‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 2)Chapitre 4 sur 104 · INSUBORDINATION DES TROUPES · texte numérisé non relu

INSUBORDINATION DES TROUPES

les sûins que leur sûreté demande. Il y avait surtout, pour quiconque connaît fesprit du soldat, un indice que Torage serait violent et ne se calmerait pas : c'est qu'on n'entendait point de cris séparés , ni quelques voix prédominantes; c'est que tons éclataient, tous se taisaient à la fois, avec un accord si parfait, si constant, qu'on l'eût cru commandé. » [Mémoires du marquis de Boitillé, p. 131.)

M. de Bouille était à :\Ietz. Nous le verrons bientôt jouer un rôle important dans le sens de toutes les espèces de réactions. Mais son témoignage est précieux à recueillir parce qu'il observait sur une grande écbelle. 11 réunissait, à cette époque, sous son commandement, quatre-vingt-dix bataillons et cent quatre escadrons. Voici, maintenant, comment les journaux et le parti révolutionnaires accueillaient les mouvements des troupes et en appréciaient les causes. L'article qui suit est extrait d'un journal que nous citons souvent parce qu'il tient note de cette multitude de petits détails, de petits faits, de petites colères dont il est important de faire mention dans un ouvrage comme celui-ci.

« Il existait dans les états-majors. une sorte de rapine, indigne de quiconque porte le nom d'ofticier, une espèce de brigandage connu sous le nom de retenue. Par des mémoires fidèles qui nous sont transmis , nous apprenons que cette manière de voler (quel autre nom, eu effet, peut-on lui dormer?) avait enlevé au régiment de Beauce, 2-iU,727 liv.; c'est à quoi se monte l'état que les soldats en ont fait, et voilà ce qui les a conduits à cette démarche.

(c Le 10 juillet, trois ceuts soldats du régiment de Forez arrivèrent à Brest pour s'embarquer. Beauce et Normandie apprirent qu'il y avait dans ce détachement un caporal honnête et instruit : on alla le prendre à bord et on rap{)orta en triomphe.

« M(!S camarades, leur dit-il, j'ai travaillé (pielque tem|)s au bureau de mon majoi', j'y ai aperçu les torts qu'on fait à la troupe. Alors j'ai demandé à mes camarades s'ils me soutiendraient en cas que j'agisse pour leurs intérêts. Leur parole donnée, je me suis iviidii chez le major. Sur ma proposition, la réponse fut courte : au cachot et aux fers. — Mes camarades ne m'y ont pas laissé une heure. A peine en étais-je sorti, que les ofliciers supérieurs m'offrent mon couiié et 1(1,000 francs. Ma délicatesse ne m'a permis d'accepter ni l'un ni l'autre, j'ai insisté sur la réparation qui nous ét^it due, et le légiment a reçu des ofliciers supérieui's 102,000 liv.' en billets.

« Beauce et Normaudii' n'ont pas perdu les fiuils de cette harangue, il ont mis des factionnaires aux portes des oflicieis supérieurs, il a fallu compter; la marine en a fait autant, elle a iidinmé un co-

i< (»> AOUT 171K») ASSEMBLÉE NATIONALK.

mité (lo poixanfp-cinq pcrsonnoi? pour faire l'examen de ses prétentions, qui sont évaluées à plus de deux millions.

« Qui a manqué de patriotisme, d'honneur, de loyauté, même de noblesse, des soldats ou des officiers? On paraît très-affligé de ce désordre dans Tannée française. En elTet, depuis plusieurs siècles , rien n'a été i»lns affligeant pour la monarchie ; mais l'obéissance passive des soldats l'eût été bien davantage, puisqu'elle aurait entraîné la guoire civile, et peut-être le rétablissement du despotisme. « [Révotutirms de Paris, no LVIt, p. 237.)

Des faits analogues s'étaient passés ailleurs. Dans le courant de juUlet, le régiment de Poitou avait arrêté son colonel et l'avait forcé de signer pour 40,000 liv. de billets. Royal-Champagne avait refusé de recevoir nu sous-lieutenant nonmié par le roi. Sept régiments avaient formé un congrès à Strasbourg. L'assemblée nationale avait été forcée enfin de s'occuper de ces laits.

Séance m (1 août. — M. La Tour-du-Pin, ministre de la guerre, est introduit. Il lit un mémoire dont voici l'extrait. — Je me préparais à mettre sous vos yeux le nouveau travail que le roi m'a ordonné, d'après les bases que vous avez décrétées sur l'organisation de l'armée; mais le retour de l'ordre et de la discipline doit être , en ce moment, l'objet le plus pressant de votre sollicitude. Le roi m'envoie, avant tout, pour vous prévenir de la licence effrénée qui s'est introduite ilans l'armée. A chaque instant il arrive de nouveaux courriers porteurs d'une nouvelle plainte, et la succession des jours du meilleur des rois est ainsi remplie de chagrins et d'inquiétudes. Dans le dernier message que j'ai eu riionneur de faire près de vous, je vous exposai le danger des comités qui s'étaient formés dans les régiments. C'est là que fermentent les plus violentes passions; c'est là que s'est deux fois préparée la détention du lieutenant-colonel de Poitou; c'est là ([ue Royal-Champagne a conçu l'insuriection par suite de laquelle il a refnsé pour sous-lieutenant un sous-officier que ses services et sou ancienneté appelaient à ce grade, l^ne partie de l'armée négocie avec le nnnistère, et tous les jours mon cabinet est rempli de soldats députés vers moi, et qui viennent m'intinier fièrement les volontés de leurs commeitaiits : ce sont leurs expiessions.

Le mal empire et se propage à chaque instant : ce ne sont plus des corps particuliers : sept iét;inients forment un congrès militaire auquel ils envoient chacun trois députés. Représentants du peuple français, hàtez-vous d'opposer la volonté du peuple à ce torrent d'insurrections militaires. La nature des choses, celle des circonstances, h' salut public, exigent (jUf les soldats n'agissent que ciMume des

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iiistiiimonls; qu'ils soient sans volonté, qu'ils altcndont que la loi vienne leur donner le mouvement dans le temps et dans le sens nécessaires. Sans obéissance paisible, farméc n'existe point pour le dehors, elle est dangereuse au dedans... Sa Majesté n'a pu croire qu'on lui parlât de soldats français, quand on lui a dit que la garnison de Metz, oubliant la gloii'o que les régiments qui la composent ont acquise sous le chef (jui la counnande, avait menacé ce chef, ainsi que tous leurs officiei's. Ailleurs on demande les comptes des mas- .ses, on se propose de les partager. Ce ne serait pas la seule perte qu'éprouveiait le trésoi' public. Ces fédérations, ces actes de patriotisme et d'union (jue vous avez approuvés , sont devenus des fêtes extrêmement dispendieuses; h? roi voit avec trop d'intérêt ces marques touchantes de l'amitié fraternelle qui règne entre tous les citoyens, pour réclamer les sommes qui y ont été employées, et pour occasionner, par des retenues quelques regrets aux soldats. Mais en oubliant ces imprudentes magniticenccs, il faut prendre des précautions pour l'avenir...

La France, ne pouvant exister sans soldats, ne pouira bientôt plus exister avec eux ; c'est de vous que la patrie attend son salut. L'autoiité du roi est insuffisante ; il a reçu des lois les moyens de maintenir les lois; mais aujourd'hui, il ne s'agit plus de maintenir, il faut recréer. La lenteur de vos déhbérations est un garant de leur sagesse; 'vous n'avez pas encore eu le temps de vous occuper du nouveau code militaire : reniiez la foice à l'ancien. Le soldat n'a lu juges, ni lois; rendez-lui ses juges : que le soldat séditieux tremble devant ces conseils de guerre qui, pendant si longtemps, l'ont rel' nu dans la sid:)ordiuation , dans la discipline et dans l'amour du devoir. (On applaudit.)

M. le pi-ésident. L'assemblée nationale ne peut entendre sans douleur le récit des événements que vous venez d'exposer sous ses yeux : elle allait s'occuper des désordres dont elle est aflligée. Elle ne doute pas du zèle qu'un ministre, le père et l'ami du soldat, mettra à seconder ses elïorts ; elle va délibérer.

M. Eiumenj. Le comité militaire m'a chargé de vous présenter uu ]iro;et de décret sur les désonlres dt; l'armée. Nous espérions obtenir hier la parole : ainsi, si nous avons été prévenus d'un jour, votre sollicitude n'avait i)as été prévenue.

M. Kmmery piésente im projet de décret (jui est adojjté en ces tei'mes :

Art. I'"'. « Les lois et oidomianccs militaires actuellement existante« seront observées et suivies jusqu'à la promidiiation très-pi'o-

cliainn de celles qui doivent être le résultat des traviuix de rassemblée nationale sur cette partie.

IL « Excepté le conseil d'administration , toutes autres associations délibérantes établies dans les régiments, sous quelque forme et dénomination que ce soit, cesseront immédiatement après la publication du présent décret.

III. c( Le roi sera supplié de nommer des inspecteurs extraordinaires clioisis parmi les officiers généraux, pour, en présence du conuriandant de cliaque corps, du dernier capitaine, du premier lieutenant, du premier sous-lieutenant, du premier et du dernier sergent, un maréclial-des-logis , du premier et du dernier caporal, ou biigadier, et quatre soldats du régiment, nommés, ainsi qu'il va être dit, procéder à la vérification des comptes de chaque régiment depuis six ans, et faire droit sur toutes. les plaintes qui pourront êtie portées, relativement à l'administration des deniers et à la couq)tabilité ; à l'eflet de quoi il sera tiré au sort un soldat par compagnie, i)armi ceux qui, sachant lire, auront deux ans de service; et parmi ceux que le sort aura désignés , il en sera tiré ensuite quatre pour assister à cette vérification , de laquelle il sera dressé procèsver])al, dont copie sera envoyée au ministre de la guerre.

IV. « Il ne pourra désormais être expédié des cartouches jaunes ou infamantes à aucun soldat qu'après une procédure instruite , et en vertu d'un jugement prononcé selon les formes usitées dans l'armée, pour l'instruction des piocédures criminelles et la punition des crimes militaires.

V. « Les cartouches jaunes expédiées jusqu'à présent, à compter du 1"' mai 1790, sans l'observation de C(!S formes rigoureuses, n'emportent aucune note ni flétrissure au préjudice de ceux (pii ont été congédiés avec de semblables cartouches.

VI. « Les officiers doivent Iraih'r les soldats avec justice, et avoir pour eux les égards qui leur sont expressément recommandés par les ordonnances, à peine de punition. Les soldats doivent respect et obéissance al)solue à liiurs officiers et sous-officieis, et ceux qui s'en écart(!ront seront punis selon la rigueur des ordonnances.

VII. « A compter de la publication du présent décret, il sera informé de toute nouvelle insurrection, de tout mouvement concentré dans les garnisons ou dans les corps, contre l'ordre, et au préjudice de la discipline militaire ; le procès sera fait et parfait aux instigateurs, fauteurs et participants de ces insurrections et mouvements, et par le jugement à intervenir, ils seront déclai'és déchus pour jamais du titre de citoyens actifs, traîtres à la patrie, infâmes, indignes de poiler les armes et chassés de leur corps; ils i>oinront être

i.nslbokdinauon des troli'es. H

condamnés à des peines afflictives ou infamantes, conformément aux ordonnances.

VIII. « Il est libre à tout officier, sous-officior ou soldat, de faire parvenir directement ses plaintes aux supérieurs, aux ministres , à rassemblée nationale , sans avoir besoin de Tattaclie ou permission d'aucune autorité intermédiaire ; mais il n'est permis sous aucun prétexte, dans les affaires qui n'intéressent que la police intérieure des corps , la discipline militaire et l'ordre du service , d'appeler l'intervention soit des municipalités , soit des autres corps administratifs, lesquels n'ont d'action sur les troupes de ligne, que pour les réquisitions qu'ils peuvent faire à leurs chefs ou commandants. »

Pendant que l'assemblée prenait ces mesures, d'autres insurrections avaient lieu. Voici ce qu'on apprit dans la séance du 9 août.

M. Georges. Dans un des procès-verbaux remis au comité .des rapports, relativement à l'insurrection qui a eu lieu dans le Clermontois, il est dit qu'un officier du régiment de Coudé avait annoncé à Stenai que les Autrichiens étaient prêts à entrer en France; ce qui a fait rassembler autour de cette ville près de trente mille gardes nationaux des environs. J'ai appris hier, par un courrier extraordinaire, que les cavaliers en garnison dans cette ville ayant interrogé un officier chasseur sur ces bruits, il leur répondit que cela était vrai; qu'ils entreraient et puniraient tous ceux qui ne seraient pas pour le roi. Cette nouvelle répandit de la fermentation, et l'officier a été obligé, de prendre la fuite. Le courrier attend la décision de l'assemblée.

M. Revchdl. Il est d'autant plus instant de s'occuper de cette affaire, qu'il parait qu'on travaille de toutes parts l'armée, et qu'on insinue aux soldats de renvoyer leurs officiers. La garnison de Bitche est sortie de la ville tambour battant, a déposé ses officiers, et est rentrée dans la ville le sabre à la main. Je persiste à demander que l'assemblée s'occupe incessamment de ces objets.

Cette affaire est renvoyée au comité des recherches.

— Dans la séance du 19 au soii' arrivèrent des nouvelles de Toulon et de Metz.

M. le président annonce la réception de deux lettres de M. de La Tour-du-Pin, qui lui font part d'une insuirectiun à Metz, et d'uiK! émeute nouvelle à Toulon. — On fait lecture des deux lettres incluses dans celles du nihiislre, et (pii doiment les détails de ces nouveaux troubles. — La première est de M. Jaucouit, colomd du régiment de Coudé. En voici l'extrait : — « Le régiment de Salm a voulu s'emparer de sa caisse ; M. Bouille s'y est opposé. Comme les

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grenadiers se préparaient à employer la force, les officiels ont environné M. Bonillé sur l'escalier, pour le défendre ; les prenadiei's les ont enveloppés pendant que le reste du régiment s'emparait du dehors. Les grenadiers ont chargé leurs armes et ont couché' les ofliciers en joue. Nous avons a[ierçu cette scène du (juarfier ; j'ai exhoilé les soldats qui étaient autour de moi à aller à lenr secours. Soixante m'ont paru être de bonne volonté. J'ai sauté à cheval, et j'ai obtenu de la nuniicipalité l'ordre de marcher; mais, à mon letour, j'ai trouvé tous mes soldats absents : les ofliciers et un dragon étaient seuls disposés à marcher; les brigadiers, qui avaient annoncé le même dessein, avaient été menacés d'être jetés par les fenêtres... Je demande la division de mon régiment; je donne ma démission : l'honneur me défend de rester dans un corps qui ne sait pins obéir •>}

— Le lendemain, Did)ois-Crancé vint faire part d'une lettie de la garde nationale d'Hesdin, qui racontait de nouveaux faits relativement au régiment de Royal-Champagne.

M. Dubois-Crancé. — « Le premier du présent mois, jour qui devait assuier l'uiùon entre les ofliciers et les cavaliers du régiment de Royal-Champagne, la nnmicipalité et la garde nationale de cette ville, il y eut un dîner rendu par les ofliciers à ces deux corps. Les repas donnés par la garde nationale et la municipalité avaient été de véritables fêtes. Ils avaient olîert la réunion de tons li^s rangs et de tous les grades. Les ofiiciei's, au lieu de suivre la même marche, n'ont invité ni les sous-officiers, ni les cavaliers; ils ont seulement donné six livres par chandjre. A ce diner, tous les cœurs furent glacés [lar une froide étifjnette, par un cérémonial compassé. Le patriotisme de ces messieurs leur inspirait des couplets où le roi, la reine et le Dauphin étaient célébrés, et qui excitaient des cris de vive le roi! vive la reine! La (in de ces couplets renfermait des allusions contre les représentants de la nation et contre la garde nationale. On nous disait : Laissez vos pompons et vos armes; il n'y a rien de b<m du côté gauche que le cœur.

« Après la santé du roi, on éluda de j)orter celle de ce que nous avons de plus cher, de la nation et de ses représentants. Les ofliciers de la garde nationale craignaient qu'on m\ les soupçonnât d'avoir concouru à l'exclusion, à l'humiliation de leurs frêles d'armes du • n'jziment de Royal-(niam|)agiie. On pi'ép;na un bal sur la place. L'iiulignation des cavaliers était augmentée [lar la réception (jifon avait faite, avant le diner, d'un sons-oflicier qu'ils déleslaieiif, et qui avait été promu au grade de sous-lieutenant. Sur les dix heures du soir, on vit uriiver une tiviitiiine île cavaliers, (lui, une chaii-

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(Jolie à la main, liront le tour de la place. Dans cette {gaieté innocente, aucun citoyen n'a dit avoir éprouvé une insulte. Les officiers [irétendent avoir été menacés et blessés ; mais il serait peut-être difficile de le prouver. Il fallait punir les individus et non le corps entier; d'ailleurs, on avait passé la journée à boire. Était-ce aux officiers à se plaindre? ils avaient fourni la boisson. Ce (jui est certain, c'est qu'aucun officier n'a ra[>pelé ses soldats à l'ordre, et l'oidre s'est rétabli de lui-même. 11 faut remarquer qu'il y avait une exemption d'appel pour tout(^ la nuit, et que celte exemption n'avait pas été révo(|uée. Le lendemain, disait-on, devait être le faraud jour : qu' est-il arrivé? Trente, cavaliers, iirécédés d'un tronqiette, ont fait une nouvelle procession en sortant du cabaret. Est-ce une insurrection ((ue de courir sans désordre en criant : Vive la nation', vicenl les bons citoyens d'IIrsdin ! au diable les aristocrates !

«Les jours suivants se passèrent dans le pins grand calme; mais il faut avouer que cette tranquillité fut altérée par dc^s mesures graves, accompagnées d'un appareil militaire, et qui répandirent de grandes inquiétudes dans toutes les familles. Le samedi dO, cet appaieil militaire se déploie tout à coup, comme si l'ennemi était aux portes : l'iiôtel de ville est cbangé en véritable arsenal ; toutes les troupes s'y assendjient, six pièces de canon sont traînées dans la cour, la mèclic est allumée, les salles se remplissent d'ouvriers qui fabriquent des cartouclies, on y ias.semble des fusils, les postes sont doublés : tous ces préparatifs se font au nom de la numicipalité. Une lettre de M. Fournès, colonel et nicndire de l'assemblée nationale, annonce que le 5 de ce mois, l'assenddée doit rendre un décret pour casser le régiment; ce député engage les ofliciers à se mettre en sùi'eté, à enlever la caisse, à porter les drapeaux à l'iiûtel de ville. M. P'ournès était à quarante lieues de la scène : il a pu être trompé par ûi^<- oui-dire ; mais les ofliciers nnnncipaux étaient sur les lieux; tout était calme; leur esprit frappé n'a vu (pie des assassins; on ne leur pardonnera pas. Ce n'était pas assez, la numic.ipalilé implora le secours du cunnnandant de la province. Le !), arrivèrent des détacbements de troupes étrangères; tous les citoyens se demauilent : « Quel désordre a-t-on conmiis? où sont les crimes qu'il faut [lunir? «

« l>e j)('U|ile, au milieu de ses impnétudes, se permet à peine (pielques nuninures; les ofliciers numicipaux et les cbefs ik'^ lioupes tiennent sur la place des conlerences : on décide que le léginitînt de Royal-CliMm[)a^ne ne fera plus de sei'vice; (pie les postes seront occupés |)ar la garde nationale; que les nouvelles troupes garderont les faubourgs; (pie |e> portes de la'xille reslei'oiit toujours onverles,

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