LIVRE VIII
l'assemblée et paris en mars et avril 1792.
Chap. I. — Occupations diverses de l'assemblée pendant cette période. — Guillotine. — Télégraphe. — Décret sur les colonies qui accorde l'égalité des droits aux hommes de couleur. — Décret sur le séquestre des biens des émigrés. — Décret sur les congrégations religieuses. — Abolition du costume religieux. — Décrets d'accusation contre La embaucheurs. — Nomination, non confirmée par l'assemblée, de Fleurieii à la place de gouverneur du prince royal. — Nouveaux troubles d'Avignon et du Gard. — Armée du Midi.
Les séances des mois de mars et d'avril qui ne furent pas occupées par la question diplomatique, les affaires des provinces, ou les accusations contre les ministres, furent consacrées en grande partie aux finances, en partie aux colonies, au décret relatif au mode du séquestre à apposer sur les biens des émigrés, et à l'abolition des congrégations ecclésiastiques qui subsistaient encore. L'uniformité de ces occupations fut, comme à l'ordinaire, fréquemment interrompue par des députations, quelquefois nombreuses, qui venaient apporter des adresses, des réclamations, des dons patriotiques, et auxquelles, suivant l'usage, on accordait les honneurs de la séance. L'espace ne nous permet pas d'entrer dans le détail de ces nombreux incidents qui forment cependant un des caractères remarquables de la physionomie de cette époque, et qui témoignent de l'agitation patriotique d'une partie considérable de la population française. Cepeildant il est impossible de ne pas mentionner deux faits étrangers, il est Vrai, aux occupations habituelles de l^assemblée, mais de l'ordre de ceux que la curiosité, qui s*inquiète toujours des origines, recherche ordinairement avec quelque avidité.
— Au commencement dé mâî*s , on avait dû appliquer pour la première fois la disposition du nouveau code pénal, qui ordonnait que tout condamné à la peine de mort aurait la tête tranchée. Les exécuteurs s'étaient refusés à ce service, objectant leur défaut d'habileté : ce fut sans doute cette circonstance qui détermina l'assemblée à voter sans discussion, après lecture faite du rapport de Louis,