‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 98 sur 260 · CI. J, Boyer · texte numérisé non relu

CI. J, Boyer

Xenomystus Nigsri, du Niger.

maintenant séparés des Salmonidés : Opisthoproctus soleatus, pêché à 4000 mètres, porte des yeux saillants dits télescopiques :

ils sont dirigés vers le haut avec un cristallin proéminent. D'autres espèces provenant des mêmes profondeurs, telles que Microstoma de la Méditerranée et Bathvla-

gus de l'Atlantique méridional, ont des yeux de forme normale, mais énormes (1).

Les Characinidés comprennent de nombreuses espèces exotiques, américaines et africaines, d'eau douce; ils possèdent fort souvent une petite adipeuse et une vessie natatoire divisée en deux poches. Les Hydrocyons ont le ventre arrondi et des paupières adipeuses. L'Hydrocyon de Forskal (Hydrocyon Forskali) se trouveen Afrique, dans les eaux du Nil, et les indigènes le nomment chien d'eau à cause de ses dents énormes. Les Serrasalmes (fig. 671) ont le ventre caréné et denticulé ; le plus typique (Serrasalmo denticulatus) habite les cours d'eau de la Guyane. Certains sont très redoutables et ne craignent pas de s'attaquer à l'Homme et aux animaux domestiques.

La famille des Stomiatidés comprend des espèces abyssales à organes lumineux et à long barbillon planté sous la lèvre inférieure ; tels sont /diacanthus fasciola, qui porte ses organes photogènes sur le barbillon, et Séylophthalmus paradoxus, aux yeux exorbités et pédonculés (1).

Les Esocidés sont représentés par le Brochet (Esox lucius), le carnassier le plus dévastateur de nos rivières (fig. 672): c'est le Requin des eaux douces. Chez ce poisson le corps est allongé, la dorsale est portée très en arrière, l'ouverture branchiale est très longue, la tête est large et plate, ce qui est dû au développement des mâchoires dont l'inférieure est la plus longue : les dimensions considérables de sa bouche et sa dentition expliquent ses carnages. La taille du brochet atteint | mètre et dépasse même très sensiblement cette longueur dans certaines régions, en Scandinavie par exemple. Cet animal attaque tous les poissons qu'il désire et aucun d'eux ne peut lui résister ; il habite les cours d'eau, lacs et étangs des régions tempérées de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique.

(1) Dr L. Jougin. — La Vie dans les Océans. E. Flam-

marion, édit,

Fig, 673. — Arapaima.

Les Ostéoglossidés sont peu nombreux; ils ont de grandes écailles ; la tête est revêtue de plaques osseuses; les ouvertures branchiales sont largement ouvertes; on observe chez ces Poissons d'eau douce deux appendices pyloriques; la vessie natatoire est simple. Le plus grand d’entre eux, l'Arapaima géant (Arapaima gigas), atteint la taille de 5 mètres; il habite les principaux cours d'eau des Guyanes et du Brésil, où les Indiens le pêchent pour sa chair, qu'ils salent afin de la conserver (fig. 673).

Parmi les Notoptéridés, citons le Xenomystus nigri, du Niger.

Les Clupéidés ont l'abdomen comprimé; ils n'ont ni barbillons, ni adipeuse: la nageoire anale est parfois très longue; les branchies sont bien développées et leurs fentes très larges. La vessie natatoire est généralement simple, les appendices pyloriques sont nombreux, l'estomac présente un cæcum. Les espèces les plus connues entrent dans l'alimentation.

L'Anchois (Engraulis encrasicholus) a une grande bouche et de grandes écailles : la carène ventrale est lisse, le museau est proéminent et conique, les dents fines; la taille atteint au plus 20 cent.; ce Poisson habite nos mers tempérées, principalement la Méditerranée ; on le pêche avec activité et on le prépare pour en faire un horsd'œuvre estimé. L’Anchois a été signalé par M. A. Gruvel, sur les côtes de Mauritanie, du Sénégal, et même de la Guinée française.

Le Hareng commun (Clupea harengus) a le corps comprimé; la carène ventrale est dentée, la dentition très fine (fig. 674). La teinte du dos est glauque: elle devient bleu d'acier lorsqu'il est mort; les côtés sont argentés. Les Harengs, qui paraissent affectionner une certaine profondeur, ne viennent vers la surface qu’à l’époque du frai; ils s'y portent en grand nombre : ce sont les bancs de Harengs. Cet animal est très prolifique; aussi est-il toujours très abondant malgré le nombre et la voracité de ses ennemis. Il habite l'Atlantique nord, ainsi que la Baltique, la Mer du Nord et la Manche.

Lacépède et Valenciennes avaient autrefois nié les grandes migrations du Hareng et il a été reconnu qu'il n’exécute, en effet, que des déplacements de quelques kilomètres en étendue; les autres déplacements sont verticaux. D'après M. L. Roule, le Hareng recherche une assez faible salinité des eaux, salinité qui ne dépasse pas 32 pour 100. Heincke et Roule ont reconnu plusieurs variétés de Harengs et chacune occupe un point géographique déterminé; ceux que l'on pêche dans la Manche et ceux que l’on trouve à l'ouest de l'Angleterre représentent deux variétés différentes.

Dans la Manche, le Hareng pond de 20 000 à 30 000 œufs au début de l'hiver. Durant la période de reproduction, il ne mange pas et sa croissance s'arrête ; mais, après la ponte, il retrouve son appétit et se nourrit au détriment du plankton. Le Hareng se pêche au filet dérivant placé verticalement dans l’eau et composé de plusieurs filets joints bout à bout; étant données ces grandes dimensions, les flotteurs ne sont pas des lièges, mais des tonnelets vides: les plombs sont remplacés à la base par des paquets de vieux cordages. Immergé durant la nuit, le filet dérivant, qui peut avoir une longueur de plusieurs kilomètres, est destiné à arrêter la marche d’un banc de Harengs et à en emmaillerle plus grand nombre possible. Lorsque le Ha-

Fig. 674. — Harensg.

Bateaux pêcheurs de Harengs, en Grande-Bretagne.

LESMROOTSSONS 171

Les commises des usines achetant la Sardine, à Concarneau.

reng est sur les fonds, on emploie le Fo filet traînant et le chalut. Dans la “er Mer du Nord, on pêche de 250 millions à 700 millions de Harengs par an. En 1907, année très exceptionnelle, la pêche totale a atteint le chiffre de 700 197 000 Harengs; mais ce beau rendement ne s'est pas maintenu et il est actuellement très bas. En Écosse, le Poisson est provisoirement salé à bord et mis en tonneaux: En France, les principales usines pour la préparation du Hareng sont à Boulogne et à Fécamp.

Les Aloses habitent principalement l'Atlantique, la Méditerranée et la Mer des Antilles, mais elles ne montent pas au nord comme les espèces précédentes. Pleine (Alosa vulgaris) a le corps assez haut et comprimé latéralement; la carène ventrale est dentée. Ce poisson atteint la taille de 80 cent. ; il remonte la Loire, la Garonne et l’Adour avec l'Alose finte (A. finta). On pêche PAIE de mars à fin juin et, à cette époque, sa chair est excellente. Ces poissons pondent de 80 000 à 100 000 œufs.

La Sardine (A. sardina) est charnue et porte de grandes écailles: le profil ventral est sensiblement plus courbé que le profil dorsal ; l'œil est grand, la queue très fourchue (fig. 675). Les Sardines circulent en bancs immenses plus ou moins divisés en essaims: ces bancs n’apparaissent sur les côtes de Bretagne que durant un temps assez court : ils y viennent durant l'été et parfois une partie de l'automne, c’està-dire pendant que les eaux de la mer atteignent une température suffsamment élevée: c'est PAERE on peut pêcher ce Poisson presque toute l’année sur les côtes d'Espagne et en Méditerranée, et c'est également pourquoi on ne le trouve qu'en très petite quantité au nord de la Bretagne, et plus du tout en approchant du Pas de Calais.

Des expériences récentes faites en dirigeables montrent que les bancs ont la forme de longs rubans étroits qui se déplacent en suivant une direction parallèle ; si le pêcheur jette son filet entre deux bancs, il ne prend rien, tandis que son voisin qui a pêché dans le banc fait une pêche miraculeuse. On suppose que les bancs de Sardines suivent le plankton qui les nourrit, et que le plankton se déplace verticalement avec les variations de température et l’état d'agitation de la mer. Îl est certain que dans bien des cas les pêcheurs qui ne prennent rien dans leurs filets sont très peu éloignés des bancs qui les rempliraient. En résumé, les migrations de la Sardine se produisent sans doute dans le sens vertical: elle rechercherait le calme et la température constante des eaux brofondes durant la mauvaise saison, le voisinage de la surface pendant l'été.

La pêche de la Sardine se fait au filet droit ou filet dérivant, appelé aussi sardinal. La longueur est généralement de 40 mètres; la largeur de 10 mètres est maintenue verticalement dans l'eau par le flottage des lièges à la surface et le poids des plombs à la base. Lorsque le filet est disposé et suit la barque, on jette de chaque côté l'appât appelé rogue et composé d'œufs de Morue, de sel et de farine d'arachide ; les Sardines se précipitent sur cette nourriture et viennent'se mailler dans le filet, dans le grand filet bleu que l'on fait sécher à la mâture après la pêche, et dont l'effet est si joli à Concarneau ou à Douarnenez, lorsque la flottille est rentrée.

Plusieurs Clupéidés sont vénéneux, notamment la Melette (Clupea venenosa) du Pacifique et de l'Océan Indien.

Le plus grand Poisson de la famille des Elopidés est le Tarpon (Megalops atlanticus), dont la longueur dépasse 1%,50. Il habite l'Atlantique au voisinage des côtes de la Floride. La pêche de ce

Fig. 675, — Sardine.

Séchage des grands filets bleus, à Douarnenez.

L'asonie du Tarpon, aux Etats-Unis.

Poisson constitue un véritable jeu, et rien autre, car sa chair est sans qualité; on le recherche pour l'énergie désespérée de sa défense. Dès qu'il est enferré, il bondit hors de l'eau, entraîne la ligne, réapparaît encore, jaillissant des eaux avec l'écume, retombant et bondissant jusqu'à épuisement complet. Ce jeu consiste à jouir le plus longtemps possible d’une agonie épouvantable ; ceux qui s'y livrent démontreront difficilement la supériorité de leur mentalité sur celle des Poissons.

Les Scombrésocidés sont caractérisés par une ligne d'écailles carénées de chaque côté du corps; on n'observe chez ces Poissons ni adipeuse, ni appendices pyloriques. L'Orphie commun (Belone vulgaris) a le corps très allongé, la tête terminée par un long bec. Portée très en arrière, la nageoire dorsale est placée au-dessus de l’anale ; les écailles sont minces et lisses. L' Orphie habite les mers tempérées d'Europe.

Chez l Hémiramphe (Hemiramphus vittatus), c'est la mâchoire inférieure seule qui est allongée en un long bec.

Les Poissons volants À ®?

de cette famille sont les Exocets, qu'il ne faut pas Fig, 676. — Exocet, confondre avec les Dac- ŸS tyloptères. Les Exocets (fig. 676) ontdes nageoires pectorales développéesen te et leur permet- Ha se soutenir hors de l' eau durant quelques instants. Les écailles sont lisses, la queue très fourchue avec lobe inférieur plus long ; les dents sont petites ou absentes ; la longueur des pectorales varie avec lesespèces. Les Exocets sont des Par. de haute mer que les navigateurs rencontrent

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