CLUBS
l)ord et les branches do chêne, est écrite circulairenientla légende :
SOCIÉTÉ DES AMIS DE LA. CONSTITUTION. — PARlS, 1789.
Nous avons déjà cité un article de ce journal. Ses renseignements sur le club se bornent à des correspondances, peu intéres'santes en général, et dont nous donnerons occasionnellement un exemple dans l'histoire des provinces ; le premier numéro contient !a liste des sociétés affiliées des départements. Le nombre de ces sociétés était de cent vingt-trois à cetle époque et comprenait les principales villes du royaume ; mais il s'élevait constamment. A la lin du mois de février suivant il était monté à deux cent vingt-neuf.
Le Journal des Clubs de Leroux et Revol, dont le premier numéro parut le 20 novembre, donne encore moins de renseignements. N(uis n'aurons donc les séances des jacobins qu'au mois de juin 1701, lorsfjue paraîtra le Journal des débats do la société des Amis de la constitution. La Bouche de fer continue à rendre compte des débats du Cercle social. Le nom de Camille Desmoulins se trouve parmi les secrétaires nonnnés en décembre par celte société.
Un club monarchique venait d'être fondé. Voici comment le combattaient les névolutions de Paris : Cette société s'était formée, disent-elles (n" LXXVtl, p. 027), sur les ruines des défunts clubs de ]7S0, des fédérés et des impartiaux. Elle portait pour litre : Société des Amis de la constitution monarchiciue. Elle faisait une trèsactive propagande et correspondait avec les sociétés des Amis de la paix, qui, à Perpignan et ailleurs, venaient de soulever la colère du peuple. Stanislas Clermont-Tonnerre et Malouet en étaient les chefs. Ils avaient recruté les restes épars du club de la rue Royale, tous les spadassins de VOpéra, et les piliers de tripot du Palais- Royal. Ils déclaraient la guerre à la société des jacobins. Ils alTeclaient des œuvics de bienfaisance. Le journal que nous analysons termine en citant contre eux ces paroles de l'Évangile : Veniurit ad fus in restiuwntis ocium, inter eos autem sunt lupi rapaces.
Sur la dénonciation de la section de l'Observatoire, ce club fui fermé par la police municipale. « Le corps municipal ordoime que l'assemblée dite de la Constitution monarchique discontinuera ses séances. Le présent arrêté sera notifié par le procureur de la commune à M. Clermont-Tonnerre se qualifiant, président de ladite société. » (Procès-verbaux manuscrits, 28 décembre.) Mais les fondateurs de ce club ne se considérèrent pas comme battus. Ils réclamèrent auprès de la comnunie, et nous verrons bientôt qu'ils réussirent à faire rapporter, dans le courant du mois d(^janvier suivant, l'aiièlé (pii avait ordonné la clôture de leurs réuniitus.
La fctndalion du club monarchique était une tentative sérieuse de TOMi: IV. 2'i.
278 (décembre 1790) assemiîlée nvtionali:.
résistance à rinfluence exercée par la société de 89 et surtoul par les jacobins. M. de Clermont-Tonnerre se proposait d'en faire un centr,' de ralliement pour les hommes qui voulaient donner, dans la constitution, une part plus grande à l'autorité royale, ou, en un mol, réaliser une monarchie représentative organisée à l'image du gouvernement anglais. Dans son but, ce club était institué en opposition avec l'opinion qui dominait dans la constituante, dans la commune et dans Tétat-major de la garde nationale dirigé par M. Lafayette. Cette explication suffit pour faire comprendre la ténacité de ses fondateurs, les hésitations de la commune, et le bruit que nous verrons s'élever à son sujet. Il parait d'ailleurs que l'idée d'une société pareille avait été inspirée par Mirabeau dans ses conférences avec l'intendant de la liste civile.
Quoi qu'il en soit, le conseil de la commune, sans doute pour faire acte d'impartialité, ordonna vers le même temps (31 décembre) la dissolution d'un club nouveau qui venait de se former, dans un tout autre esprit, sous le nom d'assemlilée des vainqueurs de la Bastille. Déjà un avait publié une liste des membres de cette société. En tête li^^urait, sous le titre de président provisoire, le nom de Santcrre. Probablement, cette réunion projetée n'a.vait rien de bien sérieux ou inquiétait l'autorité municipale, car Sanlerre avait écrit une circulaire à tous les journaux, dans laquelle il niait son assentiment et désavouait sa signature.
Au reste, tout alors était occasion d'émotion ou même d'émeute. Il n'est pas toujours nécessaire, pour expliquer celte disposition qui paraît quelquefois étrange, de recourir à rinlervention d'un parti. Il suffit de tenir compte de l'exaltation de l'opinion publique En voici une preuve qui est certainement fort singulière et que nous offre la presse dans le mois de novembre.
« Les patriotes du café Zoppi, vulgairement dit Procope, })rofondément affligés de la licence des auteurs de la partie politique du Mncwp de France, de la Gazette de Paris, de VAmi du Roi, des Actes des Apôtres, de la Chronique du Manège, du Journal de la cour et de la ville; convaincus qu'ils sont tous calomniateurs de la partie saine de l'assemblée nationale, et détracteurs forcenés de la con.'^tifution française, qu'ils ne resiiirent que meurtres, qu'ils voudraient, s'il était possible, inqirimcr leurs feuilles avec le sang des meilleurs citoyens; justement alarmés des maux que peuvent causer ces papiers infâmes, dans les départements où la plupart surtout sont envoyés, distril)ués gratis avec profusion, et interjirétés de manière à séduire les esprits faibles, ont délibéré sur les moyens d'arrêter cette frénésie aussi scandaleuse cpie funeste.