PÊTE DE CHATEAU-VIEUX
ils sont accueillis par les applaudissements d'une partie de rassemblée et par les acclamations des tribunes.
Les détachements de la garde nationale de Versailles, qui les ont accompagnés, défilent dans la salle, au bruit des tambours et des cris de Vive la nation ! répétés par tous les spectateurs. — On remarque, dans les rangs, des gardes nationaux de Paris, sans armes, ainsi que des gardes suisses. — Ce détachement est suivi par un nombreux cortège de citoyens et de citoyennes portant des drapeaux tricolores, des piques et autres emblèmes de la liberté. — Des citoyens représentant les différentes sociétés populaires de Versailles et de Paris ferment la marche et portent les drapeaux donnés aux Suisses de Château-Vieux par les différents départements qu'ils ont parcourus.
M. Gonchon, jjoi'tant la parole au nom du faubourg Saint- Antoine et tenant en main une pique surmxmtée du bonnet de la liberté. Les citoyens du faubourg Saint-Antoine, les vainqueurs de la Bastille, les hommes du M juillet, m'ont chargé de vous avertir qu'ils font fabriquer dix mille piques de plus, suivant le modèle que vous voyez. Elles seront toujours forgées pour soutenir la liberté, U constitution, et pour vous défendre. Ils n'ont pas eu le temps de vous apporter des signatures; mais ils vous prient de déterminer le jour où vous voudrez bien les recevoir. Nous vous en dirions bien davantage, car nous ne sommes jamais muets quand il s'agit d'exprimer nos sentiments et notre amour pour la liberté ; mais nous avons déjà tant crié Vive la liberté l vive la constitution l vive l'assemblée
Iaationale! que nous en sommes enroués... (On applaudit.) i On demande l'impression du discours de M. Collot-d'Herbois. Elle est décrétée.
ï Voici maintenant le récit de la fête d'après le Journal universel, n° 878.
« Je n'entreprendrai point de peindre la fête de la Liberté pour Paris et ses environs, qui la connaissent aussi bien que moi ; mais je dirai à mes frères des départements que jamais spectacle plus imposant ne s'est offert à l'admiration d'un plus grand nombre de témoins. Les croisées dans les rues, les arbres sur le boulevard, les toits étaient autant d'amphithéâtres remplis de spectateuis. Les ciis de vive la nation! vive la liberté! vivent les citoyens de Brest! vive Château-Vieux! vivent les gardes françaises! retentissaient partout dans les airs.
(( La marche de la fête était ouverte pai" une foule de citoyens portant des devises ; venaient ensuite les respectables invalides, les droits de l'homme gravés sur deux tables, et portés par qua-