‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 3)Chapitre 52 sur 69 · DÉNONCIATION DE COLLOT-D'HERBOIS · texte numérisé non relu

DÉNONCIATION DE COLLOT-D'HERBOIS

bravo!) La troisième aurait pour objet le renouvellement de tous vos comités, surtout de correspondance; car, nous ne devons pas le dissimuler, la plupart de ceux qui le composent ont été nommés ou désignés par Tintrigue. »

M. Duperrey. «Déjà nous avons démasqué les Bainave, les Duport, les Lameth ; on travaille à mettre dans la même évidence les intrigues des Brissot et des Condorcet. Nous allons nous assurer qu'ils ne sont plus citoyens, et par conséquent indignes de celte société. On vous a dit que les membres composant les comités ont été nommés par la faction : j'étais sur le point de dénoncer les mêmes faits, et comme je ne veux point être l'instrument des ambitieux, je donne ma démission de secrétaire et de membre du comité de correspondance. Cependant, j'observe que les propositions de M. Tallien sont prématurées. »

M. Robespierre. «Il est temps que ia société adopte des mesures vigoureuses qui puissent la sauver. Je ne suis pas monté à la tribune pour développer ces mesures. Le moment de démasquer les traîtres arrivera. Je ne veux pas qu'ils soient démasqués aujimrd'hui ; du moins, pour ce qui me concerne, je remets cela à quelque temps; mais qu'on n'aille pas dire alors que nous divisons les patriotes. Alors, on verra que c'tst la véritable union que demandent les amis de la liberté. Une armée d'ennemis ne peut jamais se rallier; et il y a toujours quelque chose d'ennemi entre la probité et la perfidie, entre le vice et la vertu. Alors on verra que ceux-là ne sont pas dégénérés, qui lèvent une partie du voile qui couvrait les plus affreux complots. Je remets à quelques jours les développements de cette vérité. 11 faut que les semences jetées aujourd'hui germent. Il faut que quand le coup sera frappé, il soit décisif ; qu'il n'y ait plus dans l'État que le parti de la liberté et celui des fripons. Il faut que tous ceux qui seiont intére.-sés à la décision de cette grande cause soient présents à cette discussion. Je voudrais que la France entière l'entendît, et alors c'en serait fait de tout- s les intrigues et de tous les ennemis de la constitution. Je voudrais surtout que le chef coupable des factions et de tous les ennemis de la cause publique, que ce chef y assistât avec toute son armée. Je dirais à ses so'dats, en leur présentant ma poitrine : Si vous êtes les soldats de Lafayelte, frappez! si vous êtes les soldats de la patrie, écoutez-moi ; et ce moment serait le dernier de Lafayette. — Je n'en dirai pas davantage. J'ai peut-être un peu effrayé. Mon intention était d'éveiller les honnêtes gens, et de les convaincre qu'ils doivent en ce moment croire que la patrie est exposée aux plus grands dangers; sans le zèle indomptable des citoyens contre

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la faction des intrigants qui veulent s'élever sur les ruines de la liberté... »

M. Saint'Hurugues. « Nommez-les, et ils n'existeront pas huit jours. »

M. Robespierre. « Il faut que vous sachiez comment cette société a été gouvernée pendant un temps. Pour présenter ce tableau appuyé de pièces justilicatives, je demande un jour de la semaine-: qu on me permette vendredi de développer un plan de guerre civile présenté à l'assemblée nationale par un de ses membres. Je demande que, conformément à un arrêté de cette société, on imprime une liste de tous ses membres. »

M. le président, a M. Anacharsis Glootz demande à parler mercredi contre tous les tyrans. »

M. Chabot. « Je vais vous dire des faits, rien que des faits, mais dont le développement fait tomber les écailles des yeux. Je demande si ceux qui ont parlé pour M. de Narbonne sont dupes de son prétendu patriotisme; si M. Condorcet y croit; peu importe que sa femme ait été ou n'ait pas été séduite, car un homme ne doit pas se laisser aveugler par une femelle. Au surplus, si nous avions des preuves, nous aurions conduit Narbonne, Fauche!, son apologiste, et toute la séquelle à la potence.

« Oui, ils seraient dignes de ce supplice, car apprenez que M. Narbonne visait au protectorat. M. Fauchet le secondait de toutes ses forces ; et lorsque le premier nous fut dénoncé, le second nous dit que c'était lui qui avait inspiré à M. de Narbonne ses idées de cromwellisme. Le panégyrique de celui-ci a sans doute été soufflé à M. Fauchet par madame Canon (madame de Staël); car aussi, comme beaucoup d'autres, il s'est laissé égarer par des femmes. Longtemps la faction a dit : Qui chargerons-nous du rapport de l'affaire de M. Narbonne? Enfin elle s'est adressée à M. Fauchet, à cause de sa réputation d'enragé : et vite il s'est chargé de ce rapport.

« M. Vergniaud a pu y avoir part. Pour qu'on ne s'aveugle pas sur les talents de M. Fauchet, il faut vous dire que M. Daubeterre a fait la partie militaire de ce rapport ; l'autre, pendant ce tempslà, c'est-à-dire sur les onze heures du soir, dormait chez madame Canon. Encore un mot. Un membre de la coalition a dit : Eh ! quand M. Narbonnsî serait un dilapidateur, serait-ce un motif pour le dénoncer? n'aurait-il pas cela de commun avec Ions les autres ministres? » [Journal du Club^ n" CLXXXIH.)

Le journal que nous citons paraît n'avoir donné qu'un résumé très-incomplet du discours de Chabot ; car, comme on le verra par

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