‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 2)Chapitre 77 sur 104 · AFFAIRE DE VI>CKN>ES · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE VI>CKN>ES

tiélles, et que ces réparations ont été ordonnées par un décret de l'assemblée nationale, sanctionné par le roi.

« Cependant on a nouvelle que des brigands, an nombre de cinq cents, se portent à Yincennes : à midi le rappel se fait, et les troupes se mettent en marche ; mais les brigands avaient près de deux heures d'avance, et ils les avaient désasireusement employées. En arrivant, ils avaient saisi les instruments des ouvriers qui travaillaient au pont-levis et s'en étaient servis pour enlever de gros barreaux ûi'- l'er qui leur hrent des piques, des leviers, des pinces el leur tinrent lieu de marteaux. Ils entrent dans le donjon et en une heure et demie tout ce qui se trouve de lits de camp est brisé, toupies carreaux de verre sont cassés, les barreaux des fenêtres sont arrachés, etc. D'où vient que ces brigands se sont portés à ces excès? d'où vient qu'il y avait parmi eux des citoyens égarés? d'où vient qu'ils ont été aidés par des hommes qui portaient Tliabit national?

« Parce que depuis longtemps Marat l'ordonne, Marat, le traître Marat, qui ose profaner le nom de liberté, et n'est qu'un vil suppôt de l'aristocratie la plus dégoûtante; Marat, qui ne cherche plus qu'à se plonger dans le sang le plus pur des citoyens, parce qu'il y a une traînée volcanique entre ce malheureux et les soi-disant vainqueurs de la Bastille, et un ofhcier supérieur dont le maratisme est connu. (Santerre.) »

J. J. Leroux dit ensuite qu'on a arrêté soixante de ces brigands, parmi lesquels il y a 12 ou l.j enfants, un grenadier, un chasseur fl un fusilier, volontaires de la garde nationale. « Toute la journée, aj()Ute-t-il, le directoire du département est resté assemblé ; c'esl de lui que les ordres sont paitis. Dans sa proclamation du soir, le corps municipal dénonce les excès à l'accusateur public, et il donne de justes louanges à la garde nationale, et il témoigne des regrels de ne pouvoir en donner à quelques soldats d'un détachement du bataillon commandé par M. Santerre. [Journal des Clubs, n" XVI.

Voici inaintenani le récit et les explications de Marat. Il s'était occupé, dans un numéro précédent, de la question de la résidence de la famille royale. Il avait donné son avis, qui n'était, comme on dciit le penser, nullement en laveur de la liberté du prince, cl i! avait vivement engagé le public à se rendre en foule à la séance, aliu d'iulluencer hardiment el. hautement les sulTrages. PUis lard, rendant compte de l'affaire de Yincennes:

« Les pères conscrits, dit-il, qui s'attendaient à celle invitation

de ma part, avaient eu recours pour empêcher celte afthience, aune

suite d'arlitices atroces, concertés dans le comité même avec Ri-

(pietti el Moitié. Ils décidèrent de distraire le peuple par (jiielqiie

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