la maladie du sommeil. C'est un petit être vermiforme, ayant 2 à 3 centièmes de millimètre de long, pointu aux deux bouts, dont l’un se termine par un long fouet; tout le long du corps est une membrane ondulante; cet être vit en parasite dans le liquide rachidien de l’homme, où il se reproduit par division. L'homme est contaminé par la piqûre de la mouche Tsé-tsé (Glossina palpalis (fig. 41]), chez laquelle le parasite vit dans le tube digestif; en piquant la peau d’un homme, elle inocule le trypanosome ; le parasite vit quelque temps dans le sang et cause des accès de fièvre; puis il passe dans le liquide rachidien et détermine la somnolence, et, finalement, l’état comateux, précurseur de la mort. Le Trypanosome fait périr un grand nombre de nègres en Afrique (fig. 39) et, contrairement à ce que l’on croyait tout d’abord, est aussi mortel pour les blancs.

Un autre Trypanosome (T. Evansi) détermine aux Indes une maladie, la surra, qui décime les troupeaux; un autre encore (T. equiperdum) cause une grave maladie des chevaux en Algérie, la dourine.

On a l'habitude de classer dans cette même famille le genre Spirochæta, qui est probablement formé de bactéries spiralées. Le S. Obermeieri ou recurrentis (fig. 42) cause la fièvre récurrente. C’est un petit être en forme de tire-bouchon effilé, qui nage dans le sang de l’homme : pendant l’accès de fièvre, on le trouve un peu partout dans le sang; dans l'intervalle des accès, il est en repos dans la rate.

Il est vraisemblablement inoculé par les Punaises et surtout par les Poux.

Un parasite analogue, le Treponema pallidum (fig. 43), ressemble au précédent, mais il est plus petit (environ | centième de millimètre); 1l ressemble à une vrille ayant huit à dix tours de spire. On le trouve dans tous les organes des syphilitiques, et c'est vraisemblablement lui qui est l'agent infectieux de cette terrible maladie. On ne connaît pas encore suffisamment son évolution.

Un autre Spirochæta, le S. exanthematotyphi, cause une autre terrible maladie, le typhus exanthématique; un autre, le S. ictéroides, inoculé par un moustique, cause la fièvre jaune.

Parmi les Flagellés, toute une famille est nettement caractérisée par l'addition d'un organe singulier. Que l’on se figure un verre à boire en cristal transparent, planté sur le corpsde l’Infusoire, de façon que son fouet s'élève comme une tige ondulante au centre du verre et, par ses mouvements, amène à la bouche, qui est au fond, les parcelles alimentaires. Ces Choanoflagellés se groupent en colonies (fig. 44).

itons enfin une dernière famille dont le type, la Noctiluque, produit,

Fig, 35, — Raphidiophrys pallida.

Fig, 36. — Acanthometra elastica.

Fig. 37. ; PS Trichomonas Fig. 38. — Radiolaires.

vaginalis A, Xiphacanthe ; B, Rhizosphère :

(d’après Neveu-Lemaire). C, Cœlodendrium; D, Héliosphère.

is.

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