TOME VU
tre citoyens; puis les bustes de Voltaire, do Rousseau, de Franklin et de Sidney, et les drapeaux anglais, américain et français. Deux sarcophages, l'un aux mânes des gardes nationaux, l'autre à ceux des soldats de Château-Vieux tués dans la malheureuse affaire de Nancy. Leurs noms étaient écrits sur les côtés des monuments, tlnsuite des inscriptions portant les noms des quatre-vingt-trois départements; puis une multitude innombrable de citoyens et de eitoyennes de toutes les sections de Paris, et surtout du faubourg Saint- Antoine; les sociétés patriotiques, une grande quantité de gardes nationaux sans armes, le livre de la constitution, les citoyens des corps constitués, le modèle d'une galère avec des inscriptions analogues aux victimes qui y avaient été enchaînées ; des femmes et des jeunes filles vêtues de blanc portaient les débris des chaînes de Château-Vieux, suspendus à quarante trophées surmontés de couronnes civiques, au milieu desquels on lisait les noms de chacun de ces honorables soldats. Le trophée qui portait le nom de l'infortuné qui n'a pu survivre â ses malheurs était revêtu d'un crêpe ; enfin arrivaient les braves soldats de Château- Vieux, mêlés avec des ci-devant gardes françaises qui portaient leur ancien uniforme, avec le drapeau et les clefs de la Bastille, des pierres de cette prison du despotisme. La marche était fermée par un char magnifique de vingt-quatre pieds de haut sur vingtsept de long et onze de largeur, s'abaissant par degrés sur le devant, et se terminant en proue ; il portait la statue de la Liberté assise, à l'extrémité supérieure, dans une chaise de forme antique; de la main gauche elle tenait une massue, de la droite elle montrait au peuple le bonnet de la Liberté; sous ses pieds était un joug brisé, et devant elle un autel d'oià s'élevait une fumée de parfums. A l'autre extrémité du char, la Renommée, portée sur le globe, semblait se précipiter avec rapidité pour dire à l'univers : LA FRANCE EST LIBRE!...
« On s'est arrêté d'abord à la Bastille, sur les débris de laquelle on s'est livré avec enthousiasme au souvenir du jour de sa destruction. La musique, devant l'Opéra, a exécuté le Chœur à la Liberté et la Ronde nationale. Il y a eu plusieurs stations en divers endroits, entre autres à la mairie, où le maire et les membies de la municipalité se sont joints à la marche comme simples particuliers. — Il y en a eu :
« A la place Louis XV, oi^i plusieurs députés sont aussi venus augmenter le cortège. Cette place, garnie d'un peuple innombra- Lle, offrait un coup d'œil vraiment enchanteur.
« Au Gros-Caillou, le bataillon s'est rangé sans armes devant le