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SOUS-ORDRE DES BATOÏDES

Les Batoïdes ou Raies sont généralement de forme aplatie, mais nous y verrons des exceptions. Le caractère principal qui les distingue des Squales est la situation ventrale des fentes branchiales, au nombre de cinq de chaque côté. Les nageoires pectorales sont fort larges et occupent tout le côté du corps. La nageoire anale n'existe pas. Les Raies demeurent sur le fond et ne s’en éloignent guère: elles se nourrissent de Crustacés ou de Mollusques, que leur dentition en pavage leur permet de broyer. Leur distribution géographique est plus limitée que celle des Squales; les Raies sont à peu près sédentaires. La Raie procure à l'alimentation une chair, sinon de bonne qualité, du moins abondante ; son foie fournit une huile recherchée. Mieux encore que celle des Squales, la peau de certaines espèces de Raies s'emploie pour orner différents objets, boîtes, étuis, sous le:nom de galuchat.

De même que les Anges ressemblent aux Raïies, de même les Pristidés ou Scies ont des formes de Squales. La Scie (Pristis antiquorum) a le corps allongé avec des pectorales séparées de la tête et une queue épaisse qui continue le corps. Cet animal a deux nageoires

sn,

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Pristiophore.

dorsales, alors que les autres Raies n’ont généralement qu’une petite excroissance cutanée à la naissance de la queue: mais le caractère principal de la Scie est le prolongement considérable du museau en une lame, ou rostre, dont la longueur peut représenter le tiers de celle du Poisson et qui est garnie de chaque côté, et sur toute sa longueur,

& de dents nombreuses (fig. 648); c'est de cette particularité que vient le nom de Scie ou Poissonscie. C'est cet animal que l'on accusait d'attaquer et de transpercer la Baleine et même des navires. En réalité, l'arme de la Scie est cartilagineuse et ne lui sert principalement qu'à remuer les matériaux meubles du fond pour y chercher sa nourriture. Ce Poisson se trouve dans l'Atlantique et la Méditerranée.

Avec les Torpédinidés, nous retrouvons la forme plate. Ces animaux sont caractérisés par des organes qui produisent de l'électricité (fig. 649). Leur corps est arrondi, leur peau lisse, leur queue courte et épaisse. L'appareil électrique est situé de chaque côté de la tête ; il est formé de deux masses de nature musculaire et de struc-

Fig. 648. — Scie ou Poisson-scie.

Fig. 649.

Torpille (d'après Claus).

À À, Organe électrique ; B,Lobeélectrique:

C, Nerf vague: D, Œil:

EE, Sacs branchiaux

mis à nu à gauche.

ture prismatique ; chaque prisme est composé de petites pièces plates, extrêmement minces et superposées. Cet appareil, qui rappelle la pile de Volta, est en relation avec des troncs nerveux qui s'y ramifent à l'infini; il constitue chez la Torpille un moyen d'attaque propre à paralyser les forces de la proie qu’elle convoite et un moyen de défense pour affaiblir momentanément l'ennemi. Lorsque la force électrique est épuisée, il faut à la Torpille un certain temps de repos pour recharger ses piles.

Les différentes espèces de cette famille sont distribuées dans les mers chaudes; cependant trois d'entre elles appartiennent principalement à la Méditerranée : la Torpille marbrée (Torpedo marmorata) atteint la longueur de 50 cent. ; son sang est venimeux. La Torpille tachetée (T. oculata) est marquée de cinq taches: la Torpille de Nobili (T. Nobiliana) est rougetre et a le corps échancré au niveau des yeux.

Les Rajidés ou Raies proprement dites sont caractérisés par le corps très aplati, en forme de losange et l'ampleur des nageoires pectorales qui commencent au museau et se prolongent jusqu'après la naissance de la queue (fig. 650); celle-ci est longue et grêle et porte deux nageoires dorsales vers son extrémité; la caudale est très peu développée. Toutes les Raies vivent sur le sable, ou en partie cachées pour mieux surprendre les bestioles dont elles se nourrissent. Elles sont ovipares et leurs œufs sont cornés: on en trouve souvent l'enveloppe à marée basse. La Raie bouclée (Raja clavata) est la plus connue (fig. 651); elle est caractérisée par des rangées de grandes écailles ou boucles portant chacune un aiguillon; c’est l’espèce qui entre le plus souvent dans l'alimentation. Citons encore la Raie cendrée (R. batis), la Raïe blanche (R. alba), etc. Ces deux espèces sont d'assez grande taille, 1M,50 à 2 mètres: elles habitent les mers européennes.

Les Trygonidés sont des Raies dont les pectorales sont très développées ; la queue est très longue, mince et armée d'un ou plusieurs aiguillons. Cette queue est une arme efficace, venimeuse, et dont les blessures sont difficiles à guérir; on cite même des cas graves dus à l’une des espèces de cette famille : la Pastenague (Trygon vulgaris),

RÉSMPOISSONS 165

dont l'épine est longue et barbelée (fig. 652); elle habite nos côtes.

Les Myliobatidés ou Mourines, ou Aigles de mer (fig. 653), ont des pectorales en forme d'ailes très larges dans leur partie antérieure et qui ensuite diminuent rapidement; le museau est proéminent, les

Fig. 650.

Squelette de

Myliobate.

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dents hexagonales: la queue longue et grêle est armée d'un aiguillon venimeux. Ils appartiennent surtout aux mers chaudes. Le Myliobate aigle (Myliobatis aquila) habite les côtes de l'Océan et de la Méditerranée ; il atteint 2 mètres: ses dents en pavage lui permettent de broyer sans effort Mollusques et Crustacés. Le Céphaloptère giorne (Dicerobatis giorna) est caractérisé par des appendices céphaliques en forme de cornes (fig. 654); sa taille est de 2 mètres, parfois davantage. Certains Céphaloptères exotiques mesurent même jusqu à / mètres de largeur, à cause du grand développement de leurs pectorales.

SOUS ORDREMDESHHOLOGEPRHALES

Les Holocéphales sont principalement caractérisés par la présence d'un repli cutané recouvrant les fentes branchiales, de telle sorte qu'il n'existe qu'un seul orifice externe; leur mâchoire supérieure, munie de plaques dentaires et de petites dents tranchantes, est soudée au crâne; la mâchoire inférieure ne porte que des plaques dentaires. Le squelette présente des caractères d’infériorité très marqués. Les nageoires sont très développées, notamment les dorsales. Ces Poissons sont remarquables par la bizarrerie de la forme de leur tête.

Les Chiméridés composent l'unique famille du sous-ordre : l'une des espèces est la Chimère monstrueuse (Chimæra monstrosa) dont la tête est grande avec un museau bizarre, une bouche informe, un appendice surlefront(fig.655); la queueest longue et effilée. Cette espèce habite l'Atlantique et la Méditerranée,

Céphaloptère.

Fig. 656, — Œuf de Chimère,

Protopterus annectens.

ORDRE DES DIPNEUSTES

Certains caractères de ces Poissons les rapprochent des Batraciens, et ils sont souvent considérés comme la souche de ces derniers. Leur caractère principal est la présence, dans leur organisation, de deux appareils respiratoires différents : branchies et poumons fonctionnant tour à tour, selon les exigences du milieu.

Contrairement aux autres Poissons, le cœur des Dipneustes présente trois cavités, comme chez les Batraciens. L'intestin comporte une valvule spirale. Le ou les poumons de ces animaux remplacent la vessie natatoire; ils sont garnis d’alvéoles et communiquent avec le pharynx.

Les Cératodidés ne comprennent probablement qu'une espèce vivante : le Cératodus de Forster (Neoceratodus Forsteri), dont les

Fig. 657, — Ceratodus.

types ont été trouvés dans les eaux douces du Queensland (fig. 657), en Australie, Chez ce Poisson il n'existe qu'un seul poumon; le corps est allongé et comprimé, recouvert de grandes écailles ; la tête est petite et déprimée; les branchies sont internes. Les yeux sont très petits, les nageoires dorsale, caudale et anale sont réunies ; les pectorales et les ventrales, ces dernières reportées en arrière, sont en forme de palettes écailleuses sur leur partie médiane. La taille de ce Poisson peut atteindre 1",50. Le Cératodus est herbivore; lorsque les eaux qu'il habite sont abondantes, il n'utilise que ses branchies; lorsque les grandes chaleurs de l'été amènent les basses eaux et la putréfaction des matières organiques, il ne trouve plus assez d'oxygène dans son milieu liquide et vient fréquemment à la surface pour emprunter l'oxygène atmosphérique; c'est également ce qui se passe dans un aquarium lorsque l’eau est surchargée d'acide carbonique.

Les Lépidosirénidés ont deux poumons. Le corps de ces Poissons est anguilliforme: les nageoires dorsale, caudale et anale n'en forment qu'une seule très longue. Le Protoptère (Protopterus annectens) a la tête courte, la bouche oblique. En plus de ses branchies internes, il possède trois petits appendices branchiaux externes; dans le jeune âge il a des branchies externes bien développées. Les écailles sont beaucoup plus petites que chez le Cératodus. [Il vit généralement dans les eaux calmes à fond de vase et, lorsque la saison chaude a diminué ou tari les eaux, il y trouve un refuge à à l'abri d'une évaporation à laquelle il ne pourrait résister. Il sécrète une mucosité dont il imprègne les substances argileuses qui l'entourent et se trouve ainsi : -- E dans une sorte de cocon, dans une loge dont il a assuré la solidité des parois et qui communique à l'extérieur par un orifice. Le Protoptère atteint jusqu à | mètre de longueur; il habite les rivières de l'Afrique tropicale: il est carnassier. Le Lépidosirène (Lepidosiren paradoxa)n a pasd'appendices branchiaux externes, sauf pendant le jeune âge. Il est moins grand que les précédents; ses écailles sont fort petites. Cet animal assez :

rare a été trouvé dans les eaux de l’' Amazone et de sestributaires,

Loge d'un Protoptère durant la saison sèche,

Calamoichthys calabaricus.

ORDRE DES CROSSOPTÉRYGIENS.

Cet ordre était autrefois compris dans celui des Ganoïdes. Les espèces lui appartenant sont caractérisées par la présence d'un sac pulmonaire dont la fonction s'ajoute à celle dés branchies. Les Polyptéridés, seuls représentants actuels, ont des ‘écailles osseuses, émaillées, ganoïdes; la nageoire dorsale’est en un certain

L nombre de petites na-

LT geoires séparées soutene nues par une épine et désignées sous le nom de pinnules ; la caudale est de forme pointue. Les vertèbres sont biconcaves, la vessie natatoire communique avec l'œsophage. Le Polyptère du Sénégal (Polvpterus bichir) a le corps cylindrique, la tête aplatie,‘ les dents coniques; sa: dorsale est divisée en une quinzaine de pinnules’ (fig: 658 et 659). II habite les cours d'eau de l'Afrique tropicale et le Nil; on ne le trouve qu'aux basses éaux, dans la ‘vase. Citôns aussi le Calaämoichthys calabaricus, du

Vieux-Calabar (Nigeria).

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