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ORDRE DES CYCLOSTOMES

L'ordre des Cyclostomes est caractérisé d’abord par l'absence de nageoires paires et par l'aspect général du corps qui est allongé, vermiforme. La bouche est une puissante ventouse circulaire ou semicirculaire sans mâchoires. Ces animaux portent six ou sept paires de poches branchiales et six ou sept paires d'ouvertures branchiales. La colonne vertébrale n’est qu'un cordon caïtilagineux dans lequel on ne peut distinguer les vertèbres. La peau est privée d'écailles.

Les Cyclostomes comprennent peu de formes : les plus inférieures appartiennent à la famille des Myxinidés; ils vivent en parasites sur le corps de divers Poissons dont ils entraînent rapidement la mort; c'est à ce genre d'existence qu'ils doivent leur dégradation organique. Leur taille est à peu près de 20 cent. Ils ont quatre paires de barbillons, une dent sur le palais et deux séries sur la langue. On a observécesanimaux dansles mers du Nord, notamment dans les parties profondes des fjords de Norvège. On peut citer Myxine glutinosa, parasite des Morues.

Les autres Cyclostomes constituent la famille des Pétromyzontidés : ils sont caractérisés par la distribution plus large de dents’ cornées, sept paires d'ouvertures branchiales et une valvule spirale dans l’intestin. Les espèces d’eau

Fig. 637.

Lamproie fluviatile (Petromyzon fluviatilis) et Lamproie de Planer (P. Planeri), habitent les fleuves d'Europe et d'Amérique : on pêchait autrefois la première en quantités considérables dans la Tamise; mais ces espèces sont maintenant et partout assez rares. La grande Lamproie (fig. 638) ou Lamproie marine (P. marinus) peut

douce :

atteindre la taille d'un mètre; sa bouche est complètement circulaire, armée d'organes cornés appelés odontoïdes qui remplacent les dents: c'est un suçoir large et puissant, convenant à l'alimentation essentiellement carnivore de cet animal. La nageoire dorsale est divisée en deux parties, la partie postérieure est unie à la caudale. Des recherches de M. Louis Leger, il résulte que la période larvaire en eau douce, d’une durée d'au moins quatre ou cinq années, avec alimentation à la fois végétale et animale, se termine par la métamorphose donnant des Jeunes Lamproies qui gagnent la mer à la fin de l'automne, avec les troupes d'Anguillesen migration de descente. La période de croissance en merest probablement plus courte que la précédente ; elle s’accomplit avec un régime essentiellement carnassier et aboutit au stade adulte sexuel. Les Lamproies remontent alors le fleuveavec les Aloses et les Saumons pour la reproduction; ce voyage de noces paraît être la dernière étape de leur existence. FElles ont le sang venimeux. Une curieuse Lamproie du

Chili est la Géotrie : Geotria chilensis (fig. 639).

Bouche de la Lamproie marine.

BESBROISSONS 163

Notidanus griseus, capturé en Bretagne,

ORDRE DES PLAGIOSTOMES

Les Poissons de l'ordre des Plagiostomes sont caractérisés par un squelette bien développé, mais essentiellement cartilagineux, et par le nombre des poches branchiales, qui est généralement de cinq paires, rarement de six ou sept; les orifices de ces poches sont visibles extérieurement et n'ont pas d'opercule; on observe en outre, chez ces animaux, des écailles constituées par de minuscules noyaux osseux en forme de très petites plaques ; un repli spiral à l'intestin, l'absence de vessie natatoire, une queue souvent hétérocerque, c'est-à-dire à lobes inégaux, et une bouche transversale disposée non à l'extrémité de la tête, mais en dessous, sur la face ventrale, ce qui oblige ces Poissons à se retourner ompletement lorsqu ils ont à saisir une proie.

Certains Plagiostomes sont vivipares, d’autres sont ovipares. Chez les premiers, les éléments respiratoires et nutritifs sont fournis à l'embryon par les villosités vasculaires de l'utérus: certaines espèces, comme l'Émissole lisse d'Aristote, présentent même une sorte de placenta par l'intermédiaire duquel l'organisme mère nourrit l'embryon. Les ovipares pondent des œufs dont l'enveloppe est cornée; leurs angles se terminent souvent par des filaments qui remplissent le rôle des vrilles de certains végétaux, et qui leur permettent de s'accrocher aux algues. L'ordre des Plagiostomes comprend trois sous-ordres qui sont les Sélaciens ou Requins, les Batoïdes ou Raies et les Holocéphales ou Chimères.

LOUSORDRESDESLSELACIENS

Les Sélaciens ou Requins ont le corps cylindrique et allongé, la bouche large et transversale. Fortement musclés, ils sont organisés pour une natation puissante et rapide. Leurs fentes branchiales sont disposées latéralement de chaque côté du cou. Certaines espèces atteignent une taille considérable, jusqu'à 12 mètres de longueur, mais ce ne sont pas toujours les plus grosses qui sont les plus dangereuses pour l'Homme. Leur foie fournit une huile employée pour l'éclairage ou la corroirie; la peau granuleuse de certaines espèces est chagrinée et sert à recouvrir divers objets.

Les Squalidés sont caractérisés par la présence d'une aiguillon en avant de chacune des deux nageoires dorsales; le corps de chaque vertèbre est bien formé. L'Aiguillat (Squalusacanthias)ateint | mètre et habite les mers d'Europe. Un autre Squale (Etmopterus spinax) est largement distribué : on le trouve en Atlantique nord, Méditerranée, Pacifique méridional.

Ces Requins sont de couleur grise ; la queue est très développée et puissante ; ils sont très nuisibles aux pêcheurs.

L'Humantin (Oxvnotus centrina) est médi-

terranéen (fig. 640).

Dentition d’un Carcharias,

Capture d'un Sélacien par un navire.

On a trouvé dans les grandes profondeurs plusieurs espèces de cette famille. Dans une nasse immergée à 2 230 mètres au large de Monaco, on a pu recueillir quatre-vingt- F neuf individus de Centrophorus squamosus.

La famille des Scylliorhinidés comprend des genres connus sous le nom de Roussettes, qui sont extrêmement communes sur nos côtes; leur taille atteint au plus | métre; leur voracité fait grand tort aux pêcheurs dont elles déchirent parfois les filets pour saisir ce qu'ils contiennent, et aussi parce qu'elles accompagnent les bancs de Poissons, de Haens par exemple, et y font de terribles chasses. Ces Poissons pondent des œufs cornés, à filaments. La Grande Roussette (Scullium canicula) est effilée, avec la tête aplatie: elle est très répandue dans la Manche. Une Roussette plus petite, plüs trapue (Pristiurus melastomus), est commune dans la Méditerranée (fig. 641).

Les Cestracionidés sont des Squales à dorsales armées d'épines: ils se nourrissent de Crustacés et de Mollusques que la disposition de leurs dents obtuses, en pavés, leur permet de broyer; le Cestracion de Phillippe (Cestracion Phillippi) est habitant de l'Océan

ndien.

Les Lamnidés sont de grande taille :

leur longueur peut être de 5 mètres.

Leurs dents sont longues et aiguës. La Touille ou Taupe (Lamna cornubica) est un Requin extrêmement vorace et qui s'attaque à de gros Poissons: l'inventaire de son estomac a souvent produit d'intéressantes surprises. D'autres Squales de grande taille sont : | Oxy-

Fig. 640. — Humantin.

Fig. 642.

Carcharodonte,

Fig. 643. — Pèélerin.

Roussette à grandes taches (Scyllium stellare),

rhine ou Lamie (Oxvrhina Spallanzanii), de l'Atlantique et de la Méditerranée; le Carcharodonte (Carcharodon Rondeleti), qui est le plus redoutable des Requins (fig. 642): sa longueur atteint 5 mètres; le Pèlerin (Cetorhinus maximus), qui habite les mers du nord de l'Europe (fig. 643) et mesure jusqu’à 12 mètres. Le Renard (Alopecias vulpes) est remarquable par la longueur de sa caudale ; on le trouve dans les mêmes régions.

Parmi les Galéidés, citons le Milandre (Galeus canis), dont la taille dépasse | mètre et qui est très vorace; il habite les mers d'Europe. L’Émissole commun (Mustelus vulgaris) a des dents petites et plates, rangées en pavage (fig. 644).

La famille des Carchariidés comprend les Requins les plus typiques; plusieurs espècessont tropicales.

Les unes mangent de fortes proies animales, d’autres se nourrissent de Mollusques céphalopodes, tels que Calmars, d’autres de Mollusques de plus petite taille. Un Requin qui fréquente parfois les côtes occidentales et méridionales de la France est le Requin bleu (Carcharias glaucus), dont la longueur peut atteindre 3 mètres (fig. 645); on lui a compté jusqu à soixante-trois fœtus.

Sa couleur est bleu foncé sur le corps:

la face ventrale est blanchâtre; son foie est très toxique. Un autre Requin, de forme extrêmement curieuse (fig. 646), est le Marteau (Zygæna malleus); ce nom de Marteau répond fort bien à son aspect : son corps représente le manche et sa tête la masse de cet outil. Le Marteau se trouve assez rarement sur nos côtes.

Les Rhinidés comprennent des Squales fort curieux et dont la forme se rapproche beaucoup de celle des Raies. Ils sont aplatis et fort larges. Le développement de leurs parties latérales leur a valu le nom d'Anges et leur permet de nager à la manière des Raies. L'Ange commun (Squatina angelus) atteint 2 mètres et se tient souvent sur le sable; 1l s'y cache parfois partiellement et se nourrit de Poissons plats que leur forme oblige à se tenir comme lui au voisinage du fond ;' il habite toutes les mers d'Europe.

Une autre famille est celle des Pristiophoridés, renfermant une espèce de passage aux Scies, dont il va être parlé : c'est Pristiophorus japonicus (fig. 647), porteur, à l'extrémité du museau, d’une lame aplatie avec dents latérales.

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