MOTIONS CONTRE LES CLUBS
rinstrument est auprès de vous ; agissez ! » Le comité proposait de déclarer qu'il n'y avait pas lieu à délibérer.
M. Vaublanc succéda au rapporteur. Dans un fort long discours, où il eut l'art de se faire souvent applaudir, il essaya de prouver la nécessité de la loi. Il termina en présentant un projet en quatorze articles, dont la disposition principale était que le comité de législation nommerait un comité de douze membres, auquel seraient renvoyées toutes les plaintes contre les ministres, qui correspondrait avec eux, et qui en appellerait à l'assemblée lorsqu'il y aurait lieu. — L'assemblée fit imprimer le discours et le projet de Vaublanc. Nous verrons bientôt que ce dernier fut en partie réalisé.
— Les paroles prononcées par Vaublanc à la tribune contre les sociétés populaires eurent un écho dans la presse. Tout le monde comprit que Vaublanc avait voulu désigner les jacobins, et tous les journalistes du parti feuillant répétèrent,^ comme à l'envi, que les Amis de la Constitution étaient les promoteurs des troubles qui agitaient la patrie. On pensait, d'ailleurs, sérieusement à détruire leur influence. Il paraît que le moyen auquel on s'était arrêté, était de les priver de l'autorité que leur donnait l'adjonction d'un nombre considérable de membres de la législative. Gorguereau, dans le rapport cité page 74, avait indiqué ce moyen. L'idée avait été acceptée. On lit dans le Patriote français^ du 7. — « Il paraît que les ministériels n'ont pas perdu l'espoir de dissoudre les sociétés patriotiques. C'est surtout contre les jacobins qu'ils dirigent leurs batteries. Ils veulent en écarter tous les membres de l'assemblée nationale, et en les faisant insulter par quelques aboyeurs qui cachent leur perfidie sous le masque de l'extravagance, et en criant qu'aucun député ne peut être affilié à aucun club. Samedi soir, nous avons eu le très- volumineux plaidoyer de M. Gorguereau, et le matin, M. Treilh-Pardailhan, aussi député de Paris, a fait distribuer un discours oii il tâche de prouver l'incompatibiUté du titre de député et de celui de membre d'une société patriotique. »
Il fallait un décret pour établir cette prétendue incompatibilité. Là était la difficulté. Les feuillants, quoiqu'ils dussent y perdre quelques membres, agirent avec activité, et enfin, lorsqu'on se crut assuré d'un nombreux assentiment, on se prépara à porter la question à la tribune. Mais, laissons parler les journaux contemporains.
Cosmopolite du 22. — (c Hier au soir, un assez grand nombre de députés, parmj lesquels on a remarqué MM. Charlier, Lamarque, Jean Debry et Mailhe, membres de la société des jacobins, et MM. Hua, Chéron etLagrévole, membres de celle des feuillants, se sont réunis dans la .salle de l'assemblée, et de là dans celle du co^
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mité de division. M. Mailhe, portant la parole, a invité Ions les députés présents à mettre lin aux divisions qui se Ibrmaient dans J«^ sein même du comité législatif, et il a proposé de se réunir dans la salle de l'assemblée, tous les jours qu'il n'y aurait pas de séance le soir. Cette réunion aura la dénomination de conférence; on y discutera les matières importantes qui doivent être débattues dans l'assemblée, mais on n'y prendra aucune délibération. Il n'y aur;i point de procês-verbal ; les membres du corps législatif y seront seuls admis, et le doyen d'âge présidera. — La proposition de M. Mailhe a été adoptée. »
En même temps, qu'on préparait ainsi une majorité, on lit parler les journaux du parti feuillant.
« Où allons-nous, disait la Chronique de Paris du 25. Les jacobins ont-ils un plan? Que veut cette société qui se serait couverte de gloire, si elle avait mis la sienne à soutenir la constitution? Depuis l'époque où le club des cordeliers s'impatronisa dans cette société, les prétendus amis de la liberté en furent les plus odieux tyrans; un Camille Desmoulins en devint l'orateur; alors la raison fut bannie de la tribune, alors on ne souffrit plus, on n'entendit plus que des exagérations, des propositions inconstitutionnelles, que des démonstrations vagues, que des propos incendiaires. Tel est encore aujourd'hui l'état de cette société, qui ne fera qu'empirer, si l'on, n'en chasse pas un Camille Desmoulins, etc., etc. — Où nous conduiront les jacobins? Nous sommes fâchés de le dire; à en juger par leur journal, et par les phrases très-prononcées de leurs chefs, dont quelques-uns se trouvent magistrats du peuple^ ce doit être au mépris de la constitution, des autorités constituées, au soulèvement du peuple contre les propriétés. »
La Chronique ne fut pas le seul journal qui parla dans ce sens; il faut y joindre la Gazette universelle. Enfin, on prépaiait le peuple à la mesure que l'on entreprenait, par une affiche placardée sur tous les murs. Sous ce ûire Arrèlez-oous^ passants! on y présentait la destruction des jacobins comme une judicieuse destruction de toutes les corporations. Passons n)aintenant dans l'assemblée.
Séance dl 25 févuikr. — M. iMuuysset. Je demande à faire fine motion d'ordre.
M. Venjniaud. .le demande à présenter une observation sur les motions d'ordre.
L'assemblée décide que M. Mouysset sera entendu.
M. Mouysset. Trois cents membres de cette assemblée, qui ne tîontpas occupés dans les comités, désireraient se rassembler pour